15/06/2010

Pour une nouvelle gouvernance de la région

J’ai le plaisir d’ouvrir les Premières assises transfrontalières franco-valdo-genevoises et, au nom du Grand Conseil de la République et canton de Genève, vous souhaite la bienvenue.

Avant toute chose, j’aimerais remercier les deux coprésidents de ces assises, M. Etienne Blanc, député, maire de Divonne et président du Syndicat mixte de l’ARC qui rassemble les élus français des territoires limitrophes de Genève, et M. Laurent Chappuis, président du Grand Conseil du canton de Vaud, sans le soutien desquels cette assemblée n’aurait pu avoir lieu.

Le 7 décembre dernier, peu après le vote favorable des Genevois pour le CEVA et à l’occasion de la prestation de serment du Conseil d’Etat, nous avions en effet souhaité élaborer un nouveau projet de gouvernance pour la région franco-valdo-genevoise en construction. Cette région, on le sait, c’est 800 000 habitants et une centaine de communes de part et d’autre des frontières genevoises, et c’est deux cantons, deux départements et deux pays.


Notre région, c’est aussi et d’abord un immense succès, avec des créations d’emplois parmi les plus nombreuses de Suisse et d’Europe, avec des implantations d’entreprises, un potentiel technologique, des universités et des services de pointe reconnus dans le monde entier. C’est aussi une notoriété internationale et une qualité de vie parmi les meilleures du monde.

Mais notre région, c’est aussi des problèmes à résoudre. Un tel dynamisme ne va pas sans créer des tensions, des déséquilibres, des dommages aussi, qu’il revient à nous autres élus de reconnaître, d’identifier et, bien sûr, de résoudre.

Répertorier les atouts mais aussi les difficultés propres à notre région, tel est le premier objectif que nous avons assigné à ces assises. Ces difficultés sont déjà connues: disparités économiques, avec le logement qui tend à se concentrer du côté français et vaudois, et les emplois qui se condensent sur Genève; organisation du territoire, avec de vastes espaces du côté français et vaudois, et des terrains très rares sur Genève; disparités sociales et de revenus aussi, qui peuvent peser sur les emplois et les salaires; difficultés de transport, avec la multiplication des mouvements pendulaires qui affectent la qualité de vie des résidents; tensions politiques également, avec la montée en puissance des mouvements anti-frontaliers; insécurité croissante due à l'ouverture des frontières, etc. Nos travaux ont notamment pour but de dresser l'inventaire, sans contrainte d’ordre politique, juridique ni géographique, des défis très concrets et très pratiques que nous avons à relever si nous voulons réussir à édifier une agglomération franco-valdo-genevoise harmonieuse et intégrée. Les deux ateliers consacrés à la « région au quotidien » seront donc dévolus à ce catalogue et, si possible, à l'esquisse des premières solutions.

Le second objectif concerne la gouvernance à mettre en place pour résoudre les problèmes ainsi identifiés. Dresser le catalogue des difficultés, c’est indispensable; créer le système et la procédure qui permettront de les résoudre, c’est encore mieux. On le sait, le fait que nous nous trouvons à cheval sur deux pays rend les choses très compliquées. Entre le fédéralisme très éclaté des Suisses et le centralisme républicain cher à la France, le chemin vers des institutions communes qui nous permettraient de piloter notre agglomération reste long et semé d’embûches. Mais il existe.

Enfin, ces assises ont pour ambition d’entamer une réflexion pérenne sur les développements futurs de la région et de devenir, peu à peu, l’instance politique privilégiée de discussion des questions dont le nombre ira croissant à l’avenir, au fur et à mesure que l’intégration s’accélérera. Il est nécessaire de faire monter la construction de la région sur la scène politique. La région n'est pas qu’une affaire d'experts, qui serait dirigée de loin par des technocrates ou des gouvernements centraux qui ont bien d’autres soucis. Elle est aussi et peut-être d’abord l’affaire des élus locaux. Sa mise en place comme sa gestion doivent être assurées de façon démocratique. Les diverses sensibilités politiques, les partis, les syndicats et les élus doivent être associés à la construction et à la gouvernance.

