22/04/2015

Génocide ou « éthocide » arménien ?

Avec la célébration du centenaire du génocide arménien d’avril 1915 et le refus d’ériger un monument à Genève à la mémoire de cette tragédie sur pression des autorités turques, les esprits s’échauffent même en Suisse.
Il est vrai que la question de savoir si le massacre d’un million et demi d’Arméniens est un génocide ou pas fait débat depuis des décennies. La défense des « anti-génocide » repose sur deux arguments. Le premier consiste à dire que reconnaître le génocide ne ferait que céder à la grande mode du politiquement correct et de la repentance générale. Peut-être. Mais ceux qui pensent comme cela n’ont généralement jamais eu de parents ni de proches massacrés, anéantis au nom de leur appartenance ethnique ou religieuse. Pour eux, c’est un phénomène abstrait et lointain car ils ne l’ont jamais ressenti émotionnellement.
Le second argument consiste à traiter la question sous un angle purement juridique. En termes de droit strict, le massacre des Arméniens n’est en effet pas un génocide, ainsi que l’a d’ailleurs reconnu la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Perincek. Tel que défini à la suite du Tribunal de Nuremberg et des débats qui ont suivi l’Holocauste, le terme génocide, en droit, ne s’appliquerait qu’à cet événement. Soit. Donnons raison aux juristes sur ce point.
Mais dès lors la question est : est-ce au droit à définir la réalité ou est-ce au contraire à la réalité de définir le droit ? Ou en d’autres termes : la réalité des massacres de masse commis en Turquie en 1915, au Cambodge dès 1975 et au Rwanda dès 1994 n’est-elle pas la même que celle du massacre des Juifs dès 1941 ? Tous ces événements n’ont-ils pas pour point commun d’avoir été soigneusement préparés, prémédités, organisés, planifiés et systématisés en vue d’éliminer sciemment un groupe ethnique et/ou religieux considéré comme un risque majeur pour le groupe dominant ?

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20/04/2015

Pas de double langage contre le terrorisme

Grâce (si l’on peut dire) à l’Etat islamique du Levant et à Boko Haram, la lutte antiterroriste internationale est entrée dans une nouvelle dimension depuis une année. Il aura fallu des exactions et des crimes défiant toute imagination pour que la communauté internationale se mobilise contre ces nouveaux fléaux qui, on le remarquera, sont tous deux d’inspiration sunnite (contrairement aux miliciens houthis du Yémen qui sont chiites et n’ont rien en commun avec les autres mouvements en dépit des apparences).
Cela fera bientôt 25 ans, depuis le premier attentat de 1993 contre le World Trade Center, la guerre de Bosnie, la première guerre de Tchétchénie et les attentats salafistes en Algérie, que la planète est ravagée par le terrorisme sunnite. Or, pendant tout ce temps, l’Occident n’a cessé d’entretenir un double langage contre cette forme de terreur. Les attentats du 9 septembre 2001 n’y ont rien changé, malgré l’ampleur des attaques.
En Bosnie, on avait déjà vu toute l’intelligentsia bienpensante européenne se précipiter à Sarajevo soutenir les islamistes du président Izetbegovic contre les « méchants Serbes ». En Tchétchénie, dans la guerre de 1994 mais surtout dans celle de 1999, on a vu s’épanouir partout dans le monde une littérature dénonçant les exactions des Russes contre les « courageux rebelles tchétchènes ». En Syrie en 2011, il fallait de toute urgence s’enrôler aux côtés des « forces démocratiques » luttant contre « l’infâme Bachar El-Assad ».

