20/01/2009

Oui au vote par internet

Le 8 février prochain, nous sommes appelés à voter sur un sujet d'importaqnce mais dont on parle remarquablement peu: le vote électronique. Personne dans le débat sur le vote par internet ne souligne l’amélioration qu’il représente par rapport à la situation actuelle. Le vote postal est apprécié à juste titre, mais au fond personne ne peut dire si nos votes arrivent à bon port. Savez-vous qu’à chaque votation, des bulletins arrivent le lundi qui suit le dépouillement ? Cela dans l’indifférence générale.

Et les locaux de vote nous ont hélas habitués à quelques surprises désagréables, bulletins mal étiquetés ou mal comptés, qui montrent les limites d’un système de milice pour une opération lourde et complexe comme peut l’être une votation.

Il arrive assez souvent que l’on ait le même jour divers objets fédéraux, plusieurs objets cantonaux et des objets communaux dans certaines de 45 communes du canton. Ajoutez à cela que pour les objets communaux, les étrangers peuvent voter, et vous aurez une bonne idée de la complication que représente la mise sur pied et le dépouillement rapide et exact d’un scrutin.

Dès lors, refuser la facilité apportée par la technique, qui n’altère en rien les droits politiques, serait incompréhensible. sans compter que, entre autres bénéfices, le vote par internet fera baisser les recours aux tribunaux contre les résultats électoraux dont certains Genevois sont si friands.

Quant aux risques de fraudes, auxquels les opposants sont particulièrement sensibles, ils ne sont pas plus élevés qu'avec la méthode traditionnelle. Après tout, n'est ce pas grâce aux découvertes faites par les pyhsiciens genevois que Genève est devenue l'un des leaders mondiaux en matière de cryptographie quantique? Le vote par internet sera une excellente occasion d'appliquer des procédés du "terroir".

Commentaires

Bonjour,
je n'ai rien contre la marche du progrès, bien au contraire. Mais en tant que démocrate je ne peux être d'accord avec vous. Vous parlez de la cryptographie quantique comme panacée mais, d'après ce que je sais, cette méthode est compliquée à mettre en place et les informations peuvent être modifiée (après tout nous parlons de physique quantique et, donc, d'incertitudes). Je pense donc que le risque est loin d'être négligeable d'une malversation à grande échelle.

Si nous considérons la transmission de donnée quantique comme sûr nous pouvons avoir des ennuis sur l'envoi (keylogers et suppression de l'anonymat du vote par exemple, de la à penser des virus qui modifieraient ce que nous tapons pour écrire un non au lieu d'un oui il n'y a qu'un pas). Mais aussi sur la réception des données, qui sera assez compétent pour garantir les votes? Dernièrement je vois un problème sur le droit de vote lui-même. Comment pourrions nous donner à une personne et pas à une autre le droit de voter. Vous me direz que ce problème existe aussi pour le vote "papier" mais justement dans ce type de vote on signe.

Je ne sais si mes arguments sont de bons arguments ou si mes craintes sont justifiées. Mais j'en ai et permettez moi, si le résultat aux votations est favorable à cette nouvelle méthode de vote, d'espérer avoir tort.

Écrit par : Hassan | 20/01/2009

Guy , votre analyse est si incomplète qu'elle en est devenue fausse.

Pour en savoir plus sur le vote par internet et choisir votre mode de vote en toute connaissance, lire cette étude d'un chercheur d'un laboratoire CNRS d'informatique « Analyse des vulnérabilités de trois modes de vote à distance », Legalis.net, pp.13-31, #3, septembre 2008.
http://www.sciences.univ-nantes.fr/info/perso/permanents/enguehard/perso/Enguehard_Legalis2008.pdf

Contrairement à ce qui est souvent affirmé par les vendeurs de vote par internet, les vulnérabilités sont plus importants avec le vote électronique qu’avec le vote par correspondance (déjà très peu sûr), car une fraude peut concerner un grand nombre de votes et rester invisible. Et, l'usage de la crytographie, présentée comme la panacée, ne change rien à l'affaire.
Avec le vote par correspondance, si l’on détourne beaucoup de bulletins, cela finit par se voir.
L'ASTI, fédération de 30 associations professionnelles et scientifiques d'informaticiens (plus de 5000 membres dont de nombreux chercheurs) a d'ailleurs été très claire sur le vote électronique sous toutes ses formes :
« l’ASTI recommande que [...] pouvoirs publics, partis politiques et société civile ne recourent en aucune manière au vote électronique anonyme(...). »

Écrit par : Matif | 20/01/2009

Enfin quelques "Politiques" favorables, à plus de démocratie, se réveillent ! Bravo

Écrit par : Charly Schwarz | 20/01/2009

Avec le vote électronique, il n'y a plus du tout de démocratie, comme vous le soulignez fort justement.

