Planète bleue

  • Dernière étape : apothéose d’edelweiss au Pas de Lona!

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    20e étape - Eison-A Vieille-Pointe de Tsevalire -Cabane des Bossons-Pas de Lona-Bendolla-Grimentz - dimanche 25 août 2019
    À 8h30, départ des Masses, au-dessus d’Hérémence, pour rejoindre le hameau d’Eison-Crettaz et, de là, monter à pied sur le chemin raide en direction des Chalets d’Eison et de l’alpage de l’A Vieille. Nous sommes deux et plus de 1400 mètres de dénivellation nous attendent. A l’A Vieille, plutôt que de rejoindre directement le Pas de Lona , nous décidons de faire un détour sur la gauche, par la Luette et par la Cabane des Bossons en suivant l’arête sommitale du vallon de Réchy. Ce qui nous permet de grimper sur la Pointe de Tsevalire à 3025 mètres et d’ajouter un second 3000 à mon palmarès...
    Bonne décision : le temps est absolument superbe et la vue sur les Diablerets, les Alpes bernoises, la Maya et le vallon de Réchy, le Mont-Blanc, les sommets d’Arolla, la Dent Blanche, le glacier de Ferpècle, le Cervin, le Weisshorn et tous les autres sommets est sans égale.
    A la descente vers la cabane, une bonne surprise nous attend. Tout d’abord, nous retrouvons un smartphone et un portefeuille oubliés par un randonneur sur un banc près du col de Tsevalire. Par chance, ce dernier est toujours à la cabane, toute proche. Tout heureux de la récupérer ses biens, son propriétaire nous offre une bière. Et comme le patron a organisé une grillade et nous décidons de lui faire honneur.
    Au moment de partir, arrive un groupe d’Anniviards de Saint-Luc, qui nous annonce avoir découvert un parterre d’edelweiss en contrebas du chemin qui descend vers le Pas de Lona: peut-on rêver mieux, pour terminer en beauté cette première partie du Tour du Valais à pied, qu’un tapis d’edelweiss ?
    Je n’en ai encore jamais vues à l’état naturel et je ne veux pas manquer cette occasion. Vive les Anniviards ! Et en effet, derrière un petit monticule, des dizaines d’edelweiss s’étalent si discrètement qu’elles échappent au regard des randonneurs concentrés sur leur chemin. Si même la fleur mythique des alpes suisse se met à fleurir sur notre passage, c’est que le destin nous veut du bien !

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  • D'Arolla à Evolène par le merveilleux Lac Bleu

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    19e étape - Evolène
    Arolla-Pramouss-Lac Bleu-La Gouille-Remointze-Mayens de la Crettaz-La Giette-Gouille d’Arbey-Evolène

    La journée s’annonce tout à fait tranquille puisque l’itinéraire prévoit une decente en douceur du vallon d’Arolla. Mais sur les conseils de notre hôte, j’ai décidé de passer par les hauts pour regagner Evolène. Vers 9h15, j’engage donc dans le chemin de la Borgne jusqu’à Pramouss avant de bifurquer vers l’agréable chemin qui monte à travers les mélèzes et les arolles jusqu’au fameux Lac Bleu, qu’on atteint en une heure.
    Ce petit lac mérite vraiment son nom : il est vraiment bleu, contrairement aux lacs alpins couleur jade, quand l’eau des glaciers se mélange au limon des moraines, ou couleur émeraude lorsqu’ils sont transparents. Un tronc d’arbre posé sur le fond lui donne un aspect de pureté cristalline, une apparence immaculée, qui fascine à juste titre les innombrables visiteurs qu’il attire. Heureusement, il est encore tôt et pas plus d’une dizaine de personnes occupent les rives. Cette eau si claire est tentante, mais peu s’y risquent tant elle est froide. Tant pis pour eux… Surtout qu’un peu plus loin un second petit lac, tout aussi beau, se cache discrètement dans les arbres.
    Le chemin descend ensuite en pente douce le long des flancs de la vallée en évitant les barres rocheuses, avant de remonter assez fortement jusqu’à 2300 mètres, jusqu’à l’alpage de la Remointze. L’endroit parait désert, à tel point que ma venue attise la curiosité des vaches, qui semblent toutes contentes de s’offrir une distraction.

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  • Sur les traces de la Patrouille des Glaciers

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    18e étape - Prafleuri-Col de Roux-Lac de Dixence-Cabane des Dix-Col de Riedmatten-Arolla
    La journée commence assez tard. J’ai rendez-vous avec mon ami P.N. à 10h30, à une heure de marche, au bord du Lac des Dix. Après le déjeuner de 7h, je reste donc deux heures seul dans la cabane avec le personnel qui s’active dans les nettoyages et rangements du matin. Les premiers visiteurs sont attendus vers 9h30, le temps de remonter du barrage après l’arrivée du premier car postal. Le refuge, qui appartient au groupe de transports Theytaz, est géré par la famille Dayer de Vex, guide et gardienne de cabane par tradition familiale. On parle des aléas du métier, passionnant mais sans horaire et exigeant physiquement. Une vie qui ne permet pas de faire fortune mais a l’avantage de l’indépendance.
    Vers 9h, je m’échappe donc vers le col avec mon barda, avec la désagréable impression qu’il me manque quelque chose. Mon sac à dos n’est pas comme d’habitude. Bingo! 100 mètres sous le col des Roux, je constate que j’ai oublié mon tapis de yoga à la cabane! Je redescends donc le col à toute allure et remonte à fond de train: une demi-heure de perdue et la crainte d’arriver en retard à mon rendez-vous sans pouvoir téléphoner faute de réseau. La descente du col vers le Lac des Dix, qui étend son superbe ruban de jade au fond de la vallée, se fait donc au pas de course, au milieu des marmottes qui courent se terrer dans leur trou.
    L’entraînement de ces quinze premiers jours porte ses fruits et j’arrive finalement à temps à la Barme. Nous suivons le chemin carrossable qui longe le lac des Dix pendant une bonne heure avant d’attaquer la montée vers le Pas du Chat, et de là à travers les moraines du glacier du Mont-Blanc de Cheilon vers les cols de Riedmatten et du Pas de Chèvre. L’endroit est un des hauts lieux de la Patrouille des Glaciers. Les deux cols sont jumeaux et leur pente est spectaculairement raide. En hiver, les coureurs doivent s’agripper à des câbles pour descendre dans la neige avec leurs skis sur l’épaule. En été, pas de neige, mais des éboulis et des amoncellements de rochers partout. Il y a quelques années, la moraine s’est écroulée et a emporté le chemin. Il faut donc monter à quatre pattes en s’agrippant aux pierres. Nous optons pour le Pas de Chèvre, voisin, qui a l’avantage d’être un peu moins haut et de permettre de franchir le col par une série de passerelles et d’échelles métalliques sécurisées. Sujets au vertige, s’abstenir !
    Au sommet, le panorama s’ouvre sur le fond de la vallée d’Arolla et ses sommets. La descente est facile, avec un bon millier de mètres de dénivelé, mais sur un chemin en pente douce et bordé de fleurs.

