Planète bleue

  • Défilé de 40 chamois au bord d’un lac

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    17e étape - Refuge de Louvie-Col de Louvie-Grand Désert-Col de Prafleuri-Cabane de Prafleuri – Jeudi 23 août 2019
    La journée commence à 7h45 par deux heures et demie d’une longue montée vers le col de Louvie, à 2921 mètres d’altitude. On grimpe à travers les alpages, des barres de rochers et des éboulis de gros rocs. On transpire un peu mais comme l’air est frais, c’est plutôt agréable. Au fur et à mesure qu’on prend de l’altitude, le paysage se fait plus dur, moins herbeux et moins fleuri, plus sauvage et plus pierreux.
    Au col, on laisse derrière soi le versant verdoyant de Louvie pour entrer dans un univers complètement minéral, presque lunaire, fait de glaces, d’eau et de rochers. Le chemin crapahute au pied du Mont-Fort à travers les trois combes glaciaires qui descendent du massif de la Rosablanche et chapeautent le barrage de Cleuson en contrebas. On enjambe moraines, torrents, lacs glaciaires et rochers arasés que les glaces ont mis à nu en se retirant.
    Comme à Corbassière, on se sent en haute montagne.
    Après deux bonnes heures de montées et de descentes sous un ciel gris dans ce paysage désolé, on comprend mieux pourquoi cet endroit s’appelle le Grand Désert ! Le dernier col, celui de Prafleuri, culmine à 2987 mètres. Puis on redescend ensuite lentement vers la cabane de Prafleuri, qu’on atteint en une heure.
    C’est encore tôt et comme le soleil perce à nouveau à travers les nuages, j’avise un petit lac aux eaux cristallines à un quart d’heure de marche du chemin, histoire de procéder à ma pause et à ma baignade rituelles de l’après-midi. Un endroit parfait pour se rafraichir et faire une sieste en toute tranquillité. A peine le temps ai-je le temps de sortir de l’eau qu’un couple de chamois avec leur petit déboule sur la crête. Je ne sais lequel des quatre est le plus surpris. Le mâle scrute l’intrus pendant de longues minutes avant de décider qu’il n’y a pas de danger. Le trio se met donc à brouter entre les rochers en descendant la pente.
    Quinze minutes plus tard, c’est une invasion. Ces visiteurs étaient venus en éclaireurs: dix, puis vingt puis trente chamois avec leurs cabris se mettent à défiler tranquillement devant moi en broutant, en jouant, en se battant ou en se couchant à même la falaise, comme des vacanciers à la plage. Ce manège va durer une quarantaine de minutes pendant lesquelles je ne cesserai d’être observé par un trio de préposés au guet, qui me dévisagent avec un air interrogateur comique: mais qui diable peut bien être ce gaillard qui nous regarde assis sur un matelas de caoutchouc? De temps en temps, quand je me mets à bouger, l’un deux émet un petit sifflement et toute la troupe se fige en se tournant vers moi. Après une heure de ce manège, il commence à faire frais et je décide de lever le camp en douceur.


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  • Louvie, une émeraude dans son écrin de montagnes

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    16e étape - Mauvoisin-Écuries du Vasevay et du Crêt-Col du Sarshlau-Col du Bec d’Aigle-Lac de Louvie - 21 août 2019
    Dans le car postal qui me ramène à Mauvoisin, c’est la rentrée des classes ce lundi. Depuis le Châble, le bus collecte les enfants tout excités vers les écoles de Champsec et de Lourtier. Les randonneurs, qui se sont faits plus rares, font contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, cette bruyante cacophonie change du silence parfois pesant des adultes.
    Il a beaucoup plus pendant deux jours et la nature est toute fraîche, pimpante, scintillante de vapeur d’eau et de gouttes de pluie qui brillent dans l’herbe et sur les aiguilles de sapin. Le soleil pointe à travers les brouillards matinaux qui laissent entr’apercevoir un ciel tout bleu et des sommets bien lavés. Les mélèzes, l’herbe et les fleurs sont perlés de rosée et les premiers bolets sont en train de pousser au bord du chemin.
    Pour attaquer cette nouvelle et dernière étape de mon périple valaisan, je me sens moi aussi en pleine forme, tout excité à l’idée de reprendre la marche.
    Après une courte descente depuis l’Hôtel Mauvoisin pour traverser la Dranse, le chemin commence à monter à travers une forêt éparse de bouleaux et de vernes, sur le versant droit du Val de Bagnes. Les orages ont emporté un bout de chemin et il faut descendre dans le lit encore tout boueux pour franchir le premier torrent. Après une heure de marche, le soleil sèche peu à peu les feuilles et le terrain se fait moins glissant. Un premier, puis un deuxième alpage sont atteints, déserts, puis un troisième, celui du Crêt. Nous sommes sur le sentier des écuries de pierres voûtées, nous annonce un panneau explicatif planté au milieu de divers bâtiments de pierres grossièrement taillées et de bassins taillés dans la roche. Les premières traces d’habitat remontent au néolithique, nous indique-t-on. Les lieux ont été occupés sans interruption depuis lors, bétail et êtres humains ensemble. Plusieurs de ces abris, écurie, fromagerie et abri des bergers ont été magnifiquement restaurés avec leurs toitures voutées de pierre.
    Ici, pas de vaches, mais beaucoup de moutons. Ils nous attendent un peu plus haut, sur les contreforts du Pas de Sarshlau, le premier col du jour. A 2600 mètres, son abord reste aisé. Mais l’arrivée au sommet est spectaculaire, tant l’arête est vive. Les pentes de part et d’autre du col sont si abruptes qu’on se sent sur le fil d’un rasoir, obligé de caler un pied sur chaque versant pour se tenir debout !
    Pour la première fois depuis des semaines, il n’y a pratiquement pas âme qui vive. Oubliées les cohortes de marcheurs du Tour du Mont-Blanc, du Tour des Combins et de la Via Francigena, un couple de Lausannois et deux Bâloises seront les seuls êtres humains rencontrés au cours de la journée.
    Le chemin redescend ensuite dans un vallon et suit le flanc des montagnes qui surplombent Fionnay pendant un long moment avant de remonter vers le torrent du Dâ et franchir le dernier col de la journée, celui du Bec d’Aigle. Après quoi apparait le but final, le beau lac vert de Louvie et sa cabane. Sa belle couleur émeraude incite à la baignade. Elle tranche sur les lacs d’altitude, plutôt couleur jade à cause du limon des moraines.

