21/09/2007

Rasez les moutons, qu'on voie l'herbe!

J’espère vivement que les historiens du futur auront autre chose à se mettre sous la dent que la presse de ces dernières semaines pour juger de l’état de la Suisse en 2007. Sinon ils pourraient bien conclure que le pays tout entier avait sombré dans le gâtisme et ne se préoccupait plus que de compter les moutons – blancs ou noirs – et de traquer les complots et anti-complots nés dans le cerveau malade des politiciens de l’époque.

Le niveau pitoyable dans lequel est tombé le débat politique depuis le début de l’été, c'est-à-dire depuis que le président de l’UDC a traité la prairie du Grutli de « pré à bouses » et que son parti a décidé d’arroser tous les ménages du pays avec sa propagande contre les étrangers délinquants, oblige à poser la question qui fâche : le patron de fait du parti populiste et accessoirement conseiller fédéral Christoph Blocher a-t-il mérité la confiance qu’on a placée en lui en l’élisant aux plus hautes fonctions nationales ?

La réponse va de moins en moins de soi. Il y a quatre ans, étant donné la progression de l’UDC, on pouvait admettre que sa revendication d’un deuxième siège au Conseil fédéral était légitime. Tout comme on pouvait reconnaître que les thèmes soulevés par ce parti – sentiment d’insécurité croissante et immigration étrangère mal maîtrisée – méritaient mieux que le boycott des médias et le mépris de l’establishment politique. D’accord ou pas, les questions soulevées par l’UDC reflétaient bien une préoccupation que les autres partis avaient trop tardé à prendre en considération.
Mais depuis que M. Blocher est parvenu au pouvoir, on est tombé dans l’extrême inverse. Du silence on a passé à l’overdose, du mépris on a versé dans la pâmoison : impossible d’ouvrir un journal, d’allumer un poste TV ou de parler politique sans se fracasser sur M. Blocher, sa photo chez lui ou sur un alpage et ses publicités sur le prétendu complot ourdi contre lui, tandis que les sept millions et de mi de Suisses se voient sommés de débattre de la couleur des moutons.
Quant à l’air du Conseil fédéral, il est carrément devenu irrespirable. Le climat détestable qu’il fait régner à Berne est indigne de notre pays. On peut comprendre celles et ceux qui, il y a quatre ans, avaient souhaité son accession au pouvoir pour régler des problèmes dont le traitement n’avait que trop tardé. Mais aujourd’hui, la preuve est faite que l’UDC et son chef ne sont pas là pour résoudre les difficultés mais pour les créer et jeter de l’huile sur le feu. Pour se maintenir au pouvoir, un parti populiste est ainsi fait qu’il doit sans cesse alimenter le feu qu’il a déclenché : il se comporte comme un pompier pyromane, qui justifie son action en allumant constamment de nouveaux incendies.

Désormais le doute n'est plus permis:  le remède est pire que le mal.

(extraits d'un article publié dans l'Agefi du 13 septembre 2007)

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13/09/2007

Assez de complots, vive Zineddine!

Depuis quelques semaines, la Suisse ne parle plus que de moutons et de complots, comme s'il n'y avait pas d'autres sujets de préoccupation que les caprices de M. CB. Il est temps de passer à autre chose, d'entrer dans les débats de fond, de discuter programmes et d'avancer les idées qui vont faire avancer la Suisse.

Mais avant d'entamer le marathon électoral, il n'est pas interdit de s'accorder une petite pause. C'est pourquoi je ne résiste pas au plaisir de montrer une photo venue enrichir l'égothèque du candidat que je suis et qui répond du même coup au pari fait avec un ami: une rencontre avec le grand Zineddine Zidane en personne!

Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'on n'en resort pas déçu. L'homme est fidèle à son mythe. Simple, direct, pas compliqué, avec ses yeux bleus qui vous transpercent, il n'esquive pas les questions, malgré les regards inquiets de ses gardes-chiourmes, et même s'il se refuse à donner les réponses qu'on aurait souhaitées. Il ne se fâche même pas quand on évoque le fameux coup de boule.

Oui, il restera à Madrid, oì il vit depuis six ans, et se consacre désormais entièrement à sa famille, à ses enfants et aux buts qu'il s'est fixés, comme le soutien aux enfants atteints de leucodystrophie à travers l'association ELA. Une petite déception quand même: non, il n'entend pas revenir régulièrement sur les stades, même en professionnel.

Bref, Zidane n'est pas seulement un grand sportif, c'est aussi un grand monsieur. A un moment où le sport est ébranlé par nombre d'affaires, du dopage aux paris truqués, ça fait vraiment plaisir.

Bon vent donc, Zineddine!

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05/09/2007

Saint-Maurice en beauté!