C'est ainsi que ces assises devraient s'inscrire dans le paysage institutionnel de notre région et trouver leur place aux côtés du Comité régional franco-genevois, le CRFG, dont la composition et les compétences devraient peu à peu être redéfinies vers des tâches plus exécutives. Un nouveau territoire exige une nouvelle gouvernance, et cette nouvelle gouvernance exige aussi de nouvelles ressources. Impossible de construire la région si on ne la dote pas de ressources financières adéquates, voire d'une fiscalité propre.

On le voit, ces assises ont pour rôle d'aborder tous les sujets, y compris ceux qui fâchent, sans œillères ni préjugés, car c'est seulement ainsi que nous avancerons. La tâche est immense mais elle est exaltante.

Commentaires

Peut-on, comment et à qui?
vous communiquer nos soucis, nos remarques, les points qui nous affectent sur tous les plans, allant de l'accès à l'emploi au respect de nos droits de citoyens suisses, depuis plus d'une décade,

- quant à, par ex. l'application des bilatérales et ses non respects côté français,

comme la double imposition effective du fisc français (preuve en est le formulaire de déclaration 2009),

ou l'absence de représentativité et de soutien des suisses frontaliers, face au monopole du GTE (groupement transfrontalier européen dirigé par Michel Charrat) favorisant et soutenant ouvertement, empiriquement et sans réplique, sa préférence aux français devenant frontaliers, par rapport aux suisses résidents frontaliers,

principe de soutien de même appliqué par l'ex ANPE, PôleEmploi, pour ce qui est des licenciés suisses mis au rancard des droits aux allocations françaises et des aides au retour à l'emploi, dans les files des chômeurs frontaliers

Existe-t-il donc, comme vous le présentez ici, et quelle est-elle?
une plateforme de communication également ouverte aux personnes concernées,

- dans le cadre de ces travaux d'étude et d'élaboration de cette nouvelle constituante

- ainsi que dans le cadre de vos objectifs d'un gouvernement de région dépassant les frontières du droit fédéral, français &/ou européen ?

Écrit par : na...ya | 15/06/2010

concernant par ex.
Les lacunes juridiques

crues et crasses, de part & d'autre

comme le point de la retraite des suisses résidents frontaliers
n'ayant jamais travaillé en France.

Écrit par : na...ya | 15/06/2010

pour mettre les points sur les i,

frontaliers suisses soumis aux discriminations et à Genève et en France,

lorsque de salariés frontaliers suisses, licenciés tout simplement pour être remplacés par des employés moins coûteux, ils deviennent demandeurs d'emploi,

devant à nouveau être confrontés à une discrimination aux facettes multiples (âge + expérience + nationalité suisse)

appliquée par des décideurs d'embaûche, majoritairement non suisses (représentativité de suisses d'origine: 5%?)
mais détenteur du pouvoir de décision sur le marché du travail à Genève (agence de recrutement, RH, cadres salariés)

- décideurs et de leurs licenciements et de leur accès à l'emploi.

Ce qui fait qu'une masse de suisses séniors salariés sur Genève - ce qui est probablement la même chose au Tessin, dans la région de Bâle et de Zurich,

obligés d'accepter tout emploi en sous-emploi, le non respect des minima juridiques, une masse de gens devant survivre de petits boulots sans cotisation au 2me pilier, plus de 10 ans avant l'âge de leur retraite.

C'est ce que je vis et pour avoir été témoin de retraités qualifiés acceptant tout petit boulot comme homme à tout faire dans une grosse entreprise,
semble ceci soit notre survie de retraités.

Ces dernières années et la situation actuelle produisent donc, pour nous les suisses frontaliers, une future armée de retraités obligés de combler ces dernières 10 années de sous emplois sans 2ème pilier par tous petits boulots possibles... comme vendre des fleurs à la gare Cornavin, à 80ans, au printemps, par exemple.

ça ne vous pose pas de problème?

Écrit par : na...ya | 15/06/2010

Où là là ça pue la politique tout ça, c'est comme d'habitude, on se place pour profiter des opportunités, sans prendre en compte les petits qui se retrouvent dans le ruisseau!

Sarkoland Berluscoland et Arnacoland pour la Suisse

Écrit par : dominiquedegoumois | 16/06/2010

Tout est dit posément, avec précision et clarté, na...ya. Merci! Mais je crains que le PDC et le PLR, voire le PS, n'ont cure de ce que pensent les résidents, voire les Suisses de Genève!