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  • Pause petite arvine devant le Glacier de Corbassière

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    15e étape - Écuries de Sery-Col des Avouillons-Passerelle et cabane de Panossière-Col des Ottans- Mauvoisin - 18 août 2019

    On se fait à tout et finalement les heures de cette nuit à la belle étoile sont passées plutôt vite. La récompense vient à l’aube avec un magnifique coucher de lune et une aurore resplendissante. On a tort d’honorer les beautés et les promesses du matin. Elles vous font vite oublier les aléas de la nuit et entrer dans la journée avec une énergie formidable.
    Après les exercices d’assouplissement habituels, quelques ablutions dans la fontaine et une agape frugale, vers 7h30, je me sens prêt à attaquer une nouvelle journée de marche. Je me dirige vers le fond du vallon, sous les glaciers du Petit-Combin, avant d’entamer la montée plutôt douce du Col des Avouillons, qui dévoile une superbe vue sur le très beau glacier de Corbassière. Il est 9 heures et nous ne sommes que trois à l’arrivée. Mais très vite la foule des randonneurs se fait plus dense et le col devient très encombré. En redescendant vers le glacier, je noue la conversation avec deux randonneurs de la région, un jeune Bagnard et un vétéran de la Fête des Vignerons, cycliste et ancien marchand de vin. Tous deux connaissent bien les lieux. On échange quelques impressions et on se donne rendez-vous une heure plus tard à la Cabane de Panossière, de l’autre côté du glacier.
    Depuis 2014, une belle passerelle haubanée construite avec le concours de Toni El Suizo, Toni Rütimann, le fameux constructeur de ponts suspendus en Asie et en Amérique latine, permet de traverser en évitant les crevasses et l’escalade des hautes et friables moraines. On enjambe donc un torrent bouillonnant à 70 mètres de hauteur sur 200 mètres de longueur. L’ouvrage a incontestablement belle allure.
    La cabane de Panossière, rebaptisée FX Bagnoud depuis sa reconstruction suite à la destruction de l’ancienne par une avalanche en 1988, offre aussi un design avant-gardiste avec sa forme de cube biseauté. Mais elle s’intègre très bien dans le paysage. La terrasse jouit d’une vue imprenable sur le grand coude du glacier et les imposants séracs du Grand-Combin : la majesté des Alpes dans toute sa splendeur !
    Mes deux compagnons du jour connaissent le patron, un Martignerain volubile, qui, très content de sa journée d’hier, est d’excellente humeur et ne tarde pas à nous offrir une bouteille de son excellente petite arvine. La conversation roule sur la Fête des Vignerons et les aléas de la presse, ce qui donne assez soif pour une seconde bouteille.

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  • Nuit à la belle étoile sous le Mont Rogneux

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    14e étape - Col de Mille-Mont Rogneux-Sentier des Lacs-Alpage de Sery-Cabane Brunet – Samedi 17 août 2019
    Même temps qu’hier, soleil légèrement voilé donc pas trop dur, fond de l’air frais mais pas glacé, bonne visibilité sur tous les sommets, la journée s’annonce parfaite et elle le sera.
    Départ vers 8h15 pour attaquer la montée du Mont Rogneux sur la crête de Mille. Ca grimpe plutôt sec avec des passages extrêmement raides à travers des éboulis de grands rochers, sous le sommet, qui est en vue après une heure trente de route.
    Il culmine à 3084 mètres, et c’est mon premier 3000 depuis le commencement de mon vagabondage valaisan. Vue imprenable sur le Petit et le Grand Combin, le massif du Saint-Bernard, et celui du Mont-Blanc, qui pointe son nez derrière les sommets du Val Ferret. Plus loin, les Dents du Midi ferment la vallée sur le lac Léman, face aux Dents de Morcles puis au Massif des Diablerets avec Tzanfleuron. Si on continue la vue panoramique à 360 degrés, Verbier apparaît au premier plan avec le Mont-Fort puis le glacier du Giétroz et le Pigne d’Arolla.
    Le chemin de descente suit la crête, aussi raide et malaisé que le sentier de montée. Puis on descend dans les éboulis en sautillant de rocher en rocher en évitant de se tordre un pied ou de se casser une jambe entre deux rochers... Les panneaux indiquent qu’on se trouve sur le sentier des lacs, et il y en effet plusieurs, couleur jade, noirs ou bleus, lovés au milieu des moraines.
    500 mètres plus bas, le premier lac est en vue. Je m’y lance... et ressort aussitôt comme un diable de sa boîte. Il est simplement glacial ! A 2600 mètres d’altitude, on est loin des plages grecques! Le suivant, la gouille du Rogneux, est beaucoup plus grand. Une grande pierre plate offre un havre idéal et je m’y plonge avec le même entrain, pour quelques brasses, suscitant la curiosité des autres randonneurs, qui hésitent, se tâtent et renoncent. Ah s’ils savaient comme on se sent bien après.
    Un peu plus bas, la petite gouille des Reunes offre en revanche une eau plus chaude. Elle regorge de têtards, de grenouilles et, si l’on reste à l’affût sans bouger, de petits tritons noirs.
    Une heure plus tard, après une belle descente dans les alpages du Petit-Combin, la cabane Brunet amorce le retour à a civilisation avec son parking à voitures et sa terrasse pleine à craquer. Verbier est juste en face et cela se remarque par le profil des hôtes et par l’affluence…

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  • De l’art de fabriquer des reines

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    13e étape - Bourg-Saint-Pierre- Azérin-Creux du Mâ-Coeur-Refuge du Col de Mille – Vendredi 16 août 2019
    Saint-Bernard Express à Martigny à 7h du matin avec changements à Sembrancher et Orsières pour emprunter le car postal jusqu’à Bourg-Saint-Pierre: la reprise de mon Tour du valais à pied se mérite! Mais la récompense est au rendez-vous: c’est une journée de rêve pour une étape de rêve: le chemin est bien tracé, très agréable, pas trop plat nit trop abrupt. Après une bonne heure de montée dans la forêt, les sapins laissent place au petit alpage d’Azerin, fief de la famille Dorsaz, qui figure parmi les meilleurs éleveurs de vaches d’Hérens du Valais. L’une d’elles vient d’ailleurs de remporter le trophée national à la dernière finale d’Aproz.
    Les vingt vaches présentes tiennent toutes leur rang: puissantes, nerveuses, le front bas et large, la corne longue et épaisse, elles s’épient les unes les autres, grattent le sol d’un sabot impatient. On sent qu’elles n’ont pas besoin de grand-chose pour commencer à en découdre. Pas question de les taquiner...
    Pour Gérard Dorsaz, c’est une passion. Certains font de la voile et d’autres de l’équitation, lui fait des reines. Ce qui demande une attention permanente car une reine en puissance, c’est capricieux et imprévisible, et risqué. Ces stars de la lutte perdent vite la tête, au point de ne plus ressentir la douleur et de se battre jusqu’à se casser une épaule ou se fracturer une patte, et de devoir finir à l’abattoir.
    L’élevage de reines est donc une passion coûteuse. Il est d’ailleurs en déclin, au point qu’on s’inquiète pour l’avenir de la race. Depuis peu, les éleveurs reçoivent donc une subvention. Moins bonnes laitières que les Simmental, les Hérens produisent quand même un lait apprécié car il donne au fromage à raclette son velouté crémeux. En attendant, comme la saison avance, on compte sur elles pour faire des veaux et de futures reines. Les espoirs de demain sont attendus à la fin août.