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15/04/2015

Lanceurs d’alerte et gastronomie



→L’Occident persécute-t-il ses opposants politiques ? Le Conseil des droits de l’Homme est-il équipé pour protéger les réfugiés politiques d’Occident ? Ce sont les questions provocantes que posaient lundi dernier les défenseurs de Julian Assange et des lanceurs d’alerte, les juges Baltazar Garzon et Eva Joly et l’expert indépendant Alfred de Zayas. A force de dénoncer les mauvais traitements commis ailleurs, on oublie que les pays occidentaux ne sont pas plus tendres que les dictatures qu’ils dénoncent. En poursuivant les Assange, les Snowden et les Falciani sous le prétexte d’appliquer leur loi, ne condamnent-ils pas au silence et à la prison des gens qui ont élargi les libertés et dénoncé des forfaitures ? A réfléchir…


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→Après le commerce, la gastronomie. La veille de la journée de la francophonie, le 20 mars dernier, la France a frappé un grand coup en organisant 1300 dîners français dans des restaurants et dans ses ambassades et consulats sur les cinq continents. Laurent Fabius a ouvert le menu à Versailles tandis qu’en Suisse les diplomates français régalaient leurs hôtes avec, entre autres, un pressé de foie gras, des asperges et morilles, un médaillon de thon et filet de boeuf mariné. J’arrête ici par respect de l’austérité protestante. Vingt restaurants suisses dont douze romands ont participé à cet hommage « à une cuisine vivante, ouverte, innovante » et « aux valeurs de partage, plaisir et respect du bien-manger sur la planète ».

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13/04/2015

La neutralité redevient tendance

Ringarde, la neutralité suisse ? Pas si sûr. Le triomphe de la mondialisation et le désir de jouer dans la cour des grands ont, pour les sociaux-démocrates internationalistes et les managers cosmopolites, relégué le concept dans l’armoire des vieilleries que Christophe Blocher se plait à ressortir une fois par an dans ses discours de l’Albisguetli.
On aurait pourtant tort de brader la neutralité, et on aurait tort de laisser à un seul parti le monopole exclusif de sa défense. Parce qu’il n’est pas sain que le débat sur l’un des fondements de l’identité et de la politique étrangère nationale soit accaparé par une seule sensibilité. Et parce que la neutralité, loin d’être cette relique que certains abhorrent, pourrait bien redevenir essentielle pour notre pays.
Voyez la dégradation de la situation internationale ces quinze derniers mois. Qui aurait pu penser, fin 2013, que les crises allaient se succéder à un rythme aussi endiablé ? En Ukraine, le renversement du gouvernement légal et la guerre civile qui en a résulté ont failli dégénérer en guerre tout court, avec une OTAN et des Russes prêts à en découdre. En Syrie, un nouveau front s’est ouvert avec les bombardements contre les rebelles islamistes de Daech. En Afghanistan, rien n’est réglé et le départ des troupes de l’OTAN est retardé. En Irak, en Libye, au Yémen, la déliquescence de l’Etat central a conduit au chaos complet.

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11/03/2015

Le combat suisse de Julian Assange

C'est un Julian Assange à la fois marqué et combatif qui nous accueille dans la petite salle de réunion de l'Ambassade d'Equateur à Londres. Les cheveux blonds ont blanchi, le visage s'est arrondi. Les deux ans et demi de réclusion involontaire dans une minuscule chambre au rez de chaussée de cet immeuble cossu, à deux pas du célèbre magasin de luxe Harrod's, ont fait leur effet. A force de vivre presque à ras du trottoir et à hauteur des bobbies faussement flegmatiques qui gardent les fenêtres et les entrées, comment aurait-il pu en être autrement?
Les yeux sont vifs et le ton est rieur. 33 mois de garde à vue n'ont pas altéré l'humeur. Avec le temps et les épreuves, l'homme s'est même détendu. Mais il est resté combatif. Pas question de rendre les armes. C'est le principal.
De fait, Julian Assange appartient à cette frange rare d’Anglo-Saxons briseurs de tabous. Ange pour les uns, démon pour les autres, résolument à contre-courant, borderline, scandaleux, il est de la race de ces non-conformistes qui cassent les codes et pulvérisent les conventions. D'Oscar Wilde, de Lawrence d'Arabie ou d'Alan Turing, Assange possède le même génie inquiétant, la même marque de fabrique, celle qui fait que grâce à eux le monde n'est plus tout à fait comme avant. Assange n'a pas subverti la morale hypocrite de l'empire britannique, il n'a pas conquis l'Arabie, il n'a pas brisé le code secret des nazis. Mais il a fracassé la loi du silence, la puissante omerta qui dissimulait les turpitudes des démocraties, des banques ou des entreprises lorsqu'elles trahissent leurs valeurs pour mieux servir leurs intérêts. Avec Wikileaks, il a créé un modèle nouveau de transparence. Quitte à payer, comme les autres, le prix fort.
On aime ou pas, mais lui aussi fera date dans l'histoire. (Voir interview)

