Gros orage et grêle dans le vallon de Barme

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4e étape-Morgins-vallon de la Vièze-Col des Portes du Soleil-Portes de l’Hiver-Les Crosets-Télésiège du Pas de Chavanette-Lapisa-Col de Cou-alpage de Berroi-Barme-Vendredi 26 juillet
Aujourd’hui, d’après Suisse Rando, il s’agit d’attaquer l’une des plus grosses étapes de ce tour : 22 km annoncés, qui en feront 25 au total, suite à quelques erreurs d’aiguillage.
Grâce à l’averse de la veille, il fait frais, le sol est humide, la poussière est enfin retombée, les feuilles et l’herbe ont reverdi, les fleurs se sont épanouies. Le chemin le long de la Vièze est un enchantement avec son entrelacs de ponts de bois, de lapés géants et de sapins ombrageux. Au fond du vallon, le chemin monte jusqu’à la buvette de l’alpage de Tovassière et de là, au Col des Portes du soleil. Encore un petit effort, pour dépasser les 2000 mètres, et le chemin redescend sur les Crosets jusqu’à la cantine de Chaux Palin, une ancienne écurie reconvertie, qui est restée dans son jus.
Puis le chemin part en faux plat jusqu’à Chavanette, Ripaille et la buvette de Lapisa. Les kilomètres défilent. A la buvette, entièrement rénovée, la terrasse est pleine, la serveuse ne sait plus où donner de la tête. J'échange quelques mots avec le professeur Bouvier, qui a longtemps enseigné le grec moderne à l’Université et fidèle habitué de la vallée. Mais impossible de s’attarder trop longtemps.
Les cumulus n’annoncent rien de bon et il me reste au moins deux bonnes heures de marche pour arriver à Barme. Je repars donc pour le Col de Cou, à 1h15 de là. J’y suis en une heure et ai à peine le temps de faire une pause que le ciel devient tout noir. La foudre commence à frapper les contreforts des Dents Blanches et les premières gouttes se mettent à tomber. Je me précipite sur le chemin de crête qui redescend sur Barme et je bute sur l’orage qui remonte le val de Barme depuis le Ruan. La pluie et le tonnerre redoublent d’intensité au moment où j’arrive à l’alpage de Berroi. Ses occupants, la famille Mariétan de Champéry, sont en train de rentrer les vaches pour la traite. J’ai juste le temps d’amorcer la discussion avant que l’orage se déchaine. Eclairs, coups de tonnerre et un rideau de pluie tombent sur les Dents Blanches, juste en face de nous. Puis la grêle s’en mêle. On me fait entrer pour un café. Hier, il est tombé des grêlons gros comme des cerises qui ont recouvert l’alpage d’une couche blanche. Cet après-midi, la grêle est moins intense même si on l’entend tambouriner sur le toit de tôle.

C’est un chalet fantastique, avec une cuisine comme dans mon enfance, avec son chaud potager à bois qui crépite. Il date de 1899 et n’a pas changé. Le sol est en dalles de pierre bien ajustées, polies par des générations de souliers. La famille Mariétan fête ses 50 ans de présence fidèle cette année. Elle est en train de passer à la génération suivante, au garçon et à la fille, qui est en train de reprendre l’exploitation avec son frère. Chaque jour, le lait des 25 vaches est expédié à Bitsch dans le Haut-Valais pour fabriquer du Walser.
Après une vingtaine de minutes, une petite bruine fine s’installe et je m’esquive. Le chemin redescend au fond du vallon, magnifique et sauvage, tout lavé par la pluie et ratissé par les vaches qui s’en donnent à leur joie. Encore 45 minutes et j’atteins – enfin - la cantine de Barmaz à Barme, située dans un endroit sauvage, préservé, sans électricité. Le gite date du XVIIIe siècle et a été repris par un Français des Vosges devenu Suisse, bon cuisinier, spécialiste de la chasse - le vallon est un paradis pour les cerfs et les chamois. On me donne la dernière chambre et je soupe en compagnie d’un couple de Normands qui fait chaque année une randonnée avec ses petits-enfants, et de deux familles belges.
Au moment du café-pomme, la discussion avec le gérant porte sur le développement du coin, l’eau imbuvable et jaunie par les sédiments des orages et que la commune hésite à assainir, l’absence d’électricité (les paysans du coin n’en veulent pas à cause des taxes, des machines à laver à acheter, des lampions et lumières nocturnes et du bruit des fêtards que cela attirerait: comme on les comprend !) Il est interdit d’y construire depuis des décennies, et le coin est devenu un petit miracle de nature préservée. Reste malgré tout une petite contradiction : il faut bien produire de l’électricité à partir de génératrices diesel pour faire fonctionner leurs machines à traire...
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Commentaires

  • L'orage vous aura empêché de rencontrer ces drôles de coucous désignés par le terme "ornithologus vulgaris" qui nichent au Col de Bretolet. A ne pas confondre avec l'espèce "ornithologus fanaticus" qui tend ses filets vers le Col de la Croix, au N, dans la continuation de la Zone des Cols (id est : la zone des anhydrites de la nappe de Bex-Laubhorn).
    Voilà, je viens de me faire des amis de plus...

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