03/08/2016

Le sens profond du Premier Août




Madame le Maire,
Mesdames et Messieurs les conseillers administratifs et les conseillers municipaux,
Citoyennes et citoyens des Trois-Chênes, chers amis,

Je tiens d’abord à vous dire de tout le plaisir et le grand honneur que vous m’avez faits en m’invitant à venir célébrer avec vous ce soir la 725e édition de notre Fête nationale.
Osons le dire, célébrer la fête nationale est devenu un exercice difficile. D'un côté, il faut se soumettre au rituel bien rôdé de la tradition patriotique avec tout le conformisme que cela suppose. On considérerait avec raison comme scandaleux le fait de se dérober à ce moment de haute liturgie civique. De même on considérait avec une égale suspicion celui qui saisirait cette occasion pour bousculer certaines de nos habitudes.
C'est pourtant ce que je vais essayer de faire, non par plaisir de provoquer, mais parce que je pense qu'il est salutaire de dépasser les habituels clichés et les phrases creuses pour interroger la vraie et authentique signification de la fête nationale. Je conçois en effet la fête nationale comme la célébration de notre pays vu comme une communauté de destin (et non comme une addition d'individus et d'intérêts particuliers) habitant un territoire propre (et non un vague ensemble supranational à l'idéologie et aux contours flous).
C'est une vision difficile à défendre aujourd'hui : comment fêter le pays qui nous a vu naître et qui nous permet de vivre, alors qu'à longueur de discours, nombre de médias et de dirigeants politiques nous présentent la nation comme un concept obsolète et qu'ils vantent sans cesse les mérites de la globalisation économique, de l'effacement des frontières et du dépassement de la nation comme le seul horizon souhaitable de notre avenir? Comment fêter notre pays comme une communauté de valeurs et de destin alors qu'une très grande partie de l'activité politique consiste à promouvoir les intérêts particuliers de telle ou telle minorité bruyante au détriment de la majorité silencieuse ? Le sens de l'intérêt collectif, du bien commun, s'est dilué dans les revendications catégorielles - défense des fonctionnaires, des handicapés, des minorités sexuelles, des locataires, des propriétaires, des malades du sida, des surdoués, des victimes de viols ou de pédophiles, etc. - toutes activités fort louables au demeurant mais qui finissent par occuper la totalité de l'espace public disponible.

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02/11/2015

Avant tout, votons Genecand

La campagne pour les élections nationales arrive enfin à son terme. La dernière ligne droite est en vue et il importe que Benoit Genecand monte sur le podium.
A cause de ses qualités bien sûr, libéral mais humaniste, de droite mais sensible à la détresse des réfugiés, proche de l’économie mais à l’écoute des citoyens de base. Mais aussi parce qu’il est important que le canton soit représenté à Berne de façon équilibrée. En présentant un seul et unique candidat au deuxième tour, l’Entente montre qu’elle n’est ni arrogante ni totalitaire, au contraire des deux autres listes qui prétendent incarner l’ensemble de la population genevoise alors qu’elles ne représentent chacune qu’un tiers des électeurs/trices. Si l’ensemble des forces de gauche a sans doute droit à un siège, il est tout aussi légitime que le centre-droit ait aussi le sien. Cela ne peut que donner de la force à la voix de Genève à Berne.
La seconde raison, peu évoquée, est que l’Entente doit absolument conserver le leadership de la droite à Genève. De fait, la manœuvre de l’auto-proclamée « nouvelle force » est claire : ses deux ténors ne concourent pas pour gagner mais pour diviser la droite en vue des élections de 2019. Il est probable que le prétendu retrait d’Eric Stauffer au soir du premier tour n’était qu’un artifice pour faire croire à une alliance des droites que l’on savait impossible en 2015, à cause des divergences sur le vote du 9 février 2014 et les bilatérales et des engagements pris avant le premier tour.
Ce qui est en cause dimanche prochain, et c’est important pour l’avenir du canton, c’est le leadership de la droite genevoise. Le but du tandem Nidegger-Stauffer, c’est de passer devant Genecand au deuxième tour afin de bousculer ce leadership qui revient au PLR, premier parti du canton, et de faire éclater l’Entente lors des prochaines élections en faisant pression sur les forces centripètes du PLR pour qu’elles lâchent le PDC au profit de l’UDC.
Nous ne devons pas nous prêter à ces manœuvres politiciennes qui ne feront qu’aviver les tensions et ne résoudront aucun des problèmes de Genève. Et qui, de plus, compromettront les chances de succès des deux partis du centre-droit, qui progressent de concert à toutes les élections depuis 2013.

