13/03/2012

C’est la faute aux Français !

Depuis l’Escalade au moins, il est de bon ton d’accuser les Français de tous les maux genevois. Mais depuis quelques temps, le niveau d’aigreur des Genevois (de certains, pas de tous, heureusement !) a pris l’ascenseur. Les Français donc ne voudraient pas payer leur part du CEVA, ils ne voudraient pas construire de parkings P+R pour éviter d’envahir Genève avec leurs voitures, ils sont incapables de s’entendre entre eux, leur mille-feuille institutionnel est totalement inadapté à notre belle organisation fédérale, ils ne respectent pas les règles de la circulation et se comportent mal sur nos routes, ils exportent leur criminels et leur racaille dans les Rues Basses et bientôt dans la gare de Champel… Bref, j’en passe et des meilleures.
Les Français, je n’en disconviens pas, ne sont pas des saints et sont incontestablement bourrés de défauts. Tandis que les Genevois, eux, c’est bien connu, n’ont que des qualités et leur canton est la Huitième Merveille du monde. Toutefois, sous l’influence de 35 années d’un calvinisme pesant qui a fini par dompter ce qui me restait de mon éducation catholique, je me hasarde à tenter d’appliquer la recommandation biblique qui consiste à examiner si la paille qui est dans l’œil des Français ne cacherait pas la poutre qui est dans celui des Genevois.
Car est-ce vraiment la faute des Français si Genève est incapable de construire des logements en nombre suffisant pour ses travailleurs ?


Est-ce la faute des Français si Genève est incapable de construire une traversée du lac pour désengorger le trafic au centre-ville ? Si elle a démoli ses trams dans les années 1960 pour les reconstruire à grands frais cinquante ans plus tard ? Si Genève accueille 1000 multinationales et est incapable de fournir la main d’œuvre locale pour répondre à la demande d’emplois ? Si ses entrepreneurs de la construction et de la restauration emploient de la main d’oeuvre extérieure à bon marché pour faire pression sur les salaires et se garantir des marges confortables ? Si nos hôpitaux et nos écoles sont incapables de former en nombre suffisant des infirmières suisses et importent chaque jour 3500 infirmières frontalières pour soigner nos malades ? Si nos douanes et notre police sont incapables de recruter assez de douaniers et de policiers pour faire face à la criminalité ? Si nos entreprises et nos établissements publics recrutent à grands frais des hauts cadres et du petit personnel au fond des Flandres, de la Picardie ou de l’Ile Maurice avant de découvrir, tout surpris croix de bois croix de fer, que c’est décidément trop et qu’il convient de privilégier les résidents locaux ? Si notre aéroport international, fierté de nos édiles, est pratiquement inatteignable pour les Savoyards qui veulent aller à Paris et les Anglais qui veulent aller skier à Chamonix ? Si nos lois et notre ordre juridique empêchent de construire en permettant la multiplication des recours ? Si la Ville, nos communes et le canton se livrent à une guerre de harcèlement continuelle en se démolissant les uns les autres ? Si nous refusons de sacrifier notre zone agricole, nos forêts, notre zone de villas, notre qualité de la vie en rejetant les nuisances et les coûts (d’écoles, d’équipements, de santé, etc.) de l’autre côté de la frontière en accordant une aumône de 3% sur les salaires alors que nous en gardons 25 pour nos propres dépenses ?
On pourrait continuer, mais par charité je limite provisoirement ma liste à ces quelques questions.
Chères lectrices, chers lecteurs, je sais qu’il existe de nombreuses personnes parmi vous pour répondre honnêtement à ces questions et reconnaître que les Genevois, aussi géniaux soient-ils, ne sont peut-être pas vierges de tous défauts dans la gestion de la région. Mais en attendant, je ne me fais pas d’illusion et je sais que ces propos, dès qu’ils seront sur internet, seront accueillis par des tombereaux d’injures. Certains m’accuseront même de trahir la patrie. C’est sans importance car si nous voulons résoudre nos problèmes il faudra bien, un jour, accepter de les poser sur la table tels qu’il sont et non tels qu’on aimerait qu’ils soient.





09:13 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (12)

Commentaires

Que voilà un étalage culturel bien digne d’un ancien président de notre Grand-Conseil !

« Depuis l’Escalade au moins, il est de bon ton d’accuser les Français de tous les maux genevois. »

a) L’agresseur de 1602, c’était la Savoie, pas la France.
b) De plus, les troupes engagées étaient des mercenaires espagnols.

c) La Mère ROYAUME (c’est le patronyme de son mari Français) était une Lyonnaise réfugiée à Genève

d) La France était - comme les Confédérés - du côté de Genève.

=> Des aigreurs de frappe ?

Écrit par : Les Dix Gagas | 13/03/2012

( Mais Nom de Nom! Les dix Gagas qu'avez vous donc contre les espagnols !!! ...Brillante opération militaire foutue en l'air par une soupe...La guerre est un art et non une science...Et dans ce sens dépendante du hasard et victime des aléas gastronomiques ) Qui vous dit que nous aurons besoin d'une traversée autoroutière de la Rade en 2030 alors même que nous ne savons pas de quelles sources d'énergie nous pourrons disposer, d'ici là, pour déplacer nos individualités réifiées (assises sur nos popotins) ?????

