08/09/2010

L’immigration, problème mondial No 1

Sous l’influence des économistes et des banquiers, l’establishment planétaire garde les yeux braqués sur les indices boursiers : reprise en V, W ou L, telle est la grande question du moment. Loin de moi l’idée de nier l’importance de l’économie et la nécessité d’une reprise durable. Pourtant, le problème numéro Un, celui qui hante les esprits depuis vingt ans sans qu’on ne lui accorde jamais l’attention qu’il mérite est ailleurs: c’est celui de l’immigration.

En août dernier au forum Ringier de Locarno, l’ancien commissaire européen Jacques Barrot l’a rappelé. Et les polémiques qui agitent ces-jours ci la France autour du renvoi des Roms et des criminels naturalisés, la Belgique et son éclatement annoncé, l’Allemagne avec le pamphlet de Thilo Sarazin contre les quatre millions de musulmans immigrés qui refuseraient de s’intégrer, les Etats-Unis avec l’installation d’une mosquée à Ground Zero et le blocage d’une loi anti-immigrés par Barack Obama en Arizona, sont autant de symptômes d’un mal endémique qui peut à tout moment éclater en pandémie grave.


Non la mondialisation n’est pas qu’un long fleuve tranquille générant dynamisme économique et prospérité, oui elle provoque de gros dégâts collatéraux: elle accélère les flux migratoires, elle exacerbe les tensions ethniques entre régions d’un même pays, elle exaspère les populations autochtones fragilisées, elle aggrave le fossé entre les hyper-riches et les plus pauvres, elle accroît partout l’insécurité et le sentiment que les gens sont abandonnés à eux-mêmes.

Dans les démocraties occidentales, le malheur veut que les partis traditionnels, prisonniers de leur fonds humaniste ou de leur irénisme idéologique, hésitent, tergiversent, se posent mille et une questions pour traiter le problème. Dès qu’ils font mine de prendre des mesures, une armée de défenseurs de droits de l’homme et de bienpensants de toute nature crie au scandale. Et tous font dès lors le lit des mouvements populistes, qui s’engouffrent dans la brèche et qui ont d’autant moins de scrupules à faire de la surenchère qu’ils n’ont pas de responsabilités effectives à exercer.

Il y a donc péril en la demeure. Certes, pour l’instant, le phénomène reste maîtrisé et, sur le plan politique, plus ou moins limité à 15-20% de l’électorat. Mais c’est maintenant qu’il faut agir, en fixant des normes, des limites, et en prenant l’initiative de lancer le débat sur l’intégration. L’Union européenne doit impérativement se saisir d’une politique en matière d’immigration et d’intégration. Et la Suisse, naturellement, doit suivre le mouvement. Sinon, les tensions iront s’aggravant au risque d’engendrer des solutions radicales et, cette fois-ci, parfaitement inacceptables du point de vue des droits de l’homme.

Et il y a urgence d’agir vite, avant que la prochaine crise économique – qu’on espère la plus lointaine possible – vienne jeter de l’huile sur un feu qui ne demande qu’à s’étendre.

Guy Mettan, directeur exécutif du Club suisse de la presse

Commentaires

En Europe, l'extrême-droite dénonce depuis des années les dangers d'une immigration incontrôlée et l'échec des politiques d'intégration des étrangers sur notre continent.

Son combat porte aujourd'hui ses fruits ! On en parle... et on commence à prendre les mesures drastiques qui s'imposent.

Je ne fais pas partie de ces illuminés, comme Patrice Mugny (Les Verts) et Sandrine Salerno (PS), qui souhaitent voir dans notre pays une régulation collective des sans-papiers. Au contraire, je crois que les Suisses désirent aujourd'hui plutôt un durcissement des procédures d'expulsion vis-à-vis des étrangers opportunistes, en particulier ceux en situation illégale, les faux réfugiés et ceux condamnés par notre justice.