Merci à celles et ceux qui ont commenté ma dernière notice consacrée au festival de philosophie qui se tiendra la semaine prochaine à Saint-Maurice sur le thème de la beauté. Le rapprochement entre Saint-Maurice et la Beauté en a frappé plus d'un. Il suffit de venir voir pour constater que ce n'est pas une simple coïncidence. Saint-Maurice contient nombre de beautés cachées qui méritent qu'on les découvre!

En attendant, je m'aperçois que j'ai oublié de vous donner ma définition personnelle de la beauté. Je la livre donc à votre sagacité.

Pour moi, la beauté, c’est d’abord un sentiment, une émotion, une exaltation de l’esprit et des sens. Ce n’est pas le fruit d’un raisonnement intellectuel. C’est pourquoi la beauté est une affaire individuelle, personnelle, qui relève du goût de chacun. Mais en même temps, il n’y a pas de beauté sans relation. Je suis très sensible à ce que les Japonais appellent le « wa », qui exprime l’harmonie profonde entre les êtres et les choses, entre l’homme et le cosmos, l’œuvre et son public, etc. C’est parce qu’il n’arrive plus à créer cette relation, à entrer en résonnance avec son environnement, à ressentir cette harmonie fondamentale que les femmes et les hommes d’aujourd’hui ont l’impression d’être privés de beauté. C’est sur ce manque que le festival de philosophie s’est proposé de travailler.

A la semaine prochaine donc!

 

 

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03/09/2007

La beauté, c'est quoi?

Le beau, le laid, le sublime, l'ignoble: toutes ces catégories nous hantent sans qu'on sache plus très bien ce qu'elles sont, ni comment les définir. Même de la vie de tous les jours, la beauté semble absente, tellement on a de peine à dire ce qu'elle est et ce qu'elle pourrait être.

Avant tout semblait plus simple. La beauté qualifiait un type idéal d'objet ou de personne qui possédaient au plus haut point des qualités reconnues par tous. Beauté, sacré, art étaient proches. Mais ce n'est plus le cas depuis le XVIIIe siècle au moins: l'individu s'est imposé, et avec lui, une approche personnelle de l'émotion esthétique. A tel point que l'art contemporain ne semble plus avoir aucun rapport avec la recherche de la beauté.

C'est pour voir un peu plus clair dans cette confusion que le 3e festival francophone de philosophie a choisi de traiter le thème de la beauté. Du 13 au 16 septembre prochain à Saint-Maurice (VS), une cinquantaine de conférences et de débats devraient nous permettre de nous y retrouver un peu mieux et de constater que la beauté est d'abord un sentiment, une émotion, une expérience personnelle. 

Car la beauté n'est pas qu'une affaire d'intellect et de raison. C'est d'abord une fête des sens. C'est pourquoi des joutes philosophiques, des concerts, une exposition, deux pièces de théâtre, un banquet et une dégustation de vins permettront, au-delà des discours, de jouir des différentes facettes de la beauté.

Vous trouverez tout le programme sur www.festivalphilosophie.info.

 

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27/08/2007

50 millions d’économies d'impôts pour les familles

 La politique fiscale doit cesser pénaliser les familles et la classe moyenne par des impôts et des charges sociales excessives. Or depuis quelques années, la classe moyenne paye, à Genève, le prix fort. Le système fiscal genevois favorise le déséquilibre croissant entre le cercle des bénéficiaires des prestations de l’Etat et les contribuables, mettant ainsi en danger la cohésion sociale.

L’idée est de proposer des réductions d’impôts jusqu’à concurrence de 50 millions de francs dès 2010, soit dès le retour à l’équilibre des finances cantonales.

Dans cette optique, il s'agit donc d’alléger la fiscalité des familles et de la classe moyenne de façon ciblée, en choisissant des mesures ciblées:
a)       suppression de l’imposition des allocations familiales : parce que l’on ne peut prendre d’une main ce que l’on donne de l’autre, le PDC Genève soutient la proposition du parti national et défendra cette idée à Genève. Cette mesure constituerait un allègement significatif pour les familles (aussi bien celle à un qu’à deux revenus) et entraînerait une perte de recette fiscale supportable pour l’Etat.
b)       Déduction fiscale pour les enfants qui s’occupent de leurs parents âgés au lieu de les mettre en EMS : Actuellement, les enfants qui choisissent de s’occuper de leurs parents (souvent grâce à une aide à domicile) ne bénéficient pas de possibilités de déduction fiscale.
c)       Déduction des pensions alimentaires en faveur d’enfants majeurs : Après la majorité, si l'enfant n'a pas terminé sa formation, les parents doivent continuer à subvenir à son entretien jusqu'à la fin de celle-ci. Le versement d’une pension alimentaire ne cesse donc pas toujours avec la majorité de l’enfant. Mais ces pensions ne sont pas déductibles une fois que l’enfant a atteint sa majorité. Une situation qui entraine trop souvent le non paiement des pensions par l’ex-conjoint.
d)       Remise de commerces : dorénavant, avec la LHID (loi fédérale sur l’harmonisation des impôts directs des cantons et des communes), le bénéfice d’une remise de commerce fait partie du revenu normal. Or pour beaucoup de commerçants et d’artisans, la remise de leur commerce constitue une sorte de capital retraite. Ils sont donc inutilement pénalisés par la LHID.

