18/10/2007

Pas d'EPO dans les EPA genevois

Pour se doper, les sportifs ont l'EPO et les Etablissements publics autonomes genevois(EPA) ont les bonus. La tempête qui secoue les Services industriels de Genève à cause de la rémunération des administrateurs et des hauts cadres, devrait retomber brusquement dès lundi, quand les résultats des élections nationales seront connus.

Mais en attendant elle aura beaucoup agité la République et révélé un vrai malaise. Il a rebondi la semaine dernière lors de l'examen des trois projets de loi restreignant le nombre d'administrateurs au SIG, aux HUG et aux TPG et suite aux deux réponses (!) fort différentes de ton que le Conseil d'Etat a données à l'interpellation urgente que j'avais déposée en septembre sur les honoraires des administrateurs des SIG.

Laissons l'agité et brouillon député Stauffer croire qu'il est seul à mettre le doigt sur les vrais problèmes de la République. Maintenant que la maladie a été diagnostiquée, il convient d'apporter les remèdes appropriés. C'est le sens du projet de loi qui vient d'être déposé pour compléter le dipositif de bonne gouvernance de nos régies publiques.

Ces remèdes sont de trois ordres:

1/une bonne diète: les conseils d'administration doivent être réduits. Pléthoriques actuellement, ils fonctionnent à deux vitesses, avec des super-administrateurs qui décident tout au sein d'un bureau bien payé, et des sous-administrateurs qui n'ont plus qu'à dire amen et se contenter de quelques jetons. D'autre part, le système un parti/une voix doit être aboli au profit d'une représentation politique équitable (par exemple 2 administrateurs de droite et 2 de gauche). Un conseil d'administration ne doit pas servir à financer les partis politiques ni des députés.

2/une cure de laxatifs: le montant des rémunérations et des honoraires des administrateurs doit être clairement établi, publié et limité. Les jetons perçus pour les mandats liés mais extérieurs à l'entreprise doivent être reversés à l'entreprise et non à l'administrateur.

3/une prévention efficace grâce à un scanner régulier: l'essentiel de l'effort doit être mis sur la transparence. Transparence des rémunérations, des critères et de la composition du comité de rémunération. Les entreprises privées respectent ces dispositions sans trahir le secret des affaires ni se mettre en position de faiblesse face à leurs concurrents.

Les entreprises publiques et les sociétés anonymes dépendant de l'Etat (comme la BCGe) doivent pouvoir en faire au moins autant...

 

08:58 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Il y a à boire et àmanger dans votre déclaration qui traduit assez mal la réalité des problèmes soulevés.

Que vous n'aimiez pas le député Stauffer semble évident et ne regarde que vous.

Lui nier l'importance de sa contribution à la mise à jour de plusieurs situations scandaleuses aux SIG tend plutôt à vous déqualifier qu'à diminuer l'impact de son travail.

Vu votre équiette politique cette attitude n'est pas seulement étonnante mais détonnante dans le sens où elle détonne avec l'honnêteté intellectuelle que vous êtes sensé représenter.

Pour moi vous avez fait, tous les deux, un excellent travail. Chacun avec son style mais très complémentaires.

Vous auriez donc tort de vous entêter à ne pas lui accorder le crédit de son travail, comme il aurait tort de ne pas reconnaître votre apport.

Là où je suis franchement très désagréablement surpris de vos propositions c'est que l'une d'entre elle, la représentation bi-polaire à 4 ne constitue ni plus ni moins qu'une privation de la juste représentation du peuple dans SES sociétés.

Connaissant le jeu des alliance "douteuses" dont le monde politique genevois a le secret, il ne fait aucun doute que les petites formations seraient exclues de ce partage, ce qui est tout simplement contraire à l'esprit de nos Institutions.

Par contre vous avez raison de dire que les revenus des conseils "dérivés" doivent, après un juste défraiement des intéressés, être restitués à l'entreprise qui les a générés.

