11/02/2010

Deux issues pour gagner : oui à l'Europe, non à Merz

L’histoire s’accélère brusquement et devient passionnante. En quelques mois, la Suisse a lâché la distinction entre fraude et évasion fiscales et les trois-quarts du secret bancaire, deux institutions qu’elle considérait comme des piliers de son existence et de son identité. Le dernier bastion - l’échange automatique d’informations -  vient de tomber depuis qu’Hans-Rudolf Merz vient de le troquer contre le libre accès des banques suisses au marché européen.

Désemparé, paniqué par ces capitulations en rase campagne, l’establishment politico-financier du pays, qui n’avait rien vu venir et qui est pourtant largement responsable de cet état de fait, s’insurge, tempête, s’agite de ci de là comme la mouche du coche et cherche à se dédouaner en désignant à la foule qui réclame des têtes les ruades désordonnées du Conseil fédéral.

Bref, pour le dire poliment, c’est le chaos.


Toute situation, aussi dramatique soit-elle, comporte pourtant des issues. Mais encore faut-il les chercher sans se boucher le nez ni fermer les yeux. Premier constat : la Suisse est acculée, assiégée. Attaquée de toutes parts, elle recule sur tous les fronts et elle en est réduite à de piètres parades défensives. Dans ces conditions, il est impératif de retrouver une profondeur stratégique, comme disent les militaires, afin de retrouver une certaine liberté de manœuvre et de passer à la contre-offensive.

C’est parfaitement faisable, mais encore faut-il dessiller les yeux. Première étape : remplacer M. Merz par du sang neuf. C’est peut-être injuste mais néanmoins nécessaire à cette étape de notre histoire. Quand la Deuxième guerre mondiale a éclaté, les Anglais ont immédiatement échangé Chamberlain, devenu le capitulateur de Munich, contre Churchill, afin qu’il incarne la résistance. Une année auparavant, ils avaient pourtant applaudi Chamberlain. C’est ainsi : celui qui s’est retrouvé, même malgré lui, l’ordonnateur de la retraite, ne peut pas être l’instrument de la reconquête.

Seconde étape : relancer l’adhésion à l’Union européenne. Il faut être clair. L’Amérique est loin, elle se désintéresse de l’Europe et elle observe les banques suisses avec le même regard hostile que nos voisins. La proposition de Christoph Blocher, qui voulait créer un marché commun avec les Etats-Unis, n’est donc plus de mise... La croissance future est en Asie et dans des pays émergents comme le Brésil et ce sont donc ces marchés qu’il faut développer. Mais pour cela, il faut ménager notre base, notre fonds de commerce, qui est en Europe. Or, très logiquement, l’Europe nous ferme ses marchés puisque nous refusons d’y adhérer. La menace est donc très réelle. Cette nouvelle donne s’ajoutant au besoin de consolider notre base arrière, la solution s’impose : il faut relancer l’adhésion pour occuper le terrain politique, gagner la bataille des opinions publiques et nous donner du temps pour reconstruire notre système financier et notre identité nationale sur de nouvelles bases.

Mais qui osera franchir le premier pas ?

Commentaires

Oui à l'Europe ? C'est vrai que le bidule est de plus en plus attrayant, avec ses dérives faillimentaires...

Cette fois encore, "les Boches paieront", mais j'ai l'absolue conviction qu'il est déjà né le leader politique allemand (populiste, ça va sans dire !) qui dira : "Maintenant, ça suffit, on paie plus !".

Pour la Shoah et pour tout le reste, c'est-à-dire les juteux dividendes de la culpabilisation systématique. Il fera un carton et ce sera le mur pour l'inepte guimbarde, dont l'insignifance s'affirme de jour en jour. Même le schpountz de la Maison Blanche a pris sa juste mesure à Copenhague

"...l’Europe nous ferme ses marchés puisque nous refusons d’y adhérer."

Dans un sens, c'est plutôt positif, parce qu'il vaut mieux avoir 4,5 % de chômeurs que neuf millions d'habitants, dont quatre millions et demi d'étrangers.

Écrit par : Scipion | 11/02/2010

Adhérer à l'Europe ?
Pas du tout sûr que nous y serions mieux que dans notre situation actuelle. Nous aurions plus à y perdre qu'à y gagner.
Il nous faudrait payer bonbon pour y entrer.
Nous devrions renoncer à notre monnaie et à bien d'autres objets qui font partie de notre patrimoine
Nous serions considérés comme un tout petit pays sans envergure et n'y serions par conséquent pas entendu, pour autant que l'on nous donne un temps de parole...
Nos lois nous seraient dictées de l'extérieur etc etc
Conclusion : non à l'UE

Écrit par : bidouille | 11/02/2010

Vous êtes complétement à côté de la plaque. NON à l'Europe, y'en a point comme nous. Blocher a raison, une fois de plus et il nous faudrait beaucoup plus d'UDC dans tous les gouvernements en Suisse. Nous, nous voulons rester entre nous. Des gars bien, et intelligents comme Scipion et moi.

