03/08/2016

L'impossible fête nationale



Osons le dire, célébrer la fête nationale est devenu un activité parfaitement schizophrénique. D'un côté, l'élu qui refuserait de se soumettre au rituel bien rôdé de la tradition patriotique signerait son arrêt de mort politique. On considérerait à juste titre comme scandaleux le fait de se dérober à ce moment de haute liturgie civique.
Mais d'un autre côté, on considérerait avec une égale défiance celui ou celle qui voudrait dépasser les habituels clichés et les phrases creuses pour interroger la vraie et authentique signification de la fête nationale, à savoir la célébration de la nation conçue comme une communauté de destin (et non comme une addition d'individus et d'intérêts particuliers) habitant un territoire propre (et non un vague ensemble supranational à l'idéologie et aux contours flous).
Le défi est en effet impossible à relever: comment fêter la nation, ou le pays qui nous a vu naître et qui nous permet de vivre, alors qu'à longueur de discours les médias et les dirigeants politiques nous présentent ces derniers comme des concepts obsolètes et qu'ils vantent sans cesse les mérites de la globalisation économique, de l'effacement des frontières, du dépassement de la nation comme le seul horizon souhaitable de notre avenir? Comment fêter la nation comme communauté de valeurs et de destin alors que la majeure partie de l'activité politique consiste à promouvoir les intérêts particuliers de telle ou telle minorité bruyante au détriment de la majorité silencieuse ? Le sens de l'intérêt collectif, du bien commun, s'est dilué dans les revendications catégorielles - défense des fonctionnaires, des handicapés, des LGBT, des malades du sida, des surdoués, des victimes de viols ou de pédophiles - toutes activités fort louables au demeurant mais qui finissent par occuper la totalité de l'espace public disponible.
Si la lutte contre les discriminations de toutes sortes est une condition nécessaire du vivre ensemble, ce n'est pas une condition suffisante. La nation, le pays, exigent un supplément d'âme, une volonté commune, une espérance eschatologique, une dimension sacrée devait-on dire si ce mot avait encore un sens. Or de tout cela il ne peut être question dans les discours du Premier Août. Évoquer la Suisse comme une valeur sacrée vous classe immédiatement dans la catégorie des ringards bons pour la poubelle.
Comment s'étonner dès lors que la commémoration de la fête nationale soit de plus en plus fade et privée de grâce et d'émotion? Comment se projeter dans l'avenir si le passé est oublié et le présent tronqué par l'absence d'une terre identifiable et bien délimitée, qui est le seul et unique fondement de la souveraineté et de la démocratie. A force de vouloir concilier l'inconciliable, les discours sont condamnés à surfer sur la surface des choses et à célébrer le particulier au détriment du général.
La substance perdue, ne subsiste plus que le rite. Ce qui est sans doute mieux que rien. Mais comment s'en contenter?


Commentaires

Et la palme de l'imbecillité et de l'attaque gratuite revient à...François Baertschi, secrétaire général et saltimbanque du MCG depuis le départ du leader massimo. Manifestement en mal d'arguments politiques de fond, il tente lamentablement de tacler le Maire de Genève, Guillaume Barazzone, en allant jusqu'à pondre un blog pour l'accuser d'avoir supprimé l'hymne national des festivités du 1er août au Parc des Bastions.

Petits détails: le cantique suisse était bel et bien au programme, a été chanté par le public, alors que François Baertschi, pourtant élu municipal en Ville, a quant à lui brillé par son absence.
Me revient alors cette citation de Pierre Dac en guise de conclusion: "Parler pour ne rien dire, et ne rien dire pour parler, sont les deux piliers fondamentaux de ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir!"

Il est temps que la nouvelle présidente, si elle existe réellement, faasse le ménage. Quand bien même elle a perdu le service du concierge portugais de service

Écrit par : Enrique Toy | 03/08/2016

"célébrer la fête nationale est devenu un activité parfaitement schizophrénique"
Formulation inexacte. Il y a clivage, certes, mais dans la population elle-même, entre européistes internationalistes "citoyens du monde" et autres fadaises et les gens qui forment la plus grande partie du peuple, qui restent attachés à la Suisse et ses valeurs. En France, en raison de la présence d'une forte présence allochtone fortement hostile aux autochtones, cette situation est au bord de guerre civile. Les élites suisses romandes sont fascinées par la France et vous donne cette impression. Mais la Suisse est composée de deux tiers de Suisses allemands, au grand dam de nos fanatiques francophiles des médias...

Écrit par : Géo | 03/08/2016

Mon commentaire est un témoignage.
Sera-t-il publié?

Il serait grand temps de cesser d'occulter foi ou spiritualité.

L'homme qui ne se nourrit pas que de pain... depuis qu'il ne se préoccupe plus de grand chose d'autre que de finance se porte-t-il mieux?

Que deviendront ses descendants?

Je redis que c'est en s'affirmant soi-même, sans autosuffisance que l'on se sent non "européen" parce que... de ce continent nous le sommes (avec ou sans l'accord de Mme Merkel ou M, Juncker) mais également citoyens du monde.

Une recherche choisie non superstitieuse vous confirmera que la correspondance avec les être chers qui nous ont quitté n'est pas plus légende que bigoterie.

On ne peut élever ces futurs adultes responsables que sont nos jeunes sans éthique.