Écrit par : Michel Servet | 13/03/2012

"Qui vous dit que nous aurons besoin d'une traversée autoroutière de la Rade en 2030 alors même que nous ne savons pas de quelles sources d'énergie nous pourrons disposer, d'ici là, pour déplacer nos individualités réifiées (assises sur nos popotins) ?????"

Pour vous paraphraser, il y a belle lurette que nous aurions dû traverser la rade "assis sur nos popotins" si la gauche n'avait pas mis son véto, déplaçant, elle, ses individualités réifiées (assises sur leurs popotins) en taxi!

En 2030, pour vous, ce serait donc le retour des calèches ?!!!

N'importe quoi!

Écrit par : Patoucha | 13/03/2012

Notre aéroport international inatteignable pour les Savoyards voulant aller à
Paris et les Anglais voulant aller à Chamonix...
Désolé je ne comprends pas votre assertion, pouvez-vous svp éclairer ma lanterne.
Merci d'avance

Écrit par : bidouille | 13/03/2012

Sans remonter aux temps anciens, je me permets de signaler aux haineux des frontaliers que les communes françaises proches de Genève abritent nombre de nos compatriotes des classes moyennes (les loyers genevois n'étant pas à leur portée) dont certains, en ne se déclarant pas comme résidant permanent, échappent à l'impôt sur le revenu. J'ajoute que la pression immobilière suisse est source de nombreux problèmes dont l'envolée du prix des terrains constructibles et l'engorgement des infrastructures sont les plus récurrents.

Écrit par : Roland Peccoud | 13/03/2012

Cher/ère Patoucha, paraphrasez tant que vous voudrez et permettez moi de préciser que nous n'aurons jamais assez de foin pour nous déplacer tous en calèche...Je suis absolument d'accord avec votre constat scientifique : rien ne distingue un popotin de gauche d'un popotin de droite si ce n'est le taxi (Mercedes ) et la Mercedes (avec ou sans sans chauffeur) dans lesquelles ils s'asseyent respectivement.

Écrit par : Michel Servet | 13/03/2012

@Guy Mettan, merci pour cet excellent papier. Il a dans cette République et dans tous ses partis (ou presque :-) des visionnaires lucides et c'est fort heureux.
@Les Dix Gagas, les Confédérés n'étaient pas tous du côté de Genève, loin s'en faut. Les Réformés, l'étaient, Berne en particulier. Les catholiques restaient les alliés du Duc de Savoie. C'est d'ailleurs grâce à la pression insistante des Suisses sur leurs alliés respectifs que le Traité de Saint-Julien, qui organise la paix en 1603, put être conclu.
@ Roland Peccoud, les frontaliers, suisses ou français ne paient de toute manière pas d'impôt sur le revenu en France. Du moins ceux qui travaillent à Genève. Sauf s'ils ont des revenus en France, auquel cas ils sont imposés sur ces revenus seulement. Mais j'imagine que dans ce cas, ils se déclarent. Par contre aucune part de leur salaire n'est reversé à la France et cela n'est effectivement pas correct.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/03/2012

" Par contre aucune part de leur salaire n'est reversé à la France et cela n'est effectivement pas correct. "

Et hop!!! encore une faute à mettre sur le dos des français. Lol!!!

Écrit par : D.J | 13/03/2012

J'apprécie tout particulièrement d'une part la capacité de jugement de Ph. Souaille, qui considère G. Mettan comme un "visionnaire lucide" et d'autre part sa propre modestie qui lui permet de se ranger dans cette même catégorie d'oiseaux rares. Les anges volent parce qu'ils se prennent à la légère...

Écrit par : Clean | 14/03/2012

Les réactions à l'article de la TDG sur les HUG fait peur. Un lynchage dont semble se délecter la TDG qui ne modère rien, ou alors c'est encore plus grave.
En résumé, les Frontaliers sont obligatoirement Français, expatriés économiques d'un pays du tiers monde qui forment une sorte de société secrête pour se coopter les uns les autres. Parmi les différents commentaires, chacun y va de sa petite anectode, plus ou moins véridique (j'ai bien mon idée...) et il en découle que le Français est arrogant, radin, grossier, qu'il se plaint en permanence, et qu'il est sale. Oui, sale, puisqu'un des lecteur de la TDG nous relate une mésaventure lui étant arrivée dans un hopital français : Il aurait chopé des morpions parceque les lits étaient sales. Et si les lits étaient sales c'est parceque les infermières étaient... Française !

Je pense que le Tribun De Genvève doit se délecter de se déferlement de haine sur la Tribune de Genève...

Écrit par : antoine | 14/03/2012

On ne peut pas dire que l'on ne construit pas à Genève, il y a des constructions d'immeubles partout en ville et dans le Canton. Le problème, c'est l'immigration sans contrôle et Mr. Hiller qui cherche à attirer le plus possible d'enteprises qui mobilisent un certains nombre d'appartements. Le pire, c'est que l'Etat de Genève est dans les chiffres rouges, 400 millions
pour 2011, même avec tout ces emplois crées. Je ne parle même pas de la criminalité galopante, et l'neptie de la police qui n'arrive plus à suivre.
ABE

Écrit par : Safin | 14/03/2012

"......n'aurons jamais assez de foin pour nous déplacer tous en calèche..."

Lolllll Michel Servet,(quelle vengeance!..) la Chère Patoucha, s'interroge sur votre pessimisme! Donc, 2030 sera dans la dèche....

La vie en rose, la vie en rose, la vie en rose.. chantait l'autre :)))))))))

Écrit par : Patoucha | 14/03/2012

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