25/11/2016

Trump, victoire ou défaite de la démocratie?

L'élection de Trump a secoué, brièvement, le Landerneau politico-médiatique. Comment a-t-on pu en arriver là? se sont demandés les représentants des élites désavouées par ce peuple décidément très imprévisible. Les plus lucides ont admis, pas trop quand même, qu'ils avaient failli et certains ont entamé un début d'autocritique. Mais ça n'a pas duré. Les premiers instants de sidération passée, les vaillants gardiens du prêt-à-penser sont montés au créneau : "Mais non, nous n'avons pas failli! Au contraire, assumons nos choix. Hillary n'a-t-elle pas gagné en nombre de voix? Et puis, de quelles élites parle-t-on? Nous n'en sommes pas, ou si peu. Allons donc, le politiquement correct n'existe pas, voyez comme nous divergeons d'opinion entre nous!"
Personne, ou presque, n'avait rien vu, rien entendu, ni rien dit, mais cela n'a aucune importance, circulez citoyens! A ce rythme, le nécessaire débat sur l'aveuglement des médias, des experts, des universitaires, des milieux culturels et politiques passera par pertes et profits aussi vite qu'il l'avait été après le vote surprise du Brexit, déjà oublié après six mois.
Or il y a péril en la demeure et urgence à remettre en cause la façon dont les médias et l'expertocratie répercutent si bien les opinions des classes dominantes et si mal la sensibilité et les frustrations des classes populaires.
Le petit exemple suivant illustre bien ce biais systématique qui conduit à se concentrer sur les désirs et les revendications des élites au détriment du petit peuple des anonymes. Il y a trois semaines les journaux romands ont brièvement signalé le suicide de deux paysans vaudois, qui s'étaient donné la mort par désespérance, par solitude et parce qu'ils n'arrivaient plus à nouer les deux bouts. Ces drames n'ont pas suscité le moindre intérêt dans les rédactions. Un accident de la route avec deux morts aurait joui d'une plus grande attention, bien que ces deux suicides aient été le symptôme du malaise extrême qui affecte des milliers de paysans au cœur même de nos campagnes.

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14/11/2016

Le mensonge, sport démocratique !

A la fin des années 1940, J.H Gleason, professeur d’histoire à Harvard qui s’alarmait des ravages potentiels de la guerre froide, faisait remarquer que les démocraties étaient encore davantage portées sur le mensonge que les dictatures. Pour une raison simple : elles doivent convaincre une opinion publique souvent rétive que les guerres qu’elles veulent mener sont justifiées. Ce que les dictatures, par définition, peuvent s’épargner.
De la permanence et de l’intensité de ce mensonge « démocratique », on en a eu la preuve avec la fabrication par les services secrets américains des prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003. Voyez aussi les documents du parlement britannique qui viennent de révéler comment Tony Blair avait manipulé les députés en 2003 pour les entrainer dans cette même guerre. On pourrait en dire autant de l’invasion de l’Afghanistan en 2001, suite aux attentats du 11 septembre, maintenant que les documents sur leurs auteurs ont été déclassifiés par le Congrès et font apparaitre que les Saoudiens ont bien plus soutenu Al Qaida que les Afghans. Mais à l’époque, pour des raisons stratégiques, il était bien plus important d’envahir l’Afghanistan pour y installer l’OTAN que de chercher des noises au précieux allié saoudien. Quant à la façon, dont le président Sarkozy (et ses alliés européens) a grossi le danger du régime Kaddhafi pour l’éliminer dans l’espoir de faire main basse sur son pétrole et de faire monter sa cote auprès des électeurs avant la présidentielle de 2012, ici aussi les documents sont explicites.

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08/11/2016

Le choléra Trump ou la peste Hillary ?

Je crains que ce titre ne heurte la bienséance, tant il est difficile de critiquer l’icône Hillary. Et pourtant, quel que soit leur résultat, les élections américaines risquent d’être décevantes aussi bien pour les Américains en particulier que pour le reste du monde en général. D’habitude, une élection nationale est un moment d’espoir de changer les choses, si possible vers le mieux. Souvenez-vous du « Yes, we can » de Barack Obama et de la fierté, de l’espérance de progrès que suscitait l’homme qui allait devenir le premier président noir de la première puissance de la planète. Et même s’il a beaucoup déçu, avec ses nombreuses guerres - Lybie, Syrie, Ukraine – , ses renoncements – la paix en Palestine et le dialogue avec la Russie - et ses timides avancées avec Cuba et l’Iran, le président sortant laissera au moins le souvenir d’un homme de bonne foi, et qui a au moins essayé même s’il n’a pas réussi.
Avec Donald Trump et Hillary Clinton, rien de tel. L’un comme l’autre ne présagent rien de bon, même si les médias mainstream et l’establishment se sont évertués à nous présenter la candidate démocrate comme le choix de l’excellence, de l’expérience et du bon goût face au « dangereux bouffon populiste » Donald Trump. On a beau scruter l’horizon à la jumelle, on ne voit rien venir de bon et l’enthousiasme est en berne
De Trump, tout a été dit. Depuis des mois, tous les éditorialistes intelligents des médias bien en cour en ont dit pis que pendre sur sa grossièreté, son mépris des femmes et des minorités, son amateurisme, sa méconnaissance des dossiers et des « complexités » du monde, son imprévisibilité, ses incohérences et son narcissisme compulsif. Les médias, rejetant tout esprit d’objectivité, se sont alignés sur l’élite washingtonienne et ont choisi leur camp : tout sauf Trump, est devenu leur leitmotiv. Soit, admettons qu’ils n’ont peut-être pas tort. Il est difficile d’accepter de confier le sort du monde à quelqu’un qui ne respecte ni les codes ni la bienséance.

