25/07/2007

Rhino: où est passée la culture?

Depuis leur création il y a une vingtaine d'années, grâce notamment aux contrats de confiance du conseiller d'etat liéral Claude Haegi, les squats genevois se sont justifiés avec deux arguments: la crise du logement, qui empêchait les jeunes d'accéder à des appartements bon marché, et leur vocation de creuset culturel, de lieux de création de nouvelles formes de (contre-)culture.

Ils sont en train de mourir aujourd'hui faute d'avoir pu donner de réponse satisfaisante à leurs deux raisons de vivre.

Avec le temps, ils ont montré que, loin d'aider à résoudre la crise du logement, ils ne faisaient que la perpétuer en empêchant la rénovation et la remise sur le marché de logements neufs et salubres et qu'ils entretenaient l'impression désagréable qu'il était possible de se loger à Genève pour pas un rond alors même que la pénurie faisait monter les prix des loyers de celles et ceux qui acceptaient de payer pour habiter dans notre canton.

D'autre part, en s'embourgeoisant, en s'installant dans un benoît conformisme de la contre-culture, ils n'ont pas tardé à s'assécher. On est désormais bien loin du temps où les nuits animées des squats genevois accouchaient des grands noms du théâtre et de la mise en scène contemporaines.

Le fait de déposer des couches salles dans les bureaux de conseillers d'Etat a achevé de prouver que les défenseurs de Rhino étaient plutôt devenus des contre-exemples de culture. Enfin, en multipliant les procédures les plus complexes et mobilisant les juristes les plus pointus pour défendre leurs acquis, ils montrent qu'ils sont au moins aussi à l'aise sur le terrain du droit que sur celui de la culture.

Les squats genevois sont donc en train de mourir de leurs contradictions bien plus que de l'acharnement du procureur général ou des complots des milieux immobiliers.

 

09:06 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Vous lisez l'anglais, Monsieur Mettan?

As for squatting, since a decade now a serious damper has been put on it through the creation of a dedicated police section called "brigade des squats". These plainclothes, leather jacket & blue jeans-wearing officers have devised a time-tested, unfailing tactic to micro-manage the situation. When a building is occupied, they will show up and gauge the youngsters: are they politically savvy activists unable to find a home at an affordable price? Are they going to develop cultural projects as has been the historic tradition (believe it or not, Geneva used to be lively on the weekends, with a lot of choices for young & old to enjoy themselves with incredibly relevant music, film & art-related productions and activities)?

If so, kick them out. If, on the other hand, the occupants are rich kids from well-to-do families, who might as well go back to mommy & daddy or their trust funds if and when all else fails, play chummy and let them stay -those can be "controlled" and kicked out anytime without much of a publicized mess. And hey, the "squat brigade" wouldn't want to deprive themselves of a job now, or would they? Gotta keep the malleable ones!

Écrit par : Michael | 27/07/2007

Quand donc Genève et les politiques feront-ils mieux respecter les lois votées par le peuple et le droit qui en découle. Pas après 20 ans de tolérence contraire à notre démocratie; qui aboutissent tant de fois à des échecs et des violences de voyous! Bravo d'y mettre un peu d'ordre. Jomat

Écrit par : Mattheeuws Jo | 30/07/2007

Les commentaires sont fermés.