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  • Et 20 derniers kilomètres pour terminer en beauté

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    11e et dernière étape du tour des communes genevoises : Meinier – Corsier – Anières – Collonge-Bellerive – Vésenaz – La Capite – Frontenex – Eaux-Vives
    Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Aujourd’hui jeudi, parcours tout en douceur pour rattraper les kilomètres de marche qui me manquaient entre Meinier et Anières et boucler la boucle en rentrant à la maison à pied par les routes d’Hermance, de La Capite et de Frontenex.
    Rien à signaler si ce n’est, à 15h30, le dernier selfie devant la mairie de la 45e et dernière commune de ce périple électoral à travers le canton de Genève, celle de Collonge-Bellerive.
    Pas vraiment fâché d’avoir pu terminer cette marche électorale en parfaite condition physique et morale et très content d’avoir réalisé une promesse électorale avant même que l’élection ait eu lieu. Vous me pardonnerez de ne pas résister pas au plaisir de quelques chiffres : 215 kilomètres parcourus à pied, une centaine en transports publics pour rentrer à la maison le soir, 295 000 pas, 45 communes traversées, 9500 flyers distribués, quelques décis de bon vin genevois ingurgités et deux grosses ampoules en voie de résorption. Le bilan carbone et le bilan physique sont bons, Si l’élection avait lieu sur ces critères, je ne craindrais aucune concurrence. Mais ce n’est pas le cas hélas ! Comme on dit dans ces cas-là, l’important c’est de participer.
    En attendant de voir le nombre de suffrages récoltés, je vous donne rendez-vous ce soir 11 octobre à la galerie D10 à l’angle Bd helvétique/rue Ami-Lullin pour fêter la fin de cette campagne de marche et le 20 octobre pour la fête finale, quel que soit le résultat… Venez nombreux.

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  • Pluie battante avant le sourire d’Hermance

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    10e étape du tour des communes genevoises : Lullier – Jussy – Gy – Meinier – Corsier - Hermance
    Après autre jours de pause pour soigner mes cloques, je reprends la route, pour les deux dernières étapes, là où je l’avais laissée, à Presinge. Si mes pieds vont mieux, aujourd’hui, c’est le ciel qui est dérangé. De grosses gouttes tombent dès l’arrêt de bus de Lullier, puis une pluie fine et enfin une pluie battante.
    Mais la campagne genevoise a ses charmes, même sous la pluie. A condition d’éviter les éclaboussures des voitures de frontaliers qui vous frôlent à toute vitesse ! Le hameau de Lullier est charmant et il y a même de la douceur et de la nostalgie dans l’air. A Jussy, un pèlerinage à la mairie, où je me suis marié il y a 27 ans, s’impose. Elle a été entièrement rénovée et la secrétaire communale fait également office de buraliste postale. Petite café à l’auberge, qui a perdu sa terrasse depuis mon repas de noces, mais est restée très accueillante.
    La pluie redouble d’intensité et la route vers Gy s’annonce pénible. Pas question de distribuer des papillons dans ces conditions. A Gy, où je n’étais pas revenu après mon discours du Premier Août en 2017, pas question de musarder non plus. Dommage, le village est absolument attachant.
    C’est donc tout mouillé malgré mon équipement que j’arrive vers 13h au restaurant du Tilleul à Meinier, où je suis accueilli par Jean-Paul, sa femme Véronique et leur ami Jean-Marc. Ils sont tous natifs ou résidents du coin et rien de ce qui concerne Gy, Meinier, Corsier, Anières ou Hermance ne leur est étranger. La conversation va donc bon train. Ça fait du bien d’être au chaud, devant une bonne bouteille et de bavarder avec des amis.
    Vers 14h30, la pluie s’arrête et nous faisons le tour des boites aux lettres du village avec Jean-Paul. Avec un arrêt au Coin meinyte, petit estaminet fort sympathique tenu par un ancien informaticien tessinois. Discussion au bar avec Philippe Desbiolles, dont la famille élève 300 têtes de bétail en bio. On parle élevage, culture, vigne, production bio… Bonne nouvelle, la relève est au rendez-vous : la jeune génération, ouverte aux nouvelles méthodes, est prête à prendre le relais.

