25/08/2009

Insécurité, place à l'action!

A Genève, le problème de la sécurité est aggravé par au moins trois facteurs particuliers. D’abord, le débat sécuritaire est monopolisé par deux camps qui s’annulent l’un l’autre. D’un côté, les angéliques, pour qui l’insécurité n’existe pas, n’est qu’une invention de la droite pour fragiliser Laurent Moutinot et pour qui l’idée même de réprimer les délinquants est une atteinte aux droits de l’homme. Et en face, les populistes ultra-sécuritaires, pour qui Genève est devenu un coupe-gorge livré aux gangs et aux trafiquants et qui abreuvent la population de solutions « Y’a qu’à » : « Y’a qu’à » les enfermer, les cogner, les expulser, les réduire en bouillie.

Ensuite, Genève est pénalisée par les dysfonctionnements de la police, suite à l’absence de pilotage politique par les magistrats successifs à la tête du département, aux manifestations de policiers ainsi qu’aux rapports de la Cour des Comptes. Ces derniers ont ainsi donné l’impression, après les dérapages financiers de l’Eurofoot, que les policiers pouvaient passer plus de temps à imaginer des astuces pour se faire payer des heures supplémentaires non travaillées qu’à assurer la sécurité de l’honnête citoyen.

Enfin, l’insécurité elle-même est un phénomène qui a été longtemps nié, négligé et sous-estimé par les autorités politiques. Les statistiques sont mensongères dans la mesure où la très grande partie des petits délits n’y figure pas : la dame âgée qui se fait arracher son sac, les arnaques sur les quais, les jeunes avinés qui urinent dans les entrées d’immeubles, les touristes chinois et saoudiens dévalisés, les trafics de drogue non repérés, tout cela ne figure pas sur les mains courantes des commissariats. Ils ont fait exploser l’insécurité dans les faits, à défaut d’être gravés dans le crâne de l’ensemble des élus.

Pour résoudre ces problèmes, il n’y a pas de solution miracle ni de parti sauveur. Il faut donc une réponse politique, responsable, proportionnée et portée si possible par plusieurs forces politiques. Et cette réponse, ce sont les partis de l’Entente qui sont le mieux à même de la donner, et cela sans qu’une de ses composantes cherche à tirer la couverture à elle.

Il s’agit d’élaborer un programme et une stratégie commune, un peu comme elle l’a fait pour la baisse d’impôt sur laquelle on votera le 27 septembre. Ce programme devrait d’abord inscrire la lutte contre l’insécurité comme l’une des priorités de la prochaine législature. Première conséquence : il faudra dès lors de revendiquer la prise en charge de la justice et de la Police, qui est depuis trop longtemps considéré comme un département de second ordre qu’on repasse comme une patate chaude au malheureux élu qui s’en voit confier la charge.

Il s’agit ensuite de réformer le système de rémunération de la police et son cahier des charges, en relevant les salaires mais en supprimant toutes les indemnités, privilèges et autres compléments de salaires opaques, afin de restaurer la pleine crédibilité de la police. Et de procéder enfin aux recrutements nécessaires, dont les crédits ont été votés depuis longtemps contrairement à ce qu’affirment les populistes.

Il s’agit enfin de créer une vraie task force contre les trafiquants de drogue, la petite délinquance et les incivilités en coordonnant la justice, la police, les habitants des quartiers et les communes. On ne lutte pas contre les trafiquants africains et les cambrioleurs géorgiens comme on lutte contre le crime organisé et les escrocs internationaux. Pour être efficace, la lutte contre la petite délinquance doit mobiliser aussi bien les commerçants, les concierges et les régisseurs que la police et les juges, même si ce n’est pas au même niveau.

Il y a amplement de quoi faire et, à la réflexion, le défi est plutôt exaltant. Alors, au travail !

 

Commentaires

Propos plein de bon sens, mais l'énoncé des obstacles à franchir fait craindre que l'enlisement actuel persiste, tant les idéologies ont pris le pas, chez nous, sur les idées et l'action qui devrait en découler.

Écrit par : Mère | 25/08/2009

"Ensuite, Genève est pénalisée par les dysfonctionnements de la police, suite à l’absence de pilotage politique par les magistrats successifs à la tête du département, aux manifestations de policiers ainsi qu’aux rapports de la Cour des Comptes. Ces derniers ont ainsi donné l’impression, après les dérapages financiers de l’Eurofoot, que les policiers pouvaient passer plus de temps à imaginer des astuces pour se faire payer des heures supplémentaires non travaillées qu’à assurer la sécurité de l’honnête citoyen."

