08/01/2013

Ces pierres qui changent le destin

Si un simple caillou turc parvient à changer l'avenir du Valais, pourquoi des milliards de tonnes de schistes ne changeraient-ils pas le destin de la planète ?Si on ne sait pas encore comment la pierre turque va influer sur la vie des Valaisans, on peut en revanche mieux estimer combien l'exploitation des gaz de schiste va refaçonner la géographie et l'histoire des prochaines décennies.
La nouvelle est en effet sortie il y a quelques semaines, mais sans qu'on en prenne vraiment toute la mesure: grâce au gaz et au schiste, les Etats-Unis redeviendront le premier producteur mondial de pétrole et retrouveront leur indépendance énergétique dès 2020, c'est à dire demain. Quant à la Chine, elle possède aussi de grandes réserves dans ses déserts occidentaux.Alors que l'Europe, elle, devra se contenter de racler les fonds de tiroir lorrains et polonais pour récupérer quelques barils du précieux liquide.
Si tout cela est vrai, et il n'y a pas de raison d'en douter, la face du monde en sera complètement bouleversée.


C'est d'abord une catastrophe pour le climat et la lutte contre les gaz à effet de serre. On peut déjà en voir les effets délétères à la conférence sur le climatique vient de se terminer à Doha. Le protocole de Tokyo, Rio +20, tout cela devient de l'histoire ancienne. Pour la planète, l'environnement, les économies d'énergie et les énergies renouvelables, et ceux qui s'en préoccupent, c'est un revers majeur. Face aux lobbies et aux facilités immédiates que procure un pétrole abondant, le réchauffement climatique, la désertification et les catastrophes qui vont avec ont de beaux jours devant eux.
C'est ensuite un bouleversement de la carte du monde. les Etats-Unis vont retrouver une puissance qu'ils avaient perdue, ce qui en soi n'est pas une mauvaise nouvelle: leur obsession pour le contrôle des ressources énergétiques devrait peser moins lourd sur la tête des populations du Moyen-Orient, d'Asie centrale et d'Amérique latine.
Dans ce grand jeu de Monopoly énergétique, la Chine devrait tirer son épingle du jeu. Quant à l'Europe, elle peut baisser le rideau. Ou alors elle devra se résoudre à choisir la seule option qui assurerait sa place et son indépendance: se lier avec la Russie au point d'en faire son partenaire privilégié, voire un membre d'une Union européenne renouvelée.
Bref, un grand chambardement s'annonce, spectaculaire. Avec ses menaces, nombreuses, et ses chances aussi. Il faudra s'y habituer, mais pas trop. Parce qu'une bonne dose de scepticisme et de révolte sera nécessaire pour garder cette planète habitable.

09:06 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

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