Écrit par : Matif | 20/01/2009

L'apport de la cryptographie quantique au vote électronique a été qualifiée de
- “mauvais outil pour résoudre le mauvais problème” par un scientifique : http://avi-rubin.blogspot.com/2007/10/case-of-wrong-technology-applied.html
- et plus lapidairement de « complète idiotie » par un expert en sécurité informatique : http://www.schneier.com/crypto-gram-0711.html#5

Sur cette même question, et l'abus de communication qui en a été faite, il y a eu quelques tribunes échangées dans la Tribune de Genève :
http://www.ordinateurs-de-vote.org/Tribune-de-Geneve-Querelle-sur-le,10362.html

Pierre Muller, président d'Ordinateurs-de-Vote.org
Notre dossier sur la votation du 8 février :
http://www.ordinateurs-de-vote.org/-Suisse-.html

Écrit par : Ordinateurs-de-Vote.org | 20/01/2009

Bonjour,

L'idée d'une "démocratisation" du vote en attirant plus de jeunes ou d'internautes est tentante. Mais je crois également que nous ne sommes pas prêts techniquement, et loin s'en faut.

A voir l'opinion du GULL à ce sujet:
http://www.linux-gull.ch/DossierEVoting.html

D'autre part, ils font une remarque judicieuse, avec le e-voting on commence par le plus complexe, pourquoi ne pas commencer par d'autres éléments démocratiques telles que permettre la récolte de signature pour une initiative ou référendum (moisn complexe car non anonyme comme le vote).

Écrit par : Pascale | 20/01/2009

Comme je comptais faire un commentaire assez long, j'en ai carrément fait un billet: http://schwaab.blog.24heures.ch/archive/2009/01/20/non-au-vote-sur-internet.html

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 20/01/2009

L'argument de Guy Mettan part de l'a priori selon lequel l'exercice des droits démocratiques doit être facilité. Et bien non, je ne suis pas de cet avis. Les droits démocratiques sont des droits très sérieux, qui engagent l'avenir d'une collectivité, souvent de façon irréversible. Internet est idéal pour des sondages, des consultations, des petites compétitions ludiques. Mais pas pour l'exercice du droit de vote, ni pour la récolte de signatures lors de référendum ou d'initiative.
Je regrette que des journalistes intelligents comme Guy Mettan s'épargnent une réflexion sur ce sujet : faut-il vraiment que tout soit "facile" ? N'y a-t-il pas des choses importantes qui doivent conserver leur qualité même au prix d'une procédure difficile ? J'observe que la Suisse est probablement le seul pays qui offre de voter systématiquement par correspondance. Dans les autres démocraties, le droit de vote - généralement limité au droit d'élire - est un acte important nécessitant le déplacement physique au bureau de vote. Ce n'est pas particulièrement facile, mais personne ne conteste cet effort en échange de la valeur que représente de droit de vote. Ces réflexions me paraissent plus essentielles que la question de la fiabilité de l'informatique...

Écrit par : JAHaury | 20/01/2009

Mon commentaire sur le vote électronique a suscité beaucoup de réactions et cela me réjouit.
Je ne peux pas répondre en détail et me concentrerai sur deux types de critiques.
1/la sécurité: aucun système ne vote n'est parfait et fiable à 100%. le vote par correspondance pas plus que le vote dans l'isoloir (on a retrouvé des scrutateurs avec des bulletins dans les chaussettes!) ou le vote électronique. Mais les précautions qui entourent le vote électronique, tant sur le plan des systèmes que celui du contrôle démocratique, me semblent suffisantes et crédibles. Je rappelle qu'on a eu les mêmes craintes lors de l'introduction du vote par correspondance et que rien ne s'est passé. C'est la vigilance démocratique bien plus que la technique qui assurent la fiabilité des scrutins. Enfin, je rappelle que les pays où la fraude électorale est la plus massive sont ceux qui pratiquent le vote traditionnel dans les urnes...
2/étendre la démocratie. Je pense que tout ce qui élargit la démocratie mérite d'être tenté, par pour céder à la "facilité" mais parce qu'il est difficile de faire la distinction entre la démocratie qui se mérite et celle qui "endurcit" les moyens d'y accéder. Or il est indéniable que le vote électronique permettra à nombre de personnes, et notamment aux jeunes, de développer l'exercice de leur citoyenneté.