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30/08/2016

Ukraine, deux ans après

Deux ans après le début du conflit en Ukraine, le moment est venu de faire un bilan provisoire. La poussière des événements est suffisamment retombée pour qu'on puisse en reconstituer la trame. Peu à peu, grâce aux enquêtes réalisées par des observateurs avisés comme le dénonciateur de l'Irangate et Prix Pulitzer Robert Parry, la vérité commence à se faire jour.
Et comme d'habitude, elle n'est pas très reluisante. La belle histoire de la révolution populaire qui jette à bas un régime honni et corrompu apparaît dans sa réalité crue: ce n'était qu'une fiction, une fable habilement tissée pour tromper un public avide de contes qui finissent bien.
Souvenez-vous du crash du vol MH 17 qui a fait près de 300 morts en juillet 2014 et semé l'effroi dans le monde entier, dont John Kerry déclara qu'il était dû à un missile "probablement russe" et qui servit de prétexte au second train de sanctions économiques contre la Russie. Deux ans après, toujours aucune preuve malgré les promesses. Les résultats de l'enquête ne sont toujours pas publiés et les Etats-Unis, dont les satellites espions arrivent pourtant à lire les plaques de nos voitures, refusent de livrer leurs images aux enquêteurs alors que le SBU, le service secret ukrainien, multiplie les cajoleries envers les experts occidentaux chargés du dossier.
Souvenez-vous des fameux tirs de la police qui avaient décimé les manifestants "pacifiques" de la place Maidan en février 2014. Ici aussi, on nous a promis une enquête. Toujours sans résultat. Les arbres et le mobilier de rue qui avaient reçu des impacts de balle et auraient permis de repérer l'origine des tirs ont été détruits par le nouveau régime alors que les vidéos montrent que ces tirs visaient aussi bien les manifestants que les policiers qui les combattaient, dans le but de pousser ces derniers à réagir et à tirer sur la foule qui leur faisait face. À l'examen, il ressort que le procureur et les responsables de service de police chargés de l'enquête sont des agents zélés du nouveau pouvoir et d'anciens militants des mouvements d'extrême droite actifs dans le service d'ordre de Maidan. Qui sait que Andriy Paruby, aujourd'hui chef du Conseil de sécurité d'Ukraine et qui paradait comme un grand démocrate devant les télévisions occidentales en sa qualité de chef du "service d'auto-défense" de Maidan, est le cofondateur du parti national-social d'Ukraine qui a donné naissance au parti d'extrême-droite Svoboda en 2004? Et que son organisation de jeunesse, "Patriote ukrainien" est une composante du mouvement paramilitaire Secteur Droit?