A ce titre, le combat mené par votre collègue Stauffer sur le revenu de M. Mouchet doit être salué car sans lui il ne serait toujours pas connu à ce jour.

Pour clore sur ce point, j'aimerais bien que vous vous prononciez sur le montant de cette rémunération!

Pour moi elle est tout simplement choquante et j'espère bien que TOUS LES PARTIS réclameront sa démission et en passant celle du ministre de tutelle qui a couvert ces agissements.

Il reste encore un point que vous n'abordez pas, celui de la participation d'un membre de la direction générale des SIG au Grand Conseil.

Nous avons voté une loi sur les incompatibilités et il ne fait aucun doute que, sur le plan éthique en tout cas, Monsieur Brunier ne devrait pas siéger.

Or grâce à une dérogation que votre parti à votée, il siège!

Comment vous déterminez-vous à ce sujet maintenant que l'affaire de bonus a éclaté?

Un dernier mot, seriez-vous prêt à dire publiquement comment se répartissent, en % et non en francs, vos gains personnels entre politique et autres activités et par qui ces dernières sont payées?

chrétiennement votre

Écrit par : Albert Monnier | 18/10/2007

Merci de votre réction, qui montre que nous partageons au moins certaines préoccupations concernant la gestion des régies publiques. Je continue à penser que la représentation intégrale de tous les partis au sein des conseils d'administration n'est pas nécessaire et même néfaste dans la mesure où des conseils pléthoriques sont inefficaces. Et cela d'autant plus que le contrôle démocratique peut s'exercer à travers le Conseil d'Etat (élu par le peuple je le rappelle) et l'ensemble des députés du Grand Conseil qui approuvent les rapports de gestion des établissements autonomes.
Pour le reste, je ne veux pas entamer de polémique sur les mérites ou les reproches adressé aux uns et aux autres. Chacun doit juger en son âme et conscience et le peuple se prononcera au moment des élections. Quant à mes revenus personnels, nul mystère: ils proviennent à 80% de mes activités professionnelles.

Écrit par : Guy Mettan | 19/10/2007

Merci Monsieur Mettan,

C'est ce que j'attends d'un élu, la clareté. Vous admettrez avec moi qu'elle fait défaut dans le cas SIG et certainement dans d'autres régies publiques. Il faudra donc aller jusqu'au bout car nous devons savoir.

En fait nous n'avons qu'un seul point de divergence en suspens la représentativité.
Faisons les comptes. Il y a 7 partis au parlement, un représentant pour les communes cela nous fait 8 administrateurs. Vous y ajoutez 5 spécialistes par métier (ou source d'énergie) et nous sommes à 13, vous y mettez encore un spécialiste financier et un spécialiste en administration et nous sommes à 15.

Très honnêtement, une société qui génère un cash flow de plus de 200 millions de francs justifie largment un CA de 15 membres,non?.

J'exclus totalement l'idée que le Conseil d'Etat puisse être un représentant valable. La situation des SIG nous prouve que ce niveau de contrôle est TOTALEMENT déficient.
La raison en est simple ce collège ne représente que les partis qui, entre eux tiennent la majorité du parlement. Il n'y a donc aucun aiguillon pour aller rechercher les pailles ou failles du système.

Votre travail et celui de votre collègue Stauffer viennent démontrer qu'il faut un contre pouvoir à ces vraies pompes à fric que sont les régies publiques.

C'est pour cette raison que le PDC a largement tort de s'allier au projet de loi des libéraux sur la réforme de l'organisation des SIG et des autres régies publiques.

On ne résoud pas un problème en l'occultant mais en y apportant un remède. Ce qui manque totalement à ce projet.

Ce projet démontre une arrogance du monde politique à l'égard des citoyens que nous sommes qui n'est pas acceptable.

Je pense bien que nous en reparlerons après ces élections nationales dont j'espère que le résultat confortera une reconnaissance populaire envers vous deux (Stauffer et vous) qui avez vraiement été de bons députés dans ce dossier.

Bonne chance

Écrit par : Albert Monnier | 19/10/2007

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