15/02/2009

Pour un journalisme aux pieds nus

Lors des dernières assises du journalisme organisées par impressum à Genève, on a débattu de la valeur ajoutée du journalisme, du journalisme participatif, des nouveaux modèles de journalisme face à internet et on s'est demandé si la communication tuait le journalisme.

Toutes questions fort pertinentes en ces temps de crise aiguë du métier de journaliste. Après 30 ans de pratique de la presse écrite à tous les échelons possibles de la profession, depuis mes débuts comme secrétaire de rédaction au Journal de Genève en 1980 jusqu'à mes activités actuelles au Club suisse de la presse, j'en viens à me demander si le meilleur moyen de restaurer le crédit et d'assurer la pérénnité de la profession ne serait pas de revenir aux sources, au métier de base, à l'essentiel, c'est à dire à un "journalisme pauvre", un journalisme aux pieds nus, débarassé de toutes ses prothèses artificielles, de ses codes et de ses rites, de son narcissisme exacerbé, des contraintes publicitaires, des armées d'attachés de presse et de communicants qui obscurcissent les choses plus qu'ils ne les rendent transparentes et compréhensibles pour le commun des mortels.

A la manière de l'"arte povere" italien qui, dans les années 1970-1980, essayait de revenir aux sources mêmes de l'art en s'affranchissant des discours obligés et des techniques à la mode pour renouer avec un art sans artifice.

Ce retour à la base, je m'empresse de le dire, n'a rien à voir avec un refus d'internet ou des nouvelles techologies de l'information. Le problème n'est pas dans la technique, qui n'est que ce qu'on en fait, mais dans la tête de celles et ceux qui s'en servent. En retrouvant la passion d'informer, de décrypter, de rendre intelligible un monde devenu opaque par surinformation et en renouant avec le respect des faits et des personnes, nous autres journalistes aurïons probablement moins de raisons de douter de notre avenir.

 

 

Commentaires

CE QUI TUE LE JOURNALISME C'EST SON CONDITIONNEMENT À FAIRE DE L'INFO EN LIEU ET PLACE DE FAIRE UN VRAI TRAVAIL D'ANALYSE. LE PLUS BEL EXAMPLE POUR MOI EST LE TRAVAIL FAIT PAR PAUL GRIGON (QUI N'EST PAS JOURNALISTE) DANS SON FILM http://www.bankster.tv/
ON MANQUE DE JOURALISTES QUI AJOUTE DE LA VALEUR DE MANIÈRE INDÉPENDANTE ET SAVENT CONDUIRE DES DÉBATS QUI NOUS FONT AVANCER COMME SOCIÉTÉ.

LA VÉRITÉ PEUT CHOQUER MAIS ELLE DOIT ÊTRE SANS CESSE QUESTIONNÉE AUTREMENT LES JOURNALISTES POURRONT TOUS ALLER TIMBRER AU CHÔMAGE D'ICI PEU CAR LES GENS QUI ONT DÉJÀ PERDU CONFIANCE DANS NOS ÉLUS POLITIQUES ET INSTITUTIONS NE VOUS DONNERONT PLUS AUCUNE CRÉDIBILITÉ

Écrit par : relativemoney | 15/02/2009

Saine réflexion, cher Guy, quand on voit la tendance que certains journalistes ont à se poser en incontournables leaders d'opinion que ce soit dans la presse écrite, radio ou TV.
La relation entre la presse et les politiques est très paradoxale : les premiers ont besoin des seconds et les seconds croient qu'ils ont besoin des premiers. je me demande parfois s'il n'y a pas des lits de camp installés dans certains studios de radio ou de tv. Ca m'amuse.
J'aime beaucoup Mario merz.
à mercredi
p.l.

Écrit par : pierre losio | 15/02/2009

S'il y a une manière très sûre de signaler qu'on est un débile profond, c'est bien de faire un commentaire en majuscules...

Écrit par : Géo | 15/02/2009

Merci, Monsieur Métan, de garder cette notion du journaliste aux pieds nus, d'être fidèle à l'originalité de votre profession. Actuellement, m'importe qui peut informer sans avoir votre profondeur.
Ce qui me frappe aussi aujourd'hui, et je l'ai plus remarqué chez les femmes journalistes, c'est une liberté de livrer leurs émotions et de faire sentir à l'autre qu'il est à côté de la plaque!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15/02/2009

@ PIERRE LOSIO : LA DÉBILITÉ EST DE NE PAS PENSER QUE JE PUISSE AVOIR UN PROBLÈME DE CLAVIER ET RESTER UN IGNORANT ÉTERNEL.

Écrit par : RELATIVEMONEY | 16/02/2009

Monsieur Mettan,

Il est vraiment assez piquant que vous puissiez revendiquer la notion de journaliste au pieds nus et que, vous-même, vous ayez de gros sabots!

Oui! Dans le sous-titre même de votre blog vous nous dites:
"Le blog de Guy Mettan, journaliste, homme politique"

"Journaliste ET homme politique"! À mon sens, deux activités absolument antinomiques. Surtout qu'aujourd'hui les médias sont le 4ème pouvoir! Que faites-vous de la séparation de ceux-ci? Une séparation qui est un des fondements de la démocratie. Pourtant trop d'hommes politiques s'en battent le fondement!

Ne vous seriez-vous pas trompé de terme? Ne parlez-vous pas plutôt de journaliste "va-nu-pieds"? Le sigle PDC ne serait-il, alors, que celui de "Pieds (d'argile?) des Cabotins" ?
Pour l'instant ce ne sont encore que des questions, pas des affirmations! J'attends vos commentaires avec grand intérêt et je vous dis d'ores et déjà grand merci!

PS: Si vous ne repondez qu'aux gens qui ne se cachent pas derrière un pseudo, ma véritable identité est contenue dans l' "À propos" de mon blog perso. Vous pouvez le trouver sur ce site (partie 24Heures).

Écrit par : Père Siffleur | 16/02/2009

La communication tue le journalisme ? Curieuse question. Ce qui peut tuer le journalisme, c'est ...... les journalistes. Qui oublient trop souvent que leur métier est de rapporter ou d'analyser un sujet et non pas de mettre en valeur leur personnalité et leur ego. Qui oublient aussi trop souvent que lors d'une rencontre avec un (ou une !) invité(e), le rôle du journaliste est de présenter la personne invitée en sachant s'effacer, en sachant oublier pour ce moment privilégié de par trop se regarder le nombril !!

Écrit par : Philippe | 17/02/2009

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