Écrit par : Dolorès | 08/09/2010

J'aime bien ces invectives envers les "bien-pensants", les "droits-de-l'hommistes", bref, tous ces mous et ces traîtres à la patrie (je sais, vous n'avez pas employé ces termes, mais nombre de personnes qui tiennent les même discours que vous ont déjà allégrement franchi ce pas), qui en réalité demandent seulement que l'on prenne la peine d'analyser sérieusement les problématiques. Ce qu'ils demandent, c'est de ne pas foncer bille en tête dans le mur avec des solutions simplistes et erronées. En d'autres termes, quand il y a urgence, il y a surtout urgence de ne pas se dépêcher! Ou plutôt, il faut se dépêcher de réfléchir, pas de mouliner des bras et des jambes dans tous les sens pour donner l'impression d'agir. Et ensuite accuser le reste du monde de ses échecs. Ce qui vaut aussi pour ces citoyens qui pleurnichent à longueur de temps sur l'incompétence des politiciens qu'ils ont pourtant directement ou indirectement contribué à porter au pouvoir!

Par exemple, la mondialisation, que vous expédiez en quelques préjugés bien ressassés, mériterait que l'on se penche un peu plus sur ce qu'elle signifie réellement. C'est un terme qui, depuis maintenant une trentaine d'années, provoque moult affirmations, soit dithyrambiques, soit catastrophistes, mais rarement basées sur des analyses complètes. Bien sûr, si vous commencez à regarder de près l'histoire de la mondialisation et de la globalisation ainsi que leur diverses dynamiques, vous vous rendez compte que les choses ne sont plus aussi évidentes. On réalise ainsi que ces phénomènes ne datent pas d'hier et que nombre de problèmes qui leur sont imputés d'office, sont souvent dûs à d'autres facteurs, notamment de politiques, souvent purement nationales. On se rend aussi compte que l'immigration est un processus aussi ancien que le genre humain et que c'est effectivement à diverses formes de migration que nous devons la prospérité actuelle de l'Europe, mais aussi d'autres régions du monde, dans le passé. S'ils demandaient un peu plus leur avis aux historiens, aux anthropologues et aux paléontologues, et pas seulement aux patrons d'entreprise, aux économistes ou aux militants d'ONG et autres lobbies de gauche, les politiques arriveraient peut-être à trouver non seulement des solutions plus réalistes que celles proposées et essayées depuis une trentaine d’années, mais ils y trouveraient aussi les ressources nécessaires pour les expliquer à la population!

Mais pour cela, il faut accepter de prendre le risque électoral de s'arrêter 5 minutes et de considérer les choses dans leur complexité.

Par ailleurs, en tant que Suisse, je ne désire certainement pas un durcissement des procédure d'expulsion vis-à-vis de ces étrangers, que vous dénigrez de l'épithète "opportunistes" (comme si le fait de saisir une opportunité, c'est-à-dire la chance, était une mauvaise chose), qui se sont parfaitement adaptés à notre mode vie et intégrés dans nos univers sociaux et professionnels. Je n'ai pas non plus l'intention de voter pour un quelconque durcissement des lois concernant l'asile, qui ont atteint un niveau de restriction tellement absurde que l'on en vient à dire à des personnes directement menacées et visées par leurs gouvernements (i.e., la définition la plus restrictive du "vrai" requérant d'asile) qu'elles n'avaient qu'à se tenir à carreau et ne pas provoquer la colère de leurs dirigeants! Enfin, l'idée de renvoyer les "étrangers criminels" me paraît tout simplement insupportable, quand on sait que l'UDC, qui a inauguré cette expression, inclut parmi eux non seulement des personnes résidant en Suisse grâce à un titre de séjour plus ou moins permanent, mais également les personnes naturalisées ces 25 dernières années, à savoir, des citoyens suisses de première génération! Par ailleurs, il serait peut-être temps de reconnaître que nos propres lois sur l'asile et les réfugiés contribuent à générer une partie de cette criminalité, en interdisant, par exemple, aux requérants d'asile de travailler (autrement que bénévolement, mais, rares sont ceux qui sont venus en Suisse faire du volontariat ou même de l'humanitaire, n'est-ce pas...) jusqu'à plus de 6 mois après qu'ils aient obtenu leur statut!