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  • Saisi par l’ivresse des sommets sur le chemin de Bourg-Saint-Pierre

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    12e étape - Grand Saint-Bernard-Col des Chevaux-Combe de Drône-Lac des Toules-Bourg Saint-Pierre – Mardi 6 août 2019
    Se coucher, c’est bien. Mais dormir, c’est mieux ! Jusqu’ici, j’ai parlé de mes jours et pas de mes nuits. Mon appréhension de la veille était justifiée : cette nuit a été cauchemardesque. Si les refuges, hôtels et pensions rencontrés jusqu’alors se sont avérés sans excessive promiscuité, il en a été tout autrement du dortoir de l’Hospice: 20 personnes entassées les unes sur les autres avec tout ce que ça suppose de ronflements, d’éructations, de reniflements, de craquements, de râles et de lumières qui s’allument et s’éteignent, c’en fut trop pour moi. Il y a trop longtemps que j’ai oublié la redoutable promiscuité de l’internat. Vers minuit, n’en pouvant plus, j’ai donc émigré dans la salle de jeux du premier étage, déserte à cette heure, et me suis couché sur les coussins d’un fauteuil disposés sur le plancher. Confort spartiate mais bienheureux silence! Cinq heures de divine tranquillité. Réveillé vers 5 heures – ce n’est pas en ces lieux qu’il faut tenter le diable ! - je suis remonté au dortoir pour retrouver ma couchette jusqu’au lever prévu vers 6 heures. Las ! A peine couché, voici que la fille du dessus bascule par-dessus bord avec son matelas et tombe par terre dans un boucan d’enfer ! Sans se blesser heureusement. Adieu sommeil réparateur…
    Au déjeuner, je retrouve mon Américain de la veille, qui avouera lui aussi avoir passé sa plus mauvaise nuit depuis Cantorbéry...
    Mais qu’à cela ne tienne. Après ces dix jours de marche, ma forme est excellente et plutôt que de redescendre benoitement dans le fond de la vallée comme le conseillent les guides, je décide de rejoindre Bourg-Saint-Pierre par le haut, par les cols, et de redescendre au dernier moment. Quand on a pris le goût des hauteurs, l’idée même de descendre et de rejoindre la plaine devient insupportable. Ivresse des sommets, quand tu nous tiens ! Je décide donc d’emprunter le chemin des cols plutôt que l’ancienne route Napoléon. Je grimpe donc au Col des Chevaux par le chemin dit des Chanoines, qui prend parfois l’allure de voie romaine avec ses larges dalles bien ajustées. Le col est à mi-chemin entre le massif du Mont-Blanc et celui des Combins. Le chemin redescend ensuite dans une combe pour remonter vers le Col de Bastillon. Avant le col, la carte signale deux beaux lacs et je me dirige vers le plus grand où j’arrive en même temps que deux jeunes Valaisannes de la vallée qui ont eu la même idée. On s’encourage mutuellement pour un bain à la russe dans une eau froide et bleue, face au Vélan et aux Combins. Avis aux sceptiques et aux peureux : vous ne savez pas ce que vous perdez en méprisant ces bains glacés. Ça vous fouette les sangs, comme un sauna à l’envers. Une fois dedans, la peau vous pique à cause du froid mais la nage est plutôt agréable et vous en ressortez gonflé à bloc, avec un sentiment de propreté inégalé.

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  • Bref conciliabule avec l’évêque de Sion au Grand Saint-Bernard

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    11e étape - La Fouly-Lacs de Fenêtre-Col de Fenêtre-Baou-Grand Saint-Bernard - Lundi 5 août 2019

    Départ à 8h45 de La Fouly avec des gouttes de pluie, avec mon bocal de champignons au vinaigre de la veille. La route monte agréablement jusqu’à Ferret. J’ai juste le temps d’arriver à l’Hôtel du Col de Fenêtre avant la première averse qui descend les pentes du Mont Dolent. Un café et quinze minutes plus tard, je reprends la route en direction de la buvette d’Ars puis sur le chemin carrossable qui mène à l’alpage de la Chaux. Nouvelle averse.
    Le berger est un voisin. C’est un Valdotain barbu, sympathique mais pas trop bavard comme tous les montagnards. Il doit s’occuper de 110 vaches, les traire matin et soir et fabriquer tous les jours le fromage et le sérac. Le chemin grimpe ensuite sec jusqu’aux lacs de Fenêtre, au nombre de trois. Il pleuvine tout le long de la montée. Une fois arrivé dans la combe des lacs, la pluie cesse mais le soleil se cache toujours et il fait trop frais pour espérer se baigner. Côté France, la pointe de lAiguille du Géant disparaît sous les nuages et le Mont-Blanc reste invisible.
    Après une petite pause près du troisième lac, je décide d’attaquer le col par la droite en montant au sommet d’une petite pointe qui culmine à 2820 mètres. On n’est pas loin du point de rencontres des trois frontières et la vue sur les trois pays, la France, la Suisse et l’Italie, et sur le col du Saint-Bernard en contrebas, bien sûr.
    En descendant, je rattrape un jeune couple d’instituteurs genevois venus randonner dans le coin, ce qui me permet de couper sur la gauche et d’emprunter avec eux le chemin étroit qui surplombe la route du col sur le versant italien et comporte un ou deux passages scabreux que j’aurai hésité à franchir seul. A 15h30, nous franchissons le col du Grand saint-Bernard par l’ancienne voie romaine qui, côté italien, est encore bien taillée dans la roche.
    L’Hospice, comme toujours en cette saison, est pratiquement plein. On y croise évidemment quelques chanoines, des religieuses en vacances et beaucoup pèlerins qui parcourent tout ou partie de la Via Francigena, entre Cantorbéry et Rome. Ici, pas d’ultratrailers, de vététistes ni d’Asiatiques, mais plutôt des familles avec enfants et des nationalités qui s’entremêlent mais avec une majorité de chrétiens européens, Écossais, Allemands et de nombreux Italiens dont certains font aussi le Tour du Grand-Combin, qui semble populaire en Italie.

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  • Conserve de champignons à La Fouly

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    10e étape – val d’Arpette-Champex-Issert-Praz de Fort-La Fouly – Dimanche 4 août 2019
    Après la rude étape d’hier, la journée s’annonce tranquille, dominicale, dans tous les sens du mot, soit plutôt reposante. Comme tous les matins, je procède donc à mes exercices de yoga et et à mes étirements rituels, sans hâte, sous les sapins en regardant le soleil descendre le long du val d’Arpette, à côté des vaches qui broutent. Vers 8h45, je m’élance le long du torrent puis du bisse qui alimente le lac de Champex. La station est encore endormie. Seuls quelques pêcheurs occupent les rives et tentent d’accrocher quelques truites d’élevage avant l’arrivée massive des randonneurs et des amateurs de pédalos.
    Après Champex, le chemin descend en pente douce et très agréable le long du Val Ferret. Le Sentier des Champignons est dédié à la mycologie locale et est balisé de panneaux explicatifs sur les principales espèces locales, bolets, cortinaires, russules, amanites. Par réflexe, je jette un coup d’œil sur les pentes et ne tarde pas à être récompensé. Après quelques minutes, j’aperçois sur deux petits amas de pied-de-moutons qui font bien 500 grammes chacun. Je les ceuille en me disant que je trouverai bien une solution pour les apprêter.
    Après une bonne heure de descente, on arrive à Issert, au milieu du val Ferret. Les randonneurs du Tour du Mont-blanc marchent en procession. Petite pause sur la minuscule terrasse du café du village, à côté d’un groupe de gens du coin qui les regarde défiler en buvant l’apéro. Le spectacle est fascinant et on se sent bien à l’ombre à regarder transpirer des gens en plein soleil...
    Le chemin remonte ensuite le long du val en traversant des petits hameaux tranquilles et bien aménagés, avec des raccards à blé et des granges-écuries aux façades de bois souvent sculptées de symboles religieux, croix, rosaces, inscriptions qui témoignent de la vie agricole intense des lieux. On quitte le sentier des champignons pour celui des greniers à blé.