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  • Clopin-clopant entre les Porsche Cayenne

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    9e étape du tour des communes genevoises : Thônex – Puplinge – Presinge – Choulex – Vandoeuvres - Cologny
    Aujourd’hui, plus d’arrêts bistrot ni de pause pour les caméras de la RTS : c’est la journée cloques et boiteries.
    Parti le matin de Thônex, tout s’annonçait pourtant au mieux. Au café de départ, je fais la connaissance d’un hôtelier-restaurateur de Chancy qui a longtemps travaillé en Afrique et qui a notamment géré l’hôtel d’Ouagadougou à l’époque où l’ancien patron de la Poste Jean-Noël Rey et le député valaisan Georgie Lamon ont trouvé l’a mort dans l’attentat islamiste de janvier 2016.
    Mais très vite, la route qui mène à Puplinge devient pénible, à cause du bruit, du trafic et des chantiers. 3 kilomètres d’enfer. A l’entrée du village, je croise par bonheur mon ancien collègue député Jean-Claude Dessuet, 90 vaches et dernier paysan-résistant au tout-béton urbain qui menace de le submerger. Pas question d’abandonner les terres qui font vivre sa famille. Bravo !
    La petite route qui serpente entre les champs jusqu’à Presinge est en revanche très agréable. Mais il fait chaud et je sens l’implacable goudron sous mes pieds. A Presinge, les auberges sont fermées. Pas question de boire un verre ni de déjeuner. Ni de me faire inviter pour un café chez l’adjoint au maire Patrice Mugny, ancien collègue du Courrier. Il prend le frais en Valais. Idem pour Philippe Schaller, qui vient d’ailleurs de reconstruire le Poney-Club qui a accueilli notre première jument avec un goût très sûr et sans cette ostentation qui est souvent d’usage dans le milieu équestre. Il me faut donc traverser la plaine de la Seymaz le plus vite possible pour arriver à temps au Café des Amis de Choulex, seul établissement à portée de marche dans le coin.
    Je commence à avoir mal à un pied en traversant la Seymaz. J’arrive donc aux Amis clopin-clopant. Coup de chance, trois connaissances viennent de se mettre à table : il y a là Janine Hagmann, ancienne députée, Alain Peyrot, ancien patron de la régie Naef, et Christophe Dulex, candidat au Municipal de Vernier. On rajoute un quatrième couvert et c’est parti pour refaire le monde (un peu) et la République (beaucoup), en éreintant au passage quelques caciques, on ne se refait pas ! La conversation est aussi animée qu’amusante.
    Encore un repas sponsorisé : il va falloir que je l’ajoute aux dons de campagne en nature ! Mais tout a une fin, et je quitte le sympathique trio pour monter vers la mairie et couper sur Vandoeuvres à travers les vignes et les prés du Petit Miolan. Mes pieds ne s’arrangent pas malgré une petite pause à l’ombre d’un grand chêne.

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  • Arrêt tournage pour la RTS à Villette

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    7e étape du tour des communes genevoises : Croix-de-Rozon - Evordes – Troinex – Veyrier – Sierne – Villette – Thônex – Chêne-Bourg – Chêne-Bougeries

    Il a plu pendant la nuit, l’air est lavé, le sol a enfin retrouvé son humidité naturelle et il fait bon se promener dans la belle campagne qui s’étend le long de la Drize entre la Croix-de Rozon et Troinex. Même s’il n’y a pas beaucoup d’électrices et d’électeurs en vue…
    A partir de Troinex, la rue s’anime un peu et les habitations deviennent plus denses. Sur le plateau de Vessy, j’opte pour le Bois de Veyrier, que je n’ai encore jamais traversé : personne ! Heureusement je me rattrape à Veyrier. En une heure, j’écoule un maximum de papillons, ce qui me permet de faire une étape bien méritée au café de la Réunion.
    C’est là que j’ai rendez-vous avec Alimuddin, qui anime petite chaine d’info sur Youtube et a trouvé ma pub dans sa boite aux lettres lors de mon passage au Grand-Saconnex. Petite interview au bord de la fontaine de la place de l’église. Il m’accompagne jusqu’à Sierne où m’attend un autre rendez-vous avec la RTS cette fois. Le TJ souhaite faire un sujet sur la mulltiplication des listes à un seul candidat et le choix est tombé sur moi à cause de ma tournée du canton à pied, qui a attiré l’attention semble-t-il. Ça change un peu des candidats dans leur bureau ou sur les marchés. Va donc pour le reportage.
    On se dirige sur Villette, au bas de Conches, petit hameau charmant mais un peu mort en milieu d’après-midi. Heureusement, un citoyen-photographe du village cherche les maisons rénovées à partir de photos anciennes et accepte de se prêter au jeu. Quelques minutes plus tard, notre manège attire à sa fenêtre une dame qui n’a pas la langue dans sa poche. On tient le sujet ! Mais il manque encore un plan de bistrot. Finalement on trouve asile au Café du Plateau - excellente enseigne au demeurant – du côté de Chêne. C’est enfin en boite. Rendez-vous en principe dimanche soir pour voir ce qu’il en restera...

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  • Record de pauses-bistrot au kilomètre battu

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    7e étape du tour des communes genevoises : Laconnex – Sézenove – Perly-Certoux – Bardonnex
    Ce qu’il y a de bien avec les élections fédérales, c’est qu’elles se déroulent en septembre-octobre au moment des vendanges. Et c’est encore mieux quand on peut battre la campagne dans la Champagne viticole.
    Comme tous les jours, j’avais pensé démarrer cette journée avec un café au bistrot du coin. J’ai pu boire mon café mais dix minutes après, il y avait déjà une tournée de rosé du Château de Laconnex dans les verres.
    Un trio d’éminents citoyens de Chancy, Soral et Laconnex, dont l’ancien maire de la commune, M. Rovini, se trouvant attablé dans ledit café, il aurait été de la dernière goujaterie de refuser cette offre d’apéro si obligeamment proposée (elle sera dûment déclarée dans mes revenus de campagne, promis juré. Dans les circonstances actuelles, le moindre pot de vin devient suspect !)
    Or donc il est déjà midi moins le quart quand je m’élance d’un pas ferme sur les chemins pédestres qui mènent à Sézenove. Où l’accueillante terrasse ensoleillée du café de la Fontaine me tend les bras pour son plat du jour. Autre tentation contre laquelle il serait vain de lutter.
    Ce n’est donc que vers 14h que je prends mon courage à deux mains pour traverser la plaine de l’Aire et rejoindre Perly-Certoux. Il est clair qu’avec toutes ces terrasses, la distribution de flyers s’en ressent. J’essaie donc de me rattraper avec les quelques boites aux lettres et piétons qui croisent mon chemin. Arrivé à Bardonnex, un troisième café, l’ancien café de Bardonnex devenu la Comète, offre une terrasse bien ombragée avec un couple qui a la bonne idée de m’inviter. 200 mètres plus loin, rebelote dans la maison d’une vieille connaissance.

