Planète bleue - Page 3

  • Planète bleue pour Genève

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    Réchauffement climatique accéléré, effondrement de la biodiversité, consommation effrénée des ressources naturelles et humaines, inquiétude croissante de la jeunesse, tensions internationales préoccupantes, inégalités sociales qui explosent, surendettement public et privé et accumulation de montagnes d’argent improductif, dont les banques ne veulent même plus.
    Planète bleue, le mouvement que je souhaite représenter à cette élection nationale, veut se consacrer à l’essentiel. Il souhaite notamment favoriser la transition vers une économie mieux maitrisée, moins axée sur l’hyperconsommation et la croissance à tout prix, et promouvoir une agriculture, d’une industrie et de services plus locaux et moins gourmands en ressources et en importations polluantes, en concertation avec les entrepreneurs et les paysans. C’est avec eux, et non contre eux, qu’il faut trouver des solutions. Nous sommes convaincus que la Suisse, et Genève en particulier, ont tous les atouts pour mener ce combat.
    Planète bleue souhaite également mieux répartir les richesses et améliorer les conditions de production dans les pays du sud, ne serait-ce que pour limiter les causes des migrations qui sont toujours sources de tensions dans les pays d’accueil.
    Enfin, Planète bleue milite également en faveur d'un Conseil fédéral et d’une Europe qui gouvernent au lieu de gérer, et qui soient beaucoup plus actifs, non seulement en matière de préservation de la nature, mais aussi en matière de sécurité, de santé et de protection de la population, et qui soient porteurs d'initiatives en faveur d'une meilleure prise en considération du droit et de la justice en Suisse aussi bien qu’à l’étranger.
    Le programme tient en 10 principes : 1/Maîtriser une croissance devenue folle et favoriser la transition vers une économie douce (aéroport, transports, gaspillages et déchets); 2/Préserver le climat et la biodiversité; 3/Respecter les animaux et manger plus sain; 4/Aider les migrants mais pas les migrations. (Tous les êtres humains en détresse doivent être aidés mais la migration en tant que résultat de l’exploitation de la misère, du pillage et de la mauvaise gouvernance doit être combattue); 5/Taxer les transactions financières et les robots plutôt que le travail; 6/Assurer une santé abordable et équitable pour tous; 7/Défendre une Suisse démocratique dans une Europe indépendante et souveraine; 8/Soutenir un Conseil fédéral qui décide et un Parlement qui légifère en toute indépendance; 9/Conserver une société équilibrée, fière de ses racines et confiante dans l’avenir; 10/Considérer la nature, l’air, l’eau et le patrimoine culturel comme des biens communs inaliénables. (Cf. www.planetebleue.ch).
    Quant à la méthode, elle se veut simple : un budget limité ; une démarche en accord avec les buts affichés : pas de lobbies, pas de dépenses extravagantes, marche à pied ! Avec, à la clé, une bonne chance d’être élu en partant groupé avec la coalition du centre.
    Et comme il faut commencer par un engagement concret, vous retrouverez tous les jours sur ce blog, à partir de demain, les étapes de la première partie de mon tour du Valais à peid et en solitaire. A demain!

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  • Pourquoi Planète bleue

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    Première étape
    Tour du Valais à pied
    23 juillet 2019
    LE PAS FAIT LE CHEMIN. C’est avec ce viatique que je commence mon tour du Valais à pied et en solitaire. Cette formule a guidé toute ma vie et je compte bien m’en inspirer pour affronter les difficultés et maux divers qui m’attendent sur cette longue route. Ça fait quelques années que je marine ce projet de renouer avec mon canton d’origine, la nature et les montagnes, en retrouvant des sensations perdues depuis l’enfance. Le moment est venu de passer à l’action, avec une petite pointe de trac quand même: serais-je capable de marcher 5 à 8 heures par jour sur des pentes aussi raides? On est loin du petit jogging hebdomadaire! L’idée est de partir de la frontière française au bord du Lac Léman et de remonter la vallée sur la rive gauche jusqu’à la Furka et de la redescendre côté bernois jusqu’à Morcles, en deux étés et une cinquantaine de journées. Objectif 2019: une vingtaine d’étapes, de Saint-Gingolph au Val d’Anniviers.
    Parti de Saint-Maurice, le train arrive en gare de Saint-Gingolph vers 9h, descente au bord du lac, selfie, visite au Monument aux morts, en mémoire des fusillés et de l’incendie du village français du 23 juillet 1944 par les SS d’Annemasse, dont on fête le 75e anniversaire de la tragédie aujourd’hui même. La solidarité franco-suisse avait alors joué à fond et la grande majorité des familles française avait alors été accueillie en Suisse avant l’arrivée des troupes allemandes.
    Montée le long de la Morge par le chemin et la route ombragée du Frenay, côté suisse, avec arrêt aux nombreuses fontaines d’eau fraîche. Novel est sur la droite. A midi, arrivée à l’alpage de l’Au de la Morge. Échange avec les employés: la fromagère, qui doit être portugaise, et deux jeunes gens, un Espagnol et un Roumain, qui s’occupent des bêtes. Je leur achète un fromage d’alpage frotté au marc et un verre de limonade pour accompagner mon bivouac. Je leur explique que j’avais campé ici même au début des années 1970, il y a une cinquantaine d’années, avant de nous lancer à l’assaut des pointes savoyardes, juste en face! On était en juin, il faisait frais et humide, et on ne parlait pas de canicule!
    Depuis début juillet, la chaleur et la sécheresse frappent si fort que les propriétaires hésitent à redescendre, faute d’eau et d’herbe. Les bêtes se sont d’ailleurs mises au frais dans la forêt. Difficile de comprendre ceux qui nient le réchauffement climatique et qui ergotent pour savoir s’il est d’origine humaine ou naturelle. Vu d’ici, peu importent les causes, influence des taches solaires ou émissions industrielles de CO2, les effets sont les mêmes et les dégâts sur les sapins qui crèvent de soif et les herbages qui roussissent en début d’été déjà, très inquiétants.
    La montée au col de la Croix est raide et le soleil tape fort. Pauses pour boire en chemin, discussion avec une jeune Française de Nangy, absolument ravissante mais fort légèrement équipée, qui redescend, malheureusement... Arrivée au Col de La Croix puis à Lovenex et son petit lac vert, avec vue échancrée sur le Lac Léman et Montreux: magique! Puis montée au Pas de Lovenex et longue descente sur Tanay par l’alpage de Loz, face aux Cornettes de Bise.
    Ma crampe à la jambe droite me fait horriblement mal à la descente.
    Enfin arrivé à Tanay, le premier hôtel affiche complet mais le second, la Vouivre de Nicole Niquille, est encore libre. L’hôtesse, Esther, me reconnaît. Nous nous étions rencontrés à Sarajevo en 1993 lorsqu’elle était au CICR et que je visitais la ville en guerre avec une délégation de journalistes et d’intellectuels français. Son mari, cuisinier, a étudié au Collège des Missions du Bouveret, tout comme moi. Le chalet a conservé son petit air népalais, avec ses drapeaux de prière et ses petites recettes himalayennes. Nicole a émigré du côté de Fribourg, où elle tient toujours des restaurants d’alpage, et continue à soutenir son hôpital au Népal, mais son esprit reste.
    Baignade dans le lac, juste frais comme il faut: un vrai délice après ces six heures de marche, avant de prendre le repas, excellent d’ailleurs, sur la terrasse aux grosses tables de bois, face au lac. Que du bonheur, dirait un ancien conseiller d’Etat genevois!
    A 21h, la terrasse se vide et les randonneurs partent se coucher tandis que les habitués font la fermeture...