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  • Des mérites des fromages suisses à Arpette

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    9e étape - Trient-Chalet du Glacier-Alpage de Vésevey-Fenêtre d’Arpette-Val d’Arpette-Relais d’Arpette - Samedi 3 août
    Temps frais, idéal pour marcher. Départ à 8h30. Montée pendant une bonne heure en pente douce à travers prairies et bois jusqu’à la buvette du glacier du Trient, jadis aux pieds du glacier. On y apprend que ledit glacier a perdu un kilomètre entre 1890, au moment où l’on exploitait sa glace pour l’expédier par train à Paris, et les années 1980, et qu’il a de nouveau reculé d’un kilomètre ces trente dernières années !
    Le chemin remonte ensuite la crête de la moraine et les choses se corsent. Il devient de plus en plus raide. Un hélicoptère jaune treuille les provisions et le bois pour les bergers de l’alpage de Vésevey, atteint au bout d’une autre heure. Les deux bergers, originaires de Martigny et donc Valaisans pur sucre, les entreposent dans la minuscule cabane de pierre qui leur sert d’abri, fauchent les orties, rangent le bois de feu. Ils veillent sur 130 moutons. Par beau temps, ils jouissent d’une vue spectaculaire sur les glaciers. Mais les journées de pluie et de brouillard doivent être longues, quand il faut rester terrés dans cet abri exigu, sans eau ni électricité, et où l’on peut à peine se tenir debout.
    Après l’alpage, le chemin ne prend même plus la peine de faire des virages et grimpe carrément à la verticale! Et pourtant on y croise une foule de gens, de tous âges et de toutes nationalités, comme d’habitude. C’est qu’on est au cœur du tracé du Tour du Mont-Blanc, le plus populaire des Alpes. Je transpire aux côtés de deux Irlandais et d’un Australien, qui, comme moi, portent leur âge et s’arrêtent souvent pour retrouver leur souffle.
    Enfin, au bout de deux nouvelles heures, la Fenêtre d’Arpette est en vue. C’est la cohue, les montants croisent les descendants, tous s’arrêtant sur le col pour la pause déjeuner.
    La descente sur le vallon d’Arpette est presque aussi rude que la montée. Mille deux cents mètres de dénivelé à la montée, mille à la descente sur des chemins étroits et caillouteux, ce n’est pas franchement un cadeau pour des citadins embourgeoisés dans mon genre. Chaque pas doit être soigneusement calculé pour éviter la glissade ou la culbute à travers les rochers. Des blocs de granite obligent à se mettre à quatre pattes. Les bâtons sont précieux pour amortir les chocs et ménager les genoux. La fin des éboulis n’offre qu’un maigre répit.
    Enfin, au bout d’une grosse heure, les premiers arbres apparaissent et la nature devient plus amicale, les fleurs, les vernes, les épilobes et un petit torrent égaient un univers qui était devenu par trop minéral.
    L’alpage d’Arpette et son refuge sont en vue et, après une petite pause rafraîchissante au bord du torrent, m’y voilà rendu vers 17h. Rude journée en vérité. Mais je suis content d’avoir enfin parcouru ce vallon, souvent descendu à ski et souvent évoqué par mes parents qui venaient y cueillir les myrtilles sauvages, fort réputées, lorsque c’était encore permis. La cueillette au peigne est aujourd’hui interdite et il faut désormais les déguster une à une...
    Le soir, je partage une fondue avec deux Hollandais, une Australienne et trois Français. Bonne consistance mais goût un peu fade, adapté aux touristes de toutes obédiences... J’explique à mes convives éberlués qu’il existe autant de fondues que de sortes de sushi, qu’on peut les déguster avec différents vins et qu’on peut décoller la croûte du fond du caquelon. Après cet exposé introductif, j’ouvre la discussion sur la raclette et les mérites du fromage suisse. Sauf que le petit déjeuner du lendemain matin vient casser l’illusion : on nous sert des tranches d’un fromage industriel insipide alors qu’on peut admirer des vaches d’Hérens et leurs tétines dodues par la fenêtre...

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  • Petite incursion aux sources de l’Arve à Balme

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    8e étape - Châtelard-Alpage du Catogne-Béchat-Col de Balme-Arolette-Les Tseppes-Trient - Vendredi 2 août
    Parti tôt ce matin de Vernayaz avec le Mont-Blanc Express pour reprendre ce tour du Valais à pied après la pause de la fête nationale. A Châtelard, le temps est maussade et la journée s’annonce ingrate, pas tant à cause des chemins qui sont au contraire excellents, mais en raison du brouillard qui masque le paysage. Le chemin, tantôt moussu, tantôt herbeux ou semé d’aiguilles de pin, monte en pente douce à travers une forêt de bouleaux, de sapins, de sorbiers et de mélèzes. On dépasse un premier alpage, puis un deuxième, avant d’arriver à l’écurie et au chalet d’habitation en ruines des Preises. Plus haut, à Catogne, c’est tout le hameau qui tombe en morceaux. Pas âme qui vive, à part les marmottes et une petite souris apeurée! Le versant nord de la haute vallée du Trient, sauvage, désolé et abandonné, contraste fortement avec le versant sud et ses attractions touristiques d’Emosson et de Finhaut.
    L’itinéraire prévoit de redescendre à Trient en suivant la crête. Mais nous ne sommes qu’à midi et je décide de faire le détour par le col de Balme et les hauts de Chamonix, à deux petites heures. Une fois la frontière passée, c’est à nouveau la ruée. Des vagues de touristes remontent la vallée de Chamonix en télésiège, à pied ou en VTT. Il en vient de partout. Au refuge de Balme, on parle toutes les langues sauf le français. Par chance, le brouillard s’est levé et la vallée du Trient comme celle de Chamonix sont visibles. Seuls les sommets sont cachés.
    Au refuge, une grande carte est placardée sur le mur et je constate que je viens de traverser des ruisselets qui s’avèrent être les sources de l’Arve. Vues d’ici, elles ressemblent à n’importe quel alpage d’altitude un peu humide. L’Aiguillette de Balme qui les chapeaute dépasse tout juste les 2300 mètres. Mais pour un Genevois qui habite entre Arve et Rhône, à défaut d’être grandiose, le spectacle est au moins émouvant…

