19/09/2008

Vivre avec la peur au Collège Calvin

Affolement, alarme, alerte, angoisse, appréhension, aversion, crainte, effroi, épouvante, frayeur, frousse, inquiétude, panique, phobie, répulsion, trouille, terreur : les mots pour exprimer la peur sont presque aussi nombreux que ceux de l’amour. Des peurs de l’an Mil aux terreurs révolutionnaires jusqu’à la grande peur climatique, de la peur de soi à la peur de l’autre, de la crainte de Dieu à l’angoisse existentielle, de la hantise de l’immonde à la fascination des foules pour les films d’épouvante et des militaires pour la terreur atomique, le catalogue des peurs humaines est infini. Cerner et connaître nos peurs pour mieux vivre avec elles, tel est le but que s’est donné le quatrième festival de philosophie, qui aura lieu à Genève, au Collège Calvin, Aula Franck Martin, du 25 au 28 septembre 2008. http://www.festivalphilosophie.info


Mais si la peur est l’un des sentiments les plus universellement partagés, c’est aussi celui dont on aime le moins parler. Omniprésente, protéiforme, elle habite nos vies comme une deuxième peau même si on la tait. Il suffit pourtant de gratter la surface des choses et des êtres pour la voir affleurer à la surface des consciences. Bien qu’elle semble nous accompagner depuis le début de l’humanité, la peur n’est pas pour autant devenue un sujet d’étude et de science. Elle intéresse bien quelques localités du savoir, comme la psychologie et quelques banlieues de la sociologie et de l’histoire, mais c’est tout. Les savants, les intellectuels, les philosophes ont plutôt négligé cette matière, sans doute trop fluide et insaisissable pour servir de fondement à de grandes théories. Les lumières de la raison n’ont pas encore éclairé les terres obscures de l’âme humaine, zones incertaines et lugubres sur lesquelles prospèrent avec délectation les médias et certains hommes politiques sans scrupules. Pour parler avec talent et sincérité de la peur, il ne faut donc pas chercher du côté des professionnels patentés de la réflexion, mais plutôt dans monde réputé léger du cinéma et des lettres, comme les acteurs Sean Penn et Marthe Keller: La peur. Il faut apprendre à domestiquer la peur. Nous vivons avec elle, de plus en plus, elle nous envahit, elle est partout. Nous sommes une civilisation de la peur. (S. Penn) "On vit dans un monde d’une telle vulgarité! La peur vient de l’exigence. Celle de résister à la banalité.» (M. Keller) "Au risque de caricaturer, osons résumer la peur à deux types essentiel: la peur de mourir et la peur de vivre, l’une n’empêchant pas l’autre d’ailleurs. Certains, comme Epicure, ont cherché à apaiser la crainte de la mort. On connaît son célèbre adage « la mort n’est rien pour nous, puisque lorsque nous sommes, la mort n’est pas là, et lorsque la mort est là, nous ne sommes plus ». D’autres, comme Freud ou Sartre, ont démonté les ressorts de la peur de vivre, névroses phobiques et nausée existentielle. Des peurs de l’an Mil aux terreurs révolutionnaires jusqu’à la grande peur climatique, des apocalypses au catastrophisme éclairé défendu par Jean-Pierre Dupuy, de la peur de soi à la peur de l’autre, de la crainte de Dieu à l’angoisse existentielle, de la hantise de l’immonde à la fascination des foules pour les films d’épouvante et des militaires pour la terreur atomique, le catalogue des peurs humaines est infini. Cerner et connaître nos peurs pour mieux vivre avec elles, tel est le but que s’est donné le quatrième festival de philosophie, qui aura lieu à Genève, au Collège Calvin, Aula Franck Martin, du 25 au 28 septembre 2008. http://www.festivalphilosophie.info www.festivalphilosophie.info A noter un petit changement de programme: le vendredi soir 26 à 19h le professeur Beat Bürgenmeier donnera une conférence sur le thème "Une panique récurrente: réflexions sur la crise financière" et le damedi matin 27 à 11h le philosophe Philippe Rahmy viendra parler de la peur de la douleur.

Commentaires

Je suis désolé, mais pour un démocrate-chrétien, là, vous avez tort.

"Bien qu’elle semble nous accompagner depuis le début de l’humanité, la peur n’est pas pour autant devenue un sujet d’étude et de science."

