27/04/2010

Le génocide arménien, une cause vivante

Monsieur le représentant de la République d'Arménie,

Monsieur les représentants des autorités religieuses,

Madame et Messieurs les représentants des associations arméniennes de Suisse romande,

Madame et Messieurs,

Chers amis,

 

 

Permettez-moi d’abord de vous remercier de m'avoir permis de me joindre à vous pour la commémoration de cet événement tragique mais majeur de l'histoire du XXe siècle que fut le génocide du peuple arménien voici maintenant 95 ans.

 

Cet honneur me touche particulièrement parce que je pense que celles et ceux qui en ont souffert et en souffrent encore aujourd'hui sont doublement victimes de l'injustice de l'histoire et de l'injustice des hommes.

 

Ils le sont doublement parce que non seulement ils ont souffert dans leur chair de la disparition physique de leurs proches et de tout leur peuple, par la famine, la déportation, les marches forcées et toutes les formes possibles d'extermination. Mais aussi parce qu'ils doivent continuer à en souffrir parce que trop souvent, trop de gens, trop de pays, trop d'Etats continuent à refuser de reconnaître le génocide dont ils ont été victimes.

 

On le sait, le génocide des Arméniens fut le premier des génocides du XXe siècle. Mais alors que tous les autres ont été reconnus et sanctionnés par des tribunaux pénaux exceptionnels - l'Holocauste avec le Tribunal de Nuremberg et les procès qui ont suivi en Israël, le génocide cambodgien avec l'actuel tribunal qui vient de se réunir à Phnom Penh, le génocide rwandais avec le tribunal pénal d'Arusha et le massacre de Srebreniça avec le tribunal de la Haye - celui des Arméniens en 1915 reste encore largement ignoré dans le pays même qui l'a commis. Pire, les Turcs qui luttent pour le faire reconnaître sont souvent pourchassés quand ils ne sont pas assassinés par des extrémistes négationnistes. A ce propos, je suggère que nous exprimions notre solidarité avec les habitants du Kivu, dans l'Est du Congo, dont 5 millions de personnes ont déjà été massacrées dans l'indifférence générale.

 

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20/04/2010

En attendant le président suisse…

Comme Godot, la réforme du Conseil fédéral se fait attendre sans qu’on la voie vraiment venir. Le mois dernier, Doris Leuthard a montré qu’elle avait conscience du problème et a lancé l’idée d’une présidence étalée sur deux ans et d’un Conseil fédéral flanqué de nouveaux secrétaires d’Etat. Cette proposition a immédiatement suscité les quolibets des esprits forts qui se sont gaussés publiquement des « réformettes » mais qui, dès que les micros sont fermés, se débrouillent toujours pour faire capoter toute réforme.

Il est vrai que le système suisse est pratiquement impossible à modifier à cause des droits populaires : le peuple n’accepte jamais volontiers qu’on touche à ses prérogatives et il a raison. Il se méfie même quand on fait semblant de vouloir lui en donner davantage, comme le font l’UDC et les socialistes en réclamant une élection du Conseil fédéral par le peuple. L’autre obstacle à la réforme est qu’on ne change pas une formule qui a fait ses preuves depuis des décennies, malgré ses défauts. L’équilibre des différents pouvoirs fonctionne et tirer un fil d’un côté revient à défaire tout l’écheveau.

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09:45 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3)

02/04/2010

Le prisonnier de la guerre de l’uranium kazakh

En mai 2009, Muktar Dzakishev, le patron de la société d’exploitation de l’uranium kazakh est brutalement arrêté et mis au secret dans une prison kazakh sous des accusations de détournement de fonds et de corruption. Son garde du corps est torturé, il est privé pendant de longs mois de toute relation avec l’extérieur, de visites de sa famille tandis que son avocat n’a pas accès au dossier. Souffrant d’hypertension aggravée, il ne peut pas non plus recevoir de visite médicale appropriée. Le 12 mars dernier, dans un procès à huis clos, il est condamné à 14 ans de prison.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme se sont alarmées de cette violation des droits du prisonnier, contraire aux accords signés par le Kazakhstan. UN Watch et la genevoise Organisation mondiale contre la torture (OMCT) se sont mobilisées pour dénoncer une grave atteinte aux droits de la personne par un Etat qui se trouve justement présider cette année l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et qui devrait à ce titre se montrer exemplaire.

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