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  • Convent de bouquetins au col d’Emaney

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    7e étape - Salanfe-Col d’Emaney-Emaney-Col de Barberine-Emosson-Châtelard - Lundi 29 juillet
    La brume peine à se dissiper sur l’ex « plus grandiose pâturage de Suisse, la Merveille » comme disaient les écrivains du début du XXe siècle. Une ceinture de nuages cache encore le sommet des montagnes et le fond de l’air, après ces deux jours d’orages et de pluies, est très frais. Départ à 8h40 avec la traversée du barrage qui raconte l’histoire de la construction de l’ouvrage à la fin des années 1940 et la mise en eau début 1953.
    Le chemin monte d’abord lentement et je croise le troupeau de vaches de mon cousin, des génisses noires et grises pour la plupart. Elles sont curieuses, amicales et viennent me lécher la main.
    Au bout d’une petite heure, arrivée au lac des Ottans et à l’ancienne mine d’or et d’arsenic qui le surplombe. 331 tonnes d’arsenic et 24 kilos d’or y ont été extraits dans les années 1900. Elle sert aujourd’hui d’abri aux spéléologues qui sondent les galeries et les grottes qui parcourent les flancs du Luisin. Je pars sur la droite, à la recherche de deux autres petits lacs à l’écart du chemin et que m’ont recommandés mes amis genevois de la veille. Ils sont bien cachés derrière des monticules herbeux. Le second est littéralement paradisiaque : eau limpide, assez profond pour nager, entouré de petits rochers et de rhododendrons en fleur : un vrai spa en pleine nature avec vue imprenable sur les sommets qui se dégagent peu à peu de leur gangue de nuages. Sauf que l’eau ne doit pas excéder 8 ou 9 degrés…
    Avant d’arriver au col, je devance un trio de Coréens harnachés comme des sherpas. Ils ne parlent pas un mot de français ou d’anglais et s’expriment uniquement par onomatopées ou avec leurs applications smartphone. Au col, surprise! A travers la brume qui va et vient, un troupeau d’une vingtaine de bouquetins est en train de brouter, à quinze mètres, peu farouches. Certains sont couchés, les autres broutent en me surveillant d’un œil. Deux mâles se battent en se jetant l’un sur l'autre avec leurs cornes.
    Les Coréens approchent et je les prie de faire silence. Ils sont tout surpris par le spectacle et mitraillent les bouquetins avec leurs appareils photos. On regarde, on commente, on prend des selfies sur fond de bouquetins, puis on entame la descente sur Emaney, en redescendant vers le fond du vallon à travers les pâturages. Comme Salanfe, mais avec le barrage et le lac en moins, Emaney est aussi un alpage vaste et réputé, avec un berger, Jean-Marc, qui y monte depuis des décennies et a eu les honneurs d’un reportage de la RTS en 1965 déjà, comme vient de le rappeler le journal Le Temps.
    Au fond de la vallée, arrêt pique-nique. Puis départ pour le col de Barberine, toujours accompagné de mes Coréens. On m’a annoncé un passage difficile pour traverser un torrent au sommet d’une cascade et surplombé par un névé qui n’a pas encore fondu. Je juge donc plus prudent de traverser en groupe. L’obstacle franchi, la montée reprend, raide comme toujours. Maintenant, le ciel est dégagé et le soleil tape fort.

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  • Montée au refuge des Dents du Midi sous une pluie glacée

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    6e étape - Salanfe-Sopéca-Refuge des Dents du Midi-Salanfe -Dimanche 28 juillet
    Il pleut. Un épais brouillard et une pluie intense cachent le lac et les montagnes. Après l’orage de la veille, je reste au chaud à l’auberge. Grâce au code wifi obligeamment dévoilé par le patron, je peux répondre aux innombrables messages accumulés ces derniers jours et réécrire les comptes rendus de la deuxième et troisième étape, funestement évaporés.
    Vers midi, l’inaction commence à me peser. Il pleut toujours mais la météo annonce une accalmie dans l’après-midi. Elle ne viendra jamais. Mais je l’ignore et je me résous à sortir et à m'attaquer au refuge des Dents du Midi, encore jamais visité. Tout à l’heure, les deux gardiens qui ont bien dépassé la septantaine et leur petit-fils de huit ans, ont attaqué la montée. Elle ne doit donc pas être impossible, même dans ces conditions. Les panneaux annoncent trois heures de marche et mille mètres de dénivellation.
    La montée s’avère très, très pénible. ll pleut sans arrêt, les chaussures et les pantalons sont rapidement trempés malgré un équipement ad hoc. Rien n’y fait, l’eau s’infiltre partout, coule dans la nuque, mouille le dos et ruisselle dans les chaussures.
    Le chemin est détrempé et glissant. Heureusement, il n’y pas de rafales de vent ni de grêlons. Mais la pluie est très froide et à l’approche de l’arrivée, à 2900 mètres, elle devient glaciale. Le thermomètre affiche 4 degrés, il neige presque et les mains sont gelées.
    L’escalade est interminable et solitaire, la vue nulle. Mais l’idée de capituler alors que des gens plus âgés et un enfant sont devant moi m’oblige à avancer. Et finalement, à quelques centaines de mètres de la cabane, je rattrape la famille de gardiens, qui peine aussi. Seul le garçon gambade comme un chamois dans les éboulis, les rochers et les petits névés.
    Enfin, le cabanon blanc des toilettes apparaît sur une crête et après un dernier effort, la cabane est en vue.
    Par chance, le gardien précédent descendu la veille a laissé un thermos de thé encore chaud et bien garni le potager à bois. Le feu repart vite. Après trois heures de pluie glaciale, les 15 degrés du refuge paraissent un luxe inouï. Dehors, la pluie bat contre les carreaux et le brouillard cache le petit glacier qui s’étale entre le refuge et les pieds des Dents du Midi.

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  • En mauvaise posture au Col de Susanfe