Quand les démagogues en tous genres, qui passent leur temps à caresser leur électorat dans le sens du poile et à s'en prendre à ceux qui n'agissent pas comme eux, auront le courage de dire au "peuple" (c'est-à-dire, à tous les citoyens) les faits, même ceux qu'il n'a pas envie d'entendre, alors peut-être verrons-nous émerger des politiques véritablement ambitieuses et une nouvelle confiance en nos élus!

Écrit par : Hitomi | 08/09/2010

Combien de Selmini en Suisse?................
Les lois, l'Etat, la justice sont des concepts de plus en plus mal compris de nos braves payeurs d'impôts (citoyen).

Écrit par : Riro | 08/09/2010

Les comptes à numéros, l'exploitation des ressources de façon criminels, là est le problème N° 1 de la planète !
Si la Suisse rendait les dizaines de milliers de milliards volés aux peuples exsangues de notre planète, il n'y aurait plus de problèmes d'immigrations !

Le problème N° 1 de la planète, c'est principalement la Suisse ainsi que d'autres paradis fiscaux !

Écrit par : Corto | 09/09/2010

La Suisse a un taux d'étrangers qui frise bientôt 25% : des travailleurs de l'UE, des secundos pas naturalisés, des étrangers de longue qui ne veulent pas se naturaliser, des représentants internationaux de passage, etc...mais aussi de nombreux sans papiers qui travaillent au noir mais sans grand problème. Ce que nous dénonçons, ce sont ces clandestins et pseudo requérants qui viennent sur le territoire dealer, trafiquer, faire de la prostitution, peu nombreux en soi en rapport au pourcentage de la population.Cette frange qui engendre la petite criminalité et un sentiment réel d'insécurité au sein de la population de d'autant plus que les Autorités ont du à trouver des solutions adéquates et définitives, la justice ne répond plus au attentes des citoyens...bref nous laissons champ libre au délinquants qui ont pris pied dans nos territoires. Pour répondre à RIRO : effectivement si les pays du tiers monde étaient des démocraties avec un système éducatif et donc économique entraînant l'apparition d'une classe moyenne conséquente, une élite intellectuelle et culturelles en place, un contrôle du taux de natalité pour endiguer la surpopulation et l'exode et aussi un contrôle par des Parlements élus des biens publics, etc... En effet la Suisse comme de dizaines autres places financières dans le monde auraient moins de comptes de didacteurs ou haut-fonctionnaires.......

Écrit par : Sirène | 09/09/2010

J'ai souvenir d'une intervention de la Cheffe de la Police à Genève, où Madame Bonfanti relevait que les accords de Schengen-Dublin étaient l'un des motifs, à travers l'immigration libre, de la hausse de la criminalité, ce qui est pourtant un fait reconnu en Euope. Ses propos avaient été jugés intolérables par le monde politique genevois, alors que cette femme n'énonçait qu'un constat en lien avec votre billet du jour. Que l'immigration soit économique, sociale, politique, criminelle ou liée aux droits humains, elle doit être revue afin d'être maîtrisée, contrôlée et surtout que les conditions de vie des migrants reconnus soient améliorées.

Meilleurs messages, Walter SCHLECHTEN

Écrit par : Walter SCHLECHTEN | 09/09/2010

A tous les peuples ayant été spoliés par les banques suisses, Venez en Suisse par millions, votre patrimoine est là, il n'y a aucune raison que des lois autorisent la présence d'un recèle de votre patrimoine et vous exclure en tant qu'être humain !

Quand les banques suisses auront rendu les dizaines de milliers de milliards aux peuples spoliés alors vous pourrez retourner dans vos pays propices à la vie ! ! !