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09/03/2015

ONUG, un bon cru 2014

→L’année 2014 restera dans les annales de l’ONU Genève comme un très bon cru. Pas exceptionnel mais de bonne garde quand même. Sur le plan qualitatif, les réunions au sommet sur l’Ukraine et l’Iran, qui se poursuivent intensivement ces jours, ont donné du tannin et du corps à la cuvée. Et sur le plan quantitatif, les 1550 collaborateurs de l’ONUG (sur un total de 9813 pour l’ensemble du système onusien) ont assuré 9976 meetings, traduit 223 528 pages, accueilli 108 000 visiteurs, tenu 260 conférences de presse, organisé 98 événements culturels et dispensé 715 cours de formation à 9174 participants. Ce qui, on en conviendra, suffit amplement à donner le volume et le velouté. Depuis aujourd’hui, le résultat est même dégustable sur votre tablette en téléchargeant l’application ad hoc.


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→Si l’année 2014 a battu des records de chaleur, l’année 2015 promet d’être plus chaude encore. Pour les experts du climat en tout cas. C’est à Paris à la fin de l’année que doit se négocier la nouvelle convention sur le climat, sous haute tension après les échecs de ces dernières années. Cela au moment où le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat, le GIEC, vient de perdre son patron, Rajendra Pachauri, contraint à la démission pour harcèlement. A la fin de l’année, c’est Michel Jarraud, le secrétaire général de l’Organisation mondiale de la météorologie, qui se retirera après douze ans de bons et loyaux services. Quatre candidats sont sur les rangs pour lui succéder.
Quant au GIEC, qui doit faire vite, plusieurs noms ont été avancés: le Belge Jean-Pascal van Ypersele, le Coréen Hoesung Lee et l’Allemand Ottmar Edenhofer. Mais qui sait, le Suisse Thomas Stoker, professeur à l’Université de Berne et auteur de plusieurs rapports remarqués sur le changement climatique, pourrait sortir du lot.

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05/03/2015

Oligarchies et démocraties dynastiques

Fort des grandes valeurs humanistes des Lumières françaises, l’Occident aime à donner des leçons de démocratie et de droits de l’Homme au reste du monde. A ses yeux, rien ne remplace les valeurs universelles ancrées une fois pour toutes dans la Déclaration des droits de l’Homme.
Fort bien.
Mais on ne nous empêchera pas, comme nous le faisons régulièrement dans cette rubrique, de réinterroger ces valeurs et de les soumettre à la critique des valeurs humaines apportées par d’autres civilisations et de pratiques qui sont souvent en contradiction avec les principes affichés.
La dérive oligarchique et dynastique de nos démocraties est devenue, entre autres, l’un des phénomènes les plus inquiétants pour l’avenir de nos démocraties. La croissance des inégalités de richesses et notamment des très grandes fortunes n’a pas que des conséquences économiques et sociales, elle a aussi des effets politiques. Elle génère des formes de lobbyisme et de clientélisme qui corrompent le fonctionnement de la démocratie. La théorie des lobbies et des associations, comme celle de la concurrence en économie, vaut tant que ces associations s’équilibrent ou se contrebalancent. Mais quand le curseur se met à pencher d’un seul côté, le système se pervertit peu à peu.
C’est ce qui est en train de se passer. Les parlements, de Strasbourg à Genève en passant par Berne, sont devenus des chambres d’enregistrement des lobbies les plus puissants, qui ne cessent d’amender les lois en leur faveur, c’est à dire en vue d’obtenir des avantages commerciaux et fiscaux qui vont à l’encontre des intérêts de la majorité du peuple et de la souveraineté nationale. Le développement des instances supranationales est souvent un moyen d’évincer la démocratie. C’est d’ailleurs tout le problème de la construction européenne, qui commence à tousser depuis que les peuples ont compris l’enjeu et se mettent à faire de la résistance.