Écrit par : Géo | 11/02/2010

NON à l'Europe, même les Européens nous conseillent d'y rester en dehors!

En tant de guerre, même économique, nous devons nommer un Général, alors oui à Monsieur Christoph Blocher pour reprendre le pays en mains.

Pour les 6 autres, remplacements intérimaires par 6 UDC (de compétences entrepreneuriales) pendant la mise en place d'une élection par le peuple!

C'est cela qu'il nous faut......pas de s'applaventrer devant l'Europe pour y entrer afin de servir de paillasson de luxe!

Écrit par : Corélande | 11/02/2010

Mr Mettan j'ai beaucoup de peine à comprendre qu'un homme politique comme vous s'en prenne à un Conseil fédéral occupé par votre propre parti et par certains de vos plus proches alliés... Décidément ça m'échappe. Vous dites que c'est le chaos, qu'auriez vous fait à leur place ? Sous ses airs de ne pas y toucher Mr Merz a fait la chose la plus intelligente qui soit en pareille situation, il temporise, il attermoye, il dit une chose puis l'autre afin de gagner du temps, de se ménager du temps afin de faire les analyses qu'il convient et de pouvoir étudier toutes les possibilités. Je ne comprends pas que l'évidence de cette stratégie pourtant évidente vous échappe et échappe à tellement de commentateurs. Qu'auriez vous fait, tapé du poing sur la table, et alors ? Mr Merz est peut être le type le plus intelligent et le plus courageux que nous n'ayions jamais eu au CF depuis longtemps, il ne dit rien, il dit tout et son contraire et pendant ce temps ses services travaillent, avancent, cherchent les débouchés possibles de cette situation. N'importe quel stratège dans la position de faiblesse qu'est en ce moment la nôtre aurait fait pareil.

Stratège vous-même, engagé et élu pour cela, vous nous expliquez que notre salut ne peut venir que de l'UE, hier déjà vous nous expliquiez vous et ceux de votre école que si nous avions déjà adhéré à l'UE nous aurions moins de problèmes. Alors je vous le demande, savez vous combien va coûter aux pays de l'UE en contribution nette et effective le sauvetage de la Grèce aujourd'hui déclarée insolvable et en faillite, puis le sauvetage peut-être juste après demain des autres pays du PIIGS ( Portugal, Irlande, Italie, grèce, Spain ) qui sont juste au bord de collapser ? Pourriez vous nous dire ce que vous pensez du fait que ce membre de l'UE qu'est la Grèce est entrée dans l'Euro en présentant des comptes d'Etat falsifiés pour ne pas faire appraître le montant réel de sa dette et de ses déficits ? Pourriez vous nous expliquer comment il se fait que l'administration UE bardée de bataillons des plus éminents macro-économistes et économétristes du continent n'y a rien vu ? D'avance intéressé par vos réponses qu'en tant qu'homme politique voulant nous décider à entrer dans l'UE vous maîtrisez parfaitement, je vous prie d'agréer mes meilleures salutations.

Écrit par : 022 | 11/02/2010

"...l’Europe nous ferme ses marchés puisque nous refusons d’y adhérer."

"Dans un sens, c'est plutôt positif, parce qu'il vaut mieux avoir 4,5 % de chômeurs que neuf millions d'habitants, dont quatre millions et demi d'étrangers."

Voilà qui est bien dit, parfaitement bien dit, intelligemment bien dit, 10/10.

Ça serait intéressant d'avoir les avis «éclairés» sur la question de tous ces pseudos Prix Nobel d'économie de service qui nous les gonflent à longueur d'année sur les mirages de l'UE. Mais comme les faits et les chiffres sont têtus, pour «avis éclairés» il n'y aura que de la langue de bois.
C'est comme ceux qui veulent nous faire avaler qu'en baissant le taux de conversion du 2e pillier, on garantira la retraite de nos petits-enfants.
Une vraie bande du fumiers nos stratèges économiques !

Écrit par : petard | 12/02/2010

A lire tout ce qui s'écrit depuis un an sur les difficultés de la Suisse au plan international, je me demande si au soir du 6 décembre 1992, MM. Felber et Delamuraz n'avaient pas raison de parler de "journée noire". Si nous avions adhéré à l'Espace Economique Européen, nous n'aurions peut-être pas à nous poser maintenant la question de savoir jusqu'à quand l'Europe acceptera notre façon de vouloir le beurre sans le payer.
Les citoyens suisses de devraient-ils pas être vexés d'être obligés de modifier toutes nos lois pour les rendre eurocompatibles ? Nous ne voulons pas adhérer à l'Europe et pourtant nous sommes complètement dedans sans avoir voix au chapitre. D'un autre côté les Européens nous reprochent de vouloir les avantages sans les inconvénients.
Nous avons "le cul entre deux chaises", non ? Attention de ne pas tomber !

