11/03/2010

Des ONG, oui, mais crédibles !

On le sait depuis Montesquieu, l’essence même d’une société harmonieuse et démocratique repose sur l’équilibre des pouvoirs. Pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire doivent être indépendants les uns des autres tout en restant comptables de leurs actes auprès du peuple souverain qui leur a confié ses destinées.

Pendant des décennies, la vigilance démocratique a longtemps été exercée par la presse, qu’on a pu appeler le quatrième pouvoir. Mais depuis l’éclatement de la sphère médiatique, l’affaissement des grands éditeurs indépendants et la crise des médias traditionnels, le quatrième pouvoir s’est affaibli. Parallèlement, depuis une vingtaine d’années, on a assisté à l’émergence d’un nouveau pouvoir qui tend peu à peu à prendre la place des médias, celui de la société civile. Partout fleurissent des ONG qui interviennent dans le domaine jadis réservé des Etats.

Pourquoi pas ? Après tout, chaque société a besoin de contre-pouvoirs. Mais encore faut-il que ceux-ci soient crédibles, transparents et démocratiques. Or, c’est loin d’être le cas. Nombre d’ONG cèdent à la même tentation que les gouvernements qu’ils critiquent, à savoir qu’ils confondent les moyens avec la fin, la critique devenant un but en soi et non le moyen d’obtenir davantage de démocratie et d’équité.

 

 

 

 

 


Petit exemple l’autre semaine avec ces militants des droits de l’homme tunisiens qui étaient à Genève pour dénoncer les dérives du Conseil national pour les libertés en Tunisie piloté par Mme Sihem Ben Sedrine, dont ils ont longtemps été les collaborateurs. A les entendre, et il n’y avait pas de raison de douter de leur bonne foi, cette ONG instrumentalise les droits de l’homme pour servir des intérêts personnels, à savoir obtenir des fonds des organisations européennes, organisant des battages médiatiques ou criant au scandale chaque fois qu’il s’agit de renouveler les soutiens des organismes financiers bienpensants de Bruxelles et d’ailleurs.

Peut-être est-ce exagéré ? Peut-être s’agit-il d’un conflit interne à cette ONG ? Peut-être. Mais quand on se souvient du cas du journaliste Taoufik Ben Brik qui s’était lancé dans une grève de la faim très médiatisée et qui avait été surpris en train de manger du poulet en douce, on peut en douter.

Quoiqu’il en soit, cet incident, que l’on pourrait multiplier à l’envi - il suffit de voir la surenchère humanitaire à laquelle se livrent les ONG lors de catastrophes comme le tsunami ou le séisme haïtien – prouvent bien que la société civile, si elle veut rester crédible et mériter ses galons de contre-pouvoir, a de sérieux efforts à faire en termes de gouvernance, de transparence de son fonctionnement et de démocratie interne. Comment critiquer l’autoritarisme d’un Etat quand on dirige soi-même son ONG comme un patron de droit divin sous prétexte qu’on en a été le fondateur et le flamboyant porte-drapeau ?

Plus encore que le pouvoir, le contre-pouvoir est une ascèse qui exige une honnêteté sans faille et ne tolère aucun soupçon, aucun reproche.

 

Commentaires

M. Mettan, allez donc sur le blog de M. Mabut, on y parle de vous. Comme vous avez mon adresse mail, pourquoi ne pas établir en privé un dialogue ?

Écrit par : lucides | 11/03/2010

Monsieur Mettan,

Si j'ai bien compris, vous voulez dire que le contre-pouvoir ne devrait pas utiliser le slogan suivant:
"Mets t'en"... plein les poches!
Plus sérieusement ! Vous parlez de la séparation des pouvoirs : les trois directement politiques et le quatrième médiatique, en disant:
"L’essence même d’une société harmonieuse et démocratique repose sur l’équilibre des pouvoirs."... et vous parlez de leur indépendance.
C'est beau comme du Montesquieu, mais sous votre clavier, il me semble que ce n'est plus aussi beau. L'idée de "Faites comme je dis, pas comme je fais!" me traverse l'esprit (ou de ce qui m'en reste).

Oui! Ainsi que vous le dites vous-même, vous êtes journaliste et homme politique (PDC), engagé à deux niveaux, communal et cantonal. Vous faites donc simultanément partie des 1er et 4ème pouvoir!... La séparation si vantée n'est plus très nette!... Sauf si vous ne travaillez que pour un média officiel du PDC. Sinon, est-ce réellement éthiquement démocratique? L'indépendance nécessaire au journaliste - qui devrait aussi être une sorte de contre-pouvoir - est-elle préservée?
Vous dites bien que le pouvoir est une ascèse qui exige une honnêteté sans faille et ne tolère aucun soupçon, aucun reproche. Même si vous dites aussi que le contre-pouvoir en exige encore plus.
Alors... Pouvoir ou contre-pouvoir? Alors... Crédible, oui ou non ?