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08/08/2007

Grutli: retour aux sources du mythe

Vous l'avez oublié, mais c'est sur ce blog, en mai dernier, qu'a commencé la bataille du Grutli pour soutenir les discours des présidentes sur la prairie mythique et que j'avais proposé une résolution de soutien au Grand Conseil gegenois, qui l'a acceptée à une très large majorité.

Entretemps, les choses se sont très vite emballées et la polémique est devenue nationale. Mais Genève est toujours restée à la pointe du combat et, une semaine après le 1er Août, toutes celles et tous ceux qui ont fait le déplacement à Uri - une cinquantaine de personnalités, dont une vingtaine de député/es de tous les partis à l'exception de l'UDC, peuvent légitimement être fiers et satisfaits.

 D'abord à cause du temps et de la balade à pied, magnifiques, et à cause du fort contenu symbolique de la manifestation, que le pétard de l'extrême-droit explosé en fin de journée n'a pas pu altérer. Dans son discours, Micheline Calmy-Rey a mis les points sur les "i" sans emphase inutile et Christine Egerszegi a souligné le rôle identitaire de l'événement avec son chapeau de paille!

L’esprit même du mythe, qui est d’unir et non de séparer, a donc été pleinement restauré: la glorieuse prairie a à nouveau été ouverte à tout le monde, femmes et hommes, jeunes et vieux, suisses et étrangers, simples citoyens et élus, gens de gauche et gens de droite. C'est peu pour les esprits chagrins mais c'est beaucoup pour celles et ceux qui pensent qu'une nation n'est pas qu'une addition d'intérêts.


 

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31/07/2007

Quatre valeurs pour une fête nationale

Lors d'un voyage au Vietnam début juillet, juste avant la visite de Doris Leuthard, j'ai eu la chance de renconter un ancien député qui fut le créateur des zones franches industrielles vietnamienne, M. Huynh Phi Dung. Devenu entrepreneur à succès, il construit aujourd'hui le plus grand parc d'attraction du Sud-Est asiatique, près de Saigon. 200 millions de dollars ont déjà été investis, avec un zoo, une mer et des montagnes artificielles, des attractions dignes de Disneyland et une zone culturelle dédiée aux différentes ethnies vietnamiennes avec un temple bouddhiste géant, doré à la feuille d'or.

Mais l'important n'est pas là. Dans l'échange que nous avons eus, la discussion a rapidement dérivé sur la politique, au sens large, la philosophie et les valeurs qui doivent guider "l'honnête homme" de nos jours.

Un homme complet, affirme notre hôte, se convient d'agir selon quatre principes: 1/respecter la famille, les parents, les ancêtres, les proches pendant et après leur vie, en contribuant à leur santé, leur prosprérité, leur sécurité, leur agrandissement.

2/respecter son pays, la nation, la loi et les usages communs en contribuant également à la prospérité, au développement, à l'agrandissement moral et matériel de la patrie qui nous a vu naître.

3/respecter la communauté humaine au sens large, l'humanité dans son emsemble, l'être humain, l'individu et la collectivité des hommes, étrangers et inconnus compris.

4/respecter la création, le Créateur pour celles et ceux qui y croient, la nature, dans la mesure où l'homme ne descend pas seulement du singe mais est aussi fils du Ciel. L'homme n'est pas seul, il ne vit pas que de pain et de jeux.

A quoi il convient de rajouter un cinquième principe, à savoir que les quatre premiers doivent être respectés ensemble et de façon égale, sans que l'un domine l'autre, faute de quoi l'on tomberait dans le népotisme ou l'égoïsme de clan, le nationalisme, l'idéalisme abstrait ou l'intégrisme.

C'est très brièvement résumé, mais n'est ce pas un bon programme pour une fête nationale ou des élections?

 

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25/07/2007

Rhino: où est passée la culture?

Depuis leur création il y a une vingtaine d'années, grâce notamment aux contrats de confiance du conseiller d'etat liéral Claude Haegi, les squats genevois se sont justifiés avec deux arguments: la crise du logement, qui empêchait les jeunes d'accéder à des appartements bon marché, et leur vocation de creuset culturel, de lieux de création de nouvelles formes de (contre-)culture.