Écrit par : Guy Mettan | 21/01/2009

Il est à mon avis un peu court de prétendre que "les pays où la fraude électorale est la plus massive sont ceux qui pratiquent le vote traditionnel dans les urnes". Si les pays qui pratiquent la fraude votaient (et fraudaient) par internet, la communauté internationale ne manquerait pas de condamner le manque de sécurité et de transparence du vote avec autant de vigueur qu'elle dénonce les fraudes aux urnes. Sauf peut-être la ou les entreprises ayant vendu les logiciels de vote. Et, si de nombreux dictateurs pratiquent le vote par urnes, c'est aussi pour faire croire à tout le monde que ce vote est "libre et transparent", car c'est justement ce type de vote qui a cette réputation.

Pour en revenir à la sécurité, il est bien clair que le vote traditionnel ou le vote par correspondance n'offrent pas de garanties absolues contre la fraude. Mais, pour frauder efficacement un tel vote, il faut une énorme logistique: il faut des dizaines de complices dans les bureaux électroraux, parmi les scrutateurs, à la poste, dans les imprimeries qui produisent les bulletins, dans les chancelleries; il faut falsifier de nombreux documents en très peu de temps; il faut prendre des mesures pour camoufler cet important dispositif, etc. Une telle organisation ne passe pas inaperçue et c'est dans ce cas que la vigilance démocratique peut s'exprimer. En revanche, une seule personne peut théoriquement falsifier un vote électronique, sans quitter son domicile. Certes, ce danger est théorique, mais il y a suffisamment de cas de pirates qui se sont introduit dans les systèmes censés être les mieux défendus du monde pour qu'il soit pris au sérieux. Et, pour prouver que le vote a bel et bien été falsifié et que cette falsification a bel et bien eu un impact sur le résultat final, il faut s'en remettre à l'avis d'un expert en informatique. Et faire confiance en son jugement, car le commun des mortels ne dispose pas des compétences techniques lui permettant de mettre cet avis en doute. Alors que pour vérifier le résultat d'un vote traditionnel, il suffit de savoir compter.

Sur un autre point, je ne pense pas que le vote électronique soit un bon moyen d'inciter les jeuens à voter. Peut-êter pour les inciter à voter "n'importe quoi vite fait", comme lorsqu'on envoie un sms, mais je ne pense pas que cela soit un objectif louable... Pour voter, il faut prendre du temps pour s'informer, réfléchir, peser les intérêts, demander l'avis de son entourage, etc. Qui est prêt à prendre ce temps sera certainement prêt à prendre 2 minutes supplémentaires pour remplir son bulletin, le glisser dans l'envelloppe et la poster.

Un groupe sur facebook contre le vote sur internet: http://www.facebook.com/group.php?gid=50186201516

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 21/01/2009

"Enfin, je rappelle que les pays où la fraude électorale est la plus massive sont ceux qui pratiquent le vote traditionnel dans les urnes..."

Oui, mais la fraude peut se savoir. Avec le vote électronique il n'y aura plus moyen de prouver la fraude, car toute trace aura disparu. Bravo! Vous venez de vous tirer une balle dans le pied.

Les bulletins dans les chaussettes (à Perpignan, pas à Genève) ont pu être découverts. Vous êtes de mauvaise foi, prêt à remettre la démocratie dans les mains de quelques spécialistes alors que vous même n'y comprenez rien.

La fraude la plus massive dans un pays dit "démocratique" a eu lieu avec des machines à voter électroniques.


"étendre la démocratie."

"Argument" tout simplement ridicule. Voire mensonger. La démocratie ne "s'étend" pas à l'intérieur d'un pays. Avec le vote tel qu'il existe aujourd'hui en Suisse le dépouillement ne commence qu'après la clôture du scrutin. Avec le vote électronique, les résultats sont disponibles dès qu'une personne a voté. C'est une mise en danger de la démocratie ouvrant la voie à des manipulations.

Écrit par : Johann | 21/01/2009

La démocratie vaut mieux qu'un click.