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03/08/2016

L'impossible fête nationale



Osons le dire, célébrer la fête nationale est devenu un activité parfaitement schizophrénique. D'un côté, l'élu qui refuserait de se soumettre au rituel bien rôdé de la tradition patriotique signerait son arrêt de mort politique. On considérerait à juste titre comme scandaleux le fait de se dérober à ce moment de haute liturgie civique.
Mais d'un autre côté, on considérerait avec une égale défiance celui ou celle qui voudrait dépasser les habituels clichés et les phrases creuses pour interroger la vraie et authentique signification de la fête nationale, à savoir la célébration de la nation conçue comme une communauté de destin (et non comme une addition d'individus et d'intérêts particuliers) habitant un territoire propre (et non un vague ensemble supranational à l'idéologie et aux contours flous).
Le défi est en effet impossible à relever: comment fêter la nation, ou le pays qui nous a vu naître et qui nous permet de vivre, alors qu'à longueur de discours les médias et les dirigeants politiques nous présentent ces derniers comme des concepts obsolètes et qu'ils vantent sans cesse les mérites de la globalisation économique, de l'effacement des frontières, du dépassement de la nation comme le seul horizon souhaitable de notre avenir? Comment fêter la nation comme communauté de valeurs et de destin alors que la majeure partie de l'activité politique consiste à promouvoir les intérêts particuliers de telle ou telle minorité bruyante au détriment de la majorité silencieuse ? Le sens de l'intérêt collectif, du bien commun, s'est dilué dans les revendications catégorielles - défense des fonctionnaires, des handicapés, des LGBT, des malades du sida, des surdoués, des victimes de viols ou de pédophiles - toutes activités fort louables au demeurant mais qui finissent par occuper la totalité de l'espace public disponible.
Si la lutte contre les discriminations de toutes sortes est une condition nécessaire du vivre ensemble, ce n'est pas une condition suffisante. La nation, le pays, exigent un supplément d'âme, une volonté commune, une espérance eschatologique, une dimension sacrée devait-on dire si ce mot avait encore un sens. Or de tout cela il ne peut être question dans les discours du Premier Août. Évoquer la Suisse comme une valeur sacrée vous classe immédiatement dans la catégorie des ringards bons pour la poubelle.
Comment s'étonner dès lors que la commémoration de la fête nationale soit de plus en plus fade et privée de grâce et d'émotion? Comment se projeter dans l'avenir si le passé est oublié et le présent tronqué par l'absence d'une terre identifiable et bien délimitée, qui est le seul et unique fondement de la souveraineté et de la démocratie. A force de vouloir concilier l'inconciliable, les discours sont condamnés à surfer sur la surface des choses et à célébrer le particulier au détriment du général.
La substance perdue, ne subsiste plus que le rite. Ce qui est sans doute mieux que rien. Mais comment s'en contenter?


Le sens profond du Premier Août




Madame le Maire,
Mesdames et Messieurs les conseillers administratifs et les conseillers municipaux,
Citoyennes et citoyens des Trois-Chênes, chers amis,

Je tiens d’abord à vous dire de tout le plaisir et le grand honneur que vous m’avez faits en m’invitant à venir célébrer avec vous ce soir la 725e édition de notre Fête nationale.
Osons le dire, célébrer la fête nationale est devenu un exercice difficile. D'un côté, il faut se soumettre au rituel bien rôdé de la tradition patriotique avec tout le conformisme que cela suppose. On considérerait avec raison comme scandaleux le fait de se dérober à ce moment de haute liturgie civique. De même on considérait avec une égale suspicion celui qui saisirait cette occasion pour bousculer certaines de nos habitudes.
C'est pourtant ce que je vais essayer de faire, non par plaisir de provoquer, mais parce que je pense qu'il est salutaire de dépasser les habituels clichés et les phrases creuses pour interroger la vraie et authentique signification de la fête nationale. Je conçois en effet la fête nationale comme la célébration de notre pays vu comme une communauté de destin (et non comme une addition d'individus et d'intérêts particuliers) habitant un territoire propre (et non un vague ensemble supranational à l'idéologie et aux contours flous).
C'est une vision difficile à défendre aujourd'hui : comment fêter le pays qui nous a vu naître et qui nous permet de vivre, alors qu'à longueur de discours, nombre de médias et de dirigeants politiques nous présentent la nation comme un concept obsolète et qu'ils vantent sans cesse les mérites de la globalisation économique, de l'effacement des frontières et du dépassement de la nation comme le seul horizon souhaitable de notre avenir? Comment fêter notre pays comme une communauté de valeurs et de destin alors qu'une très grande partie de l'activité politique consiste à promouvoir les intérêts particuliers de telle ou telle minorité bruyante au détriment de la majorité silencieuse ? Le sens de l'intérêt collectif, du bien commun, s'est dilué dans les revendications catégorielles - défense des fonctionnaires, des handicapés, des minorités sexuelles, des locataires, des propriétaires, des malades du sida, des surdoués, des victimes de viols ou de pédophiles, etc. - toutes activités fort louables au demeurant mais qui finissent par occuper la totalité de l'espace public disponible.

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27/06/2016

Le Brexit, une victoire de la démocratie

Faut-il se lamenter parce que le Brexit a gagné? Évidemment non! Hier tout l'establishment européen et suisse nous prédisait le pire des destins si la Grande-Bretagne quittait l'Union.
Cette tragédie annoncée n'aura pas lieu, même si les prochains mois seront agités et si ce résultat va obliger les eurocrates et les élites globalisées à des révisions pénibles.
Première leçon: les Britanniques, fidèles à leur plus noble tradition, dont donné à l'Europe une leçon de démocratie. La Démocratie, si souvent invoquée par ceux qui répandent la guerre en Irak, en Libye ou en Syrie, a triomphé hier dans son expression la plus authentique, celle du vote populaire. Les peuples n'en peuvent plus de se voir infliger des politiques économiques et militaires qui sont décidées sans eux et contre eux. Il serait temps de commencer à les écouter.
Deuxième leçon: une fois la stupeur passée, les élites déstabilisées vont se reprendre et trouver des parades. Avant le vote, tout à été fait pour faire pression sur les électeurs britanniques afin qu'ils votent "correctement". Après le vote, tout sera fait pour minimiser l'impact de leur décision. L'establishment politique et financier qui s'est emparé des commandes de l'Europe ne va pas renoncer du jour au lendemain à ses privilèges. On peut donc parier qu'on trouvera rapidement des accommodements pour que le business continue "as usual".