Écrit par : Corto | 09/09/2010

Voilà un point de vue original ! Il me semble que la pauvreté, l'emploi, la santé, les conflits armés et la formation sont des problèmes mondiaux autrement plus importants. Par ailleurs, si vraiment on considère l'immigration comme un problème, non pas comme le premier au niveau mondial mais à tout le moins comme prioritaire, la décence voudrait au minimum qu'on parle du problème des migrations... et pas de l'immigration qui ne considère que la moitié de la question et néglige celui de l'émigration.

Enfin, je suis frappé que ce qui appelle tant d'urgence selon votre note c'est le risque du vote populiste plutôt que l'indécence de la pauvreté, le scandale des morts évitables qui ont lieu chaque jour en raison des égoismes nationaux, l'indécence des comportements coloniaux du Gouvernement français par exemple qui entretient des potentats locaux tel Bongo au Gabon, comme s'il s'agissait de Gouverneurs Généraux.

Ensuite la note est étonnante.. puisqu'elle propose d'agir vite, mais ne mentionne aucune piste d'action - il faudrait courir peu importe la direction : faut il augmenter l'aide au développement ? Faut il mettre un terme au secret bancaire qui viole les ressources fiscales des pays en développement ? Faut il mettre un terme aux barrières douanières et aux subventions agricoles en Suisse, dans l'Union Européenne et aux Etats Unis qui condamne à la misère puis à l'émigration toute une population des pays en voie de développement ? Faut il cesser d'attirer les personnes les mieux formées des pays en voie de développement ? Faut il subventionner des organisations qui luttent contre la corruption ? Faut il favoriser l'investissement privé ? Faut il simplement avoir une réflection sur nos pays vieillissants dont les plus âgés se sentent marginalisés par les nouvelles générations multiculturelles faute d'avoir eu assez d'enfants eux mêmes ? Ou suggérez vous au contraire de construire des murs, des barbelés et des terrains minés qui seront de toute façon moins efficaces que les océans naturels que défient à la nage, au risque de leur vie, ceux qui n'ont plus d'espoir dans leur pays ?

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 10/09/2010

L’affaire Thilo Sarrazin : l’Europe court à sa perte… par Guy Millière



Un livre a été publié ces derniers jours en Allemagne qui a été beaucoup commenté, qui a fait scandale, et qui a été honteusement caricaturé. Le livre a pour auteur Thilo Sarrazin, membre du directoire de la Bundesbank, et (jusqu’à ce jour) du SPD, parti social-démocrate. Il a pour titre « Deutschland schafft sich ab » , soit : « L’Allemagne court à sa perte ». Il se vend très bien. Je doute qu’il soit traduit en français. Je compte dès que possible mettre en ligne ici, avec l’aide de Jean Patrick Grumberg, une vidéo sur le sujet permettant à ceux qui me lisent d’entendre ce que Thilo Sarrazin dit, ce qui est mieux que des commentaires de seconde main et, surtout, bien mieux que des caricatures diffamatrices.



Ce qui me semble devoir être souligné, d’abord, est qu’on prête à Thilo Sarrazin des propos antisémites : c’est là une allégation sans fondement.



Thilo Sarrazin parle de traits génétiques communs à tous les membres du peuple juif. Il ne fait que reprendre là des analyses menées par des chercheurs juifs eux-mêmes, ces dernières années, et très largement commentées aux Etats-Unis, particulièrement dans la presse juive (cf. par exemple « Jewish Genes », sur le site de l’Aish Ha Torah : aish.com) : le très lourd passé antisémite de l’Europe fait peser un tabou sur des recherches pourtant fondées, et aboutit à un aveuglement qui conduit aux pires dérives, celles qui ont pu mener à accorder, par exemple, une publicité nauséabonde à l’ouvrage de Shlomo Sand, « Comment le peuple juif fut inventé », qui est à mes yeux un ouvrage négationniste.