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    5e étape-Barme-Bonavau-Pas d’Ancel-Cabane de Susanfe-Col de Susanfe-Salanfe-Samedi 27 juillet
    Départ à 8h16, une heure plus tôt que d’habitude, pour essayer de prendre de vitesse un nouvel orage annoncé en milieu d’après-midi. L’herbe et les arbres sont bien mouillés, il a plu une bonne partie de la nuit et la végétation a pris des couleurs luxuriantes. Sur le chemin, pas d’animaux mais de nombreuses traces de cerf. Ils aiment bien se cacher dans les vernes pendant la journée. Le sentier grimpe sec pendant 50 minutes en direction du Signal de Bonavau, avant de redescendre sur la buvette éponyme, flambant neuve. 10 minutes de pause Rivella avant d’attaquer le Pas d’Encel. Très vite, le sentier devient vertigineux, surplombant le vide. Il faut se mettre à quatre pattes et s’accrocher à des câbles et à des chaînes pour franchir des barres de rochers à la verticale. C’est éprouvant, et long. Le raidillon pénètre enfin dans la gorge. Sous un rocher, je tombe trois moutons égarés qui doivent être en estivage à l’alpage de Susanfe.
    Enfin, le fameux Pas d’Encel est franchi et le chemin redescend vers un petit barrage avant de remonter de plus belle sur l’autre rive de la Sauffla, sous le glacier du Mont Ruan. Après une heure de montée à travers des champs de rochers ravinés par les eaux glaciaires, la cabane de Susanfe est en vue. Les nuages se font plus denses et un banc de brume s’est installé sur les flancs du Ruan.
    L’accueil est un peu froid, j’hésite à rester pour la nuit mais décide finalement de tenter ma chance et de passer le col de Susanfe avant la pluie. Le temps d’avaler une tarte à la raisinée, excellente d’ailleurs, et je reprends le chemin tandis que le brouillard monte maintenant du fond du vallon et descend des crêtes. Le long du chemin se succèdent des petits cairns auxquels j’apporte ma petite pierre. Le brouillard va et vient, laissant entrevoir un col encore dégagé. C’est dans un des gouffres du coin qu’on vient de découvrir les ossements d’une cinquantaine d’animaux vieux de plusieurs millénaires, et qui ont fait la joie des paléontologues.
    Après une bonne heure de rude montée, j’attaque les dernières centaines de mètres dans la caillasse épaisse qui forme le col. Le ciel se fait menaçant et il n’y a pas une seconde à perdre. Juste après le col, près d’un abri tempête, huit jeunes Belges de retour de la Haute Cime bivouaquent tranquillement, sans se soucier de la météo.

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  • Gros orage et grêle dans le vallon de Barme

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    4e étape-Morgins-vallon de la Vièze-Col des Portes du Soleil-Portes de l’Hiver-Les Crosets-Télésiège du Pas de Chavanette-Lapisa-Col de Cou-alpage de Berroi-Barme-Vendredi 26 juillet
    Aujourd’hui, d’après Suisse Rando, il s’agit d’attaquer l’une des plus grosses étapes de ce tour : 22 km annoncés, qui en feront 25 au total, suite à quelques erreurs d’aiguillage.
    Grâce à l’averse de la veille, il fait frais, le sol est humide, la poussière est enfin retombée, les feuilles et l’herbe ont reverdi, les fleurs se sont épanouies. Le chemin le long de la Vièze est un enchantement avec son entrelacs de ponts de bois, de lapés géants et de sapins ombrageux. Au fond du vallon, le chemin monte jusqu’à la buvette de l’alpage de Tovassière et de là, au Col des Portes du soleil. Encore un petit effort, pour dépasser les 2000 mètres, et le chemin redescend sur les Crosets jusqu’à la cantine de Chaux Palin, une ancienne écurie reconvertie, qui est restée dans son jus.
    Puis le chemin part en faux plat jusqu’à Chavanette, Ripaille et la buvette de Lapisa. Les kilomètres défilent. A la buvette, entièrement rénovée, la terrasse est pleine, la serveuse ne sait plus où donner de la tête. J'échange quelques mots avec le professeur Bouvier, qui a longtemps enseigné le grec moderne à l’Université et fidèle habitué de la vallée. Mais impossible de s’attarder trop longtemps.
    Les cumulus n’annoncent rien de bon et il me reste au moins deux bonnes heures de marche pour arriver à Barme. Je repars donc pour le Col de Cou, à 1h15 de là. J’y suis en une heure et ai à peine le temps de faire une pause que le ciel devient tout noir. La foudre commence à frapper les contreforts des Dents Blanches et les premières gouttes se mettent à tomber. Je me précipite sur le chemin de crête qui redescend sur Barme et je bute sur l’orage qui remonte le val de Barme depuis le Ruan. La pluie et le tonnerre redoublent d’intensité au moment où j’arrive à l’alpage de Berroi. Ses occupants, la famille Mariétan de Champéry, sont en train de rentrer les vaches pour la traite. J’ai juste le temps d’amorcer la discussion avant que l’orage se déchaine. Eclairs, coups de tonnerre et un rideau de pluie tombent sur les Dents Blanches, juste en face de nous. Puis la grêle s’en mêle. On me fait entrer pour un café. Hier, il est tombé des grêlons gros comme des cerises qui ont recouvert l’alpage d’une couche blanche. Cet après-midi, la grêle est moins intense même si on l’entend tambouriner sur le toit de tôle.

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  • Longue marche sur Morgins

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    3e étape-Tour du Valais à pied- Torgon-Draversa-Lac du Pré de la Vieille-Chalet Neuf-Portes du Culet-Morgins, jeudi 25 juillet 2019

    Départ à 9h15 en direction des chalets-appartements des Fignards, point de départ des télésièges de la station, par la passerelle qui enjambe le torrent de l’Avançon. Le chemin monte gentiment à travers bois et alpages, très agréable, bien ombragé, avec des petites sources. On reste à mi-hauteur, entre mille et mille cinq cents mètres, et le soleil tape un peu moins fort que les deux jours précédents. Après deux heures de marche soutenue, on débouche dans le vallon de Draversa et son torrent bien frais. Après une petite montée à travers la forêt et la traversée d’un alpage, on arrive au petit lac du Pré de la Vieille.
    Je tente la baignade en compagnie d’une cane et de ses deux petits, au milieu des génisses qui broutent placidement en me lorgnant du coin de l’œil. Mais les pieds enfoncent profondément dans la vase et les sédiments, qui troublent une eau qui vire très vite au noir profond. Pas possible de s’éterniser ni de nager. J’en ressors donc vite. Une fois sec et restauré, j’emprunte le chemin qui remonte le long des téléskis en direction du Chalet Neuf et des Portes de Culet qui donnent accès au vallon de Morgins.
    Le ciel commence à se couvrir, le soleil est voilé par les nuages et les premiers grondements de tonnerre se font entendre.
    Le col franchi, je presse donc le pas pour arriver à Morgins avant l’orage. Course gagnée de justesse : les premières gouttes tombent juste à l’entrée du village. On me conseille une chambre au Chalet Cergnat, tenue par une autre Hollandaise qui a préféré la montagne aux miasmes des deltas et à l’agitation des ports. Je ne suis pas déçu: chalet accueillant, chambre au décor impeccable, et salle de bain bienvenue!
    Le soir un plat de röstis en regardant tomber la pluie, extrêmement bienvenue après ces longs jours de sécheresse. Un lit confortable et douillet et une nuit fraîche bienvenus après ces trois jours de marche.