Écrit par : gamine | 12/02/2010

"Les citoyens suisses de devraient-ils pas être vexés d'être obligés de modifier toutes nos lois pour les rendre eurocompatibles ?"

Pourquoi être vexés ? Nous, ce que nous voulons, c'est rester maîtres de notre politique monétaire et de nos choix de société...

Se ranger, sans "dire son mot", aux choix des autres quand il s'agit de la composition de la gomme des timbres-poste, des profils de pneus de tracteurs, de la normalisation des préservatifs, du diamètre des pommes de différentes catégories ou de la composition chromatique des cornets de poivrons préemballés, ne nous posent aucun problème d'amour-propre.

Il n'en va pas de même de ces traités internationaux qui limitent notre souveraineté dans les domaines de la justice, des droits de l'homme et de la politique d'asile, et qui sont une humiliation quotidienne.

Ceux-là - outre de nous attacher les bras dans le dos, au moment de monter sur le ring - nous humilient, nous soumettent à des "juges étrangers à nos vallées" et limitent notre souveraineté dans ce qu'elle a de plus essentiel.

Personnellement, je pense que de nouvelles avancées de l'UDC devraient permettre d'en dénoncer un certain nombre, quitte à voir le Conseil des droits de l'homme des Nations unies quitter Genève. Pour Tripoli, Harare, Téhéran ou Pyongyang, vraiment on s'en tape.

Écrit par : Scipion | 12/02/2010

Harcèlemennt contre M. MERZ, conseiller fédéral.

Il n'y a pas un jour qui d'un journal, qui d'un politique, d'un journaliste, d'un quidam exige la démission de M. Merz.

Cette mise à mort médiatique est intolérable.

Alors que tout employé dans le privé ou l'administration qui est harcelé dans une moindre mesure, est soutenu sans condition par les syndicats ou autres associations. Il y aurait du ramdam dans les journaux, lä pour dénoncer les coupables du harcèlement.


Pourtant la Suisse se porte bien:

moins de chômage que dans les pays voisins
un environnement envié
des conditions sociales appropriées
des soins hospitaliers des plus avancés
des universités les plus cotées. etc etc...

Nos dirigeants ( les 7 sages) gouvernent notre pays avec beaucoup de rigueur et d'honnêteté. Mais leur mandat est trop visible et les fantasmes de tout un chacun se fixent sur leur personnalité, d'autant plus qu'il y aurait des places à repourvoir au CF.

l'UDC rêve d'un Président blochérien à vie qui mènerait la Suisse d'une main de fer.

Le PDC frappé par l'injuste non-réélection de Mme Metzler prie le ciel de l'Helvétie de leur accorder un siège.

Les Socialistes empêtrés par les tourments existentiels du PS ont mandaté un chercheur de têtes pour trouver les prochains candidats au CF (deux d'un coup, ce n'est pas une sinécure).

Quant aux PRD et PL, suite à leur union baignent dans une atmosphère joyeuse et positive.

Aux faiseurs de la Suisse, j'espère que vous n'êtes pas à la recherche de politiques à la française qui viennent commenter à la TV leurs commentaires de la veille pour mieux commenter leurs commentaires à venir.

Écrit par : oceane | 12/02/2010

"La Suisse se porte bien", encore six mois sur cette pente raide et ça sera le pompon !

Écrit par : Corto | 14/02/2010

euh Corto,

faut bien glisser vers le bas! après

s'être laissé porté vers plus haut que son postérieur

bien sûr ça c'est pour les sujets pas comme toi,
tributaires de leurs condition humaine qu'ils sont

... pôvre suisse romande!

Écrit par : na...ya! | 14/02/2010

"Pour la Shoah et pour tout le reste, c'est-à-dire les juteux dividendes de la culpabilisation systématique"

Scipion, cet "juteux dividendes" sont des fonds déposés par des gens qui ont abandonné leurs biens, qui étaient en détresse, qui ont cru en l'honnêteté des banques suisses. Les Avoirs de Juifs déportés, (je ne vais pas vous refaire le Rapport Bergier) ont permis aux banques d'avoir des liquidités durant la guerre, et rapporté des intérêts juteux en plus de 50 ans de blocage! Pour les "peanuts" et culpabilisation... vous y repasserez!

En revanche, je suis contre l'entrée de la Suisse dans l'UE. Les accords bilatéraux sont là pour y palier! Nous n'avons pas besoin de l'arrogance de ses dirigeants.

Écrit par : Patoucha | 14/02/2010

"Scipion, cet "juteux dividendes" sont des fonds déposés par des gens qui ont abandonné leurs biens, qui étaient en détresse, qui ont cru en l'honnêteté des banques suisses."

Qu'est-ce que vous dites ? Je parle du pognon et des réparations que l'Allemagne paie encore à Israël et aux descendants des descendants des survivants.

C'est pas judicieux de lire en diagonale :o)

Écrit par : Scipion | 15/02/2010

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