07/03/2008

Les Verts et l'UDC comme les autres!

 


Succès électoraux et relative nouveauté sur la scène politique fédérale avaient conféré une aura particulière aux Verts et à l’UDC durant ces dernières années. A gauche, les Verts avaient réussi à imposer une nouvelle thématique – l’environnement – une nouvelle génération – des quadras urbains – et un nouveau style, moins « politicien » de faire la politique. A droite, l’UDC avait instauré une pratique inédite de la tactique tantôt gouvernemental tantôt d’opposition et ouvert la voie à un marketing particulièrement agressif de ses idées, qui avait secoué la rhétorique ronronnante des partis traditionnels.

 

Tout cela est en train de voler en éclats. Et les deux partis les plus originaux de la politique suisse sont en train de perdre leurs singularités et de se normaliser à la vitesse grand V.
Voyez les Verts dont les caciques se disputent la présidence. Fini le partage du pouvoir, jetée à la poubelle l’égalité homme-femme ! En renonçant au principe d’une co-présidence entre un Romand et une Alémanique au nom de l’efficacité managériale et de la « visibilité », les Verts rejoignent la ronde banale des autres partis. La lutte implacable pour le pouvoir à laquelle on a assisté entre Ueli Leuenberger et Franziska Teuscher n’a rien à envier aux sordides empoignades qui ont déchiré radicaux ou démocrates-chrétiens jadis. Quant aux magistrats verts, ils ont désormais rejoint le troupeau des notables ordinaires qui prospèrent dans la vie publique. A Lausanne et à Genève, Robert Cramer et Daniel Brélaz cumulent les mandats fédéraux et dans les exécutifs locaux, comme n’importe quel élu radical, socialiste ou démocrate-chrétien de la grande période. Et le syndic de Lausanne doit se livrer à toutes sortes de contorsions pour expliquer qu’en fait, toutes choses égales et compte tenu des heures qu’il consacre à sa charge, il n’est pas le maire le mieux payé du pays…
Je ne jette pas la pierre, car à mes yeux les Verts ont droit au même traitement que les autres, mais avouons qu’on est loin de la frugalité originelle revendiquée par ce parti.
Quant à l’UDC, elle aussi rentre dans le rang. La gifle magistrale et parfaitement inattendue qu’elle a reçue le 12 décembre avec l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral l’a fait redescendre de son Olympe et renouer avec le destin ordinaire des partis, à savoir l’échec et l’humiliation périodiques. Et comme les autres partis après la défaite, il lui faudra apprendre à gérer les pannes de stratégies, la remise en question des chefs et les divisions internes.

En quelques mois, sans doute à cause même de leurs succès respectifs, les Verts ont perdu leur originalité et l’UDC son invincibilité. Cela serait très téméraire d’en déduire qu’ils ont déjà entamé leur déclin. Au contraire, leur potentiel de croissance reste important car ils peuvent encore tirer de l’énergie et des ressources de leur nouvelle situation en recourant à toutes les ficelles habituelles des partis traditionnels. Mais on peut simplement en conclure qu’ils ne sont plus des exceptions et qu’ils sont soumis, comme les autres, aux vicissitudes ordinaires de la vie politique.

(Texte paru dans l'Agefi du 5 mars 2008)

09:14 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

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Je ne jette pas la pierre, car à mes yeux les Verts ont droit au même traitement que les autres, mais avouons qu’on est loin de la frugalité originelle revendiquée par ce parti. """"

Tellement vrai. La limousine de Cramer et l'histoire des déchets aux Cheneviers est parfaitement symptomatique de ce "faites ce que je dis, pas ce que je fais"...

Écrit par : Sandro Minimo | 07/03/2008

Entendre parler des Verts Cramer, Brélaz et U.Leuenberger
(oui, vous savez le Pâquisard...) me donne la nausée

Écrit par : bidouille | 07/03/2008

Ce que je constate surtout c'est qu'au Gd Conseil Monsieur Mettant est plus souvent à soutenir les Verts que le MCG.

or s'il était honnête, il ne s'opposerait pas comme il le fait à M. Stauffer qui est, sans contestation possible le chef de file de la fronde contre l'incinération complice des déchets napolitains.

Le PDC Unger en acceptant de gouvernenr avec Cramer en est le complice objectif.

Une fois de plus le PDC s'érige en moralisateur alors qu'il devrait, comme Brassens devant la poupée, se fair tout petit!!!

Un peu plus de rigueur M. Mettant c'est à cela que vous nous avez habitué, gardez ce cap et quittez ce rôle de chacal.

Écrit par : Jean Magnin | 07/03/2008

Une fois de plus Monsieur Mettan et avec lui le PDC se lancent dans le grand écart.

@J. Magnin
L'aversion pour tout ce qui est de nature à faire évoluer les choses contraint ce parti à se replier vers les bords du cours d'eau, histoire de ne pas perdre pied. C'est pour cela que M. Mettant tout comme son parti sont totalement incapables d'objectivité à l'égard du MCG et encore plus de son chef de file qui est, par son courage et sa verve, incompatible avec le journaliste diplomate. Dommage car dans l'affaire des déchets, le PDC s'est d'abord rangé du côté des ordure avant que le vent ne soit trop nauséabond et que quelques élus PDC essaient naïvement de faire croire que c'est grâce à eux que cette affaire tourné en eau de boudin pour les marchands du temple que sont Brunier et Cramer.
Il y a longtemps que le PDC aurait dû choisir clairement son camp et ne pas attendre que les faits soient à ce point patents qu'il ne prenaient pas de risque à les critiquer. Mais pourquoi ne pas aller au bout du raisonnement et réclamer le départ immédiat du conseiller d'Etat CRAMER.

Pour cela il faut du courage et c'est ce qui fait le plus défaut à M.Unger.

Voilà pourquoi il y a toujours un tel écart entre le discours PDc et les actes concrets.

Ceci explique aussi pourquoi le PDC est incapable de prendre le risque de voter avec le MCG même les actions de ce parti sont réellement proches du citoyen.

Écrit par : Edgar Fostin | 08/04/2008

J'ai hâte que l'affaire BCGE explose !!!

On verra bien qui nous a mis ces milliards sur le dos !!!

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 08/04/2008

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