03/03/2017

Désarmement, échec collectif

20 ans de blocages ! La session 2017 de la Conférence du désarmement a ouvert ses travaux sur les mêmes impasses. Cette semaine une dizaine de ministres devraient venir y délivrer leur message. Dans le même néant, personne n’osant faire un geste ni déplorer ce qui est en train de tourner à l’échec collectif grave. Curieusement, les blocages ne viennent pas que des grandes puissances mais aussi des « petits » pays nucléaires qui ne veulent pas qu’on mette le nez dans leurs affaires… La semaine dernière, la présidence russe avait pris l’initiative d’une séance informelle consacrée au 110e anniversaire de la grande Conférence de la Paix de La Haye. Une étape fondatrice, qui avait fait date dans l’histoire du désarmement. Puisse l’esprit de la Haye souffler sur Genève !

***

→La grande messe annuelle des droits de l’homme va débuter cette semaine (voir ci-contre). On notera qu’elle a été précédée par une intéressante conférence régionale consacrée à une « approche des situations de conflit dans la région arabe basée », à l’initiative du Qatar et du Haut-Commissariat, représenté par Kathy Gilmore. 200 représentants de gouvernements, d’ONG et de diverses organisations arabes ont débattu des causes des guerres régionales, de la prévention des conflits et du rôle des organisations de promotion des droits de l’Homme dans la société. Dans une région peu démocratique et ensanglantée par les guerres d’Irak, de Libye, de Syrie et du Yémen, et dans laquelle tous les Etats ont beaucoup à se reprocher, cela n’était pas anodin.

***

Lire la suite

29/04/2016

Mission russe en terres romandes

L'économie russe souffre mais ne rompt pas! D'une part la Russie vient d'inaugurer sa toute ambassade auprès de l'OMC dans des bureaux flambants neufs près de l'aéroport et d'autre part elle vient d'ouvrir une représentation commerciale en Suisse romande, dont la direction a été confiée à un vétéran des négociations avec l'OMC, Alexander Zagriadski. Une initiative bienvenue alors que les efforts russes se concentraient jusqu'ici en direction de Zurich.
Pour marquer cette volonté de continuer les échanges en dépit des sanctions euro-américaines, le ministre russe de l'économie, Alexey Ulyukaev, était à Genève vendredi dernier. A cette occasion, il a rencontré une vingtaine de représentants de grandes entreprises romandes, bien décidés à continuer à travailler avec la Russie.
Car dans le même temps, on apprenait dans le Matin Dimanche qu'un diplomate américain à Berne avait essayé de faire pression sur le SECO et les entreprises suisses pour qu'elles boycottent le Forum économique de juin prochain à Saint-Pétersbourg. Au mépris de la souveraineté suisse et de la liberté du commerce pourtant si vantée ailleurs... Des vraies moeurs de cowboy, comme a bien titré le journal!

24/06/2015

Le lancer de soulier yéménite

Or donc les négociations de paix au Yémen ont lamentablement échoué. Trop tôt, pas assez préparés, les représentants des rebelles houthis et du gouvernement en exil soutenus par l'Arabie saoudite n'ont pu nouer le dialogue. L'événement qui a le mieux caractérisé cet échec restera le lancer de soulier d'une journaliste activiste pro-gouvernementale à la tête d'un rebelle houthi jeudi au Club suisse de la presse, devant 40 journalistes qui n'avaient rien d'autre à se mettre sous la dent. L'incident a aussitôt fait le tour des agences et des réseaux sociaux. Tapez "soulier yéménite" en anglais ou en arabe sur twitter et voyez comment on fait un buzz quasi planétaire. Le ministre yéménite des droits humains s'est décommandé, par peur d'un outrage similaire. Nous aurions préféré que chacun puisse s'exprimer dignement et que les négociations de paix aboutissent. Mais voilà, la paix ne se décrète pas, même à Genève.