Ce que montrent les analyses dont je parle, et que cite Thilo Sarrazin, c’est que les membres du peuple juif ont des origines communes : elles ne sont que la confirmation de l’histoire du peuple juif. Et seuls les antisémites peuvent trouver problématique l’affirmation que le peuple juif a des origines communes.



Thilo Sarrazin note, par ailleurs, que le peuple juif n’a cessé de montrer des capacités d’intelligence et de créativité supérieures à la moyenne, ce qui est rigoureusement exact.



Pour des gens qui ont l’amour de la réussite, il n’y a là que motif à se réjouir. Pour des gens envieux et ressentimentaux, il peut y avoir motif à jalousie et à détestation. Je pense qu’une part importante de l’antisémitisme vient de l’envie et du ressentiment. Et je pense qu’on ne combat pas l’envie et le ressentiment en niant la réalité, mais en combattant frontalement envie et ressentiment, et en faisant preuve de vigilance à leur sujet.



Il n’y a ni envie ni ressentiment chez Thilo Sarrazin. Il y a, au contraire, un amour de la réussite.



Les considérations sur le peuple juif, cela dit, ne sont qu’épiphénoménales dans le livre de Thilo Sarrazin. Ce qu’on lui reproche est ailleurs.



« L’Allemagne court à sa perte » traite, de fait, essentiellement de l’islam, du remplacement de populations qui s’opère en Allemagne comme en d’autres pays d’Europe, et qui voit la proportion de musulmans s’accroître rapidement. Non seulement, dit Thilo Sarrazin, la proportion de musulmans s’accroît, mais les populations musulmanes ne s’intègrent pas. Elles s’installent en Allemagne, comme dans le reste de l’Europe en gardant non seulement leur religion, mais l’intégralité d’un mode de vie dont de nombreux aspects sont peu compatibles, voire pas compatibles du tout, avec ce que Karl Popper appelle les « sociétés ouvertes ». Qu’en est-il, dans l’islam, de la séparation des secteurs économiques, politiques et juridiques du religieux ? Thilo Sarrazin ne répond pas, et dit seulement que les sociétés ouvertes sont en danger. Il ajoute que l’islam ne vient pas s’insérer dans les sociétés ouvertes, mais agit au contraire pour éroder celles-ci pour en faire des sociétés fermées où se remettront en place les hiérarchies inhérentes aux sociétés musulmanes : les hommes placés au dessus des femmes, les musulmans placés au dessus des dhimmis. Il note aussi que le rapport de l’islam au savoir débouche sur une mauvaise intégration aux circuits scolaires et à une baisse du savoir faire, des connaissances acquises et du niveau intellectuel. Il évoque le quotient intellectuel moyen des populations musulmanes, et note que celui-ci est, lui, relativement bas. Ce qui, écrit-il, semble peu compatible avec une société entendant rester développée.



Les raisons expliquant ce quotient intellectuel moyen, constaté par de nombreux chercheurs, peuvent avoir de nombreuses causes : l’une d’elles est sans doute les lacunes en termes d’ouverture d’esprit, de curiosité, et de volonté de découvrir les autres cultures qui imprègnent jusqu’à ce jour le monde musulman qui, selon des rapports de l’ONU, constitue la région la plus sinistrée du monde en termes de développement humain.



Des gens qui ont l’amour de la réussite, là, regarderaient en face les problèmes soulevés par Thilo Sarrazin, discerneraient que défendre les sociétés ouvertes est important, que poser la question de la compatibilité de l’islam et des sociétés ouvertes est également important, et que se confronter aux blocages qui affectent l’islam et le monde musulman est crucial, pas seulement pour les sociétés ouvertes, mais pour les populations musulmanes elles-mêmes.



Des gens envieux et ressentimentaux, eux, bien sûr, ne voudraient pas regarder les problèmes. Ils pratiqueraient l’aveuglement volontaire et tenteraient d’empêcher toute forme de débat.