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09/06/2016

Haro sur les BRICs

Il n’aura échappé à personne que depuis deux ans, les BRICs traversent une mauvaise passe. Le taux de croissance de l’économie chinoise est descendu à 7% - ce qui reste une performance jalousée par tous les pays occidentaux – la Russie a plongé dans la récession – même si son économie tend à se stabiliser depuis le début 2016 – tandis que le Brésil s’enfonce dans la crise et l’Afrique du Sud est à la peine. Seule l’Inde tient plus ou moins bon.
Pire, à ces difficultés économiques viennent s’ajouter des turbulences politiques. Le Brésil vient d’assister à une sorte de coup d’Etat légal qui visait à écarter du pouvoir Dilma Rousseff, présidente démocratiquement élue, pour la remplacer par des politiciens accusés de corruption par la justice. En Russie, la presse et les ONG pro-occidentales redoublent d’activité à l’approche des élections parlementaires et présidentielles dans l’espoir de relancer les manifs anti-Poutine de 2012. En Afrique du Sud, le gouvernement ANC est accusé de corruption tandis qu’en Chine, c’est le contraire : son président Xi JinPing est dénoncé pour sa campagne anti-corruption ! Peu importe l’étiquette, pourvu qu’on ait l’ivresse…
Ces crises politico-économiques se sont aussi étendues à l’ensemble de l’Amérique latine, gouvernée par des régimes de gauche critiques du libéralisme jusqu’à ces derniers temps. En Uruguay, la page du sympathique Pepe Mujica est tournée depuis janvier 2015. L’Argentine a mis fin au péronisme pour s’abandonner à un dirigeant néolibéral, Mauricio Macri, qui a aussitôt renoué avec les fonds vautour et réouvert les vannes des crédits à taux exorbitant avec les banques américaines. En 2012, le parlement paraguayen a démis de ses fonctions le président élu Lugo et l’a remplacé par un vice-président néolibéral. Le Vénézuela et son président chaviste Maduro font l’objet dans la grande presse nationale et internationale pro-occidentale d’une campagne de dénigrement sans précédent qui rappelle la tentative de coup d’Etat avorté soutenu par les Etats-Unis en 2002. Les jours du gouvernement Maduro paraissent comptés. En Bolivie, au Pérou et en Equateur, les présidents indigénistes et anti-impérialistes Evo Morales, Ollanta Humala et Rafael Correa sont également menacés.
Certes, direz-vous, mais ces gouvernements ne se sont-ils pas mis eux-mêmes dans l’embarras ? Et ne sont-ils pas d’abord les victimes de la chute des prix du pétrole et des matières premières dont leurs économies sont excessivement dépendantes ? Sans doute, y a-t-il une usure du pouvoir. Quant à la chute des prix des matières premières, elle est bien réelle et elle fait très mal. Mais est-ce un pur hasard ? Un rapport du Sénat américain n’a-t-il pas établi que la seule banque Morgan Staley, avec une capacité de stockage de 58 millions de barils de pétrole à travers le monde était capable de manipuler le marché ? (Rapport « Wall Street Bank Involvement with Physical Commodities » 2013).

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17/05/2016

La finance comme enjeu de puissance



Début mars dernier, la Banque des règlements internationaux à Bâle a émis un avertissement qui est resté largement inaperçu bien qu'il eusse dû alarmer les médias et les observateurs. Dans un rapport intitulé "Le calme apparent (des marchés) annonce des turbulences", la BRI s'inquiétait du fait que la croissance économique anémique, le colossal endettement des Etats, des entreprises et des ménages ainsi que le comportement erratique des marchés boursiers étaient en fait dus à la politique d'argent bon marché menée depuis des années par les banques centrales. Phrase toute simple mais qui renverse complètement le discours tenu jusqu'ici, à savoir que la politique de création monétaire était justifiée pour relancer l'économie. En clair: la politique des banques centrales est en train de conduire à la faillite au lieu de nous sauver !
A cela, il convient d'ajouter les ravages prévisibles, quoique jamais anticipés, de ce que notre consœur Myret Zaki décrit dans son livre sur la finance de l'ombre: 67 000 milliards de dollars créés à partir de rien par le système financier sont en train d'alimenter des fonds spéculatifs qui investissent dans toutes sortes d'instruments financiers opaques en dehors de toute instance de contrôle. L'équivalent du PNB mondial!
Que faut-il conclure de ceci? Plusieurs choses. Sur un plan purement économique, cela signifie que la prochaine crise financière est en préparation et que la bulle grossit, grossit et qu'elle finira par éclater aussi sûrement que la nuit succède au jour. Sauf qu'on ne sait pas si nous sommes à l'heure d'été ou à l'heure d'hiver. Accessoirement, on peut conclure que la politique de création monétaire entreprise depuis la crise de 1998 a manqué son but et qu'elle a même été sciemment détournée de ses objectifs déclarés - encourager la consommation finale et développer les investissements productifs des entreprises - pour engraisser les acteurs du secteur financier, en démultipliant la fortune des actionnaires et les salaires des CEO, au détriment des salariés, des fonctionnaires, des consommateurs, des jeunes en formation, bref de ceux qui travaillent et vont bientôt travailler.