****

→Cet péripétie rocambolesque aura au moins montré le parfait sang-froid des rebelles houthis. Déjà fortement stressée par un voyage de 44 heures entre Sanaa et Genève à cause des embûches saoudiennes, empêchée de participer à la réception prévue, la délégation houthie n'a pas bronché: elle a poursuivi sa conférence de presse comme si de rien n'était. Il est vrai que les chaussures sont moins dangereuses que les bombes. Mais en voilà qui ne sont pas prêts de perdre le Nord…


Lire la suite

05/06/2015

Un pour 7 milliards

La campagne pour l’élection du nouveau secrétaire général de l’ONU monte en puissance. Le choix du Monsieur Nations Unies - puisqu’il n’y a encore jamais eu de Madame - est opaque et peu démocratique, réservé qu’il est aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Une campagne publique en faveur de l’ouverture a donc été lancée par diverses organisations à l’enseigne de www.1for7billions.org. Principaux griefs : il n'y a aucune description de poste ; il n'y a aucun examen public des candidats ; la « liste courte » du Conseil de sécurité ne contient qu'un seul nom ; des accords sont conclus en coulisses ; aucune femme n'a jamais occupé le poste. En principe, le témoin devrait être transmis à un/e Européen/ne de l’Est. Une douzaine de candidats sont sur les rangs. Quelques noms suisses ont été avancés, mais pas celui du meilleur candidat. Faites vos jeux !


***

→En attendant une ou une secrétaire général/e suisse, Genève se bat sur tous les fronts pour faire connaitre l’importance de l’ONU en Suisse profonde. Le patron de l’ONU, Michael Moeller, mouille sa chemise aux côtés de la Fondation pour Genève, du canton et de la Confédération pour répandre la bonne parole dans les campagnes alémaniques. Ces derniers jours, il était au Grutli, à Zoug et à Kreuzlingen. Le 9 et le 11 juin, il sera à Poschiavo et Lugano. Les enjeux sont importants : il faut que le Parlement adopte le message sur la Genève internationale et les crédits qui vont avec, notamment pour la rénovation du Palais des Nations.

Lire la suite

09/03/2015

ONUG, un bon cru 2014

→L’année 2014 restera dans les annales de l’ONU Genève comme un très bon cru. Pas exceptionnel mais de bonne garde quand même. Sur le plan qualitatif, les réunions au sommet sur l’Ukraine et l’Iran, qui se poursuivent intensivement ces jours, ont donné du tannin et du corps à la cuvée. Et sur le plan quantitatif, les 1550 collaborateurs de l’ONUG (sur un total de 9813 pour l’ensemble du système onusien) ont assuré 9976 meetings, traduit 223 528 pages, accueilli 108 000 visiteurs, tenu 260 conférences de presse, organisé 98 événements culturels et dispensé 715 cours de formation à 9174 participants. Ce qui, on en conviendra, suffit amplement à donner le volume et le velouté. Depuis aujourd’hui, le résultat est même dégustable sur votre tablette en téléchargeant l’application ad hoc.


***

→Si l’année 2014 a battu des records de chaleur, l’année 2015 promet d’être plus chaude encore. Pour les experts du climat en tout cas. C’est à Paris à la fin de l’année que doit se négocier la nouvelle convention sur le climat, sous haute tension après les échecs de ces dernières années. Cela au moment où le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat, le GIEC, vient de perdre son patron, Rajendra Pachauri, contraint à la démission pour harcèlement. A la fin de l’année, c’est Michel Jarraud, le secrétaire général de l’Organisation mondiale de la météorologie, qui se retirera après douze ans de bons et loyaux services. Quatre candidats sont sur les rangs pour lui succéder.
Quant au GIEC, qui doit faire vite, plusieurs noms ont été avancés: le Belge Jean-Pascal van Ypersele, le Coréen Hoesung Lee et l’Allemand Ottmar Edenhofer. Mais qui sait, le Suisse Thomas Stoker, professeur à l’Université de Berne et auteur de plusieurs rapports remarqués sur le changement climatique, pourrait sortir du lot.

