19/12/2007

Semaine faste à Berne et à Genève

La semaine du 10 décembre aura décidément été faste, tant à Berne qu'à Genève. D'abord parce qu'à Berne, on a pu pu chasser du Conseil fédéral le Père Fouettard grincheux qui y sévissait depuis quatre ans. Pour une fois que Noël arrive plus tôt que d'habitude, qui s'en plaindra?

Et à Genève, contre toute attente et au grand dam de ceux qui m'en faisaient le reproche dans ce blog, le canton a pu se doter d'un budget positif pour la première fois depuis longtemps en se payant le luxe de le voter à une très large majorité, seuls les adorateurs du Père Fouettard ayant décidé de le bouder. Le succès de la loi sur le chômage et le refus des initiatives fiscales dimanche sont venus confirmer ce tournant.

C'est une bonne nouvelles car ces deux succès augurent d'une Suisse et d'une Genève débarrassées de leurs mauvais génies, qui retrouvent confiance en elles et osent à nouveau parier sur l'avenir, en renouant avec ce mouvement perpétuel de réformes graduelles qui caractérise le système suisse.

Bien sûr, le pouvoir de nuisance des blochéristes déçus ne doit pas être sous-estimé. A commencer par les celui des compagnons de route dans les médias, qui pleurent le meurtre symbolique du père. Les orphelins de Christoph Blocher ont de la peine à se remettre de la disparition de la figure autoritaire et castratrice du prétendu père de la nation. Si notre ami Pascal Décaillet avait bien lu Mircea Eliade et René Girard, il saurait pourtant que c'est sur cette acte de violence sacrée que les sociétés humaines fondent leur existence et leur cohésion. Ce qui s'est passé à Berne le 12 décembre peut donc bel et bien être le signe d'un renouveau de la politique suisse.

Un renouveau qui ne passe pas par l'élection du Conseil fédéral par le peuple, qui ne ferait que compliquer encore le système. Pour être équitable et tenir compte des minorités linguistiques, religieuses et politiques qui composent subtilement la Confédération, et pour respecter la contrainte d'une élection qui se ferait forcément au système majoritaire, il faudrait mettre en place tellement de cautèles qu'on ne voit pas comment une telle opération serait meilleure que le système actuel. J'avais plaidé pour cette cause, bien avant que l'UDC s'en empare, en 1997 dans une longue analyse parue dans la Tribune de Genève: j'en suis vite revenu!

Quant à Genève, les meurtres symboliques y sont trop courants en politique pour qu'on ait besoin d'en commettre d'autres. C'est plutôt à la tradition de carnage qu'il faut mettre fin. L'unité retrouvée du parlement et l'adhésion du peuple derrière son gouvrenement sont donc à marquer d'une pierre blanche: il faut les saluer même si on n'est pas tout à fait certain que cela durera...

 

09:18 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Le Conseil Fédéral élu par les citoyens est la seule solution afin d'éviter les magouilles politiques habituelles comme celle de la semaine dernière. Quand aux prétendues diffilcultés dues aux langues, religions (Faut bien être catho pour ce genre d'ineptie) ou régions, ce n'est pas important. Le plus important est que les 7 élus soient performants, ce qui est actuellement loin d'être le cas. Il y aurait même 7 alémaniques, 7 romands ou 7 femmes, etc que cela ne mettrait pas en péril le pays. Le PDC qui baisse son froc devant les gauchos nous prouve que ce parti fait totalement partie de la gauche. La preuve nous a été donnée, pas seulement à Berne, mais aussi dans le canton de Vaud quand M. Neyrinck encourage ses électeurs à voter à gauche et aussi à Genève où à cause du PDC la droite n'est pas représentée au Conseil des Etats (refus de s'allier avec l'UDC, au Conseil Municipal (1 élu pour la même raison), et au Conseil d'Etat (rebelotte) Décidemment, personne, à droite, ne peut faire confiance à ce parti.

Écrit par : Octave Vairgebel | 19/12/2007

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Guy,

vous êtes une figure politique de grand talent, mais pour la première fois je dois vous exprimer mon désaccord citoyen au sujet de votre billet.

Concernant l'éviction de M. Blocher, je ne partage pas du tout votre opinion, M. Blocher n'avait rien de castrateur, de père de la nation ou dieu sait quelle autre influence psychosomatique, sauf chez les faibles et les simples d'esprit.

Le "virer" ne changera pas une réalité, la partie de la population qui partage ses idées... J'eusse partager la liesse actuelle, si nous avions assisté à un véritable débat entre les opposants et M. Blocher, ce qui n'a pas été le cas. Se comporter comme cela a été fait sous la Coupole, n'a rien d'honorable.

Ensuite, vous dites que le peuple a adhéré à son gouvernement lors des dernières votations cantonales... là non plus votre analyse ne saurait me convaincre : 40 % de participation ?

Où est l'adhésion dont vous parlez ?

60 % d'abstentionnisme une réussite ?

Il n'y a en rien de quoi fanfaronner lorsque qu'une démocratie se base sur 40 à 48 de participation...

Il y a danger en la demeure, notre démocratie péclote, les citoyens lassés par les magouilles et les copinages entre partis, par des lois qui ne les touchent que peu.

Bien évidemment, ce désaccord au suje4t de votre billet n'enlève rien au politique intelligent et compétent que vous êtes, c'est juste un avis citoyen.

Bien à vous Guy,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 19/12/2007

Il me semble que les partis politiques - peut-être le PDC en premier - devraient s'interoger sur le fait si le simple citoyen est encore en mesure de suivre les aléas de la politique actuelle. Ne pensez-vous pas que ce qui nous est proposé, dans les parlements de Berne et de Genève, pousse le contribuable a) à se désintéresser de la politique b) à adhérer aux thèses les plus extrêmes c) à se convaincre que ses représentant-e-s élus-e-s font tout pour démolir leur image ?
En ce qui me concerne, je ne vois, hélas, rien de positif.

Écrit par : Dixit | 19/12/2007

Généralement les politiciens ont tendance à reprocher aux autres ce qu'ils font eux-mêmes!

C'est surtout le cas des PDC!

Désolé M. Mettan, mais c'est une réalité que tous les observateurs de la scène politique genevoise connaissent bien.

Écrit par : Albert Taux | 19/12/2007

Vous dites si bien "C'est plutôt à la tradition de carnage qu'il faut mettre fin" maintenant que le carnage de Berne est accompli et que vos mains sont pleines de sang.

Écrit par : Josef Loetscher | 19/12/2007

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