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29/04/2016

Mission russe en terres romandes

L'économie russe souffre mais ne rompt pas! D'une part la Russie vient d'inaugurer sa toute ambassade auprès de l'OMC dans des bureaux flambants neufs près de l'aéroport et d'autre part elle vient d'ouvrir une représentation commerciale en Suisse romande, dont la direction a été confiée à un vétéran des négociations avec l'OMC, Alexander Zagriadski. Une initiative bienvenue alors que les efforts russes se concentraient jusqu'ici en direction de Zurich.
Pour marquer cette volonté de continuer les échanges en dépit des sanctions euro-américaines, le ministre russe de l'économie, Alexey Ulyukaev, était à Genève vendredi dernier. A cette occasion, il a rencontré une vingtaine de représentants de grandes entreprises romandes, bien décidés à continuer à travailler avec la Russie.
Car dans le même temps, on apprenait dans le Matin Dimanche qu'un diplomate américain à Berne avait essayé de faire pression sur le SECO et les entreprises suisses pour qu'elles boycottent le Forum économique de juin prochain à Saint-Pétersbourg. Au mépris de la souveraineté suisse et de la liberté du commerce pourtant si vantée ailleurs... Des vraies moeurs de cowboy, comme a bien titré le journal!

13/04/2016

Gouvernance à gogo



Y a-t-il un pilote dans le vaisseau Terre ? Non, il n’y en a pas. Mais ce n’est pas nécessaire puisqu’on a la gouvernance. Depuis l’aube du troisième millénaire, le mot résonne comme une incantation. Il est sur toutes les lèvres, dans tous les colloques, il hante les instituts de management comme les facultés de sciences politiques. Partout, il suscite respect et componction. C’est le nouveau mantra, la formule magique qui va résoudre tous les maux de la planète.
Or il faut le dire, cette gouvernance mondiale est une tarte à la crème, un mot-valise pour attrape-nigauds qui satisfait à la fois les arrivistes et les naïfs de la communauté internationale, professeurs des académies, dirigeants d’ONG à la recherche d’un destin, diplomates et haut-fonctionnaires soucieux de ne pas froisser leurs gouvernements, autant que les braves militants des bonnes causes humanitaires inquiétés par les dérives d’un monde qui semble aller de plus en plus mal.
Il est vrai que cette mode de la gouvernance mondiale - et c’est son grand atout - répond à un vrai besoin : celui d’approfondir la coopération internationale pour résoudre des problèmes désormais globaux, la crise climatique, les pannes de la croissance, les pandémies, les migrations, le terrorisme. Il est logique de donner une réponse globale à une menace globale, et d’améliorer la concertation pour y arriver.
Sauf que ce vocable fourre-tout ne veut rien dire du tout et que chacun y met ce qu’il veut, comme dans un diner canadien. Sa définition même pose problème. Deuxième difficulté, derrière cette jolie façade se cache en réalité une implacable lutte de pouvoir. Pour certains, cette volonté de « bonne gouvernance » dissimule un nouveau fascisme : au nom de « valeurs universelles » jamais bien définies, de la « transparence », de l’efficience, elle vise à éradiquer les vieilles élites récalcitrantes, encore attachées à leurs traditions nationales et culturelles, et à les remplacer par une nouvelle classe de dirigeants, parfaitement déracinée et entièrement formatée pour les besoins de la gestion du monde global.