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  • Conseil national: « Pourquoi je me lance ! »

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    Chers amis,

    Comme vous le savez, je siège au Grand Conseil comme député indépendant depuis le début du mois d'avril. En effet, je n'ai pas souhaité pour l'instant rejoindre un autre parti et préfère poursuivre mes activités politiques en profitant de cette nouvelle liberté.

    C'est dans cet esprit que je souhaite participer à la campagne aux élections fédérales qui auront lieu le 20 octobre prochain comme candidat indépendant au Conseil national. Je suis en train de recueillir les 200 signatures de citoyennes et citoyens suisses inscrits au registre électoral de Genève nécessaires au dépôt de cette candidature. N'hésitez pas à prendre contact avec moi si vous souhaitez vous y associer.

    Le mouvement que je souhaite incarner s'appelle "Planète bleue" et, comme son nom l'indique, il entend mettre l'accent sur la défense de l'environnement, la lutte contre le réchauffement climatique, le combat pour la biodiversité, la préservation de l'eau, des forêts, des sols et de l'air. L'idée est aussi de favoriser la transition vers une économie moins axée sur la croissance à tout prix et de favoriser une agriculture, une industrie et des services plus locaux et moins gourmands en importations polluantes.

    Planète bleue souhaite également mieux répartir les richesses et améliorer les conditions de production dans les pays du sud, ne serait-ce que pour limiter les effets des migrations qui sont toujours sources de détresse sociale.

    Face aux tensions croissantes qui agitent notre monde, Planète bleue milite également en faveur d'un Conseil fédéral qui gouverne au lieu de gérer, et qui soit beaucoup plus actif, non seulement en matière de préservation de la nature, mais aussi en matière de sécurité, de santé et de protection de la population, et qui soit porteur d'initiatives en faveur d'une meilleure prise en considération du droit et de la justice dans les relations internationales.

    Un programme plus détaillé sera mis en ligne à partir de la fin juillet sur le site www.planetebleue.ch.

    Pour le reste, je reste fidèle aux valeurs et aux convictions qui ont été les miennes jusqu'ici. Le cas échéant, je suis prêt à en parler de vive voix avec vous si vous le souhaitez.


    079 449 25 70 – guy.mettan@gmail.com

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  • Comment la Suisse peut sauver l’Europe

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    1992, la Suisse a en effet tué dans l’oeuf cette antichambre qui devait servir d’asile provisoire aux hésitants, Autriche, Suède, Malte, et aux impétrants d’Europe de l’Est récemment libérés de la tutelle communiste. Elle a précipité la Communauté européenne dans une course à l’élargissement qu’elle paie cher aujourd’hui. Et elle a donné un puissant coup d’accélérateur aux partis eurosceptiques et « populistes » qui, depuis lors, s’épanouissent partout en Europe.
    Mais la Suisse peut aussi servir d’antidote aux blocages et au déclin qui menacent l’Union européenne et par là à l’ensemble du continent. La construction du système fédéral et de la démocratie semi-directe au XIXe siècle, et leur libre exercice depuis lors, résultent en effet d’une alliance inédite entre les élites les plus éclairées et le peuple. Alliance que les élites européennes, de gauche comme de droite, européistes comme eurosceptiques, se montrent hélas fort peu désireuses de mettre en place aujourd’hui.
    Fragilisée, divisée, vulnérable, l’Europe doit pourtant réagir.
    Si l’on analyse les six tentatives d’unification européenne qui ont précédé l’actuelle, à savoir celles de Charlemagne, du Saint-Empire romain germanique, de l’Autriche-Hongrie, de Napoléon, Hitler et Staline, on constate qu’elles ont toutes échoué. Soit à cause d’un usage abusif de la violence et de la force, soit à cause de défauts de gouvernance insurmontables. Le Saint-Empire, pourtant remarquable de longévité, a très vite été victime de ses dysfonctionnements institutionnels et d’exits successifs qui l’ont condamné à se recroqueviller sur un territoire équivalant en gros à celui de l’ancienne RFA. L’UE semble bien partie pour suivre cette voie.