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  • A la conquête du Grammont

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    Deuxième étape-Tour du Valais à pied-Tanay-Grammont-Tanay-Miex-Torgon, 24 juillet 2019

    Départ à 9h06 pour monter au Grammont, montagne que je n’ai plus gravie depuis cinquante ans, lorsque j’étais au collège au Bouveret. La montée dans la forêt, à l’ombre, jusqu’à l’alpage des Crosses, est plaisante. Mais une fois les derniers arbres laissés derrière, le soleil frappe. L’eau se fait rare et n’est pas potable. Après une bonne heure de grimpe, le col des Crosses est franchi et le chemin part en faux plat jusqu’à l’arête sommitale, qui dégage une superbe vue sur le village de Saint-Gingolph et le lac Léman. On la gravit encore sur quelques centaines de mètres jusqu’à la croix et au tableau panoramique qui détaille tous les sommets visibles à 360 degrés. L’altitude, 2172 mètres, est modeste mais la vue est splendide. L’effort est plus que récompensé avec une vue plongeante sur le lac Léman et la vallée du Rhône, sur le Mont-Blanc, les Cornettes de Bise, les Combins, et de l’autre côté, sur le croissant du lac Léman, le Moléson, les crêtes du Jura, le Chablais savoyard.
    Comme hier pour les fusillés de Saint-Gingolph, j’ai une pensée pour l’équipage du Lancaster anglais qui s’est fracassé contre le flanc du Grammont en juillet 1943. On nous racontait cette histoire au collège et, il y a quelques années, un gendarme valaisan établi à Genève et qui avait retrouvé l’épave sur les flancs de la montagne, m’avais donné quelques fragments du fuselage qui sont toujours sur mon bureau. Les ailes et la structure du bombardier n’ont pas disparu. Seuls les moteurs et l’équipement ont été récupérés pendant la guerre. Touché par un tir de DCA et privé de visibilité à cause d’un orage, le pilote a semble-t-il perdu le cap et précipité l’avion sur la montagne avec sa cargaison de bombes et de fuel. Les six membres d’équipage reposent au cimetière de Montreux, juste en face. La même nuit, un autre bombardier anglais du même groupe a subi le même sort sur les hauts de Thyon.
    La descente du Grammont se fait sans histoire et, vers 13h30, je peux piquer une tête dans le lac de Tanay, toujours aussi rafraîchissant, et faire une petite sieste avant d’entamer la dernière étape de la journée.

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  • 1400 mètres de montée sous la canicule

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    Première étape -Tour du Valais à pied-23 juillet 2019
    Parti de Saint-Maurice, le train arrive en gare de Saint-Gingolph vers 9h. Descente au bord du lac, selfie sur la Morge sur le fil de la frontière franco-suisse, avec le lac en arrière-plan. Ça chauffe déjà sec. Petite visite au Monument aux morts, côté français, en mémoire des fusillés et de l’incendie du village français du 23 juillet 1944 par les SS d’Annemasse, dont on fête le 75e anniversaire de la tragédie aujourd’hui même. La solidarité franco-suisse avait alors joué à fond et la grande majorité des familles française avait alors été accueillie en Suisse avant l’arrivée des troupes allemandes, grâce au sang-froid du commandant des troupes suisses. Finalement seuls le curé et cinq paroissiens ont été fusillés en représailles à l’attaque des maquisards qui avaient brièvement occupé le village quelques jours plus tôt.
    Montée le long de la Morge par le chemin et la route ombragée du Frenay, côté suisse, avec arrêt aux nombreuses fontaines d’eau fraîche. Novel est sur la droite. A midi, arrivée à l’alpage de l’Au de la Morge. Échange avec les employés: la fromagère, qui doit être portugaise, et deux jeunes gens, un Espagnol et un Roumain, qui s’occupent des bêtes. Je leur achète un fromage d’alpage frotté au marc et un verre de limonade pour accompagner mon bivouac. Je leur explique que j’avais campé ici même au début des années 1970, il y a une cinquantaine d’années, avant de nous lancer à l’assaut des pointes savoyardes, juste en face! On était en juin, il faisait frais et humide, et on ne parlait pas de canicule!
    Depuis début juillet, la chaleur et la sécheresse frappent si fort que les propriétaires hésitent à redescendre, faute d’eau et d’herbe. Les bêtes se sont d’ailleurs mises au frais dans la forêt. Difficile de comprendre ceux qui nient le réchauffement climatique et qui ergotent pour savoir s’il est d’origine humaine ou naturelle. Vu d’ici, peu importent les causes, influence des taches solaires ou émissions industrielles de CO2, les effets sont les mêmes et les dégâts sur les sapins qui crèvent de soif et les herbages qui roussissent en début d’été déjà, très inquiétants.

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  • Tour du Valais à pied : premiers échauffements

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    LE PAS FAIT LE CHEMIN. C’est avec ce viatique que je commence mon tour du Valais à pied et en solitaire. Cette formule a guidé toute ma vie et je compte bien m’en inspirer pour affronter les difficultés et maux divers qui m’attendent sur cette longue route. Ça fait quelques années que je marine ce projet de renouer avec mon canton d’origine, la nature et les montagnes, en retrouvant des sensations perdues depuis l’enfance. Ça tombe bien puisque le projet coïncide avec mon engagement politique et la campagne au national sous la bannière « Planète bleue ». Quand la démarche colle avec les idées, c’est toujours mieux.
    Le moment est donc venu de passer à l’action, avec une petite pointe de trac quand même: serais-je capable de marcher 5 à 8 heures par jour sur des pentes aussi raides, avec une moyenne quotidienne de mille mètres de dénivelé dans les deux sens? On est loin du petit jogging hebdomadaire et tout d’un coup des membres auxquels on ne pense jamais quand on est assis à son bureau, les genoux, les pieds, les épaules, se rappellent brusquement à votre attention. L’idée est de partir de la frontière française au bord du Lac Léman et de remonter la vallée sur la rive gauche jusqu’à la Furka et de la redescendre côté bernois jusqu’à Morcles, en deux étés et une cinquantaine de journées. Objectif 2019: une vingtaine d’étapes, de Saint-Gingolph au Val d’Anniviers. J’en prévois une cinquantaine en tout, le temps de remonter par la rive gauche jusqu’à la Furka en passant par Zermatt, et de redescendre sur la rive droite, le long des alpes bernoises jusqu’à Collonges, dernière commune valaisanne avant le Chablais vaudois. Mais ce sera pour 2020.
    Premier test : trois jours d’entrainement, avec équipement complet et un sac d’une dizaine de kilos, sur les sentiers raides et caillouteux de ma commune, Evionnaz, sous les sommets bienveillants des Dents du Midi. Conclusion : ça marche, dans tous les sens du terme. Avec les conseils de grand-mère de ma petite sœur : un sucre arrosé de vinaigre pour calmer les courbatures, des gourdes en suffisance et des « bletz » ad hoc pour soigner les ampoules.
    La date de départ est fixée au 23 juillet, à Saint-Gingolph.