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  • Du peintre de la Champagne à la couleuvre de la Laire

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    6e étape du tour des communes genevoises : Aire-la-Ville – Cartigny – Avully – Chancy – Sézegnin – Soral
    Cette sixième étape s’annonce rude puis que l’objectif est de faire le tour des six communes de la Champagne en une journée. Objectif trop ambitieux : arrivé à Soral après 22 kilomètres de vagabondages, mes pieds rendent l’âme et je décide de remettre Laconnex au lendemain.
    Mais dans l’immédiat, tout s’annonce pour le mieux. Après un cafe latte à la terrasse du café d’Aire-la-Ville, j’attaque le chemin de Cartigny par la magnifique réserve naturelle du Moulin Vert. A ma grande honte, c’est la première fois que je la visite : ne faites pas la même erreur, précipitez-vous, c’est grandiose.
    Il faut ensuite remonter sur Cartigny et, là, autre surprise, la Mairie est ouverte pour une exposition du peintre Eric Wuarin, citoyen de la commune et qui peint le Mandement comme personne. Il fête ses 50 ans de peinture par une exposition de tableaux superbes avec sa technique particulière, mi-aquarelle, mi-gouache. Tout à fait dans la ligne de Planète bleue. Il partage une agape avec de joyeux compères et, ni une ni deux, me voici convié à partager leur table! Ce serait sot de résister. Et en effet, je passe un très bon moment, à parler de Poutine et de Trump entre deux gorgées d’excellents crus du terroir et d’une bonne bière artisanale brassée en famille ! De quoi oublier le soleil qui tape fort et rendre guillerette la route à Avully et Chancy.
    A Chancy, le village est plongé dans un calme trompeur : aujourd’hui le ballet infernal du trafic frontalier est en congé. Je fais mon selfie devant la mairie, qui se trouve côtoyer le Café de la Place, lequel accueille – encore une surprise ! – une réunion de la famille de Simone de Montmollin, collègue députée et elle aussi candidate au National pour le PLR : du coup, elle est la première candidate rencontrée depuis lundi. On lui souhaite bonne chance.

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  • En campagne avec le maire de Lyon à Russin !

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    5e étape du tour des communes genevoises : Satigny – Allondon – Dardagny – Russin – La Plaine
    Plus les jours passent et plus je me félicite d’avoir saisi l’occasion de cette campagne électorale pour faire ce tour des communes genevoises. On devrait d’ailleurs rendre cet exercice obligatoire pour tous les candidats. Non seulement, c’est bon pour la santé et ça fait baisser les coûts de l’assurance maladie, mais en plus on découvre plein de coins nouveaux et de gens agréables. Beaucoup plus drôle que de se marcher sur les pieds dans les Rues Basses et d’arpenter les Marchés de Rive et de Carouge le samedi matin !
    Car en dehors de ces lieux battus et rebattus, c’est le désert des Tartares. En une semaine je n’ai pas rencontré un/e seul/e candidat/e. Les quartiers populaires sont désertés, tout comme les communes de la campagne. J’en vois en revanche beaucoup dans les boites aux lettres, où la concurrence est très forte. Pour glisser mon flyer lundi, j’ai dû me battre contre le journal des socialistes, mardi contre celui du MCG. Mercredi, c’était Céline Amaudruz qui remplissait les cases.
    Ils ne savent pas ce qu’ils manquent, mes collègues-concurrents, parce que la balade vaut vraiment le coup. Samedi, par un temps magnifique, c’était la totale : le Mandement est sans aucun doute un des plus beaux coins du canton, sinon le plus beau. Entre les effluves de cuve qui montent des caves, les grappes qui pendent aux ceps, le soleil qui brille entre les arbres du Chemin du Paradis, l’Allondon qui coule paresseusement au fond de son lit, peut-on rêver mieux ?

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  • Bain de foule aux Palettes et à Onex

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    4e étape du tour des communes genevoises : Carouge-Plan-les-Ouates-Lancy-Onex-Bernex-Confignon
    Après une petite pause jeudi - il faut bien travailler ! – j’ai repris mon tour des communes genevoises à pied hier avec un menu copieux : pas moins de 6 communes à visiter, plus un défilé à la manif des jeunes pour le climat en milieu d’après-midi.
    En début de matinée, le centre de Carouge est encore calme. Un trio d’électeurs MCG est attablé à une terrasse de café. Pas terrible pour le candidat Planète bleue même si la conversation s’engage sur un mode convivial. Devant la Mairie, deux pompiers prennent la photo, très amicaux. Ca s’anime une fois arrivé aux Tours. Beaucoup de monde, et j’ai vite fait d’écouler quelques centaines de flyers dans les allées qu’on m’ouvre généreusement.
    La route vers les Palettes est en revanche moins agréable, avec le soleil qui tape et le trafic. Par bonheur, l’atmosphère de l’Etoile-Palettes est très requinquante : je n’y étais plus revenu depuis mes années d’étudiant voici 40 ans. On pose de nouvelles boites aux lettres et toute une foule bariolée va et vient dans la bonne humeur. Pas sûr que la densité d’électrices et d’électeurs soit au rendez-vous mais ç’est très plaisant.
    Je reviens sur la route de Saint-Julien pour gagner la mairie de Plan-les-Ouates et prendre la photo qui atteste mon passage, avant de bifurquer sur les Voirets – le premier cycle où j’ai enseigné – et revenir sur Lancy. La mairie est en réfection mais les abords sont charmants. Je passe par hasard devant la Maison Thévenoz, qui se trouve être la maison natale de Nicolas Bouvier, avec qui j’ai travaillé six ans entre 1983 et 1989. Des Tours de Carouge, où il avait alors son bureau, à sa maison natale, j’ai remonté le cours de sa vie en trois heures !