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29/03/2016

La Russie, future grande puissance agricole


Et si les ressorts de la puissance de demain ne reposaient plus sur l’énergie mais sur l’agriculture ? Plusieurs indices militent dans ce sens. La déprime des cours du pétrole mais aussi de l’électricité ne résultent pas seulement d’une crise conjoncturelle, mais d’une évolution en profondeur des structures de production de l’énergie. Et d’autre part, la course frénétique à laquelle se livrent les multinationales et les pays les plus peuplés de la planète comme la Chine, la Corée ou le Japon pour l’acquisition de terres agricoles en Afrique, en Amérique latine ou en Ukraine devrait aussi inciter à réfléchir. Proche de nous, l’exemple d’un Jean-Claude Gandur qui a fait sa fortune dans le trading du pétrole et réinvestit aujourd’hui sa fortune dans l’acquisition de domaines agricoles en Afrique de l’Ouest n’est pas un hasard et encore moins un caprice.
Les changements climatiques, qui désertifient des millions d’hectares de bonnes terres chaque année, les ravages de la construction qui ruinent à jamais les meilleures surfaces agricoles, la quasi-disparition des forêts tropicales, la raréfaction du poisson et des ressources halieutiques et l’augmentation de la population mondiale qui s’accroit d’un milliard d’habitants tous les dix ans pourraient bien faire de l’alimentation et de l’agriculture les moteurs de la croissance économique de demain, reléguant l’énergie au second rang.
Or, dans cette transformation invisible de la structure même de la planète, la Russie se place en pole position. Le réchauffement climatique lui profite en ouvrant à la culture d’immenses espaces potentiels de terres agricoles et en libérant les voies maritimes de l’océan Arctique. De façon plus conjoncturelle, les sanctions et la chute des prix du pétrole et du gaz lui rendent indirectement service, même si elles affectent lourdement sa croissance à court terme. Obsédée par sa russophobie pavlovienne et sa vision à court terme, la majorité des médias et la presse économique financière n’a d’yeux que pour la contre-performance de l’économie russe l’an dernier, avec son -3,8%. Et de pronostiquer le pire pour l’avenir.
Mais c’est se tromper sur les changements en cours, notamment dans l’agriculture. En 2015, les exportations de software et de produits agricoles russes ont explosé et la production de blé russe a même passé devant celle des Etats-Unis et du Canada, principales puissances agricoles mondiales.

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24/03/2016

La marmite bout au Palais


La marmite bout donc à l’intérieur du Palais, d’habitude fort terne et compassé. Mais à l’extérieur aussi. Car ce maelström diplomatique a aussi mobilisé des nuées d’activistes et d’ONG de toutes obédiences. Les opérations de propagande destinées à influencer les diplomates et les médias battent son plein. Pro et anti-Assad, amis aussi pro et anti-houthis au Yemen, se livrent à une bataille sans merci. Avec un net avantage pour les seconds, qui semblent dotés de moyens quasi-illimités.

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→Préoccupé par la voie solitaire empruntée par l’Union européenne dans ses négociations avec la Turquie, le Haut-Commissariat aux Réfugiés cherche à replacer la problématique des migrants syriens sur un plan plus universel. Il a donc convoqué une réunion internationale de haut niveau le 30 mars, laquelle fera l’objet d’un déplacement extraordinaire de Ban ki-Moon. Pour le HCR, il est essentiel d’éviter les solutions à la carte et de définir « le partage au niveau mondial des responsabilités » pour l’admission des 4,6 millions de réfugiés syriens.

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→Les relations avec l’Iran se dégèlent à tel point qu’elles s’étendent même au monde de la neige. La Chambre de commerce Suisse-Iran s’est ainsi lancée dans la « diplomatie du ski » en invitant à Genève et en Valais deux athlètes iraniennes pour participer aux championnats suisses de ski féminin prévus à Thyon et Veysonnaz cette semaine, la Fédération iranienne de ski ayant dû annuler ses courses cette année. Pas de quoi menacer le Globe de cristal de notre championne nationale Lara Gut. Mais qui sait, à l’avenir, il faudra peut-être compter avec les skieuses iraniennes…


23/03/2016

Genève s’investit


→La nouvelle est locale mais aussi internationale et elle n’a pas encore pénétré dans les arcanes du palais des Nations, entièrement absorbé par les négociations sur la Syrie. Il faut donc la répéter : à la suite du Conseil fédéral, Genève a donc présenté son rapport sur la Genève internationale. Le canton contribuera pour 70 millions à la rénovation du siège de l’ONU et s’engage sur 17 mesures groupées en 6 axes de soutien. Lesquels consistent à renforcer le dispositif d’accueil, développer le réseau de savoir-faire, universaliser les représentations des Etats, promouvoir les partenariats, améliorer la communication et mieux coordonner l’action. Pour la première fois, l’ensemble des services, activités, aides, acteurs, institutions et priorités d’importance cantonale sont définis de façon exhaustive. Dont acte.


***

→La Syrie est donc au cœur des débats. Depuis le 14 mars et pendant les prochains six mois, on s’attend à ce que les nouvelles installations du Palais des Nations soient activement sollicitées. On en a peu parlé, mais Genève est désormais dotée d’un nouvel instrument destiné à faciliter ce genre de rencontres, extrêmement sensibles. Le sous-sol de la Salle des Assemblées a été entièrement refait, avec une salle plénière mais aussi différentes salles de réunion et des entrées séparées de façon à accueillir les différentes délégations sans qu’elles se rencontrent. Et le tout a été entièrement sécurisé pour contrer à la fois les attaques malveillantes mais aussi les regards trop curieux des journalistes… Pour l’instant, ça marche !