***

Lire la suite

26/01/2015

Guides humanitaires

Comment accéder aux victimes dans des conflits armés de plus en plus fragmentés, avec des acteurs incontrôlables, imperméables au droit de la guerre et qui se méfient de plus en plus des opérateurs humanitaires qu’ils soupçonnent de biais ou d’agendas cachés ? Le défi de l’accès humanitaire aux populations civiles tend à devenir un enjeu encore plus crucial que la distribution effective des secours. C’est pour tenter de répondre à ce défi que la Suisse a sponsorisé la publication de deux guides pratiques, le premier sous forme d’un manuel pour les opérations de terrain et le second pour rappeler le cadre juridique et normatif. Le but est de clarifier les concepts, d’aider à résoudre les dilemmes et à interpréter les contextes culturels et religieux afin de se frayer un chemin vers les victimes. La Division Sécurité humaine du DFAE, le CICR, l’OCHA et l’ONG Conflict Dynamics International ont donc joint leurs efforts pour remettre à jour une méthodologie d’intervention crédible et efficace.


***

→Pour évoquer les menaces que le Big Data fait peser sur le contrat social, l’ambassadeur Dussey du Centre genevois pour la politique de sécurité (GCSP) avait invité le philosophe et géostratégiste Nayef Al-Rodhan à exposer ses vues. Pour Al-Rodhan, les hommes ont de tout temps été prêts à sacrifier une partie de leur liberté en échange d’une certaine protection. Or ce pacte social menace d’être rompu non seulement par la quantité des informations recueillies, mais aussi par leur qualité (métadonnées sur les profils personnels) et par le monopole tentaculaire de ceux qui l’exercent, comme Google pour le secteur privé, et la NSA du côté étatique. Quand Google peut prévoir l’évolution de la bourse grâce aux informations stockées et le directeur de la NSA pouvoir « tuer des gens grâce aux métadonnées » recueillies sur eux, le pacte est rompu. Solution : surveiller les surveilleurs sans faiblir.

***

Lire la suite

22/01/2014

Genève 2 peut réussir. A condition d'abandonner ses oeillères

Or donc la conférence Genève 2 sur la Syrie s'ouvrira mercredi à Montreux. Pour la Genève internationale et pour la Suisse, c'est évidemment un événement prestigieux, qui vient souligner fort à propos la vocation de notre pays à accueillir les négociations internationales les plus complexes et à être l'ambassadeur de la paix à travers le monde.
Mais soyons franc: il ne se passera strictement rien à Montreux, hormis de grandes et pompeuses déclarations d'intention de la part des excellences qui auront fait le déplacement avant de repartir à Davos. S'il y a une chance pour qu'un progrès survienne, ce sera plus tard, dans les jours, les semaines ou les mois qui vont suivre, quand les différents représentants syriens se réuniront à huis clos, entre les murs épais du Palais des Nations, pour discuter sérieusement, loin des caméras et des micros.
Et pour que ce petit miracle arrive, il y a quelques exigences à remplir, dont la première est que les Occidentaux, Français et Américains en tête, laissent tomber leurs œillères et cessent de poser des conditions irréalistes et inacceptables comme préalables à tout dialogue, telles que la capitulation sans condition de Bachar el-Assad. Les Occidentaux, qui n'ont que les mots droits de l'homme à la bouche quand il s'agit de discréditer leurs adversaires, devraient ainsi se souvenir que le but final de cette conférence n'est pas le départ du dictateur syrien mais bien la fin des hostilités, un cessez-le-feu, même partiel, entre les belligérants. Quand la maison brûle, on éteint l'incendie pour sauver le plus de victimes possible, on ne fait pas un procès au propriétaire.












Lire la suite

16/01/2014

2014, année de tous les possibles pour la Suisse

La double présidence de la Confédération et de l’OSCE redonne du jeu à la Suisse au moment de renégocier les accords bilatéraux.