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  • Une bouteille de gamay bien méritée à Aïre

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    3e étape : Grand-Saconnex-Meyrin-Vernier
    Départ sous les gouttes pour une grosse journée de marche. Le Grand-Saconnex, le quartier du Pommier, les Avanchets, Meyrin centre et Meyrin village, la zone industrielle de la Zimeysa, Vernier centre, Le Lignon et Aïre : 17 kilomètres de ville dense, avec des quartiers sympathiques mais aussi beaucoup de zones industrielles et de routes ingrates pour le piéton !
    Remonter la route de Meyrin sous la pluie et descendre celle de Vernier le long des camions exigent une sérieuse motivation.
    Mais la chaleur des gens rencontrés fait tout passer. Beaucoup ne veulent pas entendre parler de politique. Les affaires, le cynisme, l’impression que « ça ne sert à rien » et que les politiciens mentent, les découragent. Mais quand on fait l’effort de venir vers eux et qu’on leur explique faire le tour du canton à pied comme candidat, on vous regarde d’un autre oeil. Celui-là au moins mouille sa chemise !

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  • Dur, dur d’être un candidat 0 carbone !

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    2e étape : Versoix-Céligny-Collex-Bossy
    Je ne vote pas, ça ne sert à rien, les politiciens mentent tout le temps ! Voilà ce qu’on entend très souvent quand on bat le pavé pour faire campagne. Sauf que les gens apprécient que vous fassiez l’effort de venir vers eux à pied.
    Le dialogue qui se noue devient dès lors beaucoup plus fructueux. Ce qui est plus dur en revanche, c’est de faire coller votre démarche à vos principes. Quand on prétend sauver la planète (ou plus modestement contribuer à), gare à ne pas être pris en flagrant délit de contradiction.
    Or, au cours de cette deuxième étape, je dois avouer avoir commis une petite infraction à la règle du tout à pied : parti pour Versoix en tram et en train hier matin, j’ai zappé la marche en terres vaudoises pour me rendre dans la patrie du théologien Olivier Fatio. Pas question de faire le tour du canton et de biffer les 787 Célignotes de ma liste ! Ni de faire l’impasse sur le vieux cimetière de Céligny, le plus beau du canton, qui abrite en pleine forêt les tombes de Richard Burton et d’Ernst Schmidheiny, celui qui m’avait octroyé une bourse d’étude en Amérique latine voici 35 ans…
    Mais de là à faire 20 kilomètres aller-retour à pied, c’était trop pour mes modestes jambes. A l’aller, j’ai donc accepté un co-voiturage de Mies au Château de Bossey (où j’étais invité à déjeuner) et au retour sur Collex, j’ai emprunté les transports publics nyonnais, les CFF et les TPG. On me pardonnera donc car la faute me semble vénielle.

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  • Planète bleue en campagne : le tour des communes genevoises à pied

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    1e étape : Genève – Genthod en passant par Pregny-Chambésy et Bellevue
    Comment faire campagne sans trésor de guerre, sans agence de relations publiques grassement payée, sans lobbies prêt à débourser (soit disant sans espérance de retour) ?
    Réponse : en faisant le plus possible soi-même ! Et si possible en respectant ses engagements électoraux pour une planète durable.
    C’est avec cet esprit que je me suis lancé hier matin dans une tournée électorale des 45 communes genevoises à pied. Je me suis donné 15 jours. A raison de 3 communes par jour et quelques ampoules aux pieds, ce devrait être possible.
    Départ donc en ce premier jour d’automne ensoleillé de Roches-Malagnou, les Tranchées, la Vieille Ville, le Palais Eynard, la Corraterie, Saint-Gervais, les Pâquis, le quartier des Nations, la cantine du CICR, Pregny-Chambésy, le bois de Foretaille, Bellevue, les Tuileries, Genthod, la route de Collex et retour à Bellevue par le chemin de la Chênaie. Soit 30 kilomètres en 10 heures et 1200 flyers distribués dans les boites aux lettres ou aux passants rencontrés. Pas si mal pour un premier jour.
    Première impression : je savais ce canton bigarré, mais jamais à ce point ! Quel prodigieux mélange de langues, de couleurs de peau, de patronymes pas évidents à prononcer. Genève est devenu un canton très baroque. Deuxième impression : un nombre sidérant de chantiers. Partout des grues, des camions, des camionnettes d’ouvriers, des rues éventrées, des lotissements en construction, des villas en rénovation. Une frénésie de construction semble s’être emparée du canton.
    Troisième impression : des belles rencontres. Beaucoup de connaissances pas vues depuis longtemps, à la terrasse des cafés, sur les trottoirs ou sortant de la poste. Enormément d’inconnus évidemment, plutôt agréablement surpris par la démarche. Pas mal d’irréductibles aussi : l’environnement polarise et beaucoup ne croient pas à la crise climatique. Si la prise de conscience progresse, le combat est encore très, très loin d’être gagné…
    Demain mardi, voyage à l’extrême-orient du canton : Versoix et Céligny.