Monsieur, vos propos sont insultants envers les policiers genevois, je ne peux tolérer ceux-ci. Si vous avez raison sur l'absence de pilotage politique par les magistrats successifs, je vous informe que les manifestations des policiers des ces dix dernières années correspondaient à des doléances crédibles, ces mouvements syndicaux ayant permis de modifier la loi ou d'obtenir la reconnaissance attendue. Enfin, de dire que les policiers passent plus de temps à imaginer des astuces pour se faire payer des heures, qu'à assurer la sécurité de l'honnête citoyen, c'est intolérable. Je vous rappel que les paiements d'heures supplémentaires effectués l'ont été avec l'accord du pouvoir politique, dans le but de faire diminuer celles-ci, qui sont annuellement portées au budget, sans qu'il soit prévu de les payer (la loi prévoit une reprise en heure rendue, ce qui est devenu très compliqué à réaliser).

A titre d'information, je vous précise que le rapport de la Cour des Comptes comporte de nombreuses erreurs, mais une Réorganisation de la Police est en route, afin d'obtenir une transparence totale, car nous n'avons rien à cacher.

Et les heures supplémentaires effectuées, au-delà du système de compensation temps, qui est moins favorable que le MIOPE je vous le rappelle, ces heures ont été travaillées, pour le bien des honnêtes citoyens (pour le bien de tous), mais aussi de la Genève internationale et des intérêts politiques de notre ville, de notre pays.

Ce ne sont pas ces heures supplémentaires qui sont la cause de l'insécurité, mais le manque de clairvoyance des politiques, élus du peuple qui bien souvent font passer des intérêts partisans avant ceux de la population, sinon les choses iraient mieux depuis longtemps.

Demander aux policiers quelles solutions existent à Genève pour vaincre la criminalité de rue, et vous aurez de véritables projets.

Mais c'est juste, j'oubliais, l'un des prochain PL très important du GC sera d'apposer des matricules sur les policiers. La solutions aux problèmes des genevois je suppose ... !

Meilleurs messages.

Walter SCHLECHTEN
Président de l'UPCP

Écrit par : Minet | 25/08/2009

Minet a raison.

Changez le titre de votre article Monsieur METTAN et redevenez crédible, surtout en votre qualité de vice-président du Granc Conseil.

"Pouvoirs politiques, législatifs et exécutifs, place à l'action."

Pertinence.

Écrit par : Pertinence | 25/08/2009

Monsieur Mettan,

Vous parlez de privilèges accordés aux policiers. Soit, mais qui les leur a - ou auraient - accordés ? La police n'est quand même pas un électron libre dans la République ?

Écrit par : Michel Sommer | 25/08/2009

@Metan

Vous dites: "On ne lutte pas contre les trafiquants africains et les cambrioleurs géorgiens comme on lutte contre le crime organisé et les escrocs internationaux."

Parsque les trafiquants africains qui se fournissent auprès des mafias des balkans on pour vous besoin d'un traitement particulier?

Expliquez-vous sur ce traitement...


Vos propos sont à vomir.et puent le racisme à plein nez..

sarah

Écrit par : SARAH | 25/08/2009

Sarah, les trafiquants africains de coke ne se fournissent pas auprès des balkaniques, voyons...

Écrit par : Cagli | 25/08/2009

@sarah

C'est vous qui voyez du racisme là où il n'y en pas pas franchement...

"On ne lutte pas contre les trafiquants africains et les cambrioleurs géorgiens comme on lutte contre le crime organisé et les escrocs internationaux."

Cela veut juste dire que ce n'est pas le meme type de délits/crimes, pas le meme profil de criminel et que donc on ne s'y attaque pas de la meme manière.

Tout comme on ne traite un virus à coups d'antibiotiques ou une infection bactérienne à coups d'antiviraux.

La solution et les mesures doivent etre adaptés au mal, sinon cela n'aboutit à rien.

Et le coups des trafiquants africains qui se fourniraientt chez leur concurents balkaniques. J'aime beaucoup votre humour :o)

Écrit par : mouais | 25/08/2009

beaucoup appris

Écrit par : Nina_Tool | 20/09/2009

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