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03/02/2015

La Suisse, l’OSCE et « la troisième guerre mondiale »


Alors qu’on pouvait espérer un répit dans la cascade de mauvaises nouvelles qui affecte la vie internationale depuis 2014, l’année 2015 a commencé sous les pires auspices : un attentat meurtrier à Paris, qui a relancé les tensions entre l’Occident et le monde islamique, un plongeon des économies émergentes, en attendant celui de l’Europe à cause des politiques d’austérité imposées par l’Allemagne et celui de la Suisse à cause du franc fort, le tout assorti d’un regain de tension en Ukraine, aucun des deux camps n’ayant l’intention d’amorcer une détente tandis que le régime ukrainien continue à bombarder les populations civiles du Donbass depuis des mois avec l’approbation des Occidentaux.
Parallèlement, l’échec des guerres américaines menées depuis 1991 en Somalie, en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie a rendu illusoires les espoirs de ceux qui comptaient sur l’hégémonie américaine pour assurer la sécurité planétaire. L’hégémonisme américain a fait long feu et le monde se retrouve sans gendarme. La situation internationale est plus anarchique et donc plus dangereuse que jamais.
Car l’anarchie n’empêche pas la recherche de la maximisation des profits géopolitiques. Au contraire, elle l’exacerbe. Le géopoliticien américain John Mearsheimer avait très bien montré dans son livre sur la « tragédie des grandes puissances » comment celles-ci se trouvent rationnellement acculées à toujours accumuler des réserves de puissance pour survivre, leur appétit étant proportionnel à leur taille. Les Etats-Unis, ayant renoncé à attaquer de front la nouvelle puissance émergente chinoise, ayant pris note des résistances anti-américaines en Amérique latine et en Asie, ayant poussé leurs pions mais sans conviction en Afrique, se retrouvent donc face au seul adversaire qui leur offre un potentiel de gain appréciable sans trop de risques : la Russie et son talon d’Achille, l’Ukraine. D’autant plus qu’ils peuvent pour cela compter sur des alliés prêts à tout – la Pologne et les pays baltes – et des fidèles accommodants prêts à porter le chapeau à leur place – le reste de l’Union européenne.
Dans un intéressant papier paru dans la revue Horizons que vient de lancer le Centre pour les relations internationales et le développement durable créé par l’ancien ministre des affaires étrangères serbe Vuk Jeremic, le directeur du très pro-américain Carnegie Center de Moscou, Dmitri Trenin, montre comment le conflit ukrainien a changé la donne internationale et créé des fractures extrêmement profondes et durables. Toutes les tentatives de rapprochement entre l’Occident et la Russie, même les plus sincères comme celle du reset de 2009 sous l’ère Medvedev, ont échoué, et pas par la faute des Russes. Chaque fois, le lobby militaire et pétrolier américain a réussi à écarter la menace d’une réconciliation, sous un prétexte ou un autre. La crise ukrainienne ayant opportunément éclaté pendant les Jeux de Sotchi avec la bénédiction de Victoria Nuland et de Joe Biden, la politique des sanctions introduite par les Etats-Unis avant le copié-collé des Européens montre que nous sommes entrés dans un conflit d’un nouveau type, qui n’est pas un retour à la guerre froide, mais bien une guerre mondiale tiède d’un nouveau type. A cette échelle, contre un pays aussi grand, les sanctions ne sont en effet rien d’autre qu’une forme de guerre, une « militarisation de la finance », la finance étant désormais devenue une arme au même titre que les drones et la propagande. Les banques, comme les journalistes pendant la guerre du Golfe, sont « embedded », enrôlées dans une bataille qui ne devrait pas être la leur.