Ils sont en train de mourir aujourd'hui faute d'avoir pu donner de réponse satisfaisante à leurs deux raisons de vivre.

Avec le temps, ils ont montré que, loin d'aider à résoudre la crise du logement, ils ne faisaient que la perpétuer en empêchant la rénovation et la remise sur le marché de logements neufs et salubres et qu'ils entretenaient l'impression désagréable qu'il était possible de se loger à Genève pour pas un rond alors même que la pénurie faisait monter les prix des loyers de celles et ceux qui acceptaient de payer pour habiter dans notre canton.

D'autre part, en s'embourgeoisant, en s'installant dans un benoît conformisme de la contre-culture, ils n'ont pas tardé à s'assécher. On est désormais bien loin du temps où les nuits animées des squats genevois accouchaient des grands noms du théâtre et de la mise en scène contemporaines.

Le fait de déposer des couches salles dans les bureaux de conseillers d'Etat a achevé de prouver que les défenseurs de Rhino étaient plutôt devenus des contre-exemples de culture. Enfin, en multipliant les procédures les plus complexes et mobilisant les juristes les plus pointus pour défendre leurs acquis, ils montrent qu'ils sont au moins aussi à l'aise sur le terrain du droit que sur celui de la culture.

Les squats genevois sont donc en train de mourir de leurs contradictions bien plus que de l'acharnement du procureur général ou des complots des milieux immobiliers.

 

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21/06/2007

Droit de vote à 16 ans: parlons-en!

Les électeurs glaronnais viennent de l'accepter, le Grand Conseil bernois aussi. Même si les Zurichois et les Grisons viennent de le refuser à trois voix et une voix près, le droit de vote des jeunes à 16 ans fait son chemin. Qu'on le veuille ou non.

Il est vrai que le monde germanique est plus ouvert à cette question que les Latins: les Länder autrichiens et allemands pratiquent déjà le droit de voite à 16 ans sans problème et l'Autriche a même planifié de l'introduire au niveau fédéral d'ici 2010.

En Suisse, on retrouve cette ligne de fracture: les Romands sont nettement plus hésitants sur cette question que les Alémaniques. Mais faut-il pour autant escamoter le débat? Dans une société qui vieillit de plus en plus et dont le centre de gravité électoral bascule massivement du côté des aînés, n'est-il pas normal de donner la parole à celles et ceux qui vont devoir en assumer la charge et les coûts, à savoir les jeunes?

Sans compter que plus une société vieillit, plus elle se méfie des jeunes, qu'elle trouve trop gâtés, pas assez mûrs, peu motivés, ignorants de la chose politique, bref trop ceci ou trop cela pour leur confier cette responsabilité. On craint aussi pour la participation, qui serait particulièrement faible chez les jeunes. Mais à voir comment votent les adultes, censés être parfaitement informés et motivés, on peut sérieusement douter de l'objection.

Au nom de l'équilibre et du partage des responsabilités entre générations, il est donc vital d'ouvrir le débat. C'est ce que nous avons fait en déposant une motion au Grand Conseil genevois et en posant la question aujourd'hui sur ce blog. Alors, n'hésitez pas à vous faire entendre!

 

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18/06/2007

Petit café chez Angela (Merkel)

Saut de puce à Berlin vendredi dernier pour visiter la Chancellerie fédérale et le Bundestag. Nous sommes reçus par Thomas de Maizière, le chef de l'administration de la Chancellerie et chef de cabinet d'Angela Merkel, qui organise les séances du gouvernement et fait office d'amphitryon.

On parle d'Europe (le président polonais est attendu à Berlin le lendemain pour débloquer la situation du traité), de G8 (le sommet d'Heiligendamm vient de se terminer), de relations franco-allemandes, de l'OTAN et de la Russie. Les réponses sont à la fois prudentes et incisives: on sent que l'Allemagne est soucieuse de soigner son image de puissance de consensus, tout en ayant son opinion bien à elle sur chaque objet.

L'architecture des lieux de pouvoir est révélatrice de cette force tranquille et apaisée. Toute de béton et de verre, bourrée d'oeuvres d'art contemporaines, la nouvelle chancellerie est un hymne à la modernité, complètement ouverte sur son environnement. On a l'impression que les promeneurs du Tiergarten peuvent assiter aux séances de leurs ministres à travers les baies vitrées. On est loin du gigantisme sombre et inquiétant des Reichs précédents: le côté obscur de la force a été éradiqué.