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  • Adieux au Club suisse de la presse (et à ceux qui veulent sa peau)

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    Discours adressé à la dernière fête de la presse et de la communication en présence de Mme Tatiana Valovaya, nouvelle directrice générale de l'ONUG et de M. Serge dal Busco, vice-président du Conseil d'Etat

    Madame la Directrice générale de l’ONUG,
    Monsieur le Vice-Président du Conseil d’Etat,
    Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
    Chers amis,
    Ce soir est évidemment un moment émouvant pour moi puisque je vais quitter mes fonctions au Club suisse de la presse. Cela fera en effet 25 ans en décembre prochain que je me suis engagé dans cette aventure, de 1994 à 1997 comme président et fondateur, de 1998 à 2000 comme président et directeur, et depuis lors comme directeur exécutif.
    Durant toutes ces années, le Club suisse de la presse aura organisé près de 2500 événements liés à la presse, aux médias et à la Genève internationale. Des dizaines de chefs d'Etat et des milliers de personnes ont défilé dans nos murs et des dizaines de milliers d’articles et d’interviews ont été publiés dans les divers médias de Suisse et du monde et certains posts ont fait des millions de vues.
    Je rappelle à ce propos que le Club suisse de la presse a été créé avec le soutien et à la demande du Conseil d'Etat et de la Confédération et que celui-ci est acté dans la convention de siège de l'OMC à Genève en 1993 et fait donc partie des obligations légales fédérales et cantonales. De même qu'il est expressément mentionné à hauteur de 30 000 francs dans le dernier message du conseil fédéral sur la Genève international que les chambres fédérales viennent d'approuver.
    Je tiens donc vivement à remercier toutes celles et tous ceux qui ont permis de réaliser ce travail que je crois avoir été utile à notre pays et à notre canton. Je veux d’abord vous remercier vous, nos membres, qui êtes toujours des centaines à nous suivre et à payer vos cotisations. J’aimerai aussi remercier tous les membres du comité qui ont œuvré depuis 1994 a la réalisation de notre mission et permis de traverser toutes les embûches qui ont jalonné notre route.
    Je tiens donc remercier les soutiens institutionnels qui ont soutenu nos activités, à commencer par la Confédération et le DFAE, par le canton et le Conseil d’Etat, et par la Ville de Genève. J’aimerai aussi remercier les journalistes, médias, éditeurs, groupes et sponsors privés qui n’ont pas non plus ménagé leur concours. Ils sont très nombreux et je ne peux pas tous les citer. Aussi je n’en mentionnerai qu’un, à savoir la Fondation pour Genève et son président Ivan Pictet, que je côtoie depuis 25 ans et qui a toujours été à nos côtés.
    Cela étant dit, je ne suis pas dupe. 25 ans, c’est long, et beaucoup trop long pour certains, qui ont dû pousser un ouf de soulagement en apprenant la nouvelle de mon départ. Quand on est dans la presse, on sait ce que veut dire la critique et on doit l’accepter. J’entends donc assumer les critiques que l’on a pu et que l’on peut encore certainement m’adresser. Elles sont nécessaires et permettent d’avancer.
    Il est cependant un point sur lequel je n’ai jamais transigé malgré les pressions innombrables que j’ai reçues depuis 20 ans, c’est celui de l’indépendance et de l’impartialité. Quoiqu’on ait pu tenter pour faire annuler des conférences de presse ou censurer au préalable des intervenants, je leur ai toujours donné la parole, quelle qu'aient été leur origine, leur couleur de peau, leurs convictions idéologiques ou religieuses. Je pense que c’est un atout pour un club de presse, un atout précieux même, et qu’il faut le préserver même si la tendance à imposer la communication et la propagande au détriment de l’information est désormais devenue une plaie de notre monde.

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  • Défilé de 40 chamois au bord d’un lac

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    17e étape - Refuge de Louvie-Col de Louvie-Grand Désert-Col de Prafleuri-Cabane de Prafleuri – Jeudi 23 août 2019
    La journée commence à 7h45 par deux heures et demie d’une longue montée vers le col de Louvie, à 2921 mètres d’altitude. On grimpe à travers les alpages, des barres de rochers et des éboulis de gros rocs. On transpire un peu mais comme l’air est frais, c’est plutôt agréable. Au fur et à mesure qu’on prend de l’altitude, le paysage se fait plus dur, moins herbeux et moins fleuri, plus sauvage et plus pierreux.
    Au col, on laisse derrière soi le versant verdoyant de Louvie pour entrer dans un univers complètement minéral, presque lunaire, fait de glaces, d’eau et de rochers. Le chemin crapahute au pied du Mont-Fort à travers les trois combes glaciaires qui descendent du massif de la Rosablanche et chapeautent le barrage de Cleuson en contrebas. On enjambe moraines, torrents, lacs glaciaires et rochers arasés que les glaces ont mis à nu en se retirant.
    Comme à Corbassière, on se sent en haute montagne.
    Après deux bonnes heures de montées et de descentes sous un ciel gris dans ce paysage désolé, on comprend mieux pourquoi cet endroit s’appelle le Grand Désert ! Le dernier col, celui de Prafleuri, culmine à 2987 mètres. Puis on redescend ensuite lentement vers la cabane de Prafleuri, qu’on atteint en une heure.
    C’est encore tôt et comme le soleil perce à nouveau à travers les nuages, j’avise un petit lac aux eaux cristallines à un quart d’heure de marche du chemin, histoire de procéder à ma pause et à ma baignade rituelles de l’après-midi. Un endroit parfait pour se rafraichir et faire une sieste en toute tranquillité. A peine le temps ai-je le temps de sortir de l’eau qu’un couple de chamois avec leur petit déboule sur la crête. Je ne sais lequel des quatre est le plus surpris. Le mâle scrute l’intrus pendant de longues minutes avant de décider qu’il n’y a pas de danger. Le trio se met donc à brouter entre les rochers en descendant la pente.
    Quinze minutes plus tard, c’est une invasion. Ces visiteurs étaient venus en éclaireurs: dix, puis vingt puis trente chamois avec leurs cabris se mettent à défiler tranquillement devant moi en broutant, en jouant, en se battant ou en se couchant à même la falaise, comme des vacanciers à la plage. Ce manège va durer une quarantaine de minutes pendant lesquelles je ne cesserai d’être observé par un trio de préposés au guet, qui me dévisagent avec un air interrogateur comique: mais qui diable peut bien être ce gaillard qui nous regarde assis sur un matelas de caoutchouc? De temps en temps, quand je me mets à bouger, l’un deux émet un petit sifflement et toute la troupe se fige en se tournant vers moi. Après une heure de ce manège, il commence à faire frais et je décide de lever le camp en douceur.