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26/01/2015

Guides humanitaires

Comment accéder aux victimes dans des conflits armés de plus en plus fragmentés, avec des acteurs incontrôlables, imperméables au droit de la guerre et qui se méfient de plus en plus des opérateurs humanitaires qu’ils soupçonnent de biais ou d’agendas cachés ? Le défi de l’accès humanitaire aux populations civiles tend à devenir un enjeu encore plus crucial que la distribution effective des secours. C’est pour tenter de répondre à ce défi que la Suisse a sponsorisé la publication de deux guides pratiques, le premier sous forme d’un manuel pour les opérations de terrain et le second pour rappeler le cadre juridique et normatif. Le but est de clarifier les concepts, d’aider à résoudre les dilemmes et à interpréter les contextes culturels et religieux afin de se frayer un chemin vers les victimes. La Division Sécurité humaine du DFAE, le CICR, l’OCHA et l’ONG Conflict Dynamics International ont donc joint leurs efforts pour remettre à jour une méthodologie d’intervention crédible et efficace.


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→Pour évoquer les menaces que le Big Data fait peser sur le contrat social, l’ambassadeur Dussey du Centre genevois pour la politique de sécurité (GCSP) avait invité le philosophe et géostratégiste Nayef Al-Rodhan à exposer ses vues. Pour Al-Rodhan, les hommes ont de tout temps été prêts à sacrifier une partie de leur liberté en échange d’une certaine protection. Or ce pacte social menace d’être rompu non seulement par la quantité des informations recueillies, mais aussi par leur qualité (métadonnées sur les profils personnels) et par le monopole tentaculaire de ceux qui l’exercent, comme Google pour le secteur privé, et la NSA du côté étatique. Quand Google peut prévoir l’évolution de la bourse grâce aux informations stockées et le directeur de la NSA pouvoir « tuer des gens grâce aux métadonnées » recueillies sur eux, le pacte est rompu. Solution : surveiller les surveilleurs sans faiblir.

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22/01/2015

Philosopher sur la liberté en Chine

Parler de la liberté en Chine? C'est aussi naturel que de manger des nouilles. La seule différence, c'est que les Chinois mangent avec des baguettes. Si l'on admet cette différence, alors oui, les Chinois aiment autant la liberté que nous même s'ils en usent autrement.
Lors de mon dernier voyage en Chine, alors que la discussion dérivait inévitablement sur la liberté, j'ai été frappé par l'un de mes amis Chinois qui singeait les journalistes étrangers qui découvraient leur pays pour la première fois. De façon drôle et ironique, sans aucune gêne, il imitait le journaliste qui voulait absolument interviewer l'homme-de-la-rue-sur-la-liberté-en-Chine. Comment, en effet, les Chinois peuvent-ils supporter de vivre dans ce goulag à ciel ouvert qu'est toujours la Chine communiste en ce début de XXIe siècle? Très bien, et c'est ce qu'ils répondent au journaliste occidental médusé. Difficile en effet de croire que les gens disent vrai quand on n'a presque rien lu d'autre sur la Chine que des articles sur la pollution et les violations des droits de l'Homme.
Et pourtant les Chinois sont comme nous, ils aiment la liberté! J'ai donc, une fois de plus, abordé ce thème avec l'un des plus grands peintres classiques chinois, Maitre Fang Zhen. Un artiste peut-il créer librement sous une dictature? Voici ce qu'il m'a répondu: alors que vous autres Occidentaux ne considérez qu'une liberté, nous Chinois nous en avons trois. Tout comme vous, nous apprécions la liberté sociétale, celle qui s'épanouit dans les limites de la morale et du droit, chaque société ayant le droit de décider elle-même quelles limites elle entend poser à cette morale et à ce droit. Mais nous chérissons aussi la liberté de la raison, celle qui nous permet l'intelligence des choses, de la vie, de la société, et sans laquelle il n'est pas de vrai savoir.