Si 2013 aura été un bon cru pour la diplomatie suisse, grâce à sa participation au G20 de Saint-Pétersbourg, l’année 2014 pourrait être meilleure encore. Le cumul des deux présidences, celle de la Confédération et celle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, apporte des atouts puissants dans le jeu de Didier Bukhalter. Un hasard qui ne s’était encore jamais produit et dont n’avait pas bénéficié le dernier président suisse de l’OSCE, Flavio Cotti, en 1996.
Bien sûr, l’OSCE n’est pas une organisation puissante dont les décisions sont contraignantes. Les affaires s’y traitent par consensus plutôt que par la force. Mais les Suisses sont plutôt doués pour créer les conditions du consensus et le moindre qu’on puisse dire, c’est qu’avec les tensions qui règnent actuellement entre l’Union européenne et la Russie à cause de l’Ukraine, le besoin de consensus se fait criant. Du coup, la Suisse a une occasion inespérée de jouer les bons offices aux plus hauts niveaux, avec un accès facilité aux chefs d’Etat. Ce qui n’est pas un mince avantage lorsque, par ailleurs, il s’agit de négocier de nouveaux accords bilatéraux avec les dirigeants européens. Une négociation n’empêche pas l’autre.
Mais restons-en à l’OSCE et au rôle que la Suisse pourrait y jouer.

Lire la suite

01/11/2011

La lune de miel russo-suisse continue

La semaine dernière, une mission économique romande de 35 personnes conduite par le conseiller d’Etat genevois Pierre-François Unger s'est rendue pour une visite de deux jours à Moscou. A la fin de la semaine, c’est plus de 40 hommes d’affaires romands qui ont visité pour la première fois Bakou, en Azerbaijan.
Au programme figuraient des visites au siège des grandes sociétés pétrolières, Lukoil d’un côté, Socar de l’autre (toutes deux présentes à genève à travers leurs importantes filiales de trading), une visite de la cimenterie Holcim près de Bakou, des rencontres avec les grandes entreprises locales et deux forums économiques avec des ateliers thématiques sur la finance, les conditions cadres et la formation/santé.
Pourquoi un tel intérêt, maintenant, pour cette région du monde alors que l’époque est plutôt à la morosité et au repli sur soi ?
La réponse est donnée par l’intense ballet diplomatique entre la Russie et la Suisse depuis quelque temps. En octobre, Mme Calmy Rey a rencontré le président Medvedev. Cet été, M. Schneider-Ammann et Mme Calmy Rey étaient à Moscou. Il y a deux semaines, Doris Leuthard a signé un accord de coopération avec le vice-ministre russe de l’énergie. Fin septembre, Suisses et Russes signaient un protocole à la convention sur la double imposition et un mémorandum d’entente sur la coopération dans le domaine financier. En clair, alors que la Suisse est en délicatesse avec l’Union européenne et en froid avec les Etats-Unis, la Russie et les pays de la CEI restent l’une des rares régions du monde où ils sont accueillis avec chaleur et sans suspicion. C’est plutôt agréable.

Lire la suite

29/03/2011

Prévenir les catastrophes

Nous avons déjà parlé de la Stratégie internationale de la prévention des catastrophes (ISDR), petite organisation onusienne basée à Genève qui a pour mission de réduire le nombre de blessés et de morts lors des catastrophes déclenchées par des dangers naturels, tels que les inondations, les séismes et les éruptions volcaniques. Elle prêche depuis toujours dans le désert, malgré les séismes d’Haïti, du Chili et de Nouvelle-Zélande, les inondations du Pakistan et d’Australie, les sécheresses de Russie et d’Afrique. La catastrophe japonaise saura-t-elle réveiller les Etats et l’opinion de leur torpeur ? En tout cas, l’ISDR a prévu une grande conférence sur le sujet les 8-10 mai prochain au CICG avec la présence probable de Ban Ki-moon, décidément converti aux douceurs genevoises. Dernier moment pour sortir la tête du sable !

****
→Saluons pour terminer la belle initiative des fondateurs de l’Orchestre des Nations Unies. Depuis deux ans, Martine Coppens, présidente de l’association, Christian David, vice-président et rédacteur en chef de UN Special, et Antoine Marguier, chef d’orchestre, s’activent pour rassembler les mélomanes de la Genève internationale. 40 musiciens ont été sélectionnés, qui ont donné leur premier concert hier soir au Théâtre du Léman. Au menu, Mozart, Saint-Saëns et Haydn. Bonne chance et longue vie à ces amoureux de la musique.

