09/09/2009

OMC et CEVA, Genève joue son destin

Le 27 septembre, les citoyens de la ville de Genève devront dire s’ils approuvent ou non le projet d’extension de l’Organisation mondiale du commerce. Le 29 novembre, c’est tout le canton qui devra accepter ou refuser une rallonge de 113 millions de francs pour relier les gares de Cornavin et d’Annemasse.

Ces deux projets sont emblématiques pour Genève et sa capacité à se projeter dans l’avenir. D’un côté, il s’agit de consolider la Genève internationale à un moment où la concurrence des pays du Golfe et d’Asie ne cesse de monter en puissance. Pour Genève, la menace ne provient plus tant de Bonn et de La Haye, comme dans les années 1990, que d’Abu Dhabi, Dubai ou Singapour, qui sont prêts à accueillir clés en main, tous frais payés, des organisations internationales. Surtout quand elles sont d’importance stratégique comme l’OMC.

L’enjeu est énorme parce qu’un refus signifierait le début du déclin pour Genève. A cause des dégâts d’image d’abord : comment convaincre les autres pays de soutenir et développer la Genève internationale alors que la population genevoise dit non ? Comment persuader les ONG et les entreprises multinationales de venir s’installer à Genève quand tous les médias internationaux et les sites internet auront tartiné sur l’hostilité des Genevois ? A cause des risques effectifs d’un déménagement de l’OMC dans une ville plus accueillante ensuite. Si le danger n’est pas imminent, il est néanmoins très réel : certains pays prendront un vote négatif comme une gifle et s’engouffreront dans la brèche pour proposer une délocalisation.

Et tout cela pour un bâtiment construit sur un parking, sans qu’on coupe un seul arbre, qu’on bétonne un seul mètre carré de parc et tout en préservant l’accès continu au lac, contrairement à la propagande mensongère des opposants !

Le projet du CEVA est tout aussi crucial puisqu’il s’agit rien moins que du destin de l’ensemble de la région genevoise, France voisine et canton de Vaud compris. Agitant l’épouvantail des coûts (2 milliards à leur avis, 1,5 milliard selon les CFF) et la perspective d’une solution soi-disant moins coûteuse appelée « Barreau sud », les opposants persistent à empêcher la réalisation des tunnels entre la Praille et la gare des Eaux-Vives. Le CEVA, qui reste d’un prix raisonnable si on le compare à des travaux d’infrastructure d’ampleur équivalente, a en effet l’avantage de remplir deux missions en une : relier les réseaux ferroviaires du nord et du sud de l’Europe (comme l’autoroute de contournement en son temps) et créer un réseau RER de transport urbain à l’échelle de l’agglomération, qui permettrait notamment de soulager le centre-ville du trafic routier frontalier et de mettre les quartiers les plus peuplés de Genève à 20 minutes de l’hôpital, de la gare et de l’aéroport.

Mais ici encore une poignée de quérulents, soucieux de leur petit confort et soutenus par les chasseurs de frontaliers, met les bâtons dans les roues.

Question : les Genevois sauront-ils conjurer leurs vieux démons et parier sur l’avenir ? Ou céderont-ils au contraire aux chants fatigués des sirènes du déclin entonnés par un chœur hétéroclite de quelques privilégiés de Champel, de nostalgiques anti-capitalistes de l’extrême-gauche et de populistes anti-frontaliers ?

 

 

Commentaires

Ce billet amène deux remarques.
La première concerne l'OMC. L'enjeu est effectivement énorme et c'est bien, très directement, l'avenir de Genève comme lieu d'accueil des institutions internationales qui est en question.
La seconde est relative au CEVA. Comment diable peut-on, au prétexte de vouloir les défendre, mettre sur le même pied l'extension de l'OMC et le CEVA ? Que les Genevois approuvent ou rejettent le CEVA ne changera rien, contrairement à ce qu'affirme Guy Mettan, à l'avenir du canton. Les citoyens marqueront tout simplement leur approbation ou leur refus d'un projet d'infrastructures qui, dans la deuxième hypothèse, sera remplacé par d'autres.
S'agissant de l'utilité du CEVA, Guy Mettan aurait avantage de dépasser les slogans et de démontrer chiffres à l'appui son utilité. Ce n'est pas parce que l'on déciderait d'investir 1,5 ou 2 milliards dans des kilomètres de rails que l'on aurait résolu le vrai problème de Genève, l'insuffisance de logements pour ceux qui y travaillent, source de tous les maux. Les japonais ont commencé voici vingt ans à construire des infrastructures gigantesques dans une pathétique fuite en avant. Ils ne sont jamais sorti de la crise économique,ont appauvri leur pays désormais plus endettés que jamais et les infrastructures en question sont souvent demeurées inutilisées.