06/11/2013

L’axe USA-UE met la Suisse au défi

Contrairement aux apparences, l’année 2013 aura été un excellent cru pour la diplomatie économique suisse. Après des années de régression puis de stagnation, plusieurs succès ont été engrangés. L’accord de libre-échange avec la Chine est la première chose qui vient à l’esprit, avec la participation réussie aux préparatifs du G20 de Saint-Pétersbourg grâce à l’appui des Russes. Pour la première fois depuis longtemps, la Suisse, confinée aux enceintes techniques de l’OCDE ou du Stability Board, a pu faire remonter ses vues en matière de fiscalité, d’échanges d’information et de régulation bancaire au niveau politique, au niveau des puissances qui comptent.
Et même l’accord sur les successions avec la France a permis de débloquer les négociations avec l’encombrant voisin français, malgré le chahut organisé par des politiciens sans visions et quelques avocats en mal de marketing auprès de leurs clients fortunés.
Le refus de la "Lex USA" par le parlement fédéral en juin dernier a constitué un signe inquiétant, heureusement vite oublié grâce à la signature d'un nouvel accord fiscal qui fait payer les banques. Mais si la coalition des oppositions réussit à faire échouer la ratification de l’accord sur les successions avec la France, il faudra s'inquiéter vraiment. Car si le Conseil fédéral et les diplomates, qui doivent négocier dans un environnement international d’une complexité désormais inouïe, se retrouvent sabordés sur le plan intérieur, bonjour les dégâts ! Un regard froid montre qu’à part la Russie et la Chine, nous n’avons pratiquement plus d’alliés sur la scène économique mondiale et que, sur le front domestique, une ligue hétéroclite d’opposants est prête à lever la hallebarde dès qu’il s’agit de faire la moindre concession à un partenaire.


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25/02/2013

2030, la métropole rêvée

(Thème de la rencontre organisée par le PDC à Lancy)
Quelle Genève voulons-nous ? C’est au fond la question qui nous est posée à travers la question "Quelle vision pour Genève en 20130 et comment y arriver?". A mes yeux, cette réponse peut se résumer en cinq points :

1/nous voulons une Genève plus sûre. L’insécurité mine nos concitoyens mais elle sape aussi les bases de notre économie en pénalisant le commerce et les PME, en semant le doute dans les multinationales et en menaçant la Genève internationale. Rétablir la sécurité, investir dans la police, la justice et les prisons, restaurer l’autorité de l’Etat sont des tâches prioritaires pour les dix ans qui viennent. Nous devons soutenir les efforts de nos magistrats Olivier Jornot, Pierre Maudet et Guillaume Barazzone, en coordination avec les Français, qui connaissent les mêmes problèmes.

2/nous voulons une Genève plus innovante : la force de Genève, sa seule matière première, c’est sa matière grise, ses cerveaux. Il faut absolument soutenir et développer les investissements dans la formation, à tous les niveaux, de l’apprentissage aux docteurs en neurobiologie. Les efforts pour former les jeunes en rupture et ceux consentis pour former des chercheurs de pointe en biotechnologie ou en finance internationale visent le même but : assurer les emplois de demain. Car il faut savoir que les emplois sont aujourd’hui plus créés par les PME, les biotechs et les start-ups innovatrices que par les grandes entreprises, qui rachètent les petites pour croître.