25/03/2011

La grande surprise kazakhe

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la nomination de M. Kassym-Jomart Tokayev à la tête du siège européen des Nations Unies à Genève a saisi de stupeur le Palais des Nations. On pariait sur l’Allemagne et sur l’Italie et c’est le Kazakhstan qui a gagné ! Encore un coup des Russes, ont maugréé certains. Pourquoi ce choix ? Pour trois raisons au moins : M. Tokayev, ancien ministre des affaires étrangères et ancien premier ministre, n’est pas un fonctionnaire mais un dirigeant politique de haut rang ; à ces postes, quoiqu’en dise, il a su s’attirer les bonnes grâces, ou du moins la neutralité des Américains, sans l’assentiment desquels un tel choix aurait été impossible.
Troisième raison : parlant le chinois et l’anglais mieux que le français et l’allemand, le Kazakh donne des gages aux Asiatiques (au détriment des Européens) dont les votes seront déterminants pour la réélection de Ban Ki-moon à son poste cet automne. Et enfin, M. Tokayev est un spécialiste et un militant de la cause du désarmement, qui est chère à Ban Ki-moon. Le Kazakhstan est en effet l’un des très rares pays à avoir renoncé à l’arme nucléaire. Un déblocage de la conférence du désarmement actuellement paralysée par les Pakistanais qui ne veulent pas entendre parler du traité sur la réduction de la production des matières fissiles, serait évidemment une grande victoire pour le Sud-Coréen, qui ne peut oublier les ambitions nucléaires nord-coréennes…

25/02/2011

Un joyeux melting pot

Sortons du cadre institutionnel pour évoquer la Genève internationale au sens large. Mentionnons en premier lieu la dynamique British-Swiss Chamber of Commerce, fondée en 1920 mais dont le chapitre genevois fête son vingtième anniversaire cette année. Avec 240 membres romands et près de 800 en Suisse, elle est l’organisation d’affaires anglophone la plus active du pays. Son tonique secrétaire général genevois, Michael McKay, en chaîne les petits-déjeuners, lunchs et autres conférences, avec toutes sortes des invités internationaux, de Bianca Jagger à Paddy Asdhdown, sans oublier les figures locales. En mars, Lord Brittan est attendu à Genève.

****
→La seconde initiative à suivre, conduite par Vladimir Gugkaev, l’ancien consul général de Russie à Genève et actuel secrétaire général de la Chambre de commerce Suisse-Russie, vise à créer une Alliance culturelle russophone en Suisse romande. Depuis des années, la communauté russophone s’étoffe, notamment avec le développement des sociétés de trading, mais n’a pas encore pignon sur rue. L’association, en cours de constitution, veut notamment réunir la communauté autour d’expositions et en ouvrant une école pour les enfants d’expatriés afin de préserver la langue et la culture russe. Elle se veut ouverte à tous les russophones installés en Suisse romande, quelle que soit leur nationalité. Le lancement du festival de la culture russe en Suisse jeudi dernier à Lausanne en présence de Mme Medvedev, du ministre de la culture russe et de Didier Bukhalter avec une représentation du Bolchoi, confirme que, en moins de dix ans, la Suisse est devenue une plate-forme de choix pour les Russes.

22/02/2011

La rue arabe à Genève




→Après un mois de février très calme, l’activité internationale devrait atteindre son pic de l’année avec la réunion du « Segment de haut niveau » du Conseil des droits de l’homme à la fin du mois. On y attend du beau monde : le ministre russe des affaires étrangères, M. Lavrov, la Française Alliot-Marie, l’Européenne Catherine Ashton et peut-être même Hillary Clinton. Et plusieurs ministres des pays arabes et du Moyen-Orient sont attendus : Yémen, Maroc, Jordanie, Iran… devraient être présents. Le bruit de la rue arabe se fera peut-être entendre derrière les doux clapotis du lac Léman.

****

→Genève a reçu son premier ambassadeur ivoirien «nouvelle vague». Jeudi Sergei Ordzhonikidze, le directeur général de l'Office des Nations Unies (dont le successeur n’est toujours pas connu et qui restera probablement à Genève jusqu’à Pâques), a accordé ses lettres de créances au nouveau représentant de la Côte d’Ivoire nommé par le président Alassane Ouattara, M. Kouadio Adjoumani. Le président ivoirien élu ne peut toujours pas sortir de son hôtel d’Abidjan mais il marque des points sur la scène internationale. M. Adjoumani a notamment été ambassadeur aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. A Genève il avait déjà occupé un poste de conseiller à la fin des années 1980 et de secrétaire de la chambre de commerce ivoiro-suisse.