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  • Le droit international est mort. Les Etats-Unis l’ont tué

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    de l’homme et le droit international étaient l’apanage exclusif des Etats-Unis et des grandes républiques occidentales qui s’étaient donné pour mission de les défendre contre leurs ennemis, les régimes autoritaires, les nationalistes, les mollahs. Avec l’arrivée de Donald Trump, on joue désormais à front renversé : c’est Xi Jinping qui défend la liberté du commerce contre les taxes douanières américaines et ce sont les très décriés membres de l’Axe du Mal, Chine, Iran, Russie, Cuba, Venezuela qui se mettent à promouvoir le multilatéralisme, le droit des gens et l’ONU contre la démolition de l’ordre international construit à grand peine après les deux guerres mondiales.
    La place de Genève, cœur du dispositif multilatéral international, est évidemment la première à en souffrir. L’OMC, dont le système de règlement des conflits est bloqué depuis des années par le refus des Etats-Unis de remplacer les postes de juges vacants, ne peut plus fonctionner, et encore moins envisager les réformes nécessaires au développement équilibré du commerce international. Le Conseil des Droits de l’Homme, organe créé et voulu par les Occidentaux qui avaient fait des droits de l’Homme l’alpha et l’oméga de leur politique étrangère, est désormais déserté par la première puissance mondiale.
    Le reste est à l’avenant, de la santé, avec les grandes fondations américaines imposant leur agenda sanitaire en Afrique sans aucune concertation avec les pays concernés, à la propriété intellectuelle, détournée afin de protéger les brevets, patentes et autres marques des grandes multinationales au détriment des pays du sud dont on pille la biodiversité.
    Depuis Bush et Obama, et surtout depuis Trump, cette politique du fait accompli atteint des sommets inégalés. Désormais, l’art de la diplomatie occidentale se résume à une politique de la canonnière (attaques, bombardements et exécutions à distance par drones télécommandés) et de sanctions économiques arbitraires décidées en violation du droit international. L’internationalisation par la force du droit américain à l’ensemble de la planète sous le prétexte d’utilisation du dollar ou de services en est un autre exemple. La Suisse, qui a dû s’agenouiller devant les Etats-Unis, en a fait l’amère expérience avec l’abolition du secret bancaire et le renoncement à tous ses avantages comparatifs. En principe, les sanctions économiques relèvent du droit de la guerre, et non de la paix. Désormais, elles font partie de la panoplie habituelle de la diplomatie. Chaque semaine le Congrès ou l’Administration durcissent, ajoutent, complètent l’arsenal des sanctions contre les pays récalcitrants.

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  • Pourquoi je quitte le PDC

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    Je prends acte de la décision de l'assemblée des délégués du PDC qui a eu lieu jeudi soir 4 avril et tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui m'ont soutenu et au cours des 21 longues années d'engagement dans le parti. Je souhaite également plein succès aux candidats/es qui ont été sélectionnés ce soir.
    Je déplore cependant la méthode peu démocratique qui a été choisie pour empêcher tout débat sur les grandes orientations du parti et le choix des candidats. Je constate aussi avec regret que le PDC Genève ne juge plus mes compétences et mes services utiles à sa cause. C'est pourquoi je ressens la nécessité de prendre du recul et de poursuivre mon engagement politique sous une autre forme. J'ai donc pris la décision de démissionner du PDC avec effet immédiat et d'entamer une nouvelle carrière de "politicien aux pieds nus", en qualité de député indépendant, sans étiquette, libre de toute attache. Je souhaite continuer à participer au débat politique local et national en prenant une part plus active dans les grands débats de société et sur les grands enjeux de notre temps (notamment en matière d'environnement), à travers mon blog, des libres opinions, des prises de position et des initiatives parlementaires.

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  • Faut-il donner la parole aux indépendantistes catalans?

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    Ce matin à 11h le club suisse d ela presse va accueillir une dizaine de représentants indépendantistes mais démocratiquement élus du gouvernement et du parlement de Catalogne qui viennent à Genève pour s'adresser au Conseil des Droits de l'Homme. Faut-il leur donner la parole? Ou faut-il au contraire les empêcher de s'exprimer? A mon avis oui, surtout dans la patrie de Rousseau et de Voltaire.
    Voici l'échange que j'ai eu cette nuit avec un de leurs opposants. Qu'en pensez-vous? le sujet est chaud et votre avis m'intéresse.