Écrit par : Kunz Pierre | 09/09/2009

Pierre
Vous faites preuve de peu discernement. Le CEVA, tout comme l'OMC, est nécessaire au développement de la région, on ne peut le nier. Comment pouvez-vous dire qu'un RER transfrontalier, reliant 40 gares dans une région de 900'000 habitants à cheval sur Vaud, Genève et la France ne changera rien à l'avenir du Canton!?
Vous dites qu'il serait remplacé par d'autres infrastructures, mais lesquelles? Dans combien de temps (10 ans? 20 ans?)? Combien d'oppositions viendront freiner les projets dont vous parlez? Avec quel argent seront-ils financés?
Le CEVA ne résoudra pas tous les problèmes de l'agglomération, il permettra cependant de créer une véritable colonne vertébrale en matière de transports, une alternative à la voiture, et rendra possible la construction de centaines de logements aux Eaux-Vives ou à Chêne-Bourg. Les travaux commenceront l'année prochaine grâce à la votation du 29 novembre.
Quand on sait que Zurich construit sa gare souterraine pour 2,5 milliards de francs et dispose depuis 20 ans d'un RER très efficace, on ne peut que se dire que Genève doit avancer!
Pour ce qui est de sortir des slogans, allez voir vous-même les trains à la gare des Eaux-Vives et du Pont-Rouge aux heures de pointe, ils sont pleins à craquer... n'est-ce pas le signe qu'il faut enfin pourvoir cette agglomération d'un système efficace de transports en commun?

Bien à vous.

Écrit par : Eric | 09/09/2009

Il faut accepter le vote concernant l'OMC et refuser celui du CEVA. Eric prétend que ce tortillard reliera 40 gares ! Lesquelles ? Qui paiera les travaux en France ? les genevois ! Il oublie que JAMAIS un frontalier viendra travailler autrement qu'en voiture. Il oublie qu'aucun genevois se rendra dans sa résidence secondaire en Haute-Savoie qu'en bagnole ! Si Zurich a construit sa gare souterraine pour 2,5 milliards, combien coutera ce traclet aux genevois pour faire uniquement plaisir à la France ? Quel est le montant alloué par la France aux travaux ? Rien ! Aucun vote de crédit en France n'a été voté ! Alors, une seule solution, supprimer ce projet ridicule ! Les finances genevoises ne sont pas à disposition de Sarkozy et de ses petits copains !

Écrit par : octave vairgebel | 09/09/2009

Mais oui, si on ne vote pas comme des moutons, la terre va s'arrêter de tourner ... cet argument, on l'a déjà joué aux francais pour la constitution europeene ... et que s'est-il passé après le "non" ... la terre s'est arrêtée ? Non, rien de grave ... enfin oui, Sarko a été élu quelques temps après.

Écrit par : Djinius | 09/09/2009

Ah Octave, bien sûr.
Si vous vous renseigniez un peu vous sauriez que le RER franco-valdo-genevois relie Coppet à Annecy ou Satigny à Evian, soit 40 gares. Regardez le fil que voici:
http://urbanites.rsr.ch/blog/ceva-le-film/
Qui paiera les travaux en France? Les Français, et en Suisse? Les Suisses. La France injecte 130 mio d'euros dans le projet et la Suisse finance jusqu'à la frontière. C'est clair. Réseau ferré de France, la SNCF, la Région, l'Etat et les communes se sont rassemblées autour du financement.

Enfin je vous rappellerai que sur les 40 gares du futur RER, près de 25 sont sur territoire suisse: de Nyon à La Plaine, de Cornavin à Chêne-Bourg. Rien que sur Suisse, le potentiel est immense. Les trams sont bondés toute la journée entre Moillesulaz, le Bachet et Cornavin. Le CEVA c'est aussi un RER très rapide qui reliera par exemple Sécheron à Chêne-Bourg en 20 minutes, ou Versoix à Champel-Hôpital en 25 minutes! Ce RER profitera donc TOUT AUTANT, si ce n'est plus, aux Genevois.
Bien à vous.

Écrit par : Eric | 09/09/2009

Eric, quand est-ce que les crédits français ont été votés et acceptés ? Si vous voulez relier Cornavin à Chêne-Bourg, une seule soléution : la traversée de la rade ! Cela emmerde les fanatiques du tortillard ridicule et, pourtant, c'est la seule solution ! Si ce traclet avait une certaine importance pour la France, la SNCF aurait déjà pris des dispositions mais, hélas, Genève n'intéresse pas la France et c'est les genevois qui paieront, comme de coutume, les travaux en France. L'exemple le plus proche est la nouvelle ligne du TGV qui passe par la ligne des Carpates et qui est entièrement payée par la Suisse !

