31/10/2007

Démocraties ou dynasties?

Bush père, Bush fils. Monsieur Kirchner et maintenant Madame. Et demain ce sera peut-être au tour de Madame Clinton de succéder à Monsieur dans le Bureau ovale. On ne peut que se réjouir qu'une femme vienne d'accéder à la plus haute fonction argentine. Mais n'y a-t-il pas de quoi s'inquiéter à l'idée que la transmission des rênes de grands Etats démocratiques du mari à l'épouse ou du père au fils tend à se généraliser depuis quinze ans?

On dirait que nos démocraties fatiguées cèdent à la tentation dynastique, comme si elles n'avaient plus assez de forces vives pour renouveler leur personnel dirigeant. Le silence et l'acceptation tacite qui accompagnent ces étranges passations de pouvoir, et qui rappellent fort les meilleures traditions monarchiques, sont d'autant plus frappants qu'un tonnerre de critiques avait accueilli l'éventuel recyclage de Vladimir Poutine en premier ministre de la Russie. Lui, pourtant, accepterait de descendre d'une marche et ne ferait pas monter sa femme ou l'un de ses enfants sur le trône. Et sa démarche ne serait pas moins légale ni moins "démocratique" que celle des Bush, des Clinton ou des Kirchner.

J'avoue que cette évolution me laisse franchement perplexe, même si l'on est désormais certain que Cécilia n'a aucunement l'ambition de succéder à son ex-mari...

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25/10/2007

Coup de pouce fédéral au contrat d'intégration

Le Conseil fédéral vient d'admettre le principe des contrats d'intégration pour les étrangers nouveaux venus dans notre pays et en recommande l'application dans les cantons.

Voilà une nouvelle qui tombe à pic deux semaines après que le PDC ait déposé un projet de loi pour établir un contrat d'intégration à Genève. Naturellement, cette idée va susciter des oppositions. Le délégué à l'intégration neuchâtelois, M. Facchinetti, est déjà monté au créneau.

Le délégué à l'intégration neuchâtelois fait en effet un travail remarquable. Mais il oublie deux choses. D'abord que Genève est un canton-ville proche de la frontière, tout comme Bâle, qui, lui, a adopté avec succès le contrat d'intégration. Et ensuite que la politique de l'intégration à Genève est restée très théorique et académique. On ne condescendait pas à descendre jusqu'au niveaux des immeubles, de la vie de quartier et de l'apprentissage concret des langues et de la vie en commun.

L'arrivée de M. Castella à la direction du Bureau de l'intégration genevois va sans aucun doute permettre de changer les choses. Mais encore faut-il qu'il ait les moyens, techniques et juridiques, qui lui permettent de développer son action. Le débat est donc lancé.

 

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18/10/2007

Pas d'EPO dans les EPA genevois

Pour se doper, les sportifs ont l'EPO et les Etablissements publics autonomes genevois(EPA) ont les bonus. La tempête qui secoue les Services industriels de Genève à cause de la rémunération des administrateurs et des hauts cadres, devrait retomber brusquement dès lundi, quand les résultats des élections nationales seront connus.

Mais en attendant elle aura beaucoup agité la République et révélé un vrai malaise. Il a rebondi la semaine dernière lors de l'examen des trois projets de loi restreignant le nombre d'administrateurs au SIG, aux HUG et aux TPG et suite aux deux réponses (!) fort différentes de ton que le Conseil d'Etat a données à l'interpellation urgente que j'avais déposée en septembre sur les honoraires des administrateurs des SIG.

Laissons l'agité et brouillon député Stauffer croire qu'il est seul à mettre le doigt sur les vrais problèmes de la République. Maintenant que la maladie a été diagnostiquée, il convient d'apporter les remèdes appropriés. C'est le sens du projet de loi qui vient d'être déposé pour compléter le dipositif de bonne gouvernance de nos régies publiques.

Ces remèdes sont de trois ordres:

1/une bonne diète: les conseils d'administration doivent être réduits. Pléthoriques actuellement, ils fonctionnent à deux vitesses, avec des super-administrateurs qui décident tout au sein d'un bureau bien payé, et des sous-administrateurs qui n'ont plus qu'à dire amen et se contenter de quelques jetons. D'autre part, le système un parti/une voix doit être aboli au profit d'une représentation politique équitable (par exemple 2 administrateurs de droite et 2 de gauche). Un conseil d'administration ne doit pas servir à financer les partis politiques ni des députés.

2/une cure de laxatifs: le montant des rémunérations et des honoraires des administrateurs doit être clairement établi, publié et limité. Les jetons perçus pour les mandats liés mais extérieurs à l'entreprise doivent être reversés à l'entreprise et non à l'administrateur.

3/une prévention efficace grâce à un scanner régulier: l'essentiel de l'effort doit être mis sur la transparence. Transparence des rémunérations, des critères et de la composition du comité de rémunération. Les entreprises privées respectent ces dispositions sans trahir le secret des affaires ni se mettre en position de faiblesse face à leurs concurrents.