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21/01/2013

Gouverner un canton, développer une région

C’était le sujet de la rencontre électorale organisée par le PDC à Collonge-Bellerive jeudi dernier. Qu’est-ce que gouverner un petit territoire dans un monde en crise ? était la question qui m’était posée en particulier. Je vous livre l’essentiel de ma réponse : c’est une question importante pour deux raisons.
La première, c’est que je suis un fan et un pratiquant de la région depuis 40 ans. J’ai commencé à pratiquer la région à l’âge de 12 ans en venant faire mon collège au Bouveret au bord du lac, puis en passant, à 18 ans, une année à Thonon au Lycée Saint-Joseph pour terminer mon bac, que j’ai passé à Annemasse et à Annecy, avant de m’installer définitivement à Genève il y a 37 ans. Je n’en ai plus bougé, mais j’ai recommencé à pérégriner professionnellement, sur l’autre rive cette fois, puisque j’ai pendulé pendant quatre ans à Lausanne quand j’ai travaillé pour le Magazine Bilan et le Nouveau Quotidien. C’est dire que j’ai arpenté la région franco-valdo-genevoise dans tous les sens. C’est d’ailleurs à Bilan, il y a 20 ans, que nous avons commencé à faire émerger dans la conscience des Genevois la notion de « croissant d’argent lémanique », par opposition au « triangle d’or zurichois », en association avec l’IREC à Lausanne et l’AGEDRI (association genevoise pour le développement des relations interrégionales) à Genève. Avec Paul Gilliand et Pierre Milleret, ancien député et président du Grand Conseil PDC, nous avions d’ailleurs organisé à la Cité universitaire un grand colloque de l’AGEDRI sur ce thème, en 1990, colloque qui avait fait date.

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07/08/2012

Le 1er Août, l’initiative Weber, les barrages et les Gitans

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les élus communaux,
Citoyennes et citoyens d’Evionnaz, chers amis, bienvenue à cette célébration du 721e anniversaire de notre pays

Je tiens tout d’abord à vous dire de tout le plaisir et le grand honneur que vous m’avez fait en m’invitant à venir célébrer notre Fête nationale à Evionnaz, ma commune d'origine, dans laquelle réside toute ma famille.

L’esprit qui inspirait nos pères fondateurs et que l’on retrouve merveilleusement illustré dans le Pacte de 1291, c’est celui de la communauté des valeurs et de la solidarité face aux dangers et aux aléas de la vie. Ce qui nous unit, c’est la volonté de vivre ensemble avec nos différentes langues, cultures, religions et origines géographiques. Citadins ou campagnards, romanches ou francophones, catholiques ou protestants, suisses de vieille souche, naturalisés de fraîche date ou simples immigrants venus de loin pour s’établir dans notre pays, nous partageons tous le sentiment et la conviction de partager un destin commun. Mieux, ce destin, nous savons que nous pouvons le décider et le construire ensemble et qu’il ne nous est pas imposé de l’extérieur par un gouvernement que nous n’avons pas choisi.

C’est pourquoi il nous a fallu tant de temps pour faire notre pays, pour lui donner ses institutions, et pour le doter d’un fête nationale qui soient communes à toutes et tous malgré nos différences. Ce bien est précieux, et nous devons le conserver face à tous ceux qui voudraient le sacrifier au nom des passions ou des intérêts éphémères du moment.

Car il ne faut pas nous leurrer. Cette solidarité et cette unité confédérale ne vont pas toujours de soi et engendrent parfois des tensions qu’il nous faut avoir le courage d’affronter. Je songe ici à trois événements qui défrayent la chronique valaisanne ces temps-ci.

Premier exemple, très important pour l’avenir du Valais, celui du vote de l’initiative Weber sur les résidences secondaires. Personne ne doute que ses effets sont très pénalisants pour l’économie du canton et que les risques d’augmentation du chômage sont réels. Sur un plan plus symbolique, ce vote a été ressenti par de très nombreux Valaisans comme une blessure, comme une trahison de la part des citadins et des habitants du Plateau suisse. Comme résident genevois, je sais bien qu’une grande majorité de Genevois a voté en faveur de cette initiative.



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01/08/2012

Un 1er Août avec le citoyen Jean-Jacques Rousseau

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les élus municipaux,
Citoyennes et citoyens de Presinge, chers amis, bienvenue à cette célébration du 721e anniversaire de notre pays

Je tiens d’abord à vous dire de tout le plaisir et le grand honneur que vous m’avez faits en m’invitant à venir célébrer avec vous ce soir notre Fête nationale. Je suis d’autant plus honoré que cette année coïncide avec le 300e anniversaire de la naissance de ce grand citoyen genevois que fut Jean-Jacques Rousseau. Il se trouve que je suis également président de l’Association « La Faute à Rousseau » qui vient d’aider à la réalisation de 55 petits films inspirés de Rousseau et dont plusieurs montrent qu’on peut trouver de nombreux points communs entre le Pacte de 1291 et le Contrat social, entre les Trois-Suisses qui ont prêté serment de fidélité et d’assistance mutuelle, et l’auteur du Discours sur l’inégalité et du projet de constitution pour la Pologne qui s’honorait du titre de « Citoyen de Genève ».