Même ambiance au Bundestag. Les quatre immeubles qui composent la chambre du peuple enjambent la Spree, à cheval sur l'ancien mur, et jouent également sur la lumière et la transparence. Même le vieux Reichstag, incendié par les nazis, ravagé par la guerre et reconstruit par Norman Foster avec une gigantesque coupole de verre, fait pénétrer la lumière et les regards du public au coeur des délibérations des députés. Mieux, après un débat homérique, on a même conservé sur les murs d'origine les graffiti laissés par les soldats russes en mai 1945: preuve que l'histoire et la défaite ont été digérées et sont désormais pleinement assumées par les Allemands.

Ce pouvoir qui n'a pas peur de voir de se laisser voir fait de la démocratie allemande un modèle du genre. Qui l'eût rêvé il y a quinze ans encore?

 

 

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06/06/2007

Après les tours, osons la grande traversée du lac

En 2003, le PDC avait été le premier parti de ce canton à oser proposer de construire des tours à Genève. Exemple et dessins à l'appui, un débat avait été organisé à la Maison de Quartier de la Jonction avec, notamment, les édiles municipaux, pour présenter les immenses avantages des constructions en hauteur.

L'accueil, c'est le moins qu'on puisse dire, avait été froid. Mais quatre ans et quelques motions plus tard, le résultat est là: le Conseil d'Etat et une majorité de Genevois sont enthousiastes à l'idée de créer tout un quartier de tours dans le quartier de la Praille-Acacias.

Espérons qu'il en soit de même pour le projet de traversée du lac, qui est en train de resortir des limbes. Deux conceptions s'affrontent: une moyenne traversée Avenue de France - Eaux-Vives et une grande, qui bouclerait enfin la ceinture autoroutière, du Vengeron au Pavillon de Ruth, avec un embranchement qui relierait la route de Thonon au pied de la rampe de Vésenaz (et profiterait du tunnel sous Vésenaz déjà accepté), et un autre embranchement qui rejoindrait l'Autoroute blanche dans les hauts de Malagnou ou avant la douane de Sous-Moulin.

Cette option, qui tiendrait compte de l'évolution de la Ville et du projet d'agglomération actuellement en consultation, est de loin la meilleure car elle desservirait à la fois l'agglomération et le trafic international. Les coûts pourraient donc être pris en charge par la Confédération tant sur le compte agglomération (tunnel sous les Eaux-Vives) que celui des autoroutes (partie lac). 

La construction d'une grande traversée permettrait aussi d'ouvrir le pont du Mont-Blanc aux trams et aux bus et viendrait donc dynamiser les transports publics tout en rendant acceptables la création de vraies zones piétonnes et la modération du trafic au centre ville.

Avec un peu de bonne volonté, tout le monde serait gagnant.

Reste à choisir en le pont et le tunnel. Chaque option a ses avantages et ses inconvénients (coûts, bruit, paysage), qui doivent être soigneusement étudiés. Le pont, qui est un symbole magnifique, a mes préférences. Mais une chose est sûre: le débat entre partisans du pont et ceux du tunnel ne doit pas, comme en 1996, faire échouer le projet.

Réponse dans quatre ans?

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30/05/2007

Le crash d'Ueberlingen, autre honte nationale

Il n'y a pas que l'incapacité d'organiser la fête nationale au Grutli qui est une honte nationale: le comportement des responsables suisses lors du crash d'Ueberlingen est aussi un scandale.

Le procès qui se tient ces jours-ci à Zurich l'illustre bien. 72 enfants et mères de famille russes morts suite à la négligence de Skyguide? C'est la faute à personne. Au Grutli comme à Ueberlingen, on se défausse de ses responsabilités, on refuse d'assumer, on cherche à refiler la patate chaude plus loin. A croire que que le déni de responsabilité est devenu un sport national.

Les parents des victimes n'arrivent pas à comprendre que les véritables responsables ne soient pas poursuivis et que les autres accusés rejettent la faute sur la 73e et dernière victime du drame, l'aiguilleur du ciel tué par un père russe désespéré d'avoir perdu femme et enfants dans le crash. Et ils ne pardonnent pas à la Suisse d'avoir montré aucune compassion après le drame et d'avoir attendu deux ans avant de proférer de vagues excuses aux familles des victimes.

Comme au Grutli, les responsables, n'écoutant que leurs avocats et jamais leur coeur, avaient trop peur que des excuses n'ouvrent la voie à une reconnaissance de leur faute, et donc à des demandes accrues d'indemnisations. Toujours la hantise de dépenser!

Il y a donc fort à parier que ce procès n'ajoute l'infamie à l'insensibilité et que les deux dernières victimes se retrouvent doublement punies: l'aiguilleur du ciel par la perte de sa vie et de son honneur à titre posthume, et son meurtrier russe parce qu'il sera très probablement le seul à faire de la prison alors qu'il a tout perdu dans un drame dans lequel il n'est pour rien.

