23/02/2009

Fin de la récréation fiscale

La génération Reagan et Thatcher, c’est fini ! On tourne la page. Les trente années de baisses fiscales et de réduction des dépenses publiques se sont closes le 20 janvier 2009 avec l’entrée en fonction de Barack Obama et le climax atteint par la crise financière. Et en Suisse, le tocsin a été sonné le dimanche 8 février avec le refus des forfaits fiscaux par les Zurichois.

 

 

 

 


Il ne faut pas se faire d’illusion, la situation deviendra difficile pour les cantons romands, qui subiront de plus en plus les pressions des Alémaniques, qui ne supporteront pas longtemps que la minorité francophone leur fasse de l’ombre. Les Romands ont donc intérêt à s’unir et à harmoniser au plus tôt leurs pratiques afin de conserver leur avantage comparatif. Maintenir un certain degré de compétitivité fiscale ne peut pas faire de mal dans un climat qui s’annonce particulièrement lourd en matière d’impôts.

Car il ne fait aucun doute que le balancier est reparti en sens inverse et que s’engage une hausse générale des impôts et des taxes qui va s’étaler sur plusieurs décennies. Les raisons en sont aussi simples que multiples. Plusieurs observateurs avisés de la finance les ont déjà relevées. La raison principale est bien sûr économique : la quasi-nationalisation du secteur bancaire dans plusieurs pays et l’endettement gigantesque des Etats lancés dans des plans de relance massifs vont fatalement obliger les collectivités publiques à alléger l’accumulation de leurs déficits par l’augmentation des impôts et/ou par l’inflation, un mélange des deux étant le plus probable à moyen terme. Il n’y a pas 36 solutions pour diminuer des dettes qui vont vite devenir insoutenables.

La seconde raison est politique : les banquiers, les financiers et les grands patrons ont perdu leur crédibilité avec la crise. Non seulement par leurs erreurs de gestion mais aussi à cause de leur avidité et de leurs salaires prohibitifs, qui deviennent injustifiables en période de vaches maigres. Ils sont donc largement en train de perdre leur force de lobbying et leur capacité d’influencer les partis politiques en faveur des baisses fiscales pour les hauts revenus. Et quand on voit même leurs anciens supporters, comme Christoph Blocher, retourner leur veste et fustiger les salaires excessifs, on se dit que le mouvement pourrait être plus rapide que prévu. Quant à l’argument qui avait prévalu jusqu’ici, à savoir que c’était à l’Etat de se serrer la ceinture et de comprimer ses dépenses, il a fait long feu puisqu’il sera impossible de reprocher à l’Etat des dépenses qu’on a soi-même sollicitées pour éviter la banqueroute !

Le vent a donc tourné pour ceux qui ont, jusqu’ici, souvent exagérément, profité de la politique monétariste des banques centrales, de la globalisation de l’économie et de l’idéologie du moins d’Etat. Un retour à la sagesse et à une certaine frugalité n’est d’ailleurs pas mauvais. Dans l’immédiat, il y a donc intérêt à profiter au maximum des baisses fiscales encore au programme, qu’on peut glisser dans les paquets de mesures anti-crise et vendre à l’opinion publique comme des instruments en faveur de la relance. Car ce seront les dernières minutes de la récréation fiscale.

Commentaires

Aie!

Écrit par : Mère | 23/02/2009

"La génération Reagan et Thatcher, c’est fini ! On tourne la page. Les trente années de baisses fiscales et de réduction des dépenses publiques se sont closes le 20 janvier 2009 avec l’entrée en fonction de Barack Obama et le climax atteint par la crise financière."

Celà risque d'être que provisoire et il y a intérêt.Le reaganisme et le thatcherisme ont sorti leurs économies respectives de la léthargie.Les plans de relance publics n'ont jamais fonctionnés.

D.J

Écrit par : D.J | 25/02/2009

On oublie singulièrement que pendant trente ans, les américains avaient été encouragés à consommer à crédit. On omet aussi stupidement de relever que ce crédit avait été diffusé à travers la planète entière et vendu comme un produit rentable. Titrisée, cette immense dette a dévasté les pays prospères comme il assèche de petits pays à peine émergents.

Que ne faisait donc pas le parti démocrate pour faire élire son dauphin de l'époque, et que ne faisait pas le candidat Bill Clinton pour gagner les suffrages en promettant aux plus pauvres travailleurs précaire de réaliser ce droit à un logement à soi.
Sauf erreur, la création des deux établissements de crédit Fredy Mac et Fanny Mae avaient été créés par l'administration Clinton pour permettre à ceux-ci d'accéder à la propriété de leur logement.

L'histoire nous enseigna plus tard avec l'avènement de Bush Junior, que l'addition du budget militaire allait faire éclater le tout beaucoup plus vite. La déflation de la bulle informatique en 2001 fut une première qu'il convenait de dissiper.
L'immobilier avait commencé à miner toutes les places boursières tant il était lui-même délabré. Le seul crépi cache-misère ne tenait plus que par des cours artificiels qu'une animation outrancière ne pouvait plus masquer une crise de confiance bien consommée avant qu'elle n'occupa les devants de la scène.

Effectivement, l'avidité en fut et en sera toujours la cause de l'effondrement.

L'immobilier, les matières premières et les guerres menées par les USA aux quatre coins de la planète ont été les principales causes de cette crise de saturation de profits pour les uns, de la pénurie extrême pour les autres. Ce que nous vivons aujourd'hui tendra à s'inverser à cause de ce néo-libéralisme qui ne pense même plus à son comment survivre. Cette déflation ne fait que commencer qui parcourt actuellement les cinq continents. Malin celui qui ne profite pas de la faiblesse des gouvernements pour délocaliser, de l'anarchie pour réclamer une manne publique avec du chantage à la clé.

Quelque chose change vraiment depuis le 20 janvier ?
C'est à peu près dire qu'un seul homme agit en sauveur en oubliant que le pouvoir de la maison blanche est pluriel, que ses institutions jouissent d'anciennes traditions bien solides et que des programmes mis en route par ses prédécesseurs ne vont pas s'ajourner ainsi parce que Obama le veut.

Tant pour les ressources naturelles que pour la macro-économie, les USA n'ont pas changé d'orientation. Ils ont changé de tactique, de pédagogie et de style communicationnel. Organiquement, le pouvoir s'assure et se sécurise. Leurs volontés demeurent.
Le traitement d'UBS nous dévoilera encore quelques perles de suprématie et la détermination des USA de la réaffirmer malgré leurs handicaps du moment et d'émietter tout ce qui peut l'être. Notre souveraineté est si fragile...Notre démocratie si simpliste, l'Europe déjà aliénée !
Je ne peux que rejoindre ces articles, ci-joint, pour réfléchir encore.

Qu’est-ce qui se cache derrière l’attaque du secret bancaire suisse?
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13682
L’affaire UBS: La grande hypocrisie de Londres et Washington
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12649

Écrit par : Nepotin | 14/07/2009

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