L’esprit qui inspirait nos pères fondateurs et que l’on retrouve merveilleusement illustré dans le Pacte de 1291, c’est en effet celui de la communauté des valeurs et de la solidarité face aux dangers et aux aléas de la vie. Ce qui nous unit, c’est la volonté de vivre ensemble avec nos différentes langues, cultures, religions et origines géographiques. Citadins ou campagnards, romanches ou francophones, catholiques ou protestants, suisses de vieille souche, naturalisés de fraîche date ou simples immigrants venus de loin pour s’établir dans notre pays, nous partageons tous le sentiment et la conviction de partager un destin commun. Mieux, ce destin, nous savons que nous pouvons le décider et le construire ensemble et qu’il ne nous est pas imposé de l’extérieur ou par un gouvernement que nous n’avons pas choisi.

C’est pourquoi il a fallu tant de temps pour faire notre pays, pour lui donner ses institutions, et pour le doter d’un fête nationale, qui soient communes à toutes et tous malgré nos différences. Cette patiente construction, nous devons la conserver comme un bien précieux face à tous ceux qui voudraient la sacrifier au nom des intérêts éphémères et des mauvaises passions politiques du moment.

Car il y a des intérêts particuliers et des passions politiques - Rousseau aurait parlé de vices ! - qui peuvent détruire l’équilibre subtil du vivre-ensemble suisse. Et c’est ici que la relecture de Jean-Jacques nous est très utile. Son œuvre est trop riche pour que j’en fasse une recension complète. Aussi je me contenterai de relever quatre tendances qui me paraissent menacer notre démocratie.

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03/03/2011

Communes, l’occasion manquée

Ce devait être l’une des grandes réalisations de la Constituante, ce sera probablement son plus grand échec : la Constituante, pour l’instant, n’est pas parvenue à réformer l’organisation territoriale genevoise. L’avant-projet se contente de proposer deux innovations : la fusion de communes, qui est encouragée, et la création de districts (de 4 à 8) dotés de compétences très floues.
Mais les problèmes de fond ne sont pas abordés. Les déséquilibres actuels sont au moins au nombre de quatre. Le premier concerne le rapport anormal entre la Ville et le reste des 44 communes : à elle seule, la Ville pèse 1,1 milliard de francs de budget, soit plus que le total du budget cumulé de toutes les autres communes (1 milliard).

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22/11/2010

Les moments forts de l'année 2010

Assises transfrontalières, rénovation des salles, rationalisation des commissions et des sessions du Grand Conseil, voici le bilan de l'année de présidence du Grand Conseil

Quand on prend congé d’une charge publique, l’usage veut qu’on fasse les remerciements à la fin. Permettez-moi d’inverser cet ordre parce que j’ai conscience que rien de ce qui a pu être réalisé au cours de cette année de présidence ne serait advenu sans la compréhension de ma femme, de ma fille et de mon parti, sans le travail et l’engagement résolus du Secrétariat du Grand Conseil, de Mme le Sautier et de son équipe, et sans le soutien de la grande majorité des membres du Bureau.

La première année de législature est toujours exigeante car il s’agit de mettre le nouveau Parlement sur les bons rails, ne serait-ce qu’en assurant la prestation de serment du Conseil d’Etat. Tout cela dévore beaucoup de temps et d’énergie. Vous avez pu le constater aussi bien que moi, cette année n’a donc pas été qu’un long fleuve tranquille et a connu maintes turbulences qu’il a fallu gérer. Que toutes et tous en soient vivement remerciés.

J’aimerai maintenant revenir sur les moments forts de l’année écoulée, en commençant par ceux qui vous ont fait sourire et qui vous ont parfois agacé, à savoir les citations philosophiques en ouverture de séance. Elles ont été choisies dans toutes les cultures, sur tous les continents et dans toutes les obédiences politiques en gardant à l’esprit la devise de Cicéron, ce grand magistrat romain, pour qui « tout homme et toute femme politique doivent d’abord se dévouer à l’intérêt public ». Je ne suis pas sûr que le but ait été atteint mais au moins aura-t-on tenté d’y prétendre.