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  • Louvie, une émeraude dans son écrin de montagnes

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    16e étape - Mauvoisin-Écuries du Vasevay et du Crêt-Col du Sarshlau-Col du Bec d’Aigle-Lac de Louvie - 21 août 2019
    Dans le car postal qui me ramène à Mauvoisin, c’est la rentrée des classes ce lundi. Depuis le Châble, le bus collecte les enfants tout excités vers les écoles de Champsec et de Lourtier. Les randonneurs, qui se sont faits plus rares, font contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, cette bruyante cacophonie change du silence parfois pesant des adultes.
    Il a beaucoup plus pendant deux jours et la nature est toute fraîche, pimpante, scintillante de vapeur d’eau et de gouttes de pluie qui brillent dans l’herbe et sur les aiguilles de sapin. Le soleil pointe à travers les brouillards matinaux qui laissent entr’apercevoir un ciel tout bleu et des sommets bien lavés. Les mélèzes, l’herbe et les fleurs sont perlés de rosée et les premiers bolets sont en train de pousser au bord du chemin.
    Pour attaquer cette nouvelle et dernière étape de mon périple valaisan, je me sens moi aussi en pleine forme, tout excité à l’idée de reprendre la marche.
    Après une courte descente depuis l’Hôtel Mauvoisin pour traverser la Dranse, le chemin commence à monter à travers une forêt éparse de bouleaux et de vernes, sur le versant droit du Val de Bagnes. Les orages ont emporté un bout de chemin et il faut descendre dans le lit encore tout boueux pour franchir le premier torrent. Après une heure de marche, le soleil sèche peu à peu les feuilles et le terrain se fait moins glissant. Un premier, puis un deuxième alpage sont atteints, déserts, puis un troisième, celui du Crêt. Nous sommes sur le sentier des écuries de pierres voûtées, nous annonce un panneau explicatif planté au milieu de divers bâtiments de pierres grossièrement taillées et de bassins taillés dans la roche. Les premières traces d’habitat remontent au néolithique, nous indique-t-on. Les lieux ont été occupés sans interruption depuis lors, bétail et êtres humains ensemble. Plusieurs de ces abris, écurie, fromagerie et abri des bergers ont été magnifiquement restaurés avec leurs toitures voutées de pierre.
    Ici, pas de vaches, mais beaucoup de moutons. Ils nous attendent un peu plus haut, sur les contreforts du Pas de Sarshlau, le premier col du jour. A 2600 mètres, son abord reste aisé. Mais l’arrivée au sommet est spectaculaire, tant l’arête est vive. Les pentes de part et d’autre du col sont si abruptes qu’on se sent sur le fil d’un rasoir, obligé de caler un pied sur chaque versant pour se tenir debout !
    Pour la première fois depuis des semaines, il n’y a pratiquement pas âme qui vive. Oubliées les cohortes de marcheurs du Tour du Mont-Blanc, du Tour des Combins et de la Via Francigena, un couple de Lausannois et deux Bâloises seront les seuls êtres humains rencontrés au cours de la journée.
    Le chemin redescend ensuite dans un vallon et suit le flanc des montagnes qui surplombent Fionnay pendant un long moment avant de remonter vers le torrent du Dâ et franchir le dernier col de la journée, celui du Bec d’Aigle. Après quoi apparait le but final, le beau lac vert de Louvie et sa cabane. Sa belle couleur émeraude incite à la baignade. Elle tranche sur les lacs d’altitude, plutôt couleur jade à cause du limon des moraines.

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  • Pause petite arvine devant le Glacier de Corbassière

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    15e étape - Écuries de Sery-Col des Avouillons-Passerelle et cabane de Panossière-Col des Ottans- Mauvoisin - 18 août 2019

    On se fait à tout et finalement les heures de cette nuit à la belle étoile sont passées plutôt vite. La récompense vient à l’aube avec un magnifique coucher de lune et une aurore resplendissante. On a tort d’honorer les beautés et les promesses du matin. Elles vous font vite oublier les aléas de la nuit et entrer dans la journée avec une énergie formidable.
    Après les exercices d’assouplissement habituels, quelques ablutions dans la fontaine et une agape frugale, vers 7h30, je me sens prêt à attaquer une nouvelle journée de marche. Je me dirige vers le fond du vallon, sous les glaciers du Petit-Combin, avant d’entamer la montée plutôt douce du Col des Avouillons, qui dévoile une superbe vue sur le très beau glacier de Corbassière. Il est 9 heures et nous ne sommes que trois à l’arrivée. Mais très vite la foule des randonneurs se fait plus dense et le col devient très encombré. En redescendant vers le glacier, je noue la conversation avec deux randonneurs de la région, un jeune Bagnard et un vétéran de la Fête des Vignerons, cycliste et ancien marchand de vin. Tous deux connaissent bien les lieux. On échange quelques impressions et on se donne rendez-vous une heure plus tard à la Cabane de Panossière, de l’autre côté du glacier.
    Depuis 2014, une belle passerelle haubanée construite avec le concours de Toni El Suizo, Toni Rütimann, le fameux constructeur de ponts suspendus en Asie et en Amérique latine, permet de traverser en évitant les crevasses et l’escalade des hautes et friables moraines. On enjambe donc un torrent bouillonnant à 70 mètres de hauteur sur 200 mètres de longueur. L’ouvrage a incontestablement belle allure.
    La cabane de Panossière, rebaptisée FX Bagnoud depuis sa reconstruction suite à la destruction de l’ancienne par une avalanche en 1988, offre aussi un design avant-gardiste avec sa forme de cube biseauté. Mais elle s’intègre très bien dans le paysage. La terrasse jouit d’une vue imprenable sur le grand coude du glacier et les imposants séracs du Grand-Combin : la majesté des Alpes dans toute sa splendeur !
    Mes deux compagnons du jour connaissent le patron, un Martignerain volubile, qui, très content de sa journée d’hier, est d’excellente humeur et ne tarde pas à nous offrir une bouteille de son excellente petite arvine. La conversation roule sur la Fête des Vignerons et les aléas de la presse, ce qui donne assez soif pour une seconde bouteille.