Écrit par : octave vairgebel | 09/09/2009

@Eric
Si avec le CEVA et ses 1,5 ou 2 milliards on construisait effectivement le réseau ferroviaire structurant la région, on pourrait comprendre son intérêt pour l'avenir de Genève.
Mais la réalité est bien différente.
D'abord parce que le CEVA ne constitue qu'une bien petite tranche, du projet global, celui de l'araignée ferroviaire reliant les villes de la région (Annecy, Bellegarde, Thonon, etc )devisée elle à plus de 20 milliards. Or, le débat organisé par la Constituante à Thônex hier soir l'a montré une fois de plus, la France, pourtant exclusivement concernée par cette araignée mais pas vraiment intéressée, ne mettra jamais ce financement à disposition. Nos voisins en sont encore à rechercher la façon de rassembler le montant total requis par le CEVA, soit un peu plus de 1 millions d'euros.
Ensuite, de l'aveu même des défenseurs du CEVA, celui-ci ne résoudra qu'une infime partie de la problématique du trafic transfrontalier. En 2030 admettent-ils seuls 50'000 personnes seraient véhiculées sur le CEVA. Or aujourd'hui déjà ce ne sont pas moins de 350'000 voitures par jour qui passent la frontière franco-suisse. C'est pourquoi l'argent prévu pour le CEVA serait mieux utilisé s'il était investi dans la modernisation de la ligne de chemin de fer Annemasse- Chêne-Bourg- Eaux-vives, dans le renforcement de la capacité des principales lignes de tram, dans les P+R frontaliers et ... dans la construction rapide des logements dont Genève a besoin.
A propos de ces logements, il faut dire et redire que seule une volonté politique insuffisante et freine actuellement la progression rapide des chantiers des Eaux_Vives, du PAV et d'autres encore. Rien à voir avec le CEVA.

Écrit par : Kunz Pierre | 09/09/2009

50'000 voyageurs par jour! c'est plus que le nombre d'usagers de Cornavin quotidiennement aujourd'hui! Plutôt encourageant!
De plus, avec le réseau existant actuellement en France, la société Transferis a réussi à mettre sur pied un RER cadencé performant. Evidemment que des améliorations seront nécessaires, mais sans le chaînon manquant du CEVA rien ne se fera. A+ Nico

Écrit par : Nico | 09/09/2009

Oui à la Genève international.

Non à la Genève des ploucs français frontaliers.

Je crois que c'est clair!

Écrit par : yoyoda | 09/09/2009

Revoilou yoyoda,

Mais oui pour vous la Genève internatioale qui vous permet de ne pas payer d'impôts, facile...quand on va habiter le canton de Vaud ! Mais n'oubliez-pas que les organisations internationales contribuent à faire augmenter les prix des logements des pauvres Genevois...oui c'est vrai...vous vous en foutez !

Écrit par : Café | 09/09/2009

Salut
Conférence de presse aujourd'hui-même à Annemasse, le maire de la ville et le directeur de la SNCF pour la Région ont réaffirmé que 126 mio d'euros ont été débloqués par Convention, donc engagés dans le projet, pour le CEVA côté France.
Il faut arrêter la désinformation:
- Non le CEVA ne sera pas payé que par la Suisse, la France participe à un montant considérable: 200 mio de francs suisses assurés.
- Non le RER ne sera pas que pour les Français, 25 gares RER seront sur territoire suisse et en plus, 15 gares françaises seront reliées à Genève et à la côte vaudoise. Genève gagne 5 gares en ville et dans la couronne périurbaine! Enfin!
- Le RER représente un potentiel immense, en Suisse comme en France. Il n'y a qu'a voir le remplissage des trains sur la côte, vers La Plaine, vers le Pont-Rouge ou vers Evian, Thonon et St-Gervais (20% en plus chaque année!).
- Le CEVA n'est pas si cher, en comparaison d'autres villes de Suisse se dotent d'infrastructures plus onéreuses: Zurich et sa gare souterraine à 2,5 milliards, et en comparaison à un tram (plus de 350 mios).
- Le CEVA permet la requalification de friches urbaines, la mise en place d'un vrai réseau de transports régionaux, le déchargement des trams au centre-ville, et permet une véritable alternative à la voiture en ville et dans l'agglomération.
- Dernière chose, aucun projet alternatif n'est aujourd'hui en mesure de faire ce que fait le CEVA, soit relier la Suisse et la France, créer un réseau urbain, périubrain et interubrain de transports publics en sous-sol, et créer de vrais pôles d'échanges train-tram-bus-mobilité douce-P+R. On ne s'improvise pas urbaniste...

Bonne soirée, que se développe enfin la mobilité dans l'agglomération,
la jeune génération en a besoin.
Eric

Écrit par : Eric | 09/09/2009

@Octave : arrêtez de dire des âneries. La ligne des Carpates est financée aux 2/3 par les français pour une rénovation en cours, suite à la demande insistante des CFF et l'Etat. Votre ardeur à défendre votre cause ne devrait pas vous faire oublier de vérifier la véracité de vos propos, bien que ceux-ci soient parfois franchement 'axés' en dépit de tout bon sens...

Écrit par : Miskatonic | 09/09/2009

@ Octave:
Pour info la ligne des carpates c'est un tiers et non le total payer par la Suisse, on se renseigne avant d'annoncer des désinformations ;-))

Écrit par : tonkin74 | 19/10/2009

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