Que fait-on de la théologie ?
Que fait-on de la météorologie ?
Que fait-on de l'astronomie ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 19/09/2008

S'il n'y avait la conscience et la peur de la mort, c'en serait fini de toutes les religions. La peur de la mort est leur fond de commerce. Vendre un au-delà purement imaginaire pour asseoir leur pouvoir sur terre, c'est la plus grande arnaque, le plus grand mensonge de l'histoire de l'humanité.

2000 ans (un peu moins) de mensonge chrétien, ça commence à bien faire. Essayez de récupérer des données dans votre ordinateur sans électricité...

Écrit par : Johann | 19/09/2008

Johann vous êtes libre de croire ou ne pas croire.. c'est marrant ces athés qui ne supportent pas que des gens pensent différement d'eux... si vous préferez croire que votre ancétre était un macaque libre à vous...

Écrit par : Yogurt | 19/09/2008

@Yogurt: reprocher à certains athées de ne pas supporter (j'utilise vos mots) est mal venu. Presque partout dans le monde ce sont les athées qui sont l'objet de discriminations, de condamnations et de persécutions de toutes sortes, et historiquement ces persécutions sont antérieures à celles exercées par les régimes dits "marxistes", qui n'existent que depuis peu, pour ceux qui existent encore. La plupart des athées ont de la peine à admettre certaines convictions (ainsi que les comportements qui en découlent) qui caractérisent les croyants de la plupart des religions, dont j'énumère quelques-unes ici, sans que cette liste soit parfaite ou exhaustive. Dans presque toutes les religions, les croyants se considèrent comme des groupes élus, font fi de la longue histoire humaine antérieure à la révélation, exercent de fortes pressions pour que les principes moraux élaborés par leur croyance particulière soient inscrits dans les lois civiles, soutiennent presque toujours les régimes politiques en place, même les plus barbares, se prévalent d'une Vérité absolue supérieure aux connaissances limitées et toujours remises en question que la science propose, exigent, enfin sous différentes formes, la soumission de tous aux croyances de quelques-uns. Leur ennemi, souvent déclaré, est l'athée, bien plus que le tenant d'une autre religion, comme si l'affirmation d'une liberté, même lourde à porter et souvent brimée était en soi un scandale. Déclarer que l'être humain est seul, qu'il est mortel sans retour et qu'à lui seul incombe de fixer des valeurs et définir un sens non transcendant à l'existence, pour faire en sorte que sa vie personnelle et la vie en société aient des moments de douceur malgré les souffrances inévitables semble être un scandale, sinon un crime.

Écrit par : Mère | 19/09/2008

"Johann vous êtes libre de croire ou ne pas croire.. "

Merci! Mais je n'avais pas attendu votre permission.

"c'est marrant ces athés qui ne supportent pas que des gens pensent différement d'eux... "

Je le supporte parfaitement. Et c'est encore plus marrant. Ce serait vraiment très ennuyeux si tout le monde pensait comme moi. "L'ennui naquit un jour de l'uniformité" a dit je ne sais plus qui, mais bien justement.

"si vous préferez croire que votre ancétre était un macaque libre à vous..."

Je ne crois pas, je sais que les macaques sont non pas mes ancêtres, mais nos cousins. Nous avons des ancêtres communs. Demandez à André Langaney, il se fera un plaisir de vous expliquer.

La peur de la mort fait accepter le mensonge religieux et chacun est libre de se mentir à soi-même. Ca ne me dérange pas par exemple que Jésus (s'il a existé) ait été un terroriste et un assassin condamné à mort par l'empire romain et ça ne me dérange pas plus que ça si les chrétiens croient voir en lui un "prince de la paix". Chacun est libre, au moins nous sommes d'accord là-dessus.

Ah et un petit mot sur l'hypocrisie. Si les chrétiens étaient sincères dans leurs convictions, ils se seraient réjouis de la mort de Jean-Paul 2. Or c'est tout le contraire qui s'est produit! Des scènes de lamentations! Tas d'hypocrites!

Allez pour la route une petite relation:

"Le sorcier me demanda si en vérité j'aimais l'autre vie que je lui avais figurée remplie de tous biens; ayant répondu que je l'aimais en effet; et moi dit-il, je la hais, car il faut mourir pour y aller, et c'est de quoi je n'ai point envie; que si j'avais la pensée et la créance que cette vie est misérable et que l'autre est pleine de délices, je me tuerais moi-même pour me délivrer de l'une et jouir de l'autre. Je luis repars que dieu nous défendait de nous tuer, ni de tuer autrui et que si nous nous faisions mourir nous descendrions dans la vie de malheur, pour avoir contrevenu à ses commandements. Hé bien dit-il, ne te tue point toi-même. mais moi je te tuerai pour te faire plaisir, afin que tu ailles au ciel et que tu jouisses des plaisirs que tu dis. Je me souris, lui répliquant que je ne pouvais pas consentir qu'on m'ôtât la vie sans pécher. Je vois bien me fit-il, en se moquant que tu n'as pas encore envie de mourir non plus que moi..."

