26/01/2015

Guides humanitaires

Comment accéder aux victimes dans des conflits armés de plus en plus fragmentés, avec des acteurs incontrôlables, imperméables au droit de la guerre et qui se méfient de plus en plus des opérateurs humanitaires qu’ils soupçonnent de biais ou d’agendas cachés ? Le défi de l’accès humanitaire aux populations civiles tend à devenir un enjeu encore plus crucial que la distribution effective des secours. C’est pour tenter de répondre à ce défi que la Suisse a sponsorisé la publication de deux guides pratiques, le premier sous forme d’un manuel pour les opérations de terrain et le second pour rappeler le cadre juridique et normatif. Le but est de clarifier les concepts, d’aider à résoudre les dilemmes et à interpréter les contextes culturels et religieux afin de se frayer un chemin vers les victimes. La Division Sécurité humaine du DFAE, le CICR, l’OCHA et l’ONG Conflict Dynamics International ont donc joint leurs efforts pour remettre à jour une méthodologie d’intervention crédible et efficace.


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→Pour évoquer les menaces que le Big Data fait peser sur le contrat social, l’ambassadeur Dussey du Centre genevois pour la politique de sécurité (GCSP) avait invité le philosophe et géostratégiste Nayef Al-Rodhan à exposer ses vues. Pour Al-Rodhan, les hommes ont de tout temps été prêts à sacrifier une partie de leur liberté en échange d’une certaine protection. Or ce pacte social menace d’être rompu non seulement par la quantité des informations recueillies, mais aussi par leur qualité (métadonnées sur les profils personnels) et par le monopole tentaculaire de ceux qui l’exercent, comme Google pour le secteur privé, et la NSA du côté étatique. Quand Google peut prévoir l’évolution de la bourse grâce aux informations stockées et le directeur de la NSA pouvoir « tuer des gens grâce aux métadonnées » recueillies sur eux, le pacte est rompu. Solution : surveiller les surveilleurs sans faiblir.

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→Mentionnons un intéressant partenariat public-privé entre l’ONG Aide et Action, qui se bat pour l’accès à l’éducation, l’Unicef et les sociétés Alcatel-Orange. Constatant que 55 millions d’enfants échappent chaque année à l’enregistrement légal et n’ont donc pas accès à l’école, aux soins et à leur carte d’identité, ils ont mis au point une application mobile qui permet de déclarer les naissances sans avoir à entreprendre des voyages longs et coûteux sur des routes incertaines. Des tests ont été réalisés au Sénégal et en Côte d’Ivoire avec un succès réjouissant : près de 100% d’enfants déclarés par les chefs de village au lieu des 25% habituels.


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→Le centenaire du génocide arménien aura lieu en 2015. L’Union générale arménienne de bienfaisance avait invité à Genève le professeur turc américain Taner Akçam pour faire le point sur la recherche historique, toujours en cours. Il apparait que le génocide a été bien davantage planifié qu’on ne l’avait pensé, les Turcs ayant décidé de stopper toute velléité d’indépendance arménienne après avoir perdu la Moldavie, la Roumanie, puis la Bosnie et la Bulgarie. Dans ce sens, contrairement à l’Holocauste, le génocide arménien apparait comme un processus de longue haleine qui visait d’abord à détruire l’identité nationale du groupe opprimé puis à lui imposer le modèle national de l’oppresseur, avant de passer à l’élimination physique.

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→ Et enfin, mentionnons que toute la communauté grecque et chypriote de Genève était récemment réunie pour commémorer les 40 ans de l’invasion turque de 1974 et de la partition de l’ile, et surtout, pour dénoncer le pillage dramatique du patrimoine culturel antique et chrétien dans la partie occupée.



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