Écrit par : Johann | 21/01/2009

Pourquoi les experts autoproclamés cités par les opposants au vote par internet serait-ils meilleurs que les informaticiens qui ont travaillé depuis six ans au projet de vote en ligne à Genève?
Que savent les gens du CNRS du vote en ligne? Savent-ils seulement que la France est le pays au monde où l'on vote le plus en ligne: élections prudhomales, conseil des Français de l'étranger, conseil de l'ordre des avocats, élections syndicales, etc.
Et ce M. Schneier, savez-vous quels intérêts commerciaux il défend aux Etats-Unis?
Alors cessez de citer ces sources douteuses comme si elles étaient parole d'évangile et admettez que les partisans de ce projet sont compétents et de bonne foi.
Ceci posé, vous pourrez invoquer des raisons symboliques ou politique (restreindre le droit de vote) pour dire non. Mais sur la techniques, vous êtes dans les choux!

Écrit par : Matthieu | 22/01/2009

"Et ce M. Schneier, savez-vous quels intérêts commerciaux il défend aux Etats-Unis?"


Bouahaha, il cite Schneier ! Olah, un méchant défenseur du commerce américain ... sauf que ce Monsieur est considéré comme avoir écrit la bible de la cryptographie ! Un joli pavé de 600 pages, qui est juste à coté de moi.

Votre argumentaire est plat comme le buste de Jane Birkin !

Écrit par : Djinius | 22/01/2009

Il ne s'agit pas d'experts autoproclamés mais des chercheurs dont les publications scientifiques sont évaluées et reconnues au niveau international.

Les informaticiens ayant travaillé sur le vote par internet à Genève ont été payés pour faire une tâche qu'ils ont fait de leur mieux (mais, à l'impossible nul n'est tenu).

Si vous lisez les publications que je vous ai indiquées, vous verrez que les chercheurs du CNRS sont parfaitement au courant de l'extension du vote par internet en France, ce qu'ils ne cautionnent pas (on ne leur demande pas leur avis).

Vous pouvez trouvez trois rapport sur le vote des étrangers en France ici :
http://www.ordinateurs-de-vote.org/AFE-rapport-pellegrini.html

Merci d'étayer vos arguments : manier l'insulte est indigne d'un débat de cette importance.

Écrit par : Matif | 22/01/2009

Si vous voulez l'avis des 4 plus grands experts mondiaux en vote électronique, vous pouvez l'avoir ici:

http://www.ordinateurs-de-vote.org/IMG/pdf/SERVE.pdf

Les qualifications et les références des experts, qui avaient été mandatés à l'époque par le Pentagone, figurent sur le document.

Écrit par : Soli Pardo | 22/01/2009

ReBonjour,

Bruce Schneier travaille pour British Telecom et a des mandats pour différentes autres sociétés. Il n'est pas plus indépendant que qui que ce soit d'autre. L'enjeu commercial du vote en ligne est grand et je ne serais pas surprise que M. Schneier se rallie à ce mode de vote quand son employeur le commercialisera.


Quant à la "Bible" de la cryptographie, vous me permettrez d'être mécréant et de vous rappeler que toute proposition qui ne peut être contredite ne s'inscrit pas dans une démarche scientifique.

Enfin, donner le rapport Serve comme modèle de sérieux, c'est ridicule. Ce rapport n'a reçu l'aval que de la moitié de la commission mandatée pour auditer le système américain Serve. Il est le résultat d'un forcing au sein de cette commission et ne reflète pas un avis unanime des "experts", puisque ce terme vous plaît. Personne ne contexte que Serve était un mauvais système, mais c'est l'affirmation contenue dans ce rapport selon laquelle il est impossible de réaliser un système de vote en ligne qui a divisé les "experts".

Écrit par : Matthieu | 22/01/2009

Le CCC (Chaos Computer Club) est une organisation qui regroupe les meilleurs hackers. Entre autres ils sont également consultant chez Microsoft.

Le CCC est formel : actuellement il n’existe pas de système d’e-voting qui soit digne de confiance.

A mon avis, un système de vote par internet (où en principe je suis pour mais en l’état actuel je suis contre) devrait être construit sur un logiciel ouvert (open source) afin de garantir qu’il n’y aie pas de vice caché. En aucun cas je ferais confiance à un système propriétaire tel que le système genevois.