Sur un plan plus concret, diverses initiatives ont été prises et acceptées par le Grand Conseil. Tout d’abord, nous avons pu accélérer le traitement des objets en suspens et rationaliser notre emploi du temps lors de la session du vendredi après-midi en amendant la loi portant règlement de notre Conseil pour y ajouter les pétitions et les objets non traités en commission depuis plus de deux ans. Il devenait urgent de répondre plus rapidement aux citoyennes et citoyens qui avaient pris la peine de s’adresser à nous par voie de pétition. Notre ordre du jour a déjà commencé à en ressentir les effets positifs.

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15/10/2010

La main trop visible d'Adam Smith

Monsieur le Président,

Monsieur le Recteur,

Madame et Messieurs les lauréats,

Chers amis,

Tout d’abord permettez-moi d’exprimer le plaisir que j’ai à vous adresser quelques mots ce soir, au nom de la République et canton de Genève. Cela doit faire plus de vingt ans que je participe régulièrement à la présentation des lauréats des Prix Latsis universitaires et que j’écoute, du fond de la salle, la présentation des travaux des lauréats et le discours de l’invité d’honneur, toujours marquants. Chaque fois, il s’est agi d’une fête pour l’esprit et même pour les sens, puisque la performance intellectuelle est toujours suivie d’une agape très conviviale. Je remercie donc les membres de la Fondation Latsis pour les choix judicieux qu’ils ont toujours su faire, pour le haut niveau scientifique et intellectuel qu’ils ont toujours su conserver, et pour  leur souci constant de faire partager les connaissances les plus pointues au grand public. Et cela en couvrant l’ensemble du territoire suisse, de Genève à Saint-Gall et de Lausanne à Zurich et en s’étendant également depuis une douzaine d’années jusqu’à Strasbourg.

Ce plaisir est d’autant plus grand que, ce soir tout particulièrement, votre travail s’inscrit dans la grande tradition des élites genevoises, qui avaient un pied dans la finance, un autre dans la science et la tête dans la religion. Un frère banquier, un autre professeur à l’académie et un troisième pasteur, telle fut la recette du succès de notre petite République durant les cinq derniers siècles. Le choix du thème de la conférence du professeur Niall Ferguson « Pouvoir et finance » paraît en effet taillé sur mesure pour Genève.

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08/09/2010

L’immigration, problème mondial No 1

Sous l’influence des économistes et des banquiers, l’establishment planétaire garde les yeux braqués sur les indices boursiers : reprise en V, W ou L, telle est la grande question du moment. Loin de moi l’idée de nier l’importance de l’économie et la nécessité d’une reprise durable. Pourtant, le problème numéro Un, celui qui hante les esprits depuis vingt ans sans qu’on ne lui accorde jamais l’attention qu’il mérite est ailleurs: c’est celui de l’immigration.

En août dernier au forum Ringier de Locarno, l’ancien commissaire européen Jacques Barrot l’a rappelé. Et les polémiques qui agitent ces-jours ci la France autour du renvoi des Roms et des criminels naturalisés, la Belgique et son éclatement annoncé, l’Allemagne avec le pamphlet de Thilo Sarazin contre les quatre millions de musulmans immigrés qui refuseraient de s’intégrer, les Etats-Unis avec l’installation d’une mosquée à Ground Zero et le blocage d’une loi anti-immigrés par Barack Obama en Arizona, sont autant de symptômes d’un mal endémique qui peut à tout moment éclater en pandémie grave.

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02/08/2010

Une région, deux traditions nationales, un même esprit

mettan à Compesières.pngBienvenue à cette célébration du 719e anniversaire de notre pays. Je tiens en effet à vous dire tout le plaisir et le grand honneur que vous m'avez faits en m'invitant à venir célébrer avec vous ce soir notre fête nationale. Pour nous Suisses, qui avons mis près de 600 ans pour nous mettre d'accord sur la date d'une fête nationale commune à tous nos cantons et plus de 700 ans avant de la déclarer jour férié sur l'ensemble du territoire, le 1er août est le fruit d'une longue, très longue maturation du sentiment national. A nos yeux - et nous avons bien raison de penser ainsi ! -  cet attachement volontaire et patiemment construit au fil des siècles est unique et n'exige pas de grands fastes. C'est pourquoi nous nous contentons en général d'une fête modeste. (discours prononcé le 31 juillet à Bardonnex et le 1er Août à Nyon)

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14/07/2010

Vive le 14 Juillet et le 1er Août!