17/03/2016

Attention, propagande à tous les étages !


Connaissez-vous John Rendon, « le guerrier de l’information» comme il aime à s’appeler, le conseiller en communication qui se vante de placer n’importe quel article dans n’importe quel journal influent dans le monde? Le fondateur du Rendon Group (www.rendon.com), mandaté tout à tour par la CIA et le Pentagone, est sur tous les coups dès qu’un changement de régime est à l’ordre du jour à Washington. Du Panama à l’Afghanistan en passant par l’invasion de l’Iraq en 2003, il a réussi à vendre expéditions militaires et putschs à l’ensemble de la presse occidentale comme autant d’opérations au service de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme. Jusqu’à ce qu’un journaliste d’investigation américain, James Bamford, commence à mettre à nu « l’homme qui a vendu la guerre d’Iraq » dans un article du magazine Rolling Stone.
Le cas de John Rendon est emblématique mais pas isolé : il ne représente que la face visible d’un univers de la communication et des relations publiques qui se chiffre en dizaine de milliers de personnes et en milliards de dollars et qu’on peut voir à l’œuvre tous les jours dans les opérations de comm liées aux zones de confrontation où des intérêts occidentaux sont en jeu, Syrie, Iraq, Lybie, Ukraine, Mer de Chine, Venezuela, Corée du Nord pour ce citer que les plus actuels.
Les procédés sont connus : nous n’y sommes pour rien, c’est l’ennemi qui nous oblige à agir ; ses chefs sont inhumains, des agents du diable (Poutine égale Hitler) ; nous nous battons pour une noble cause et non pour de vils intérêts comme notre adversaire; l’ennemi nous a provoqué ; nos bavures sont involontaires tandis qu’il organise sciemment les siennes ; l’ennemi utilise des armes prohibées par les conventions internationales tandis que nos armes sont pures et légales ; nos pertes sont nulles mais les siennes immenses ; les gens biens, artistes, intellectuels et autres acteurs de la « société civile », sont de notre côté; notre cause est noble et sacrée pour l’humanité ; et enfin : ceux qui ne partagent pas nos vues sont des traitres et des vendus à l’ennemi.

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07/03/2016

Un mort toutes les 25 secondes

Un mort toute les 25 secondes, 500 enfants morts chaque jour, 1,25 million de tués et entre 20 et 50 millions de blessés chaque année: le bilan des accidents de la route est terrifiant. L'ancien coureur automobile et président de la Fédération internationale de l'Automobile Jean Todt et le secrétaire exécutif de la Commission économique de l'ONU pour l'Europe Christian Friis Bach ont dirigé la semaine dernière le panel de haut niveau sur la sécurité routière. Un nouveau casque léger, fiable et bon marché pour les cyclistes et cyclomotoristes a notamment été présenté. Ils estiment que les pays en voie de développement, qui paient le plus lourd tribut, pourraient diminuer de moitié elle nombre de morts et de blessés par des mesures très simples et peu coûteuses (contrôle régulier des véhicules, protections adéquates, respect des limitations).

L'ONU sait aussi être populaire quand elle le veut. On se souvient du succès des journées portes ouvertes à Genève en octobre dernier. En février, c'est la conférence TedX Place des Nations qui a accueilli 11 organisations internationales, 1000 personnes et 3000 spectateurs en ligne dans 76 pays. De Denis Pittet, le champion du lavage de mains qui sauve, à l'ancien enfant-soldat devenu mannequin Ger Diany en passant par Rohini Swaminathan, l'humanitaire satellitaire qui sauve des vies grâce au GPS, les interventions étaient fortes. Dans le même ordre idée, le dernier film de Yann-Althus Bertrand, "Human", projeté jeudi dernier en présence de l'auteur, a également impressionné l'auditoire. Quand l'ONU laisse tomber le verbe pour se faire chair, qui s'en plaindrait?



03/03/2016

Nouvelle norme anti-corruption


En préparation depuis cinq ans, la nouvelle norme anti-corruption sera finalisée le 30 mai prochain à la conférence de Mexico pour être publiée à la fin de l'année. Elle porte le doux nom de "ISO 37001 Systèmes de management anti-corruption" et vise à aider les organismes publics, les ONG et les entreprises privées à prévenir, détecter et traiter la corruption. Jusqu'ici rien à redire. Mais plusieurs lettres confidentielles proches des services de renseignement continentaux soupçonnent déjà la Grande-Bretagne d'avoir réussi à imposer sa vision propre de la norme, de façon à préserver les intérêts de la City. Le fait que que le président du comité chargé de la rédiger soit l'Anglais Neill Stansbury et que le secrétariat de rédaction soit assuré par le British Standards Institution n'est sans doute pas étranger à cette suspicion...