Les bases du développement de cette pseudo métropole reposent sur une cascade d'échecs aux plans politique et économique, cascade qui érode jour après jour le socle même de cette construction foireuse, unilatérale au demeurant, de l'avis même des petites entreprises. Les autorités genevoises n'ont toujours pas appris, ou compris, les règles de la gouvernance et poussent petit à petit la population genevoise sur le chemin d'un non retour, qui risque un jour de se payer très cher.

Écrit par : Discret | 20/06/2010

@Guy Mettan, à ses responsabilités d'homme politique et journalistiques,
qui ouvre ce débat avec sa bienvenue:

"J’ai le plaisir d’ouvrir les Premières assises transfrontalières franco-valdo-genevoises et, au nom du Grand Conseil de la République et canton de Genève, vous souhaite la bienvenue."

et à qui,
à ma question

"Peut-on, comment et à qui? vous communiquer nos soucis, nos remarques, les points qui nous affectent sur tous les plans .."

fut adressée et restée sans réponse:

L'intérêt pour vous, cher Monsieur, d'établir et accepter le dialogue avec les premiers concernés: soit les citoyens suisses, de Genève et résidents frontaliers,

c'est l'effectivité de votre travail,
c'est arriver à vos objectifs.
c'est votre crédibilité dans vos fonctions avancées,
c'est la performance des résultats, et des objectifs politiques de votre parti et des entreprises sous influence - ou pas,

de ces volontés politiques qui,
que vous le vouliez ou pas,
que votre parti contrôle - ou pas,
déterminent
et votre propre position future
et la nôtre.

Dommage: encore une occasion ratée.. une de plus.
A force d'ignorer la base sur laquelle les partis politiques, les élus, les décideurs, les responsables sont assis...

Mais, ont-ils des enfants, ces gens-là? car dans ce cas, faudra payer quelques séances de rééducation & autres soutiens sociaux

(jusque là, on croyait ne devoir payer que pour les charges sociales de seuls les membres des familles des individuels obtenant un quelconque permis de séjour ou de travail dans le canton).

Pathétique comme le sont toutes hypocrisies de politiques croyant pouvoir nous nourrir de leur langues de bois.

N'étant pas des volatiles nourris dans le nid, faudrait quand même qu'un jour et de bonne foi, il se trouve quelques résistants suisses à Bâle, Lugano, Zurich et Genève
pour mettre les points sur les i.

En attendant et avec le CEVA,
des proches (dont quelques uns ont passé leur vie à bien vivre sur GE en jouant des deux tableaux binationaux AI inclus, se retrouvent actuellement élus du côté français dans ce cirque des subventions & autres financements CH et UE à obtenir en France, avant de démarrer quelque travaux que ce soit: c'est pas demain que par ex. l'agglo des communes frontalières côté Annemasse va se montrer pratique, pragmatique, écolo et j'en passe, leurs priorités étant avant tout: garder leurs positions, jeter des pierres dans le camp suisse, y grignoter du pouvoir,
tout en ne faisant rien sur leurs communes comme parkings d'accès aux transports publics ou autres emplacements de gares permettant ces mêmes accès).

Maintenant, ce que j'en dis,
c'est comme ma question à laquelle vous n'avez pas daigné répondre,
quant aux propositions & autres possibilités d'infos ou de suggestions que des quidams & autres lambdas de citoyens, doublement imposés que nous sommes,
pourrions vous communiquer.

Démocratie de ce siècle oblige:

Semble que nous devrions accepter de savoir,
avec votre position médiatisée sur ce blog de la TDG,
que le canton de GE n'y soit

- ni à la hauteur de nos attentes démocratiques
- ni au niveau de vos électeurs, ou tout simplement des citoyens pour lesquels vous êtes supposé avoir été élu, et servir.

Votre maman ne vous a-t-elle pas montré
ce que devient la poussière (citoyens que nous sommes)
accumulée dans le coin du mur?

Et - respect à votre maman -

êtes-vous vraiment en train de décider
de laisser vos enfants devoir faire le ménage de tout ça?
ABE

Écrit par : na...ya | 22/06/2010

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