mettan annemasse 14 juillet 2010 duppessey Limon.pngDiscours prononcé le 13 juillet à l'aérodrome d'Annemasse à l'occasion des fêtes du 14 juillet [cliquer sur la photo Bénédicte Limon pour l'agrandir]

 

Monsieur le Maire d’Annemasse, cher Christian,

Monsieur le Syndic de Nyon, cher Daniel,

Mesdames et Messieurs les élus de Haute-Savoie,

Citoyennes et citoyens d’Annemasse, chers amis,

 

Je tiens d’abord à vous dire de tout le plaisir et le grand honneur que vous nous avez faits en nous invitant, nous autres citoyens suisses, à venir célébrer avec vous ce soir la Fête nationale française. Pour nous Suisses, qui avons mis près de 600 ans pour nous mettre d’accord sur la date d’une fête nationale commune à tous nos cantons et plus de 700 ans avant de la déclarer jour férié sur l’ensemble du territoire suisse, le 14 juillet est en effet un must absolu. A nos yeux, c’est sans aucun doute ce qui se fait de mieux au monde en la matière. Chaque année, du Président de la République au plus humble maire de village, du citoyen le plus riche au plus pauvre, du plus âgé au plus jeune, toute la France se retrouve pour commémorer les valeurs fondatrices et universelles de la République : Liberté-Egalité-Fraternité.

 

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06/07/2010

Un 14 Juillet et un 1er Août tous ensemble

Comment donner de la chair, du corps et une âme à la région franco-valdo-genevoise en gestation ? Cette question avait préoccupé les participants aux premières assises transfrontalières du 4 juin dernier. Les femmes et les hommes de vivent pas que de pain, de routes ou d’argent, ils ont aussi besoin de symboles.

Réponse : en commençant par fêter ensemble les fêtes nationales, le 14 Juillet et le 1er Août. J’en ai suggéré l’idée au maire d’Annemasse, Christian Dupessey, et au syndic de Nyon, Daniel Rossellat, qui ont aussitôt accepté l’idée. Aussitôt dit, aussitôt fait, et c’est ainsi que le 13 juillet prochain (Annemasse fête le 14 juillet la veille au soir), Genevois et Nyonnais iront déposer une gerbe au Monument au Morts d’Annemasse et ouvrir le bal à l’aérodrome d’Annemasse et que le 1er Août, Robert Borrel, ancien maire d’Annemasse, nous rejoindra à Nyon pour commémorer la fête nationale suisse.

Genève, Nyon, Annemasse, le symbole des Trois Suisses se trouve renouvelé et rajeuni pour l’occasion ! On peut aussi creuser la symbolique et donner à ce geste la signification que l’on voudra: la synthèse de l’esprit révolutionnaire français et de l’amour de la stabilité suisse, l’alliance de la liberté-égalité-fraternité avec le « un pour tous, tous pour un » helvétique, le dynamisme économique genevois (yang) et le réservoir territorial et démographique français (yin)…

Voilà quelques idées à creuser pour redonner force et vigueur à nos deux traditions nationales respectives. Donc n’hésitez pas à venir fêter avec nous, le 13 juillet à Annemasse et le 1er août à Nyon. Et pour celles et ceux qui ne pourraient ou ne voudraient pas se déplacer à Annemasse ou à Nyon, rendez-vous à Bardonnex le 31 juillet à 22h pour la lecture du Pacte de 1291 par le Maire Alain Walder et le discours de votre serviteur.

Bon été et bonnes vacances à toutes et à tous.

05/07/2010

Huis clos, le texte intégral

La décision du Grand Conseil de traiter à huis clos une motion du MCG il y a quinze jours a fait couler beaucoup d'encre. De même que la publication d'un communiqué et la lecture d'une déclaration de ma part à l'issue du vote. Je vous les livre intégralement. Chacun pourra ainsi juger sur pièce, et non sur les propos malveillants et autres déformations partisanes, que certains ont cru bon ajouter (GM. 5 jullet 2010)

Lors de sa séance de nuit, le Grand Conseil a décidé de traiter à huis clos la motion 1896 figurant au point 29 de son ordre du jour.

 

Considérant que la crise avec la Libye n’était pas terminée suite à la décision de créer un tribunal arbitral à Berlin, la majorité des partis du Grand Conseil a en effet estimé que le prix humain et politique payé dans cette affaire était déjà suffisamment lourd. Elle a donc voulu éviter que de nouvelles gesticulations publiques ou des déclarations inadéquates viennent compromettre la recherche d’une solution à la crise. Elle rappelle enfin que le Grand Conseil, en vertu de l’article 128 de la Constitution genevoise, n’est pas compétent pour traiter des affaires internationales.