Les entreprises publiques et les sociétés anonymes dépendant de l'Etat (comme la BCGe) doivent pouvoir en faire au moins autant...

 

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09/10/2007

Oui à un contrat d'intégration genevois

Petit émoi la semaine dernière lorsque j'ai signalé aux membres de la commission des droits de l'homme que le PDC avait déposé un projet de loi demandant la mise en place d'un contrat d'intégration pour les nouveaux arrivants étrangers à Genève.

C'est que tous trouvaient l'idée bonne et auraient voulu la prendre à son compte. D'autant plus que le directeur de l'Office fédéral des étrangers, M. Gnesa, à Genève ce jour-là, venait précisément d'en présenter les avantages. L'intégration des étrangers pourrait en effet mieux fonctionner à Genève. Le Conseil d'Etat a récemment publié un bilan très critique des cinq premières années d'application de la loi sur l'intégration. Et l'ancien patron de l'intégration, M. Vallotton, a claqué la porte de son bureau en juin dernier en publiant lui aussi un rapport très sévère sur les insuffisances de la politique genevoise d'intégration.

Dès lors, il convient de corriger le tir et de passer à la vitesse supérieure. Le contrat d'intégration pourrait être la bonne solution. L'idée, simple, est déjà appliquée dans d'autres cantons (Bâle par exemple): il s'agit de faire signer à tout nouvel arrivant une charte qui précise ses droits et ses devoirs. Parmi les devoirs figure notamment l'obligation de suivre des cours de langue et des cours d'initiation aux institutions et à la culture du canton dans lequel il réside. Les jeunes qui ont terminé leur scolarité obligatoire se voient proposer des cours et des stages de formation à un métier, afin d'éviter le chômage et l'assistance sociale.

Naturellement, certains trouveront que ce n'est pas assez et qu'il faut prévoir des sanctions dures contre les contrevenants ou les éventuels délinquants. Mais c'est déjà prévu dans le code pénal. Et d'autres crient au racisme dès qu'on fait mine de rappeler aux immigrants qu'ils n'ont pas que des droits, mais aussi des devoirs à l'égard de la communauté qui les accueille, notamment en matière de vie en commun, pour le bruit, les odeurs, les poubelles. Des petites choses qui semblent aller de soi mais peuvent empoisonner la vie d'un immeuble quand le respect le plus élémentaire est absent...

Le contrat d'intégration serait un moyen de préciser ce que chacun attend de l'autre avant que les mauvaises habitudes soient prises: ça vaut le coup d'essayer.

 

 

 

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02/10/2007

Le culte du chef comme programme politique

Les politologues Claude Longchamp et Pascal Sciarini ont exposé la semaine dernière à Genève leur vision des prochaines élections fédérales et esquissé le paysage politique suisse ces prochaine années.

Plutôt décoiffant!

Pascal Sciarini, directeur du Département de sciences politiques à l'Université de Genève, distingue plusieurs tendances lourdes: une montée inexorable de l'UDC depuis 15 ans et des Verts depuis les années 2000; une "nationalisation" accrue des campagnes, qui se menaient jadis sur des enjeux cantonaux alors qu'aujourd'hui c'est le parti national et les thèmes nationaux qui mènent le bal; une campagne électorale devenue permanente et à l'américaine, c'est à dire avec professionnalisme, des capitaux, des attaques personnelles, une polarisation et une personnalisation extrême des candidats (cf. la campagne "Soutenez Blocher" ou "Tous avec Doris Leuthard" du PDC). Finis les programmes, vivent les chefs charismatiques!

Le directeur de l'Institut gfs Claude Longchamp voit plusieurs scénarios originaux se profiler: il pense que l'UDC a mangé son pain blanc et ne va plus guère dépasser son niveau de 2003 et que le PDC va s'installer durablement devant le parti radical, en perte de vitesse continue selon lui, parce que, suite à son virage à droite très marqué, il ne cesse de perdre ses électeurs centristes tout en étant happé par la galaxie UDC.

Tout cela pose un problème aigu de gouvernabilité du pays. Les deux sont d'accord pour convenir que la concordance consensuelle est morte et enterrée pour longtemps. Sciarini milite pour une concordance réduite, de centre-droit ou de centre-gauche autour du PDC et du PRD. Longchamp est en faveur d'une concordance conflictuelle qui intégrerait un Vert au Conseil fédéral à la place du second radical. La majorité automatique UDC-PRD ne ne pourrait ainsi plus fonctionner et le gouvernement serait obligé de rétablir la collégialité en négociant des majorités au cas par cas, le PDC retrouvant son rôle naturel d'arbitre entre la droite et la gauche.

Tout cela est au fond assez passionnant, ce qui explique que le taux de participation a fait un bond, que confirment les derniers sondages...

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