Écrit par : Josef Loetscher | 22/01/2009

@Matthieu qui dit : "Bruce Schneier travaille pour British Telecom et a des mandats pour différentes autres sociétés. Il n'est pas plus indépendant que qui que ce soit d'autre."

Et donc ?

British Telecom commercialise des urnes de vote ?

Où voulez-vous en venir ?

Écrit par : Sarasota | 23/01/2009

Je recommande la lecture de cet excellent texte d'Emilie Flamand, députée: http://www.letemps.ch/template/opinions.asp?page=6&article=248329

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 23/01/2009

Voici encore un article intéressant sur domainepublic.ch: http://www.domainepublic.ch/files/articles/html/10033.shtml

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 27/01/2009

Décidément le vote électronique m'aura permis de battre le record de commentaires sur mon blog! Merci à celles et à ceux qui ont réagi.
Mais le but n'est pas là. Je reste un partisan convaincu du vote électronique même si je reconnais que la sécurité reste un problème très important et qui n'est jamais résolu à 100%, quel que soit le système de vote.
Le meilleur moyen d'assurer la sécurité du vote électronique est d'en faire un système ouvert, en contact permanent avec la communauté des hackers et des fans, de manière à repérer et à corriger en permanence les failles éventuelles du système. Construire une forteresse ne fait que renforcer la hargne des assiégeants et des opposants, qui rêvent de s'en emparer. Ouvrir les portes est le meilleur moyen de décourager les sceptiques. De ce point de vue-là, des progrès restent à faire, notamment à Genève.
C'est d'ailleurs ce qu'il faudra faire si les Genevoises et les Genevois acceptent le projet, ce que je souhaite vivement.

Écrit par : Guy Mettan | 28/01/2009

@ Guy Mettan. Effectivement, cela me semble la moindre des choses à faire! Cela ne lèverait cependant pas mes doutes. Pour garantir la sécurité du vote, il faudrait s'en remettre à une communauté d'experts indéterminés, dont on ne connaît pas vraiment les intentions. Et dont la légitimité pourrait être douteuse. Dans tous les cas, seuls ces experts disposeraient des compétences nécessaires. Et le commun des mortels en serait réduit à leur faire confiance.

Quant aux intérêts que certains pourrait avoir à contourner la sécurité, on peut certes diminuer l'attrait du piratage "pour le simple plaisir d'avoir cassé un système de sécurité performant" (la forteressse) en "ouvrant les portes", mais on ne diminuera pas l'attrait de falsifier un résultat du scrutin.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 28/01/2009

"Le meilleur moyen d'assurer la sécurité du vote électronique est d'en faire un système ouvert, en contact permanent avec la communauté des hackers et des fans, de manière à repérer et à corriger en permanence les failles éventuelles du système."

Le hic, c'est qu'actuellement le système n'est pas du tout ouvert. Un citoyen a pu voire le code, mais je crois, après recours à un tribunal administratif, et encore, il n'a pu que le voire, pas emporter des segments pour analyse. Ce type de sécurité par le secret du code est totalement inaproprié pour les applications d'encryption ... c'est du moins ce que les experts du domaine disent ... non, je ne parle de pas de Hensler ;-)

Écrit par : Djinius | 28/01/2009

et le hic hic, c'est que même avoir un logiciel ouvert ne suffit.
Voir l'interview très claire de Stallman, le "pape" du libre : http://www.onirik.net/spip.php?article3276

NON au vote par internet

Écrit par : Matif | 28/01/2009

Guy, le problème n'est PAS la sécurité mais la transparence.

voir le texte "Pas de démocratie sans confiance éclairée", écrit dans le contexte français, mais tout aussi valable en Suisse (enfin, j'espère !).
http://www.ordinateurs-de-vote.org/Pas-de-democratie-sans-confiance.html

Cordialement

LM

Écrit par : Matif | 28/01/2009

Matif, votre pape n'est pas le mien. Nous ne sommes pas dans une guerre de religion (quoique le ton des commentaires des opposants au vote par internet m'en fasse douter), mais dans un débat de citoyens. Dès lors, les experts ne me font ni chaud ni froid et les papes et leurs évêques n'ont pas plus d'autorité que vous et moi. Oui, moi, bien que je défende le vote en ligne, mécréant que je suis à vos yeux!
Ceci étant, la transparence est effectivement la clé du succès. La commission électorale inscrite dans l'article constitutionnel soumis aux Genevois (merci M. Schwaab pour vos conseils d'"ami" vaudois) joue ce rôle.
Vous ne me ferz en efet pas croire à l'existence d'une communauté mondiale désintéressée et disposée avec bienveillance à tester le vote en ligne à Genève ou ailleurs. Seuls les opposants se manifestent (pour preuve les commentaire sur ce blog) et il en irait de même en mettant tous les documents sur la table.
Je précise que, depuis le début du projet genevois, les partis ont eu accès à tout par l'intermédiaire de leurs contrôleurs associés aux opérations électorales.