On sait que la Conférence du désarmement, qui siège ces jours, est au point mort depuis 15 ans. Le désarmement nucléaire? Il est carrément en état de mort clinique. L'indignation suscitée par le test de la Corée du Nord et et le bruit autour de l'accord avec l'Iran servent de cache-sexe aux puissances nucléaires, qui développent sans vergogne et en toute discrétion leur potentiel nucléaire. Le GCSP, l'ICAN (Campagne internationale pour le désarmement nucléaire) et l'ONG Wildfire n'ont heureusement pas désarmé et restent plus que jamais mobilisés. Ils s'étonnent ainsi que les grandes puissances nucléaires, soit les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine et l'Allemagne, se soient vantées si bruyamment d'avoir empêché l'Iran d'acquérir une bombe alors qu'elles en possèdent 16 000 dans leurs arsenaux, sans qu'aucun média ne trouve rien à redire...

01/03/2016

La sécurité contre paix civile

En votant l’inscription de l’état d’urgence et de la déchéance de la nationalité dans la constitution, la France vient donc de rejoindre les Etats-Unis, la Chine et la Russie dans la liste des Etats qui font passer la sécurité avant les libertés. Du Patriot Act à la répression des islamistes ouïgours ou tchétchènes, la fièvre sécuritaire empoisonne aussi les organes des Etats qui s’enorgueillissent d’être parfaitement libres et démocratiques.
C’est inquiétant.
En tout premier lieu, parce qu’il s’agit d’une défaite, dans la mesure où, en consacrant la possibilité d’un régime d’urgence sécuritaire comme un des fondements de la nation, on renonce au vieil objectif de paix et de concorde civile qui était à la base du contrat social et de la relation entre l’Etat et le citoyen. La paix et la sécurité sont en effet deux choses très différentes : la paix civile a pour principe une société pacifiée et sans arme tandis que la sécurité est une paix armée au mieux ou une guerre sans batailles au pire. La sécurité est donc le résultat d’un échec et d’une capitulation : l’objectif de la paix étant reconnu hors d’atteinte, on place la nation dans une sorte d’état de guerre permanent, même si c’est de basse intensité.
On peut difficilement considérer cela comme un progrès. Il s’agirait plutôt d’un retour au Moyen-Age, aux temps des condottiere, de la piraterie et des bandits de grand chemin.

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28/01/2016

Hold-up sur le climat

Depuis une trentaine d’années, GRAIN, une petite ONG basée à Barcelone, mène une acticité courageuse contre l’accaparement des terres, la paupérisation des paysans du sud et la concentration de la production alimentaire au profit de quelques multinationales. En 2013, elle avait publié une étude remarquée sur le « hold-up alimentaire ». Début 2016, avec l’aide des organisations d’entraide suisses, elle était à Genève pour dénoncer le « hold-up sur le climat », et démontrer preuves à l’appui, comment le système alimentaire industriel détruit les sols, favorise le gaspillage et contribue à près de la moitié des émissions mondiales de CO2 avec sa division internationale de la production alimentaire qui démultiplie de façon aberrante les échanges commerciaux nuisibles à la fois aux consommateurs et aux petits producteurs. (Hold-up sur le climat, contact@cetim.ch)


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→Salil Shelti, le secrétaire général d’Amnesty International, était aussi à Genève, à l’invitation de la British-Swiss Chamber of Commerce et de son infatigable animateur Michael McKay, pour évoquer les trois défis posés à son organisation. Multiplication des crises régionales et du nombre de réfugiés ; répression croissante des oppositions et de la dissidence ; violations des droits de l’Homme en toute impunité, telles sont les trois principales tâches auxquelles les 7 millions de membres de l’organisation sont invités à s’atteler à travers le monde.

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26/01/2016

Crépuscule de l'esprit citoyen

Les fêtes de Noël ont l'avantage de vous laisser le temps de lire des livres que vous n'auriez jamais eu l'envie de lire autrement. Je me suis donc retrouvé avec l'ouvrage de l'historien américain Ramsay MacMullen "Le déclin de Rome et la corruption du pouvoir" (Perrin 2012), dont la publication originale remonte à la fin des années 1980, soit à une époque où le déclinisme n'était pas du tout à la mode.
Fascinante lecture!
On y apprend ainsi que la chute de l'empire romain n'a pas été provoquée par les invasions barbares, comme on le croit communément, mais bien pour des causes internes: corruption des élites, privatisation du pouvoir et des fonctions publiques, trafics d'influence, vente des biens et services publics à des fins privées, le tout entrainant une détérioration constante des forces armées chargées de la défense.
Ce sont moins les attaques extérieures que la pourriture interne qui auront eu raison de la fin de Rome. C'est la faiblesse romaine plus que la force des Barbares qui a mis fin à la civilisation latine.

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09:40 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (10)