Foi et loi.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 03/08/2016

@Géo
"Il y a clivage"
Non, il y a des avis différents. Le clivage est ressenti par l'extrême droite parce qu'il souhaite la guerre, comme l'on peut lire dans certains commentaires. Et cette extrême droite est plus particulièrement présente dans les vieilles générations.

Si il y a clivage, c'est entre la jeunesse et les générations qui vieillissent dont une petite partie n'arrivent plus à accepter que le monde change, et que ce monde appartient à la jeunesse. Cette jeunesse n'a pas la nostalgie d'un monde qu'elle n'a pas connu.
Et une partie de cette "vieille" génération s'enferme dans une utopie conservatrice, aigri parce qu'elle n'est pas suivi.
Il en a toujours été ainsi depuis que l'Homme existe.

Il y a 100 ans, un conservateur n'aurait jamais accepté que les femmes puissent voter, ou que les vacances soient payé. Mais actuellement aucun conservateur serait d'accord de revenir en arrière.

L'Histoire a rassemblé les Etats suisse pour en faire une nation, malgré le refus des conservateurs. Il en sera de même pour l'Europe, d'autant plus si le monde devient instable.
La notion d'Europe est entré dans les mœurs. Même l'extrême droite utilise la notion d'Europe dans un sens solidaire, pour parler d'"invasion".
Il faudra peut-être 20, 50 ou 100 ans, mais je ne doute pas de l'avenir de l'Europe qui finalement ressemblera peut-être à la Suisse.

Écrit par : motus | 03/08/2016

@motus

Alors, essayons d’expliquer le ressenti… des «vieux cons»

«Non, il y a des avis différents»

Ce n’est pas précis. Il y a des interprétations différentes des événements, des faits.

«Le clivage est ressenti par l'extrême droite parce qu'il souhaite la guerre»

C’est un raccourci insidieux pour jeter l’anathème sur une partie de la population.

Une partie de la population qui ressent qu’on LUI FAIT LA GUERRE en lui IMPOSANT une insécurité croissante. Ces gens veulent seulement pouvoir se défendre contre leurs agresseurs.

«cette extrême droite est plus particulièrement présente dans les vieilles générations.»

Façon politiquement correcte de désigner les «vieux cons».

«n’arrivent plus à accepter que le monde change»

Ah bon ! C’est quoi le monde qui change ? le monde changé ?

Un monde où il ne se passe pas un jour, où essentiellement des jeunes crétins commettent des actes de barbarie innommables au nom de croyances débiles…

Pour un monde changé, ça serait plutôt le retour au Moyen-Âge !

Et nous «vieux cons» qui avons mis tant de lustres à comprendre que l’humanité s’est faite rouler dans la farine par toutes ces religions de paix et d’amour, sommes mis au pilori parce que nous dénonçons celà.

Pffh !!!

Écrit par : petard | 04/08/2016

motus@ S'il y avait une extrême-droite en Europe, il y aurait déjà eu des morts chez les Musulmans et des mosquées brûlées. Votre façon de travestir la droite en extrême-droite ne fait qu'indiquer vos tendances politiques...
Cela dit, je n'ai rien contre l'Europe que vous décrivez mais je pense que votre vision est très idéaliste, pour des raisons de masse critique de la démocratie. Les droits populaires quand on a affaire à 500 millions de personnes...
Pour le moment, l'Europe a une gueule d'Empire franco-allemand (mais l'Allemagne est le cheval et la France le jockey, dans l'esprit de certains...). La Suisse du 1er août n'aime pas l'Empire et ses sbires...

Écrit par : Géo | 04/08/2016

Monsieur l'auteur de ce blog,


Votre démarche consistant à faire passer pour mon témoignage ce que vous publiez de mes lignes ci-dessus n'est-elle pas ce qui "inspirait" à Jésus son célèbre "Gens de mauvaise foi!"?

En altitude Jésus invite ses disciples à redescendre en plaine, certes, mais aujourd'hui... ne les inviterait-il pas à prendre un peu d'altitude

au vu de l'état de cette planète?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 04/08/2016

Chère madame
Désolé mais j'ai publié tous les commentaires qui m'ont été adressés
Renvoyez le moi si vous le souhaitez

Écrit par : Guy Mettan | 04/08/2016

Cher Monsieur.

Tout d'abord grand merci pour l'attention que vous accordez à nos commentaires.

Au vu de votre réponse il doit y avoir eu oubli d'ENVOYER de me part!

Je ne garde pas mes commentaires mais dans les grandes lignes j'écrivais que, depuis longtemps, hélas, nous n'apportons plus nous Suisses l'attention et le respect dus à cette Fête en privilégiant saucisses et chahuts divers sans le moindre respect se rapportant aux orateurs,

Pensant aux étrangers en phase de naturalisation j'écrivais qu'il serait indiqué et sympathique, naturel ou simple de les familiariser avec les chants populaires de notre pays et je faisais également référence à Dalcroze, particulièrement eu égard aux jeunes enfants venus d'ailleurs Dalcroze véritable éducateur d'enfance, de nos enfances, rythmique, en commençant par l'écologique "Mon lac est pur...

Une part de mon commentaire également témoignage authentique paraît maintenant sur le blog de Rémi Mogenet:
"Scier une petite ampoule médicamenteuse fortifiante...

Merci, Monsieur.

Bel été.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 04/08/2016

Un rite accompli dans la bonne humeur, ce serait déjà pas mal. La plupart des pays "y arrivent", alors pourquoi pas nous ? Ah ! j'oubliais: nous sommes plus intelligents.

Écrit par : Mère-Grand | 04/08/2016

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