****





02/02/2011

8695 réunions à ONU genève

La période 2009-2010 a permis de consolider la Genève internationale. Le nombre de réunions enregistrées à l’ONU en 2010 a connu une légère baisse avec 8695 réunions mais le nombre de visiteurs de haut rang a explosé à 329 (contre 169 en 2009) grâce au sommet de l’union interparlementaire.

De son côté, l’Office des statistiques genevois a publié les résultats de son enquête annuelle: en mars 2010, le total du secteur public international enregistrait 25 460 employés (+6% en un an). Le nombre de réunions (2515) et de séances (18 887) et d’experts (163 419) délégués) a également augmenté pour un total de dépenses d’environ 5,5 milliards de francs. Les consulats et les ONG ne sont pas comprises dans le calcul.

31/01/2011

Grosse rentrée internationale

→Grosse semaine pour la Genève internationale. Le secrétaire général des Nations Unies sera à Genève pendant deux jours, avec un riche menu. L’accent sera notamment mis sur le sport, avec une visite à Jacques Rogge, le patron du CIO, destinée à faire le point sur les partenariats en matière d’éducation au sport et à la paix. Le successeur d’Adolf Ogi au poste de conseiller spécial de l’ONU pour le sport, l’Allemand Wilfried Lemke, sera de la partie. Et le lendemain à Genève, Iker Casillas, le gardien du Real Madrid et meilleur gardien de but au monde, se verra officiellement nommé ambassadeur de bonne volonté pour le développement.

 

****

 

→Au programme de Ban ki-Moon figurent également une adresse à la Conférence du désarmement, vivement invitée à dépasser ses blocages, un discours au Conseil des droits de l’Homme, qui se réunira expressément pour l’écouter, le lancement d’un nouvel appel de fonds pour l’Office pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et une rencontre avec les deux leaders chypriotes, le Grec Demetris Christofias et le Turc Dervis Eroglu.

 

Lire la suite

09/12/2010

Grand bazar à l’ONU !

Branle-bas de combat mardi passé aux Nations Unies où avait lieu l’événement le plus couru de l’année selon les mots du directeur général Sergei Ordhzonikidze : le Cercle féminin des Nations Unies/Genève organisait son 40e grand bazar annuel, présidé pour l’occasion par Marie-Paule Martinelli. Pendant une journée, près de 80 stands nationaux ont offert à près de 5000 visiteurs une vitrine du monde, alignant les créations artisanales les plus variées aux cuisines les plus raffinées. C’est toujours un vrai régal pour les yeux et les papilles ! Les fonds récoltés par les 500 dames du Cercle – 300 000 francs l’an dernier – vont à des projets de développement en faveur des enfants. La population genevoise y est bienvenue.

 


 

 

Lire la suite

08/09/2010

L’immigration, problème mondial No 1

Sous l’influence des économistes et des banquiers, l’establishment planétaire garde les yeux braqués sur les indices boursiers : reprise en V, W ou L, telle est la grande question du moment. Loin de moi l’idée de nier l’importance de l’économie et la nécessité d’une reprise durable. Pourtant, le problème numéro Un, celui qui hante les esprits depuis vingt ans sans qu’on ne lui accorde jamais l’attention qu’il mérite est ailleurs: c’est celui de l’immigration.

En août dernier au forum Ringier de Locarno, l’ancien commissaire européen Jacques Barrot l’a rappelé. Et les polémiques qui agitent ces-jours ci la France autour du renvoi des Roms et des criminels naturalisés, la Belgique et son éclatement annoncé, l’Allemagne avec le pamphlet de Thilo Sarazin contre les quatre millions de musulmans immigrés qui refuseraient de s’intégrer, les Etats-Unis avec l’installation d’une mosquée à Ground Zero et le blocage d’une loi anti-immigrés par Barack Obama en Arizona, sont autant de symptômes d’un mal endémique qui peut à tout moment éclater en pandémie grave.