    Message: Madame, Monsieur,
    Avec le Comité Catalunya peuple d’Espagne, sis à Lausanne, présent dans cinq pays, dont des capitales telles que Bruxelles et bien entendu Barcelona, nous enquêtons sur l’étendue de la fracture sociale qui frappe l’autonomie catalane et sur ses causes. C’est ainsi que nous avons relevés les méthodes de voyous telles la discrimination linguistique, l’établissement de listes d’opposants, l’apologie la haine, l’encouragement d’une police politique et de groupe d’intimidation et de casseurs que l’on nomme à mauvais escient les Comité de défense de la République (CDR). Nous avons constaté également une tentative de coup d’état institutionnel survenu le 6 et 7 septembre 2017 ainsi que des détournements de fonds publics à des fins de propagande.
    Or il s’avère que vous invitez, à la stupéfaction de beaucoup - dont certains de vos membres m’ont déjà indiqué qu’ils allaient démissionner - deux protagonistes principaux des faits relatés. Soit Madame Marta Rovira et Monsieur Carles Puigdemont.
    Vous comprendrez notre étonnement. Ce message fait également l’objet d’un communiqué de presse tant en Espagne qu’en Suisse.
    Avec nos cordiaux messages
    François Meylan


    Voici ma réponse:

    Cher Monsieur
    Comme vous le savez, en Suisse, la liberté d’opinion et d’expression est garantie par la Constitution fédérale.
    Dès lors il est de notre devoir de l’accorder à celles et ceux qui en sont privés, quelles que soient leurs opinions politiques, leur couleur de peau ou leur origine sociale.
    Je craindrais le pire ces valeurs venaient à être bafouées dans notre pays parce que certains voudraient refuser aux autres ce qu’ils revendiquent pour eux-mêmes
    Cordialement
    Guy Mettan

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  • Genève ou l’état de crise permanent

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    (Texte à paraître dans le numéro de décembre de Favorit, le magazine des Russes de Suisse)
    L’étranger qui voudrait comprendre Genève ne doit jamais oublier que ce canton a toujours eu un problème de taille. Au fait, Genève est à l’exact opposé de la Russie : alors que les Russes sont confrontés à d’immenses espaces, les Genevois, eux, doivent se serrer sur un territoire minuscule tout en assumant le rôle d'une ville internationale connue partout dans le monde. Une fois qu’on a compris cette contradiction, on a compris Genève.
    Cette contradiction entre l’exiguïté du territoire et l’universalité des ambitions est à l’origine de la tension qui anime en permanence la vie politique et économique genevoise. En Suisse, Genève est connue pour la vivacité de ses confrontations politiques et ses « genevoiseries », ses mœurs excentriques qui la mettent régulièrement en porte-à-faux avec les autres cantons confédérés, beaucoup plus lisses dans leurs manières de fonctionner. La dernière en date concerne un président du Conseil d’Etat qui fut candidat au Conseil fédéral l'an dernier et qui se trouve aujourd'hui à demi-destitué pour avoir menti suite à un voyage controversé à Abu Dhabi. Des dizaines d’autres scandales ou pseudo-scandales l’ont précédé et d’autres suivront, n’en doutons pas !

    Un volcan sous le lac
    Ces péripéties ne sont que l’écume des choses. Elles ne sont que le reflet du tempérament volcanique qui couve sous la surface apparemment calme du lac (de Genève, s’il vous plaît !) Périodiquement, des jets de fumée et de lave incandescente sont projetés dans le ciel médiatique local pour faire relâcher la pression et carboniser les imprudents.
    Depuis Jules César, Genève est une bourgade juchée sur une colline idéalement située à l’extrémité d’un pont à l’embouchure du lac Léman.

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  • A la rencontre de la nouvelle économie russe

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    Début septembre, une délégation de 28 entrepreneurs s’est rendue à Moscou et Novosibirsk, capitale économique de la Sibérie, à l’invitation de l’Union des Chambres de commerce Suisse-Russie & CEI et de la Chambre de commerce et d’industrie de Genève.
    But : rencontrer les entrepreneurs de la nouvelle économie russe, hors pétrole, gaz et matières premières. Alors que les trains de sanctions économiques américaines se suivent – le dernier date de fin août – il s’agissait de découvrir le potentiel de ce secteur trop ignoré de l’économie russe. Personne n’a été déçu !
    A Moscou, le programme prévoyait une visite des grands du domaine – Yandex, l’équivalent de Google et d’Alibaba, le service de messagerie Mail.ru et le fameux traqueur de virus Kaspersky Lab avec un échange impromptu avec son légendaire fondateur Eugene Kaspersky – ainsi qu’un échange sur la cybersécurité et la géopolitique des virus avec le patron de l’entreprise Dr.Web, une PME de 300 personnes, et une rencontre avec diverses start-ups représentatives de la nouvelle économie.
    A Novosibirsk, outre la visite traditionnelle à l’agence d’investissement et à la Chambre de commerce, le programme était centré sur la visite de la cité scientifique d’Akadem Gorodok, avec ses 105 instituts de recherche concentrés sur les rives de l’Ob, de l’Académie russe des sciences, de l’Institut de physique nucléaire Budker qui collabore avec le CERN, et de l’impressionnant Technopark construit en 2013 et déjà en pleine activité comme en témoigne le fabricant de logiciels financiers CFT, qui a réalisé un chiffres d’affaires de 22,7 milliards de roubles (300 millions de francs) en 2017, quatre ans après sa fondation. Le séjour s’est achevé avec la visite de la filiale de l’entreprise alémanique Fischer Spindle, active dans la réparation de moteurs d’avions, implantée en 2010 dans une ancienne usine en friches et elle aussi en croissance.
    Une partie de la délégation a ensuite prolongé son voyage au Kirghizstan, petit pays de 6 millions d’habitants enclavé entre les chaines de montagnes du Pamir et des Monts célestes, mais qui est au cœur de la stratégie de coopération suisse - de la fabrique de fromage à la banque - et qui offre un potentiel de développement touristique exceptionnel avec ses paysages immenses et presque immaculés.
    Que conclure de ce tour de piste ?