PS: Beau message que celui qui me précède (celui de Mère donc).

Écrit par : Johann | 20/09/2008

Quand on parle d'œcuménisme, c'est bien de cela qu'on parle :

"Leur ennemi, souvent déclaré, est l'athée, bien plus que le tenant d'une autre religion".

Comme c'est facile de "vendre" ses "ouailles" à d'autres religions, comme c'est facile de parler de "laïcité positive"...
J'en ai fait même un article intitulé, "sarkosecte" ... Tom Cruise, le prince héritier saoudien, maintenant le Pape ...
Le principal, (peu importe que ce soit Dieu, Jésus, Allah) c'est que les citoyens prient, croient ... c'est pourquoi on constate (en France, en Suisse) tous ces arrangements ... religieux.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 20/09/2008

"Johann vous êtes libre de croire ou ne pas croire..."
Visiblement, plus pour très longtemps, les ténèbres reviennent ...

Post Tenebras Lux ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 20/09/2008

LES BOURSES DOIVENT REDEVENIR DES MARCHES FINANCIERS ET NON PLUS DES CASINOS.
UNE REFONTE DES REGLEMENTS, Y COMPRIS EN SUISSE,SONT NECESSAIRES. AUX BANQUES
DE PRENDRE L'INITIATIVE, SINON ILS SERONT REMPLACES PAR L'ETAT. DE PLUS,
LA CRISE ACTUELLE VA RENFORCER LES PARTISANS DE L'IMPOT SUR LES BENEFICES
FINANCIERS.

Écrit par : J.-M.LAYA | 21/09/2008

ET LA PEUR DU GENDARME?SI UTILE POUR MAINTENIR LA PAIX ET LA SERRNITE SUR LA VOIE PUBLIQUE?CAR DE FAIT/LE GENDARME,MEME DANS LA GENDARMERIE,NE RIE PAS TOUS LES JOURS ET ENCORE MOIN LA NUIT OU LES COUTEAUX ( 5 COUtAUX CONTRE DEUX POLICIERS non armes à feu a genéve)font changer la peur de camp. a force de vouloir être angelique et attendre "pour voir"que les "ecoliers" "flinguent" camarades et professeutrs dans les pays technologiquement avances et bien èduquès(usa,japon,finlande,france,allemagne;;) on fait fausse route;;

;même à pekin,"la vidéo qui fait sCandale en chine",pays ou confucius est la référence?on montre comment un professeur peut être humilié par ses éleves "fils à papa" dans un pays ou la femme n'a pas encore toute sa place;;

partout(sauf dans les dictatures ce qui est condamnable)la "peur du gendarme" est tournée en ridicule y compris sur les "games" electroniques à la mode ou l'adolescent(ou son papa)peut "tuer du gendarme" sans complexes "puisce que c'est virtuel'";
apres,un pourcentage x ,passe à l'acte "pour voir"!

exemple ou l etat ne fait pas preuve de vigilance et de prévention,mais aissi de réflexion sur les changements en cours, pour défendre "le" ou la)et non "son"gens-d'arme"....qui etant humain est parfois "gentil" et d'autres fois non!
ayez pitié des "gentils"!
et mettez vous "à la page" pour donner les moyens "idéologique" au gentil gendarme de revaloriser son métier de "protecteur de l'ordre et de "gardien de la paix" dans une democratie!
la peur du gendarme est le debut de la sagesse!
dans un monde ou meme les dictatures ou régimes autoritaires sont corrompus et les gendarmes éventuellement "biodégradables" avant d'être re-jetés de l'opinion,il y a un déficit de reflexion sur sa necessité! le college calvin est comme celui dont il porte le nom il ne confond pas "sécurité" et "protection" sans conscience morale!
on sait que le pape actuel est fil de gendarme allemand qui,avec la vierge marie, s'efforcait de "limiter les dégats moraux" dans sa famille,pendant que beaucoup de ses collegues francais-avec l'escuse dêtre à la fois occupé par l'étranger et trahie par le régime--par culte de l'obeissance sans murmure-prétaiENt la main à la déportation;;;des histoires franco-allemande à ne pas oublier!c'est d'abord à la maison qu'on apprend des regles de "civilitées" qu'il importe au gendarme de faire respecter par tous dans la rue! nmais peut être penser aux gendarmes est ce qui fait peur,?