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  • Nuit à la belle étoile sous le Mont Rogneux

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    14e étape - Col de Mille-Mont Rogneux-Sentier des Lacs-Alpage de Sery-Cabane Brunet – Samedi 17 août 2019
    Même temps qu’hier, soleil légèrement voilé donc pas trop dur, fond de l’air frais mais pas glacé, bonne visibilité sur tous les sommets, la journée s’annonce parfaite et elle le sera.
    Départ vers 8h15 pour attaquer la montée du Mont Rogneux sur la crête de Mille. Ca grimpe plutôt sec avec des passages extrêmement raides à travers des éboulis de grands rochers, sous le sommet, qui est en vue après une heure trente de route.
    Il culmine à 3084 mètres, et c’est mon premier 3000 depuis le commencement de mon vagabondage valaisan. Vue imprenable sur le Petit et le Grand Combin, le massif du Saint-Bernard, et celui du Mont-Blanc, qui pointe son nez derrière les sommets du Val Ferret. Plus loin, les Dents du Midi ferment la vallée sur le lac Léman, face aux Dents de Morcles puis au Massif des Diablerets avec Tzanfleuron. Si on continue la vue panoramique à 360 degrés, Verbier apparaît au premier plan avec le Mont-Fort puis le glacier du Giétroz et le Pigne d’Arolla.
    Le chemin de descente suit la crête, aussi raide et malaisé que le sentier de montée. Puis on descend dans les éboulis en sautillant de rocher en rocher en évitant de se tordre un pied ou de se casser une jambe entre deux rochers... Les panneaux indiquent qu’on se trouve sur le sentier des lacs, et il y en effet plusieurs, couleur jade, noirs ou bleus, lovés au milieu des moraines.
    500 mètres plus bas, le premier lac est en vue. Je m’y lance... et ressort aussitôt comme un diable de sa boîte. Il est simplement glacial ! A 2600 mètres d’altitude, on est loin des plages grecques! Le suivant, la gouille du Rogneux, est beaucoup plus grand. Une grande pierre plate offre un havre idéal et je m’y plonge avec le même entrain, pour quelques brasses, suscitant la curiosité des autres randonneurs, qui hésitent, se tâtent et renoncent. Ah s’ils savaient comme on se sent bien après.
    Un peu plus bas, la petite gouille des Reunes offre en revanche une eau plus chaude. Elle regorge de têtards, de grenouilles et, si l’on reste à l’affût sans bouger, de petits tritons noirs.
    Une heure plus tard, après une belle descente dans les alpages du Petit-Combin, la cabane Brunet amorce le retour à a civilisation avec son parking à voitures et sa terrasse pleine à craquer. Verbier est juste en face et cela se remarque par le profil des hôtes et par l’affluence…

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  • De l’art de fabriquer des reines

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    13e étape - Bourg-Saint-Pierre- Azérin-Creux du Mâ-Coeur-Refuge du Col de Mille – Vendredi 16 août 2019
    Saint-Bernard Express à Martigny à 7h du matin avec changements à Sembrancher et Orsières pour emprunter le car postal jusqu’à Bourg-Saint-Pierre: la reprise de mon Tour du valais à pied se mérite! Mais la récompense est au rendez-vous: c’est une journée de rêve pour une étape de rêve: le chemin est bien tracé, très agréable, pas trop plat nit trop abrupt. Après une bonne heure de montée dans la forêt, les sapins laissent place au petit alpage d’Azerin, fief de la famille Dorsaz, qui figure parmi les meilleurs éleveurs de vaches d’Hérens du Valais. L’une d’elles vient d’ailleurs de remporter le trophée national à la dernière finale d’Aproz.
    Les vingt vaches présentes tiennent toutes leur rang: puissantes, nerveuses, le front bas et large, la corne longue et épaisse, elles s’épient les unes les autres, grattent le sol d’un sabot impatient. On sent qu’elles n’ont pas besoin de grand-chose pour commencer à en découdre. Pas question de les taquiner...
    Pour Gérard Dorsaz, c’est une passion. Certains font de la voile et d’autres de l’équitation, lui fait des reines. Ce qui demande une attention permanente car une reine en puissance, c’est capricieux et imprévisible, et risqué. Ces stars de la lutte perdent vite la tête, au point de ne plus ressentir la douleur et de se battre jusqu’à se casser une épaule ou se fracturer une patte, et de devoir finir à l’abattoir.
    L’élevage de reines est donc une passion coûteuse. Il est d’ailleurs en déclin, au point qu’on s’inquiète pour l’avenir de la race. Depuis peu, les éleveurs reçoivent donc une subvention. Moins bonnes laitières que les Simmental, les Hérens produisent quand même un lait apprécié car il donne au fromage à raclette son velouté crémeux. En attendant, comme la saison avance, on compte sur elles pour faire des veaux et de futures reines. Les espoirs de demain sont attendus à la fin août.

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