Écrit par : Matthieu | 28/01/2009

Il faut définir la transparence.

Voici deux situations type
1 - je peux vérifier que l'urne est vide en regardant moi-même le matin du vote, si besoin est en tâtant pour vérifier qu'il n'y a pas de trucage : je me fie à mes propres sens.
2 - je n'ai pas le droit de vérifier que l'urne est vide. Un spécialiste le fait et me déclare qu'elle est vide : je dois le croire, sans pouvoir vérifier ses dires.

Avec le vote électronique, on passe de la situation 1 à la situation 2, c'est-à-dire d'une transparence directe à une médiation forcée qui ne porte le nom de transparence que parce que, politiquement, il est impossible de reconnaître cette perte de transparence.

Je vous suggère de sortir de l'idéologie dans laquelle vous semblez quelque peu enfermé et de peser les arguments simples que j'ai développés ici où qui sont présentés dans les textes que j'ai indiqués.

Faites-moi changer d'avis, s'il vous plaît !
Contrairement à ce que vous affirmer, je ne suis pas opposé au vote électronique par principe. En revanche je suis opposé à toute forme de vote qui entraîne une perte de transparence et qui dénie aux électeurs la capacité de contrôler eux-mêmes, et directement, les élections. Les partis sont loin, très loin, de représenter l'ensemble des électeurs.

Cordialement

LM

PS : je ne vois pas à quoi vous faites allusion en discutant à propos d'une "communauté mondiale désintéressée et disposée avec bienveillance à tester le vote en ligne à Genève ou ailleurs" ?

Écrit par : Matif | 28/01/2009

Matif,

Nous sommes déjà dans la situation 2 depuis 1993, date de l'introduction du vote postal. 95% des votes sont envoyés à l'administration et les seuls qui les voient sont les contrôleurs des partis.

Quant à ma remarque sur une communauté mondiale, elle se réfère à cette utopie d'une comunauté de développeurs qui seraient à même d'améliorer n'importe quel logiciel, pourvu qu'on e donne tous les détails en ligne. Cette vision naïve est défendue par un certain nombre de critiques du vote en ligne.

Ceci étant, si vous avez envie de dire oui au vote en ligne, allez-y! Mais j'ai l'impression que vous vous placez des exigences irréalistes qui vous empêchent de dire oui. Pour quelles raisons agissez-vous ainsi?

Écrit par : Matthieu | 28/01/2009

incompréhensible, n'est-ce pas ? Je ne suis évidemment pas soutenu par un quelconque lobby des vendeurs de bulletins de vote ;-)
Agir en honnête homme est est mon seul moteur.

Sur la question du vote par correspondance, on connaît ses limites, exposées dans l'article « Analyse des vulnérabilités de trois modes de vote à distance », Legalis.net, pp.13-31, #3, septembre 2008.
http://www.sciences.univ-nantes.fr/info/perso/permanents/enguehard/perso/Enguehard_Legalis2008.pdf
Merci d'en prendre connaissance.
La transparence du vote par correspondance est déjà très mauvaise, et le vote par internet empire encore cette situation.

Cordialement.

Écrit par : Matif | 28/01/2009

De toutes façon notre "démocratie" n'est qu'une blague.. 20-30% des électeurs qui votent et les autres s'en foutent.. alors autant voter à leur place.

Écrit par : Réaliste | 28/01/2009

>
Je suis d'accord avec vous, le logiciel libre ne peut en aucun cas apporter une réponse aux problèmes du vote électronique;

Écrit par : Matif | 28/01/2009

Voici un soupçon de mathématique en manière de cryptographie

http://mpsiddl.free.fr/document.php?doc=La%20cryptographie%20appliqu%E9e%20au%20vote%20%E9lectronique.txt

Bonne journée,

Écrit par : xanthippe | 10/11/2009

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