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  • « Il faut détruire la Russie »

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    « Delenda est Carthago », « Il faut détruire Carthage ! » C’est ainsi que Caton l’Ancien appelait les Romains à détruire une fois pour toutes leur adversaire séculaire, la république phénicienne qui gênait leur expansion impériale en Méditerranée. C’est exactement le même refrain qu’entonnent aujourd’hui contre la Russie les néoconservateurs, les démocrates impériaux américains et leurs alliés européens.
    En 1991, l’Occident avait cru avoir gagné la Guerre froide contre le bloc soviétique, ainsi que l’avait proclamé le président Bush Père, laissant la voie libre aux Présidents Clinton et Bush Fils pour bombarder la Serbie, l’Afghanistan et l’Irak, tandis que MM. Obama et Sarkozy poursuivaient le travail avec succès en Lybie mais plus difficilement en Syrie. Car les uns et les autres n’avaient pas anticipé la capacité de la Russie à se reconstruire ni celle de la Chine à émerger comme future première économie mondiale.
    Or les Etats-Unis, et l’Europe dans leur sillage, n’arrivent pas à faire le deuil de leur hégémonie, ou de leur hyperpuissance selon le mot d’Hubert Védrine. L’élection surprise de Trump a grippé ce mécanisme bien huilé mais, comme on peut le constater, elle ne changera pas la donne : chaque velléité du président américain de vouloir parler avec Moscou est aussitôt suivie d’une « affaire » qui vient l’empêcher de mettre son plan à exécution.
    C’est dans ce contexte qu’il faut placer l’hystérie contre l’ingérence supposée et jamais prouvée de la Russie dans les élections américaines et la victoire du Brexit, et plus récemment, l’affaire de l’empoisonnement des Skripal montée en épingle par la Grande-Bretagne et les bruits de guerre aussitôt déclenchés aux Etats-Unis et en France après une attaque présumée au gaz dans le dernier fief rebelle de la Ghouta syrienne.


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  • Oman, une île au milieu de la tourmente

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    La guerre, Oman l’a bien connue : une unification pénible avec une bataille d’usure contre les imams de l’intérieur soutenus par les Saoudiens dans les années 1950, puis la longue guerre du Dhofar contre les rebelles sudistes épaulés par le régime communiste yéménite dans les années 1960 et 1970. Mais depuis le cessez-le-feu de 1976, le pays vit en paix. Et cela se voit !
    Après un premier reportage dans les années 1990, une seconde visite au début de cette année n’a fait que confirmer cette bonne impression. En quelques décennies, le pays est devenu un modèle de stabilité et de développement économique équilibré qui tranche complètement avec le reste du Moyen-Orient. En Occident, il n’est pas de bon ton de faire l’éloge des monarchies, mais dans le cas d’Oman, il faut bien admettre que depuis que le sultan Qabous a repris les rênes du pays en 1970, les réformes, graduelles et régulières, ont été des succès. Même le printemps arabe, à l’origine de manifestations en 2011, a eu des effets positifs avec une ouverture massive des hautes écoles et la mise en place de programmes de formation pour les jeunes.
    Ces performances reposent sur une double stratégie : une stricte neutralité en matière de politique extérieure et une politique d’omanisation conséquente et assumée à l’intérieur. Au ministère des affaires étrangères, on est catégorique : pas question de s’ingérer dans les affaires des voisins ni de prendre le parti des uns contre les autres, « respect pour tous », quel que soit le régime en place. Oman a donc gardé ouverte son ambassade à Damas et parle aussi bien avec les Saoudiens, les Emiratis, les Qataris que les Iraniens chiites, tout en gardant un œil suspicieux sur les menées de la coalition saoudienne au Yémen tout proche.
    Quant à l’omanisation, elle vise à moderniser le pays sans offenser la tradition. Elle concerne tous les aspects de la vie nationale. L’architecture, en imposant des normes à tous les bâtiments – deux étages maximum pour les habitations privées et sept pour les immeubles commerciaux. La culture, avec un style islamique et des couleurs à respecter, la construction d’un opéra, de musées et la rénovation du patrimoine historique. La politique, avec deux assemblées consultatives, l’une, le Conseil d’Etat, sorte de Sénat, avec 84 membres choisis par le sultan et l’autre, la Chourah, élue par les provinces, avec un nombre de femmes en constante augmentation. La religion, avec la préservation de la tradition islamique locale, l’ibadisme, à mi-chemin entre le sunnisme et le chiisme, et la volonté d’éviter la montée du communautarisme entre les différentes branches de l’islam. «A Oman, il est aussi indécent de demander son orientation religieuse à quelqu’un que de demander son salaire à un Suisse. Cela ne se fait pas », assure le patron de l’audiovisuel national.

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  • Mémoire de victimes

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    Lundi, à l'occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, c'est Eva Schloss, membre de la famille d'Anne Frank, qui est venue s'exprimer au Palais des Nations, avec la collaboration notamment du Concours Menuhin. Après le témoignage réussi des descendants des victimes et des bourreaux des camps nazis organisé par la CICAD la semaine dernière, c'était un autre moment fort à la mémoire des victimes des guerres, connues et moins connues, qui ensanglantent la planète.