 

A l’issue de ses débats, le Grand Conseil a rejeté la motion 1896 à une très large majorité.

 

Conformément aux obligations imposées par le huis clos, le Grand Conseil ne communiquera aucune autre information officielle à ce sujet et décline toute responsabilité pour des communications émanant de députés ou de groupes qui pourraient être faites en violation de l’obligation du huis clos.

 

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30/06/2010

Les métiers du bâtiment en grande forme

Discours prononcé à l'occasion de la pose de première pierre du centre de formation dela Fondation Avenir Bâtiment à Pont-Rouge le 24 juin 2010

 

Il y a exactement 7 mois, nous inaugurions la dernière Cité des Métiers dans la laquelle votre fédération exposait aux futurs apprentis les innombrables facettes des métiers du bâtiment. Vous aviez alors montré le rôle important que vous jouiez non seulement comme créateurs d’emplois dans notre canton mais aussi comme formateur des jeunes.

 

Aujourd’hui, vous allez encore plus loin, en construisant le premier bâtiment entièrement dévolue à la formation professionnelle et à la formation continue de l’ensemble des métiers de la construction. A côté de la formation technique, vous avez souhaité aussi mettre l’accent sur la formation en matière d’hygiène et de sécurité. L’accident tragique du Pont de l’Ile nous rappelle en effet, à nous autres qui vivons douillettement à l’abri de nos bureaux, que vous exercez des métiers dangereux. A côté de votre centre de formation, vous allez aussi accueillir des studios et divers services pour les jeunes en formation, telle que la Fondation officielle de la jeunesse. C’est un geste d’ouverture à souligner, tellement il devient difficile pour les jeunes de s’insérer dans la vie professionnelle.

 

C’est donc un engagement impressionnant, emblématique, que vous prenez et dont vous pouvez être fiers. A une époque où notre canton a tant besoin de construire mais où les résistances et les blocages refusent encore de céder, ce que vous faites aujourd’hui est un puisant acte de foi dans l’avenir, dans l’avenir de vos métiers et dans l’avenir de notre canton.

 

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15/06/2010

Pour une nouvelle gouvernance de la région

J’ai le plaisir d’ouvrir les Premières assises transfrontalières franco-valdo-genevoises et, au nom du Grand Conseil de la République et canton de Genève, vous souhaite la bienvenue.

Avant toute chose, j’aimerais remercier les deux coprésidents de ces assises, M. Etienne Blanc, député, maire de Divonne et président du Syndicat mixte de l’ARC qui rassemble les élus français des territoires limitrophes de Genève, et M. Laurent Chappuis, président du Grand Conseil du canton de Vaud, sans le soutien desquels cette assemblée n’aurait pu avoir lieu.

Le 7 décembre dernier, peu après le vote favorable des Genevois pour le CEVA et à l’occasion de la prestation de serment du Conseil d’Etat, nous avions en effet souhaité élaborer un nouveau projet de gouvernance pour la région franco-valdo-genevoise en construction. Cette région, on le sait, c’est 800 000 habitants et une centaine de communes de part et d’autre des frontières genevoises, et c’est deux cantons, deux départements et deux pays.

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03/05/2010

Veyrier-Etrembières sans frontières

Messieurs les Maires,

Monsieur le Député et Monsieur le Sénateur de Haute-Savoie,

Mesdames et Messieurs les maires-adjoints, les conseillers administratifs et les élus municipaux,

Chers amis,

 

Avant toute chose, j’aimerais vous remercier de m’avoir invité à l’inauguration de la manifestation « Veyrier-Etrembières sans frontières ». Tout à l’heure, de façon très symbolique, nous avons coupé le ruban qui marquait la frontière entre Genève et la Haute-Savoie, entre la Suisse et la France. Ce geste, mieux que mille discours, abolit la frontière qui nous a trop longtemps séparés.

 

Si nous voulons abolir la frontière, ce n’est pas pour gommer toute différence entre Savoyards et Genevois – l’histoire nous a faits différents et c’est aujourd’hui une chance bien davantage qu’un handicap, sinon que deviendrait notre belle fête de l’Escalade et pourquoi nos amis français fêteraient-ils les 150e anniversaire du rattachement de la Savoie à la République française ? Mais c’est parce que nous voulons construire ensemble une région à taille humaine, une région qui existe dans l’espace francophone et qui trouve sa place dans l’espace européen.