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  • Planète bleue pour Genève

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    Réchauffement climatique accéléré, effondrement de la biodiversité, consommation effrénée des ressources naturelles et humaines, inquiétude croissante de la jeunesse, tensions internationales préoccupantes, inégalités sociales qui explosent, surendettement public et privé et accumulation de montagnes d’argent improductif, dont les banques ne veulent même plus.
    Planète bleue, le mouvement que je souhaite représenter à cette élection nationale, veut se consacrer à l’essentiel. Il souhaite notamment favoriser la transition vers une économie mieux maitrisée, moins axée sur l’hyperconsommation et la croissance à tout prix, et promouvoir une agriculture, d’une industrie et de services plus locaux et moins gourmands en ressources et en importations polluantes, en concertation avec les entrepreneurs et les paysans. C’est avec eux, et non contre eux, qu’il faut trouver des solutions. Nous sommes convaincus que la Suisse, et Genève en particulier, ont tous les atouts pour mener ce combat.
    Planète bleue souhaite également mieux répartir les richesses et améliorer les conditions de production dans les pays du sud, ne serait-ce que pour limiter les causes des migrations qui sont toujours sources de tensions dans les pays d’accueil.
    Enfin, Planète bleue milite également en faveur d'un Conseil fédéral et d’une Europe qui gouvernent au lieu de gérer, et qui soient beaucoup plus actifs, non seulement en matière de préservation de la nature, mais aussi en matière de sécurité, de santé et de protection de la population, et qui soient porteurs d'initiatives en faveur d'une meilleure prise en considération du droit et de la justice en Suisse aussi bien qu’à l’étranger.
    Le programme tient en 10 principes : 1/Maîtriser une croissance devenue folle et favoriser la transition vers une économie douce (aéroport, transports, gaspillages et déchets); 2/Préserver le climat et la biodiversité; 3/Respecter les animaux et manger plus sain; 4/Aider les migrants mais pas les migrations. (Tous les êtres humains en détresse doivent être aidés mais la migration en tant que résultat de l’exploitation de la misère, du pillage et de la mauvaise gouvernance doit être combattue); 5/Taxer les transactions financières et les robots plutôt que le travail; 6/Assurer une santé abordable et équitable pour tous; 7/Défendre une Suisse démocratique dans une Europe indépendante et souveraine; 8/Soutenir un Conseil fédéral qui décide et un Parlement qui légifère en toute indépendance; 9/Conserver une société équilibrée, fière de ses racines et confiante dans l’avenir; 10/Considérer la nature, l’air, l’eau et le patrimoine culturel comme des biens communs inaliénables. (Cf. www.planetebleue.ch).
    Quant à la méthode, elle se veut simple : un budget limité ; une démarche en accord avec les buts affichés : pas de lobbies, pas de dépenses extravagantes, marche à pied ! Avec, à la clé, une bonne chance d’être élu en partant groupé avec la coalition du centre.
    Et comme il faut commencer par un engagement concret, vous retrouverez tous les jours sur ce blog, à partir de demain, les étapes de la première partie de mon tour du Valais à peid et en solitaire. A demain!

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  • Pourquoi Planète bleue

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    Première étape
    Tour du Valais à pied
    23 juillet 2019
    LE PAS FAIT LE CHEMIN. C’est avec ce viatique que je commence mon tour du Valais à pied et en solitaire. Cette formule a guidé toute ma vie et je compte bien m’en inspirer pour affronter les difficultés et maux divers qui m’attendent sur cette longue route. Ça fait quelques années que je marine ce projet de renouer avec mon canton d’origine, la nature et les montagnes, en retrouvant des sensations perdues depuis l’enfance. Le moment est venu de passer à l’action, avec une petite pointe de trac quand même: serais-je capable de marcher 5 à 8 heures par jour sur des pentes aussi raides? On est loin du petit jogging hebdomadaire! L’idée est de partir de la frontière française au bord du Lac Léman et de remonter la vallée sur la rive gauche jusqu’à la Furka et de la redescendre côté bernois jusqu’à Morcles, en deux étés et une cinquantaine de journées. Objectif 2019: une vingtaine d’étapes, de Saint-Gingolph au Val d’Anniviers.
    Parti de Saint-Maurice, le train arrive en gare de Saint-Gingolph vers 9h, descente au bord du lac, selfie, visite au Monument aux morts, en mémoire des fusillés et de l’incendie du village français du 23 juillet 1944 par les SS d’Annemasse, dont on fête le 75e anniversaire de la tragédie aujourd’hui même. La solidarité franco-suisse avait alors joué à fond et la grande majorité des familles française avait alors été accueillie en Suisse avant l’arrivée des troupes allemandes.
    Montée le long de la Morge par le chemin et la route ombragée du Frenay, côté suisse, avec arrêt aux nombreuses fontaines d’eau fraîche. Novel est sur la droite. A midi, arrivée à l’alpage de l’Au de la Morge. Échange avec les employés: la fromagère, qui doit être portugaise, et deux jeunes gens, un Espagnol et un Roumain, qui s’occupent des bêtes. Je leur achète un fromage d’alpage frotté au marc et un verre de limonade pour accompagner mon bivouac. Je leur explique que j’avais campé ici même au début des années 1970, il y a une cinquantaine d’années, avant de nous lancer à l’assaut des pointes savoyardes, juste en face! On était en juin, il faisait frais et humide, et on ne parlait pas de canicule!
    Depuis début juillet, la chaleur et la sécheresse frappent si fort que les propriétaires hésitent à redescendre, faute d’eau et d’herbe. Les bêtes se sont d’ailleurs mises au frais dans la forêt. Difficile de comprendre ceux qui nient le réchauffement climatique et qui ergotent pour savoir s’il est d’origine humaine ou naturelle. Vu d’ici, peu importent les causes, influence des taches solaires ou émissions industrielles de CO2, les effets sont les mêmes et les dégâts sur les sapins qui crèvent de soif et les herbages qui roussissent en début d’été déjà, très inquiétants.
    La montée au col de la Croix est raide et le soleil tape fort. Pauses pour boire en chemin, discussion avec une jeune Française de Nangy, absolument ravissante mais fort légèrement équipée, qui redescend, malheureusement... Arrivée au Col de La Croix puis à Lovenex et son petit lac vert, avec vue échancrée sur le Lac Léman et Montreux: magique! Puis montée au Pas de Lovenex et longue descente sur Tanay par l’alpage de Loz, face aux Cornettes de Bise.
    Ma crampe à la jambe droite me fait horriblement mal à la descente.
    Enfin arrivé à Tanay, le premier hôtel affiche complet mais le second, la Vouivre de Nicole Niquille, est encore libre. L’hôtesse, Esther, me reconnaît. Nous nous étions rencontrés à Sarajevo en 1993 lorsqu’elle était au CICR et que je visitais la ville en guerre avec une délégation de journalistes et d’intellectuels français. Son mari, cuisinier, a étudié au Collège des Missions du Bouveret, tout comme moi. Le chalet a conservé son petit air népalais, avec ses drapeaux de prière et ses petites recettes himalayennes. Nicole a émigré du côté de Fribourg, où elle tient toujours des restaurants d’alpage, et continue à soutenir son hôpital au Népal, mais son esprit reste.
    Baignade dans le lac, juste frais comme il faut: un vrai délice après ces six heures de marche, avant de prendre le repas, excellent d’ailleurs, sur la terrasse aux grosses tables de bois, face au lac. Que du bonheur, dirait un ancien conseiller d’Etat genevois!
    A 21h, la terrasse se vide et les randonneurs partent se coucher tandis que les habitués font la fermeture...

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