07/11/2012

Doubles standards et grandes hypocrisies

Depuis des décennies, les pays du Sud et d’Asie et de nombreuses ONG se plaignent de la manière dont l’Occident applique ses catégories morales au reste du monde et dénoncent le double standard qui prévaut en matière d’éthique globale et de relations internationales.
Le double standard consiste à appliquer les règles et le droit international de façon différenciée en fonction de ses intérêts matériels. Depuis que l’humanité est sortie de sa caverne, la morale et les intérêts n’ont jamais fait bon ménage dans les relations entre groupes humains concurrents. Mais ce qu’on reproche à l’Occident ce n’est pas d’avoir des intérêts – tout le monde en a – mais de se gargariser de ses valeurs morales et de ses principes universels incarnés dans la Déclaration des Droits de l’Homme et la pratique de la démocratie, pour mieux masquer la politique d’intérêts qui est la sienne.
Les exemples de double standard pullulent, le plus actuel étant sans doute celui de la Syrie et de l’Arabie saoudite. On ne cesse – avec raison évidemment ! – de flétrir, blâmer, anathématiser le régime de Bachar el-Assad au nom des grands principes universels des droits de l’Homme et de la démocratie. Editorialistes et politiciens ne trouvent pas de mots assez durs pour vitupérer l’infâme. Fort bien. Mais pourquoi alors ne pas piper mot et se prosterner benoitement devant le régime saoudien qui fait moins bien en matière de droits de la femme, et se taire devant celui de Bahrein qui torture et assassine ses opposants depuis quinze mois dans un silence médiatique et politique assourdissant ? On connaît la réponse : ils sont dans le bon camp puisqu’ils nous vendent leur pétrole. Et pourtant d’un côté, on n’a qu’une dictature, de nature politique, tandis que de l’autre on a une double tyrannie, à la fois politique et religieuse !

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09:17 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

01/11/2012

Calvin, Rousseau, Dunant, au secours ! Revenez vite!

Mais quelle guêpe venimeuse a piqué Genève ? Depuis quelques années, le vent mauvais de la xénophobie, de la haine, du soupçon permanent contre l’étranger, le frontalier, le requérant d’asile souffle sans pitié dans toutes les rues du canton et jusqu’aux sommets de l’Etat, qui se met à prêcher pour une « préférence cantonale » dont on se demande quel sens elle peut avoir alors qu’hier on vantait les bilatérales et la libre circulation !
C’est frappant de voir combien ce canton si fier de son ouverture et de sa Genève internationale, qui se prétend être la capitale mondiale d’à peu près tout, des droits, de l’homme, de la santé, de la propriété intellectuelle ou de la physique des particules, peut devenir tout à coup mesquin, étroit, rabougri, ratatiné. On se glorifie de Calvin, on cultive la nostalgie de la « Rome protestante », on montre avec fierté aux touristes la maison natale de Rousseau et le jardin des Délices de Voltaire, on se félicite d’avoir donné naissance à Henry Dunant et à la Croix-Rouge, on débauche sans vergogne les infirmières et les médecins européens pour soigner nos malades, et, dans le même temps, on fait la chasse aux cadres français dans les hôpitaux, on blackboule le patron de la deuxième entreprise du canton parce qu’il avait le tort d’habiter vingt kilomètres trop loin pour présider pour présider les transports publics, et on passe au crible l’administration pour être sûr qu’un frontalier n’a pas usurpé son poste.

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