 

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21/05/2007

Bal des lâches au Grutli: où est Guillaume Tell?

Iront-elles? N'iront-elles pas? Dans un de mes billets précédents, j'avais évoqué la saga du discours du Premier Août de nos deux présidentes confédérales, empêchées de d'exprimer sur la prairie fondatrice par la veulerie des élus locaux. Entretemps, l'affaire a éclaté dans la presse et n'est toujours pas close.

Les responsables des quatre cantons riverains continuent à se défausser. Le Conseil fédéral a ajouté une couche en refusant de mettre un franc pour participer aux frais de sécurité. Pascal Couchepin a même rajouté son grain de sel en désavouant sa collègues radicale Chreistine Egerszegi, présidente du Conseil National, en disant que s'il était président de la Confédération, il n'irait pas au Grutli. Je suis sûr que s'il avait été la cible de cet affront, il aurait réagi difééremment.

On est d'accord, le destin de la Suisse ne basculera pas parce que Micheline Calmy Rey et Mme Egerszegi n'auront pas pu se rendre au Grutli et auront dû se contenter de discourir dans une commune de Suisse romande (avis aux candidates!). Mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que baster devant les skinheads néo-nazis le jour de notre fête nationale est une lâcheté indigne d'un pays démocratique et constitue un piteux déni de notre identité nationale. Sans parler de la muflerie que cette attitude suppose.

Les fiers-à-bras souverainistes sont prêts à sortir les hallebardes du placard quand l'Union européenne fait mine de rappeler à la Suisse ses obligations fiscales d'Etat partenaire de l'Union, mais ils se taisent quand des extrémistes à crânes rasés occupent le berceau symbolique de la Confédération.

Le Grutli est loin de Genève, mais comme citoyen suisse, je ne peux m'empêcher de trouver cette affaire lamentable et indigne. Fils et filles de Guillaume Tell, réveillez-vous!

 

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15/05/2007

Ville de Genève: ça commence mal!

On allait voir ce qu'on allait voir! Hé bien, quinze jours après les élections du 29 avril, on a déjà tout vu: la nouvelle législature en Ville de Genève s'annonce aussi mal que la précédente. Et pour la même raison, à savoir l'ego flatulent des petits marquis de la majorité de gauche.

Les quatre dernières années ont été empoisonnées par les relations délétères qui régnaient au sein du Conseil administratif, pourtant à large majorité de gauche. Les affaires qui ont défrayé la chronique - celle des amendes de M. Hediger, celle de l'immeuble du 25 rue du Stand puis le lâchage public de ses collègues par Manuel Tornare - sont largement dues à l'incapacité des magistrats en place à faire preuve d'humilité, à reconnaître leurs torts. Ils sont si fiers qu'ils considèrent toute critique comme un crime de lèse-majesté. Ils se seraient excusés platement de leurs erreurs qu'elles auraient été ausitôt oubliées.

Et voici maintenant que cela recommence avec la répartition des dicastères. Par forfanterie, Manuel Tornare est allé déclarer à la presse qu'il allait remettre de l'ordre dans le Culture gérée par son collègue Mugny, tout en décrétant qu'il n'hésiterait pas à lâcher cette Ville qu'il prétendait aimer si passionnément sur ses affiches électorales dans les prochains 18 mois pour aller au Conseil d'Etat. Cherchez la cohérence!

Une chose est donc sûre: quelle que soit la solution finale, elle fâchera tout le monde car personne n'aura obtenu ce qu'il souhaitait au départ. Deux des quatre têtes de la majorité ont changé, mais les querelles de pouvoir et de territoire vont persister. Et cela durera tant que la coalition rose-verte disposera d'une trop large majorité. A trois, ils seraient contraints de faire front commun sans discuter, tandis qu'à quatre la voie est libre pour les divisions. De quoi faire sourire le cinquième, Pierre Maudet, à qui les autres ne pourront pas s'empêcher de laisser la portion congrue, et qui aura donc tout loisir de faire monter la pression dans le camp majoritaire...

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07/05/2007

OK pour Sarko. Avec un faible pour Ségo...

On ne mégotera pas sur la belle victoire de Nicolas Sarkozy, ni sur les qualités de son programme, qui est sans doute le plus apte à mettre fin aux rigidités françaises. Et on a pris note avec intérêt de la retenue, du respect et de l'esprit d'ouverture que le nouveau président a exprimés tout au long de la soirée. C'est une attitude nouvelle chez les vainqueurs des soirées électorales françaises.

Mais on ne nous empêchera pas d'avoir un petit faible pour Ségolène. Tout au long de la campagne, et jusque dans la défaite de dimanche soir, cette femme aura démontré une maîtrise d'elle-même, une présence et un sang-froid remarquables. Des qualités très présidentielles en somme.