PS: Les renseignements ci-dessus sont tirés de votre propre blog sous "à propos".
Et pour que vous ne fassiez pas comme certains de vos confrères trop peu curieux (Un comble pour un journaliste... N'est-ce pas M'sieur Barraud!), vous pouvez passer sur mon propre blog "Persif(f)lage" et cliquer sur "à propos" pour connaître mon vrai patronyme et m'éviter de devoir m'expliquer en long et en large sur l'utilisation de mon pseudo (N'est-ce pas M'sieur Mabut!).

Écrit par : Père Siffleur | 11/03/2010

La vérité sur les ONGs commence de plus en plus à se faire jour, et c'est un très bon signe. J'espère que cela n'est qu'un début et que les conséquences de l'attitude ONG soient de plus en plus mises en évidence de plus en plus : l'escroquerie à l'accueil de nos frères sur Terre, en particulier. Après tout, il ne s'agit ni plus ni moins que la mainmise des tenants d'une idéologie irrationnelle et à la tête du client, le christianisme, sur la politique...

Écrit par : Géo | 11/03/2010

Monsieur Mettan,

votre article démontre le succès de la tactique de décrédibilisation et de diffamation menée par les autorités tunisiennes à l'égard des défenseurs des droits de l'Homme, qu'ils soient en Tunisie ou à l'étranger.

En reprenant les arguments développés contre Mme Bensedrine par des transfuges de son journal Kalima (dont l'accès est interdit en Tunisie), retournés avec carotte et baton par les services de communication des services de sécurité (!!!), vous participez de la diffusion de l'argumentaire pro-Ben Ali si bien rôdé.

Et ce n'est pas pour le bonheur de la Tunisie et de ses habitants...

Écrit par : mounir | 11/03/2010

Monsieur Mettan,

Les chemins de l'enfer sont pavées de bonnes intentions, j'ai assisté à la conduite d'un des responsable de l'ong handicap, il prêche à longueur de temps la bonne parole alors qu'il se comporte dans sa "propre" vie comme une véritable ordure et cela de manière systématique, mais ce qu'il y a de pire dans ce gâchis, c'est l'outrecuidante attitude des médias et de toutes les cours des pouvoirs révérencieux et obséquieux uniquement envers la corruptions systématique.
Le système avec tous ce qu'il promène est corrompu et pourrit, dés que vous avez à faire à des institutions ou des organes se prétendants comme tel, vous êtes en prise avec la lie de structures cristallines opaques allant du brun foncé aux noirceurs du fascisme le plus sanguinaire.
Concernant la nébuleuse des ong, chaque jour plus nombreuses, où il y a de la merde, il y a des mouches et où il y a des mouches, il y a tous les partenaires indissociables des ong ; les marchands d'armes, de mines, de kalashs, des petits roitelets, des gros dictateurs, des multinationales en mal de matières premières, des églises avec leurs hordes de pédophiles sermonnant des Avé et des Maria, des avions ravitailleurs garantissant des repas équilibrés réservés aux seuls missionnaire que l'on reconnait par leur blancheur contrastante.
Les membres des ong partages cette "divine" manne, mais seulement avec les représentants des multinationales colonisatrices des sous-sol, les marchands d'armes et les chefs de tribus à la solde de tout ce beau monde.
Toulouse-Lautrec avait au moins eu le bon goût de dépeindre ce monde décadent dans un décors ressemblant aux salons des banques genevoises, mais sur le terrain des guerres que mènent les ong avec leurs cohortes de complice de tables, le décor est plus dans le style de Dounier-Rousseau !
Dans toutes les presses, aucune caricature de ces orgies de viandes saignantes, pas un mot sur les organigrammes macabres de la gente internationale des théâtres "humanitaires".
Certaines ong sont fidèles à British pétroleum, à SGS-Thompson, Nestlé, Airbus Industries, Novartis, d'autres sont plutôt orientées Motorola, Texaco, Institut Pasteur, quand au marchands d'armes, il changent selon les stocks à dispositions, parfois on trouve encore des Serbes avec des offres intéressantes, mais les Suisses restent les mieux placés dans l'armement plus spécifique, gaz de combat des entreprises blocheriennes, pilatus porter et FAS 90, très appréciés par climats humides.
Tous ce carrousel n'est plus à démonter, le christianisme a commencé ce bal répétitif depuis plus d'un millénaire, ce trou culturelle n'a engendré que malheurs organisés et planifiés par les plus hautes instances, les adjectifs changent de masques mais les intentions restent.
Hier au nom de la sainte église romaine, aujourd'hui au nom des croix-rouges, vertes et il n'y a que les couleurs qui manquent, les grosses ong, les petites, les moyennes, toutes alignées dans la même et sordide tâche sans fin.
Les croyances migrent, du christ aux monkee moon, la sainte sacralisation suit sa lente et inlassable conquête avec ceux qui donnent l'argent des contribuables, les fonds publiques dont on retrouve des poches dans toutes les banques privées jouissants des lois secrètes pour les sots.
Des politiciens impliqués dans les partages de cette boueuse entreprise, bien sûr qu'il y en a, comme si ils n'avait pas droit au partage de la galette, comme si les politiciens entourés de technocrates pouvaient résister aux parfums de cet argent si inodore.
Combien de technocrates ont démissionnés via les petites portes de la commission européenne, combien de fusibles ont pétés pour maintenir la tension dans les étages de l'état, raison pour laquelle, d'après les stats de la croix-rouge, encore cette croix, sur 100 francs octroyés, un seul profite sur le terrain, mais à qui, ce franc ressuscité, à qui profite t-il, ont pourrait même ce poser la question !