    ***

    →Le Forum suisse de politique étrangère foraus vient de publier une étude (How to Update the Law of War) sur la nécessité de mieux protéger les travailleurs de l'humanitaire, et notamment les convoyeurs et les personnels hospitaliers. Leur situation ne cesse de se dégrader: violences, assassinats, kidnappings se sont multipliés par 5 en vingt ans, faisant plusieurs centaines de victimes chaque année. En cause, la nature nouvelle des conflits, qui n'opposent plus des Etats signataires des Conventions de Genève, mais des factions à l'intérieur des Etats. La prolifération des ONG, loin d'être toutes neutres et désintéressées, est aussi en cause.


    ***

    →Quelques nouvelles sur l'état du monde pour terminer. L'OMPI vient de publier ses statistiques sur les brevets: fin 2016, la barre des 3 millions de demandes était franchie, tandis que celle des 7 millions de demandes d'enregistrement de marques était en passe d'être atteinte (dont 3,7 millions pour la seule Chine!). De son côté, la CNUCED a observé un fléchissement des investissements directs en 2017, avec 1,52 trillions de dollars contre 1,81 en 2016 et le BIT constatait une stagnation du chômage à 190 millions de chômeurs l'an dernier.

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  • Tensions au bord de la Mer Rouge

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    Les guerres qui déchirent l'Afghanistan, l'Irak et la Syrie depuis 15 ans essaiment dans le sud de la péninsule arabique. La déstabilisation du Yémen en 2013, puis l'attaque de la coalition saoudienne contre les rebelles houthis retranchés autour de Sanaa ont provoqué un drame humanitaire sans précédent comme l'a rappelé mi-janvier le président du CICR Peter Maurer: 40 000 morts, épidémies de choléra, effondrement du système de santé. L'automne dernier, les délégations pro-gouvernementales se sont succédé à Genève pour dénoncer les rebelles. Aujourd'hui, le front anti-houthi se lézarde. Vendredi, ce sont les indépendantistes du sud, soutenus par les Emirats arabe unis, qui s'exprimaient à Genève, tandis que leurs miliciens se battaient dans les rues d'Aden…

    ***

    →Juste en face, à Djibouti, les Chinois viennent d'inaugurer leur première base militaire extra muros, aux côtés – excusez du peu - des Français, des Emiratis, des Américains, des Japonais et des Allemands, afin de sécuriser leurs échanges avec l'Ethiopie et le Soudan. Car l'instabilité, chronique au Sud-Soudan, est en train de contaminer la grande puissance régionale, l'Ethiopie. L'opposition éthiopienne a frappé fort sur les réseaux sociaux en dénonçant à Genève les inégalités sociales, la corruption de l'armée, le développement inégal des régions et surtout les divisions de la coalition au pouvoir, qui font craindre un effondrement de l'Etat à la somalienne, en dépit de la croissance économique. Une région à suivre de très, très près.




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  • L’obsession du complotisme et ses ravages

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    sur les prétendus ravages du complotisme en France, obligeamment commenté par de nombreux médias. Les vestales de la bienpensance se sont immédiatement alarmées : 79 % des Français croient au moins à une théorie du complot, 50% croient que le ministère de la santé est de mèche avec les pharmas pour vendre des vaccins nocifs, plus d’un cinquième doute de la version officielle de l’attentat contre Charlie Hebdo, un dixième pense que la terre est plate et que les Américains n’ont pas débarqué sur la Lune, etc.
    Autre résultat troublant, mais que peu ont jugé digne de rapporter : seul un Français sur quatre estime que les médias restituent correctement l’information et sont capables de se corriger quand ils ont commis une erreur !
    Et pourtant, n’est-ce pas dans cette effrayante perte de crédibilité des médias qu’il faut trouver la cause du succès des thèses complotistes ? Si les trois quarts des gens ne croient plus les médias qui sont censés les informer avec honnêteté, le problème n’est-il pas plutôt du côté des médias que du côté du public ? Et comment s’étonner que, dans ces conditions, la presse et l’audiovisuel ne cessent de perdre de l’audience et que les réseaux sociaux ne cessent d’en gagner, aussi farfelus soient-il ? Osons aller jusqu’au bout du raisonnement : notre société n’est-elle pas davantage menacée par les pourfendeurs du complotisme que par les supposés complotistes eux-mêmes ?
    Rappelez-vous la stupéfaction qui avait saisi les journalistes après le succès du Brexit et la victoire inattendue de Trump. Personne ne les avait anticipés, ou presque, tant la grille de lecture anti-Brexit et anti-Trump avait aveuglé les médias mainstream. Et que dire des bobards qu’on a racontés pendant sept ans sur la guerre de Syrie et ses « gentils islamistes » qui luttaient vaillamment contre le « boucher de Damas » dont on annonçait la fin tous les quinze jours ? A-t-on tiré la leçon de ces échecs journalistiques ? En aucun cas. La contrition journalistique a duré dix jours et on vite reparti comme avant, en pire.

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  • Les cent ans du nouvel ordre international