Écrit par : guypradet | 24/09/2008

CALVIN ET LE GENDARME
Calvin dans son "traité des reliques" note que l'excés correspond à la fois à une demande et à l'absence de conscience du ridicule.par ailleurs il y à des questions d'argent en jeu(ce qui fera hurler Luther à propos des indulgences)il y à donc une réforme à faure quelque part.

Constat:le gendarme est "idéologiquement" dévalorisée dans une société ou tout prestige se joue avec la feuille de paie..Dans la famille-utile-du policier,le gendarme est peu "attractif",et de ce fait manque d'effectifs,d'autant que certains sont tentés d'aller ailleurs,dans le service public,mais aussi privé ou le "gardiennage" et le"garde du corps"

(parfois trop rapproché comme à monaco) ce qui demande à la fois de l'expérience en la matiére et une "certaine distance" vis à vis du "corps gardé"(pas seulement corps princiers mais oeuvre d'art,ou intimité privé).de la psychologie aussi...
.
Par ailleurs il y à en matiére de violence "une demande" et "des fournisseurs" l'une soutenant l'autre,mais aussi une demande de prestige innavouée: le vieux monsieur bien habillé,qui s'assoie sur la place retenue par une autre et briévement absente ,(pour aller au WC par exemple) celui qui prend "subito-presto"le parking d'un autre,celui(ou celle)qui crache son chewing gum à la face du voisin qu'il ne remarque même pas,autant que le trés jeune enfant(3 ans)qui s'empare de force d'un objet(mis à sa portée sciement)par une maman débordée,sait d'avance qu'il aura droit soit la passivité,soit l'accord,voir les encouragemenents de l'entourage..

il sait d'avance,3 fois sur 4,que sa "violence"-qui est aussi mépris d'autrui-se révélera "gagnante".Qui à été dans un "lunch" d'une préfecture française et à vu un "haut notable" jeter un noyeau d'olive sur un inconnu,ou la bousculade devant un buffet ministériel sait que pour être moins médiatisé les "classes dirigeantes" participent autant à cette "violence" à base de mépris d'autrui!


Les grands responsables politiques se devraient à ce propos,sur l'instant,faire preuve de maitrise de soi et dire les propos qui conviennent,et inciter les présents à plus de retenus,et de civilité...

.D'évidence,en france-mais la france n'est pas un cas unique-on n'est plus au temps ou le roi soleil préférait jeter sa canne par la fenêtre plutôt que de frapper un insolent...on à retenu de la monarchie ses défauts,non ses qualités et cela par démagogie "popliste" qui est une autre maniére de mépriser le peuple comme le "souverain"(qui peut être aussi le peuple).
Dans ces conditions un "lacher de gendarmes" dans la rue,sauf à compter sur le nombre sur un espace resteint,ce qui peut engendrer prétexte à la violence,reléve de la mauvaise foi..

Même si le ballon qui "décorait" le jet d'eau de genéve est à la remise,tout le monde sait qu'un footballeur célébre peut gagner des millions(de francs suisses et d'euros)et même s'il le regrette aprés,"cogner de la tête" un insolent sans choquer l'opinion,surtout chez les jeunes.Les "vieux" le critiqueront mais ne diront rien à celui qui l'insulte impunément plusieures fois!

Il est donc urgent de revaloriser le salaire du gendarme de base,de le faire savoir,et d'honnorer publiquement son rôle,tant auprés des écoliers que de leurs parents...On peut se consoler en voyant qu'en france voisine,c'est le commissaire de police(qui est un magistrat)qui est "diminué" en étant assimilé -dans une direction unique-à un sous officier de gendarmerie-ce qui dévalorise l'un en mettant l'autre dans la confusion aux yeux du public-..mais c'est une pietre consolation..

.Il y à nécessité -dans une démocratie-d'avoir des polices specialisées dont la fonction n'est pas la même,mais il y à aussi nécessité de "prestige public"...faire ce qu'il faut pour que le gendarme ne tombe pas au niveau de "reliques" est une necessité.

Écrit par : guypradet | 26/09/2008

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