D'autre part, une victoire de Ségolène eût signifié que la France avait déjà opéré sa mutation en profondeur. Elle aurait signifié que la gauche française avait réussi sa mue sociale-démocrate, abandonné ses archaïsmes et que la rénovation de la société françaises voulue par tous les candidats ne s'était pas arrêtée à la moitié de la France.

Pour que cette mue nécessaire se fasse, il ne reste donc plus qu'à souhaiter que la victoire de la droite aux législatives de juin ne soit pas trop massive et qu'une place substantielle soit réservée au centre et à la gauche moderne. Sinon, il y a fort à parier que la France, cédant à ses vieilles passions, ne fasse que reconduire, avec d'autres têtes, le stérile conflit droite-gauche à l'origine de ses blocages actuels.

 

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04/05/2007

Micheline et Christine empêchées de Grutli? Réagissons!

Micheline et Christine censurées? Lors de son passage à Genève il y a quelques jours, la présidente du Conseil National, la radicale Christine Egerszegi, a lâché une petite information qui devrait faire bondir tous les démocrates: les deux premières femmes de Suisse, les deux "super nonas" comme elles s'appellent - la Présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey et elle-même, présidente du Parlement - n'ont toujours pas reçu le feu vert des autorités de Suisse centrale pour tenir leur discours du 1er août au Grutli.

La commission du Grutli composée des représentants des trois cantons riverains - Uri, Schwytz et Nidwald - tarde toujours à répondre à la demande que leur avaient adressées en janvier dernier nos deux présidentes. Elle craint des échauffourées avec les néo-nazis et skinheads qui manifestent régulièrement au Grutli le 1er août et espère que les deux gêneuses finiront par renoncer à leur projet.

Laisser la voie libre à l'extrême-droite et empêcher l'accès du Grutli aux deux plus éminentes femmes de Suisse le jour de la fête nationale? Ce serait un scandale. Mais c'est pourtant ce que les prétendus preux Waldstätten s'apprêtent à faire.

Insurgeons-nous! Pétitionnons! Protestons! On ne peut décemment pas laisser commettre pareil forfait sans réagir.

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26/04/2007

Skier à Dubai, performance ou scandale?

Bref aller-retour à Dubai pour présider l’assemblée générale de l’Association internationale des Clubs de la presse (IAPC) et participer à l’Arab Media Forum, qui réunissait un bon demi-millier de professionnels des médias du Golfe et du Moyen-Orient sur le thème : développer les gens, développer les organisations. Dubai, qui veut détrôner Qatar comme capitale des émirats indépendants, vient en effet de se lancer dans une grande compétition médiatique avec Doha, illustrée par la création en 2003 de la châine TV Al Arrabyia, destinée à réduite l'influence de la qatariote Al Jazira.

 

Je n'y ai pas croisé Federer, qui y a installé son pied à terre, mais, comme toutes celles et tous ceux qui ont visité cette bande de sable déserte, j'ai été frappé: cette ville est devenue le symbole d'une démesure, mais ausi d'une énergie, d'un dynamisme inouïs.

Entre l'aéroport et l'hôtel, j'ai compté pas moins de 50 tours en construction. Pas d'arbres, mais une forêt de grues géantes. Une centaine de nouveaux hôetls et deux nouvelles viles entières - dont la célèbre Ville-Palmier à 30 milliards de dollars - étaient déjà sorties de terre depuis ma dernière visite il y a cinq ans.

Et tout cela sans la moindre goutte de pétrole, le génie du coin consistant à pomper les pétrodollars des pays voisins pour les investir dans des centres commerciaux, des hôtels et des centres de loisirs!

Dans un tel contexte, est-ce si surprenant de construire une piste de ski en plein désert? En bon Suisse, impossible d'ignorer cette parodie hi-tech de nos stations alpines. Logé dans une centre commercial hyper-luxieux attenant à l'Hôtel Kempinski, le long boyau de métal, de 500 mètres de long, une centaine de mètres de dénivellation et de largeur, abrite une vieux télésiège POMA des années 60 et un petit téléski à assiettes le long de la paroi. Au milieu de la piste, un Avalanche Café reçoit les skieurs. L'abonnement Ski-Data porte la curieuse mention "Bernex - Dent d'Oche" et coûte 20 francs les deux heures, équipement compris. Neige artificielle un peu lourde mais agréable. Température forcément rafraîchissante après la moiteur du désert. Bref, une expérience divertissante, genre Disneyland, à défaut d'être parfaitement écolo-correcte.

Mais ici encore, les organisateurs ont réponse à tout: la gestion de l'énergie est optimale, le tube qui abrite les installations est parfaitement isolé et le bilan écologique meilleur que celui d'une station des Alpes qui attire les visiteurs étrangers après un long voyage en avion. Le débat est donc ouvert...