Écrit par : Sabourjian | 11/03/2010

excusez les fôtes

Écrit par : Sabourjian | 11/03/2010

Je connais plusieurs personne qui ont travaillé pour des ONG lors de mes études: toutes sans exception ont été déçues de voir le peu de travail concret fait par des gens plus soucieux de gloser sur la fin du capital que d'agir réellement quand ce n'était pas du détournement de fonds pur et simple. Il y en a même un qui a travaillé pour une ONG en Asie censée fonder un orphelinat pour enfants pauvres alors qu'en fait elle opérait un bordel pour pédophiles dont le patron (chef de l'ONG) roulait en Mercedès...

"L'humanitaire, ce sont le pauvres des pays riches qui donnent aux riches des pays pauvres."

Écrit par : Réaliste | 12/03/2010

Le Daily Mail rapporte que des militants allemands remettent en cause la mise au secret vieille de 50 ans des fichiers sur le vol qu’a pris Adolf Eichmann pour s’enfuit d’Allemagne après la seconde guerre mondiale, selon un article publié dimanche.

Selon ces militants, dirigés par la journaliste allemande Gabrielle Weber, le dossier peut contenir des informations indiquant que l’évasion d’après-guerre d’Eichmann a été aidée par le Vatican et des responsables allemands.

Dans cette action en justice dirigée contre les services de renseignement allemands, le BND, les militants exigent la divulgation publique de 4 500 pages d’informations concernant Eichmann. Apparemment, ils disent que les documents prouveront que le haut responsable nazi, souvent désigné comme « l’architecte de la Shoa », ne s’est pas échappé indépendamment.

Le tribunal fédéral administratif de Leipzig étudie la requête des militants, ainsi que les documents eux-mêmes. Le BND, pendant ce temps, a été cité par le Daily Mail comme disant que « beaucoup des informations contenues dans ce dossier ont été fournies par un service de renseignement étranger, » et devraient donc rester secrètes pour protéger la coopération future entre agences de renseignement.

Les militants ne s’avouent toutefois pas facilement vaincus. « Il y a de bonnes raisons de croire qu’Eichmann a reçu l’aide de responsables allemands, italiens, et du Vatican, » a déclaré l’avocat de Weber au journal anglais. Le fils d’Eichmann, Ricardo, a lui aussi son support à l’ouverture au public de ces archives.

En 1946, Eichmann a été capturé par l’armée américaine et transporté outre-Atlantique comme prisonnier de guerre. Il s’est plus tard échappé la même année pour aller se cacher en Allemagne, puis plus tard en Italie et en Suisse, jusqu'à ce qu’il obtienne un nouveau passeport et un visa argentin sous le nom d’un réfugié nommé Riccardo Klement.

Dans le cadre de sa nouvelle identité, Eichmann a été aidé dans ses efforts pour obtenir de nouveaux documents par l’évêque allemand Alois Hudal, qui opérait depuis Rome, et était connu pour aider les nazis à échapper à la justice.

L’article du Daily Mail rapporte certaines critiques disant que la mise au secret des documents en question a pour but de prévenir l’embarras à la fois de l’Allemagne et du Vatican.

Eichmann a vécu en Argentine pendant quinze ans avant d’être capturé par le Mossad. Il a été pendu en Israël en 1962.

Écrit par : Corto | 14/03/2010

Je souhaite apporter un bémol à votre argumentaire, qui ne me semble cependant pas dénué de vérité sur le fond.

Le problème avec les ONG, c'est qu'il y a à boire et à manger. Le terme ONG n'étant pas protégé ni réglementé (à la différence des fondations), tout premier venu peut en créer une, récolter des fonds et les utiliser (à bon ou très mauvais escient).

Dans cette masse mouvante où les motifs irrationnels dominent de plus en plus (mais qu'allaient donc faire les missionaires évangélistes coréens en Afghanistan??), les ONG crédibles disposent de certains instruments tels que les labels.

Et je peux vous dire qu'obtenir et conserver le label Suisse Zewo est extrêmement contraignant et implique une trésorerie et une ventilation des fonds plus que transparente.

Il ne faut pas oublier que le CICR est formellement une ONG (VERSUS une organisation internationale), avec des attributions uniques et étendues soit, mais c'est une ONG.
Les médecins et spécialistent volontaires de grandes ONG qui travaillent pour un tout petit salaire (et parfois pas de salaire du tout mais juste un défraiement) sont loin, je vous le garantis, de "s'en mettre plein les poches".

Écrit par : Myriam | 14/03/2010

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