Lire la suite

20/07/2010

Russie-OMC : à l’Europe de jouer

En juin 2009, lassée par 15 années de négociations infructueuses avec l’Organisation Mondiale du Commerce, la Russie avait riposté en rappelant ses négociateurs et en créant une Union douanière avec la Belarus et le Kazakhstan. Un an après le climat a changé, les discussions ont repris et le président Obama a officiellement apporté son soutien à la candidature russe à l’OMC. Reste à convaincre les Européens, divisés et prisonniers de leurs préjugés anti-russes.

 

Si elle accède un jour à l’Organisation mondiale du commerce, la Russie pourra se targuer d’avoir remporté la palme des négociations les plus longues de l’histoire de l’OMC. Commencées en 1995, cinq ans avant le fameux cycle de Doha, les premières discussions ont traîné en longueur, tantôt empêchées par des vetos politiques qui ne voulaient pas dire leur nom, tantôt freinées par des oppositions internes à l’économie russe et au Kremlin. De guerre lasse, Vladimir Poutine a donc annoncé, en juin 2009, qu’il suspendait les négociations de Genève. Le 17 juillet, la création d’une Union douanière avec le Kazakhstan et la Belarus est proclamée, avec entrée en vigueur au 1er janvier 2010. Prudent, le président Medvedev garde toutefois la porte entrouverte et précise que les négociations avec l’OMC pourront se poursuivre par le biais de l’Union douanière et que celle-ci, comme le prévoit d’ailleurs l’OMC, pourrait devenir membre de l’organisation en tant que telle.

 

Lire la suite

01/06/2010

Tous à l’ONU les 5 et 6 juin

On ne le répétera jamais assez, la Genève internationale c’est 200 ambassadeurs, 30 organisations internationales, 300 ONG, 35 000 emplois et 5 milliards de francs de contribution annuelle au produit cantonal brut. C’est donc du solide, du crédible, du tangible.

Mais la Genève internationale, c’est bien plus que cela : c’est le creuset dans lequel s’élaborent les règles de la gouvernance sociale, commerciale, sanitaire, humanitaire, climatique, technique et militaire de la planète. C’est le cœur de la diplomatie multilatérale ou, si l’on veut adopter le jargon des politologues anglo-saxons, l’un des deux ou trois centres mondiaux du « soft power ». Pour Genève, cette vocation est encore plus déterminante car c’est elle qui lui assure sa réputation internationale et fait que la plupart des sept milliards d’êtres humains savent à peu près où la situer sur la carte du monde.

C’est pour découvrir quelques-unes des facettes multiples mais pas toujours connues de la Genève internationale que l’Office des Nations Unies à Genève, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), le bureau régional du Programme des Nations Unies pour l’Environnement et le Bureau international pour la Paix (BIP) ont organisé, avec l’aide de la Confédération, du canton et d’organisations locales comme la Fondation pour Genève, l’association Agir et Mandat international, un week-end portes ouvertes, le premier depuis l’année 2000.

Lire la suite

21/05/2010

L’ONU et les SIG passent au vert

Rencontre au sommet entre le canton de Genève et les Nations Unies sur le thème « Après Copenhague, comment développer les initiatives locales ? » Réunis à l’invitation des Services industriels de Genève (SIG), une centaine d’invités genevois et internationaux ont écouté Sergei Ordhzonikidze, le directeur général de l’ONUG, Jerry Lengoasa, secrétaire général adjoint de l’Organisation mondiale de la météorologie, Isabel Rochat, conseillère d’Etat en charge de l’énergie, et André Hurter, directeur des SIG, présenter les projets et les stratégies destinées à concrétiser les objectifs de Copenhague. En huit ans, la consommation de fuel de l’ONUG a été réduite de 20% et celle de l’eau de 40% soit une économie de 4,5 millions de dollars. Les SIG collaborent au programme « Greening the UN » grâce notamment à la pose de panneaux solaires et à la centrale de réfrigération et de chauffage avec l’eau du lac. A elle seule, l’ONU représente 2’800 bureaux, 9000 réunions et 16 000 voyages par an. Bref, le potentiel de développement et de coopération en matière d’économies d’énergie est immense.

 

Lire la suite