 

Il est emblématique aussi parce qu’il vient de la base, des communes, qui constituent dans nos deux pays le premier noyau de la participation citoyenne à la vie démocratique. Une région se construit par le bas et ne se décrète pas dans les cabinets ni dans les capitales, ce qu’il faut parfois rappeler aux pouvoirs centraux, pas toujours attentifs aux besoins des provinces, et parfois mêmes soupçonneux quand celles-ci prennent des initiatives. Je tiens donc à remercier les communes de Veyrier et d’Etrembières qui ont décidé, ce soir, de montrer concrètement la voie à suivre pour construire ensemble notre région, en organisant plus de 70 manifestations en 15 jours.

 

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27/04/2010

Le génocide arménien, une cause vivante

Monsieur le représentant de la République d'Arménie,

Monsieur les représentants des autorités religieuses,

Madame et Messieurs les représentants des associations arméniennes de Suisse romande,

Madame et Messieurs,

Chers amis,

 

 

Permettez-moi d’abord de vous remercier de m'avoir permis de me joindre à vous pour la commémoration de cet événement tragique mais majeur de l'histoire du XXe siècle que fut le génocide du peuple arménien voici maintenant 95 ans.

 

Cet honneur me touche particulièrement parce que je pense que celles et ceux qui en ont souffert et en souffrent encore aujourd'hui sont doublement victimes de l'injustice de l'histoire et de l'injustice des hommes.

 

Ils le sont doublement parce que non seulement ils ont souffert dans leur chair de la disparition physique de leurs proches et de tout leur peuple, par la famine, la déportation, les marches forcées et toutes les formes possibles d'extermination. Mais aussi parce qu'ils doivent continuer à en souffrir parce que trop souvent, trop de gens, trop de pays, trop d'Etats continuent à refuser de reconnaître le génocide dont ils ont été victimes.

 

On le sait, le génocide des Arméniens fut le premier des génocides du XXe siècle. Mais alors que tous les autres ont été reconnus et sanctionnés par des tribunaux pénaux exceptionnels - l'Holocauste avec le Tribunal de Nuremberg et les procès qui ont suivi en Israël, le génocide cambodgien avec l'actuel tribunal qui vient de se réunir à Phnom Penh, le génocide rwandais avec le tribunal pénal d'Arusha et le massacre de Srebreniça avec le tribunal de la Haye - celui des Arméniens en 1915 reste encore largement ignoré dans le pays même qui l'a commis. Pire, les Turcs qui luttent pour le faire reconnaître sont souvent pourchassés quand ils ne sont pas assassinés par des extrémistes négationnistes. A ce propos, je suggère que nous exprimions notre solidarité avec les habitants du Kivu, dans l'Est du Congo, dont 5 millions de personnes ont déjà été massacrées dans l'indifférence générale.

 

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16/03/2010

Une synagogue ouverte sur le monde

Discours prononcé le 15 mars 2010 à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle maison communautaire du Groupe israélite libéral de Genève

 

Messieurs les rabbins et les représentants des communautés religieuses,

Monsieur le président du GIL

Monsieur le Conseiller d’Etat,

Monsieur le procureur général,

Mesdames et Messieurs, cher amis,

 

 

Quand MM. Schwok, Brunschwig et Garaï m’ont aimablement invité à l’inauguration de la nouvelle maison communautaire de la Communauté israélite libérale de Genève, j’ai immédiatement répondu oui. D’abord parce que je ne peux peut résister pas au plaisir d’écouter un concert de Chofar des Alpes ! J’avoue que jusqu’à ce soir je n’avais jamais fait le lien entre le cor des Alpes et le chofar. Mais je vous assure que désormais ces deux instruments resteront à mes yeux associés pour toujours !

 

Ensuite,  parce que c’était l’occasion pour moi de poursuivre les échanges que nous avons pu développer avec le rabbin Garaï au cours de débats publics et du festival francophone de philosophie que j’ai créé voici cinq ans et auquel il a participé. Et enfin, parce que cela me donne l’opportunité d’évoquer avec vous certaines préoccupations que, j’en suis sûr, vous partagerez avec moi.

 

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