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    Voici donc 100 ans tout juste que le président américain Woodrow Wilson annonçait, dans son discours au Sénat du 8 janvier 1918, ses fameux « 14 points » destinés à tracer les grandes lignes de la paix à négocier l’issue de la Première Guerre mondiale.
    Le programme était indiscutablement novateur et ambitieux. Les cinq premiers points définissent les conditions générales de la paix: fin de la diplomatie secrète, liberté des mers, libre-échange, limitation des armements et droit des peuples (en particulier colonisés) à disposer d’eux-mêmes.
    Les points suivants concernent le règlement du conflit: rétablissement de l’intégrité territoriale française et belge, droit de la Russie communiste à s’organiser comme elle veut sur son territoire et de la Serbie à disposer d’un accès à la mer (fort oubliés aujourd’hui...), création d’une Pologne libre et indépendante, souveraineté des anciens territoires de l’empire ottoman.
    Le 14e point est le plus important pour Genève puisqu’il sera à l’origine du destin de notre ville comme capitale internationale: « une association générale des nations doit être constituée... afin d’offrir des garanties mutuelles d’indépendance politique et d’intégrité territoriale aux petits comme aux grands Etats ».
    Comme, on le sait, ces points furent diversement accueillis, très partiellement respectés par les différents traités signés après la fin des hostilités et fortement compromis par le retour à l’isolationnisme des Etats-Unis et leur refus d’adhérer à la SDN. Mais reste que le Traité de Versailles institua la Société des Nations, avec siège à Genève, et bannit la diplomatie secrète déjà mise à mal par Lénine fin 1917 lorsqu’il publia les accords secrets des Alliés contre l’Allemagne.
    Côté face, il faut donc rendre hommage à Woodrow Wilson pour ces avancées, et notamment pour celles qui sont à l’origine d’une diplomatie multilatérale plus transparente, d’un système de sécurité collectif (l’ONU aujourd’hui) certes très bureaucratique mais incontournable et somme toute efficace dans la durée, et de l’émergence d’une communauté internationale qui, avec ses innombrables organisations internationales gouvernementales et non-gouvernementales, est très active malgré tous ses défauts.

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  • Dangereux Grand Jeu en Mer de Chine

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    Grand Jeu, Great Game, c’est ainsi que les historiens ont appelé la politique d’endiguement de la Russie menée en Asie par l’empire britannique au XIXe siècle. Ce « grand jeu » s’est poursuivi au XXe siècle, pendant toute la guerre froide, entre les Etats-Unis et l’Union soviétique. Et il rebondit au XXIe avec la décision du président Obama de basculer le centre de gravité de la politique américaine de l’Europe vers le Pacifique dans l’intention de contenir la nouvelle puissance rivale des Etats-Unis : la Chine.
    Le renforcement des 260 porte-avions et navires de la VIIe Flotte américaine et leur déploiement intempestif dans les mers chinoises, passé presque inaperçu en Occident, n’est pas pourtant pas rien dans l’aggravation des tensions en Asie du Sud-Est. Le raffut fait autour de la Corée du Nord ces derniers temps ne doit d’ailleurs rien au hasard. Les essais nucléaires israéliens ou pakistanais n’avaient pas fait autant de bruit en leur temps… Les rodomontades de Kim Jong-un, qui se sent lui aussi menacé par cette nouvelle politique, sont du pain béni pour resserrer les alliances entre Corée du sud, Taiwan, Japon et Etats-Unis et redonner une légitimité aux velléités japonaises d’abroger l’article 9 de la Constitution afin de transformer son armée défensive en force offensive. La décision de Shinzo Abe, mercredi, de dissoudre la chambre basse et d’organiser de nouvelles élections en profitant de la crise coréenne va dans ce sens.
    Ces bruits de bottes alarmants font une autre victime collatérale : le Vietnam.

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  • Genève, microcosme des tensions de la planète

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    La guerre du Yémen, entre rebelles houthis et représentants du gouvernement soutenu par l’Arabie saoudite, fait rage jusqu’à Genève. Lundi, à l’initiative de l’Arab British Centre for Strategic Studies & Devlopment, l’actuel vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères, les ambassadeurs à Londres et Genève et plusieurs anciens ministres ont dénoncé « la situation catastrophique causée par l’alliance impie des Saleh-Houthis et leur coup de force contre le gouvernement démocratiquement élu. » Et de l’autre côté, Human Rights Watch appelait les Nations Unies à constituer une commission d’enquête sur les crimes de guerre. Il y a de quoi faire sachant que les bombardements ont détruit la quasi-totalité des hôpitaux et dispensaires, provoquant une épidémie de choléra sans précédent...

    ***

    →Le conflit entre le Qatar et ses voisins rebondit aussi jusqu’à Genève. La semaine dernière, l’Arab Federation for Human Rights établie à Genève attaquait le Qatar à propos de la Coupe du monde de foot en 2022, qualifiée de « honte mondiale » à cause des mauvais traitements infligés aux travailleurs immigrés et de toutes sortes de violations supposées des droits de l’Homme. A quoi le Qatar, en butte à l’hostilité de ses voisins depuis quelques mois, rétorque, avec l’aide du Centre indépendant de recherches et d’initiatives pour le dialogue (CIRID), lui aussi établi à Genève, en organisant une table ronde aujourd’hui à l’ONU sur le thème de « la crise des médias du Moyen-Orient : menaces, violence et censure. » Le même jeu se joue à l’échelle planétaire entre Etats-Unis, Russie, Chine, Syrie ou Iran, dont les gouvernements et les ONG se jettent les violations mutuelles des droits de l’Homme à la figure. A chacun de tirer les conclusions qui s’imposent…

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  • ONU et Croix-Rouge à cœur ouvert

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    L’automne, saison des portes ouvertes ! Le samedi 7 octobre, l’ONU s’ouvrira au public pour la dernière fois avant sa rénovation complète. Dernière occasion pour visiter le Palais des Nations dans son jus d’origine! Dimanche dernier, c’était la Croix-Rouge qui organisait sa journée « Rencontrez les humanitaires », avec notamment un débat entre Yves Daccord, directeur général du CICR, et Pascale Meige, directrice des catastrophes et des crises à la Fédération, chez Roger Mayou, le directeur du Musée international de la Croix-Rouge. Réflexion intéressante sur la notion d’urgence, qui s’efface devant les crises qui durent. Bonne surprise : énormément de jeunes ! Et l’après-midi, c’était la Croix-Rouge genevoise qui recevait la population genevoise autour d’un brunch familial à Compesières.