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28/11/2014

Stratégie de la gouvernance




→La stratégie suisse pour faire de Genève le lieu central de la gouvernance mondiale se met en place. Après le ratage du Fonds vert, le cap est mis sur internet et l’obtention du siège de l’ICANN, comme on l’a vu en début de semaine dernière avec la très médiatisée Geneva Internet Platform. Le message du Conseil fédéral publié mercredi a enfoncé le clou en relevant les deux autres priorités, l’humanitaire et la santé. Mais il s’agit aussi de renforcer Genève comme centre de réflexion. Le monde académique se mobilise donc lui aussi : début décembre aura lieu le Global Think Tank Summit sous l’égide de l’Institut universitaire des hautes études internationales et de développement. Une cinquantaine d’institutions américaines, chinoises, africaines, asiatiques et européennes parmi les plus prestigieuses sont donc attendues à la Maison de la Paix pour agiter les neurones et guider l’action politique sur les crises actuelles et la suite à donner aux Objectifs du Millénaire pour le développement lancés par Kofi Annan en 2000 et qui s’achèvent en 2015.


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→Le comité contre la torture, qui a pour mission de suivre l’application de la Convention contre la torture, se réunit depuis trois semaines à Genève. Il a mené la vie dure aux Etats-Unis. La déposition des parents du jeune Mike Brown assassiné par la police avant les émeutes de Ferguson a fait impression, tout comme la manifestation silencieuse des parents d’autres jeunes Noirs américains tués ou maltraités par la police. Une douzaine de personnes se sont levées en brandissant leurs poings, ce qui est plutôt rare dans les enceintes feutrées du Palais des Nations.

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12/11/2014

Droits de l’Homme à deux vitesses

Dix jours après les élections en Ukraine et dans le Donbass, la trêve reste toujours aussi précaire et le conflit demeure plus que jamais révélateur des complaisances occidentales à l’égard du régime de Kiev et de la sévérité implacable manifestée à l’encontre des « méchants » Russes et pro-russes. Il en dit long sur nous-mêmes, sur nos incohérences et notre pratique sans scrupule des doubles standards.

L’attitude des gouvernements, des ONG et des médias européens en matière de droits de l’Homme est très instructive à cet égard. On attend toujours la publication d’un rapport du Conseil des droits de l’Homme sur les atteintes aux droits humains en Ukraine. On espère qu’il sera objectif et que, contrairement à tout ce qu’on a pu lire jusqu’ici, il mettra également en lumière les violations droits de l’homme et les crimes de l’armée ukrainienne et des milices privées des oligarques contre les populations civiles de Lougansk et Donetsk.

Amnesty International, qui demeure sans aucun doute l’ONG la plus objective et la moins inféodée aux pressions des gouvernements et des bailleurs de fonds occidentaux, a récemment mis en lumière le fait que l’armée ukrainienne avait utilisé contre des populations civiles des bombes à sous-munition interdites. D’une façon générale, les conventions de Genève prohibent le bombardement des populations civiles. Or elles ont été violées pendant des semaines par les troupes de Kiev sans qu’aucun gouvernement, ONG ou média occidental n’y trouve rien à redire. Idem pour les fosses communes découvertes dans les zones reconquises par les pro-russes.

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07/10/2014

Des sanctions suisses illégales !