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23/04/2007

Bayrou s'invite au 3e tour

On peut tirer deux leçons du premier tour des élections présidentielles françaises.

La première, c'est que, contrairement à tout ce qu'on a pu lire et entendre en Suisse sur la légèreté française, l'absence de fond de la campagne, la pauvreté intellectuelle des candidats et leur manque de vision économique et internationale, les Français ont très massivement pris conscience des enjeux de ces élections.

La preuve? Un taux de participation historique dans l'histoire de la Ve République. Les Français sont donc loin d'être aussi "repliés sur eux-mêmes", "obnubilés par leur drapeau" et creux que de nombreux commentateurs romands très condescendants ont bien voulu le dire.

Le second fait frappant est le bon score du centre malgré les appels pressants au vote utile. Par dépit et méfiance à l'égard des élites, les Français fatigués du face à face gauche-droite avaient tenté Le Pen en 2002. Ils ont ont aujourd'hui voté utile en choisisant Bayrou. Ce recentrage, ce retour au rationnel, font du candidat du centre l'un des vainqueurs possibles du troisième tour, c'est à dire des élections législatives de juin.

La victoire de Nicolas Sarkozy ne fait en effet pas de doute. Mais si Bayrou et son parti réussissent à s'imposer comme une troisième force charnière en juin, alors la France pourrait s'éviter cinq nouvelles années de combat gauche-droite stérile et entamer un vrai programme de réformes, équilibré et partagé par tous et pas seulement destiné à favoriser une seule moitié du pays.

 

 

 

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19/04/2007

Genève, ton compte est bon!

205 millions de boni au lieu de 292 millions de déficit, des charges de personnel enfin contenues, des dépenses générales en baisse: les comptes 2006 de l'Etat de Genève sont enfin dans le noir. On n'avait plus vu ça depuis 1987.

C'est une satisfaction pour la République et une consolation pour le soussigné qui s'était fait houspiller au moment du budget, lorsqu'il avait osé pronostiquer que les résultats seraient bien meilleurs qu'escomptés grâce à la conjoncture.

Faut-il pavoiser pour autant? Non, bien sûr.

D'une part les résultats restent très volatils. 500 millions de mieux une année peuvent très se transformer en 500 millions de moins l'année d'après, si la conjoncture se retourne. Il va falloir payer les 90 millions de plus que Berne nous réclamera dès 2008. Et la dette continue d'augmenter de 460 millions et dépasse les 13 milliards, même si elle devrait resdecendre un peu cette année.

Et enfin, c'est maintenant que les choses difficiles vont commencer. Car les dépenses de l'Etat ont toujours tendance à exploser quand la conjoncture est bonne. On l'a vu en 2000-2001: un milliard de dépenses en plus en un an! Les boni encouragent tous les bénéficiaires de l'Etat - syndicats, subventionnés, services - à réclamer plus sous prétexte qu'ils se seraient serrés la ceinture les années précédentes. Les élus, conseillers d'Etat et députés, vont devoir redoubler de fermeté pour résister aux chants des quémandeurs...

Le compte est bon, mais pourvu que ça dure.

 

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17/04/2007

Des fusils et des balles

Peut-on continuer à garder son fusil militaire et sa boîte de cartouches à la maison?

Après le carnage de Virginie et le massacre du forcené de Baden qui tue un vieillard parce qu'il s'est engueulé avec le patron du casion local, cette position est devenue franchement indéfendable.

Je n'ai pas de fusil ni de balles dans mes armoires mais je dois dire que, jusqu'ici, j'ai été plutôt favorable au maintien de l'arme militaire à la maison, par attachement à Guillaume Tell, par fidélité à une des traditions les plus typiquement suisses. Mais après Columbine, Zoug, Baden et Virginia Tech, il faut se faire une raison: rendons les fusils et les cartouches aux arsenaux militaires.

Car les faits montrent que ces événements sont parfaitement similaires. Si la violence collective tend à diminuer en Occident  - quoique la violence dans les stades permette d'en douter - tout montre qu'elle tend à se privatiser, à s'incarner dans les individus. Entre le forcené de Zoug et celui de Virginia Tech, il n'y a pas de différence. Ce phénomène d'invidus instables qui pètent les plombs et massacrent leurs concitoyens avant de se faire sauter la cervelle se généralise dans tous les pays où l'accès aux armes est facile.

La Commission de sécurité du Conseil des Etats a ouvert une brèche hier en acceptant d'interdire les munitions à domicile mais pas le fusil. Art de couper la poire en deux? Demi-mesure? Oui, à coup sûr, mais c'est déjà un premier pas.

 

 

 

 

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