    ***

    →Autre souci, les ravages des OGM en Colombie. Le sujet parait exotique, mais il est emblématique des problèmes posés par les semences transgéniques. Outre leurs effets environnementaux et sanitaires, les OGM découragent la production des populations indigènes et favorisent les gros propriétaires tournés vers l’exportation, accusent Swissaid et German Velez du Grupo Semillas de Colombie. Avec pour résultat paradoxal d’affaiblir l’agriculture locale! Autosuffisante en 1990, la Colombie a en effet importé 13 millions de tonnes de blé, de soya et de mais en 2016. Cherchez l’erreur !

    ***

    →Taiwan, reléguée par la Chine sur un strapontin en fond de salle, cherche se faire une place sur la scène internationale. Elle y arrive en multipliant les invitations de voyage pour journalistes et politiciens et en organisant des congrès internationaux. Le prochain aura lieu en novembre prochain et regroupera tous les grands hôpitaux du monde à l’invitation de la Fédération internationale des hôpitaux dont le siège est à Genève. En point de mire, le rôle du patient, la cybersécurité et les attaques de hackers, le gaspillage et la mesure des performances hospitalières.

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  • L'Eglise russe, un lieu d’exaltation et de consolation

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    L’église russe de Genève, puisque c’est ainsi que les Genevois l’appellent familièrement, est sans aucun doute le lieu le plus connu de Genève avec la Cathédrale Saint-Pierre et l’Hôtel de Ville. C’est un immense plaisir et un grand honneur de m’avoir associé, aujourd'hui mercredi, à son 150e anniversaire et à sa restauration. J’en remercie vivement Mgr Michel et le comité d’organisation.
    Pour moi, modeste réfugié catholique descendu des montagnes du Valais pour faire ses études dans la Rome protestante, « l’église russe » a immédiatement représenté quelque chose d’important. Elle a d’abord été une présence apaisante, rassurante, bienfaisante et même consolante. Comme jeune étudiant encore étranger à cette ville, j’aimais voir ses murs blancs et ses bulbes briller de nuit comme de jour, dans le froid comme dans la canicule, sous la pluie comme sous la neige. Car cette église n’est pas seulement une pièce marquante du patrimoine historique et architectural de Genève, c’est d’abord une présence amicale.
    Je dois cependant avouer que pendant longtemps je n’ai pas osé y entrer. Elevé dans la tradition catholique et après six années de petit séminaire dans une congrégation missionnaire, j’avais vécu dans la conviction que l’église orthodoxe était sortie du bon chemin, qu’elle sentait le soufre et représentait donc une voie à éviter. Il y a une trentaine d’années, bravant mes préjugés, j’ai donc forcé la porte une première fois, davantage saisi par la curiosité et le goût de l’exotisme que par un saisissement de la foi, je dois le confesser. Et je ne m’en suis jamais repenti ! Depuis lors, je ne manque jamais une occasion de fréquenter les églises orthodoxes, d’y brûler un cierge et de m’incliner devant une icône. Car avec l’âge et l’expérience, j’ai pu constater, comme la plupart d’entre nous je pense, que ce qui nous rassemblait nous autres les chrétiens, que nous fussions orthodoxes, catholiques ou protestants, était bien plus important que ce qui pouvait nous séparer. Et j’ai notamment appris que les traditions et les rites, si sublimes dans l’orthodoxie, pouvaient exalter l’âme et faire ressortir ce qu’il y a de meilleur en l’Homme aussi bien que les prêches des pasteurs et les sermons des chanoines.

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  • Qui restera pour sauver la presse suisse?

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    Fin août, en commentant le regroupement des rédactions des journaux Tamedia sous un seul toit à Lausanne et la fin de l'autonomie rédactionnelle de la Tribune de Genève, de 24 Heures et du Matin Dimanche, Le Temps appelait à ouvrir le débat sur l'avenir des médias en Suisse romande. Dont acte.
    Ce qui est en jeu dans cette opération, c'est moins le déplacement de quelques dizaines de journalistes à Lausanne qu'un vrai changement de paradigme. Car contrairement à ce qui s'est passé jusqu'ici, où l'on taillait dans les effectifs des rédactions mais en préservant leur autonomie et leur identité, il s'agit ici de la dissolution de la plupart des rubriques, de l'étrangère si essentielle pour une ville internationale comme Genève, aux sports, si importants pour le maintien de l'âme populaire d’un journal, et du transfert des décisions éditoriales à Lausanne, et de fait à Zurich, puisque tout se décide là-bas.
    Pour Genève dans l'immédiat, et pour la Suisse romande à terme, c'est une catastrophe! Que la deuxième ville et la troisième économie du pays, siège des organisations internationales, n'ait plus de grand quotidien indépendant est un phénomène qui ne peut qu'avoir de graves répercussions pour l'avenir de l'ensemble de la région. Un journal, c'est non seulement des journalistes mais c'est aussi l’âme d’une région, la voix d'un terroir, un catalyseur d'énergies et d'idées. Je crois qu'il est important d'en prendre conscience et que c'est rendre service à tous, politiciens, milieux économiques et éditeurs aussi, que de leur faire part de notre refus d'assister à ce qu'il faut bien qualifier de démantèlement progressif de la presse romande. A court terme Lausanne en profite, mais à long terme, c'est l'effacement de la Suisse romande sur la scène nationale qui est en jeu.

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