Clopin-clopant entre les Porsche Cayenne

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9e étape du tour des communes genevoises : Thônex – Puplinge – Presinge – Choulex – Vandoeuvres - Cologny
Aujourd’hui, plus d’arrêts bistrot ni de pause pour les caméras de la RTS : c’est la journée cloques et boiteries.
Parti le matin de Thônex, tout s’annonçait pourtant au mieux. Au café de départ, je fais la connaissance d’un hôtelier-restaurateur de Chancy qui a longtemps travaillé en Afrique et qui a notamment géré l’hôtel d’Ouagadougou à l’époque où l’ancien patron de la Poste Jean-Noël Rey et le député valaisan Georgie Lamon ont trouvé l’a mort dans l’attentat islamiste de janvier 2016.
Mais très vite, la route qui mène à Puplinge devient pénible, à cause du bruit, du trafic et des chantiers. 3 kilomètres d’enfer. A l’entrée du village, je croise par bonheur mon ancien collègue député Jean-Claude Dessuet, 90 vaches et dernier paysan-résistant au tout-béton urbain qui menace de le submerger. Pas question d’abandonner les terres qui font vivre sa famille. Bravo !
La petite route qui serpente entre les champs jusqu’à Presinge est en revanche très agréable. Mais il fait chaud et je sens l’implacable goudron sous mes pieds. A Presinge, les auberges sont fermées. Pas question de boire un verre ni de déjeuner. Ni de me faire inviter pour un café chez l’adjoint au maire Patrice Mugny, ancien collègue du Courrier. Il prend le frais en Valais. Idem pour Philippe Schaller, qui vient d’ailleurs de reconstruire le Poney-Club qui a accueilli notre première jument avec un goût très sûr et sans cette ostentation qui est souvent d’usage dans le milieu équestre. Il me faut donc traverser la plaine de la Seymaz le plus vite possible pour arriver à temps au Café des Amis de Choulex, seul établissement à portée de marche dans le coin.
Je commence à avoir mal à un pied en traversant la Seymaz. J’arrive donc aux Amis clopin-clopant. Coup de chance, trois connaissances viennent de se mettre à table : il y a là Janine Hagmann, ancienne députée, Alain Peyrot, ancien patron de la régie Naef, et Christophe Dulex, candidat au Municipal de Vernier. On rajoute un quatrième couvert et c’est parti pour refaire le monde (un peu) et la République (beaucoup), en éreintant au passage quelques caciques, on ne se refait pas ! La conversation est aussi animée qu’amusante.
Encore un repas sponsorisé : il va falloir que je l’ajoute aux dons de campagne en nature ! Mais tout a une fin, et je quitte le sympathique trio pour monter vers la mairie et couper sur Vandoeuvres à travers les vignes et les prés du Petit Miolan. Mes pieds ne s’arrangent pas malgré une petite pause à l’ombre d’un grand chêne.

Je fais donc halte à l’Auberge de Vandoeuvres, plutôt déserte en milieu d’après-midi et décide quand même de marcher jusqu’à Cologny, le long des petites routes ombragées bordées de luxueuses propriétés, bousculé de temps en temps par une Porsche Cayenne ou un 4X4 aux vitres teintées conduite par des dames énergiques. C’est un autre univers, du genre doré plutôt que bleu. On est à mille lieues des Palettes et des allées d’Onex bruissantes de petits Africains et de jeunes Sud-Américains fans de Ronaldo ! Mais les riches votent aussi, ils vivent sur la même planète que nous et il n’y a pas de raison de les priver de ma petite propagande environnementaliste…
C’est donc les pieds en bouillie que j’arrive sur la place de la mairie de Cologny et descend vers l’arrêt de bus du Temple. Les cloques ont migré vers le talon et l’autre pied. Il faudra deux jours de boitillements pour m’en remettre. Le métier de politicien aux pieds nus n’est pas de tout repos…
Lien permanent 1 commentaire

Commentaires

  • Particulièrement vivante, ta manière de raconter ton périple, Guy, en l’occurrence ici à Genève.

    Ta façon de faire campagne est originale. Voici, en effet, une approche peu commune de la politique, puisse-t-elle être reconnue telle!

    Bonne chance et plein succès à toi!

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