Pour eux, les sociétés ouvertes peuvent disparaître.Pour eux, les blocages qui affectent l’islam et le monde musulman, doivent être ignorés.



Les gens qui ont l’amour de la réussite voient que des différences existent entre les êtres humains, que les cultures ne sont pas égales et, surtout, pas également fécondes. Ils voient que certains principes sont précieux en ce qu’ils permettent de respecter l’être humain, et, entre le respect pour une culture qui mutilerait l’être humain, et le respect pour l’être humain lui-même, ils choisissent le respect pour l’être humain.



Les gens envieux et ressentimentaux nient les différences et entendent substituer à l’égalité de droit une égalité de fait qu’ils entendent imposer, sur un mode qui a des accents totalitaires. Ils ne considèrent pas que certains principes sont précieux et, pour détruire les principes, agitent des mots qu’ils ont vidé au préalable de leur sens. Entre le respect pour une culture, et le respect pour l’être humain, ils choisissent le respect pour la culture, surtout, semble-t-il, si la culture concernée mutile l’être humain. Ce sont des anti-humanistes.



Je dois le dire : les réactions au livre de Thilo Sarrazin sont imprégnées d’envie, de ressentiment, d’anti-humanisme, de fausse lutte contre le racisme et l’antisémitisme, de fausse lutte contre cette notion aussi grosse qu’une dent creuse, l’islamophobie, et imprégnées aussi d’aveuglement délibéré, de mépris fondamental pour ce que sont les sociétés ouvertes, de déférence obséquieuse pour l’islam bloqué, et de dédain tant pour les peuple européens, pour le peuple juif, que pour les populations musulmanes soumises à l’islam bloqué.



Ce n’est pas seulement, en ces conditions, l’Allemagne qui court à sa perte. C’est l’Europe entière.



Très significativement, tandis que certains osaient sans vergogne traiter Thilo Sarrazin d’antisémite sans qu’il le soit un seul instant, un homme tenait effectivement, lui, des propos antisémites avérés sans que personne ou presque ne s’indigne. Cet homme a une position importante : il est commissaire européen au commerce, et agit donc au nom des vingt-sept pays de l’Union. Il s’appelle Karel de Gucht.



Il a parlé, voici peu, du pouvoir du lobby juif qui, selon lui, contrôlerait les Etats-Unis, et empêcherait la paix sur terre, de la certitude du « juif moyen » d’avoir raison en toutes circonstances, et a ajouté qu’ « il n'est pas facile, même avec un juif modéré, d'avoir une conversation rationnelle ».



Non seulement personne ou presque ne s’est indigné, non : mais on a même noté dans plusieurs journaux, qu’il a un « franc parler ». Jose Manuel Barroso, lui, a déclaré que l’incident était « clos ». Catherine Ashton a précisé de son côté, qu’il n’y avait là rien d’offensant et pas d’intention d’offenser.



En Europe aujourd’hui, dire que le peuple juif existe et qu’il a apporté, et continue à apporter, à l’humanité vaut les pires suspicions et les pires insultes. Dire que les Juifs ont trop d’influence, manoeuvrent dans l’ombre et sont irrationnels est, semble-t-il, tout à fait « normal ».



Défendre l’idée de société ouverte, et parler des dangers pour les sociétés ouvertes et pour les êtres humains eux-mêmes qui sont inhérents à certaines cultures, et plus particulièrement à l’islam, vaut d’être traîné dans la boue. Contribuer à dissoudre l’idée de société ouverte depuis les hauteurs technocratiques de Bruxelles, et placer les Juifs en position de boucs émissaires de l’absence de paix, tout en fermant les yeux sur l’islamisation de l’Europe, fait , semble-t-il aussi, partie de la « normalité ».



Ai-je besoin d’ajouter quelque chose?


Guy Millière

Écrit par : Corto | 11/09/2010

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