Intéressante analyse sur « l’ineptie des sanctions économiques » de la Suisse contre la Russie dans le dernier numéro du magazine Market ! L’auteur, Arnaud Dotezac, avocat spécialisé en droit international, démontre avec toute la rigueur de son raisonnement juridique comment et en quoi les sanctions suisses sont infondées, parce que contraires à la Constitution et aux droits de l’Homme.
En effet, en droit international, il apparait que les seules sanctions légales sont celles qui ont été approuvées par le Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui n’est pas le cas des sanctions occidentales contre la Russie. En effet, les sanctions non-onusiennes sont des décisions purement politiques prises par des Etats qui veulent en punir un autre pour des raisons géopolitiques ou économiques. La Suisse, en vertu de sa neutralité reconnue en droit international, n’a aucune obligation de les suivre. Le fait qu’elles aient été subtilement présentées comme une manœuvre destinée à éviter que le territoire suisse soit utilisé pour contourner les sanctions américaines et européennes ne change rien à l’affaire. Pour adopter ces sanctions, le Conseil fédéral s’est appuyé sur une loi peu connue, la loi sur les embargos adoptée en catimini après les attentats du 11 septembre 2001 à la demande de Pascal Couchepin, loi qui permet à la Suisse d’appliquer des embargos décidés par ses « principaux partenaires étrangers ». Or le fait que le que l’arrêté fédéral sur les sanctions contre la Russie soit un pur copié-collé des directives de Bruxelles suffit à prouver que la Suisse a purement renié sa neutralité et son indépendance pourtant garantie par les articles 54 et 185 de la Constitution.
Autre problème, l’application de sanctions à des individus qui n’ont pas été condamnés par un tribunal pénal, ce qui est le cas de toutes les personnalités russes visées et en particulier du président de la Douma Sergei Narychkine interdit puis toléré à Genève vendredi dernier, est contraire aux droits de l’Homme. On ne peut sanctionner quelqu’un qui n’a pas violé le droit suisse. Or Narychkine n’a jamais violé de dispositions du droit suisse. Le seul reproche qu’on peut lui faire est d’avoir au contraire appliqué la Constitution qui garantit à chaque individu le droit de s’exprimer librement. En septembre dernier, la Suisse a déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme pour son zèle intempestif à ce sujet.

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01/10/2014

Drôle de silence autour du crash du vol MH 17

Avez-vous remarqué que, depuis début août, on ne parle plus du tout du crash du vol MH 17 en Ukraine dans les médias et les ministères occidentaux? Plus un mot, plus une image, pas un commentaire, silence total, les éditorialistes et les experts si affirmatifs et si vindicatifs quelques jours auparavant comme si l’accident n’avait jamais eu lieu alors que pendant trois semaines on nous a bombardé d’annonces tonitruantes sur les soi-disant « preuves » accusant les séparatistes pro-russes. A peine, le 9 septembre dernier, a-t-on pu voir ici ou là, un petit article ou un bref commentaire pour mentionner la conférence de presse hollandaise indiquant qu’il serait impossible d’établir l’origine du crash avant la remise du rapport final dans un an et que tout ce qu’on pouvait dire, c’était que l’avion avait été abattu par des objets perforants.
Comment expliquer que le lendemain du crash l’ensemble du monde politique et médiatique américain et européen ait été convaincu de la culpabilité russe (ou pro-russe, ce qui revient au même) et que ces belles certitudes se soient envolées du jour au lendemain sans que quiconque se pose la moindre question ? Et pourquoi aucun média n’a-t-il fait observer que la fin de ce harcèlement a cessé comme par enchantement juste après l’adoption du deuxième train de sanctions américaines et européennes contre la Russie ? Or il existe pourtant des tas de questions passionnantes à poser sur ce crash et on a connu la presse beaucoup plus insistante dans nombre d’affaires de moindre importance. Aurait-on déjà oublié qu’il existe une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, la 2166, qui exige une enquête internationale véridique, transparente et vérifiable et qui demande que les experts aient accès au site ? Or il se trouve que ce site, qui se trouvait jusque-là dans un secteur plutôt calme, a commencé à être bombardé par les forces ukrainiennes aussitôt après le crash afin d’empêcher les experts de se rendre sur place, tout en accusant les séparatistes.

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16/09/2014

Tout est devenu propagande

Début septembre, le directeur général du groupe Al-Jazira était invité à la Fête de la communication, ce qui avait suscité un émoi ma foi assez compréhensible dans la mesure où le groupe est fortement suspecté de faire la promotion des Frères musulmans. Mais ce qui a le plus frappé l’auditoire, c’est le talent et la force de conviction qu’il a mobilisés pour défendre la cause de l’information, du journalisme et des journalistes arrêtés, emprisonnés, torturés out tués dans la pratique de leur métier. Un de ses collaborateurs emprisonné de longues années pour rien à Guantanamo l’accompagnait d’ailleurs. Et quand il a affirmé avec aplomb qu’Al-Jazira était plus objective que la BBC, beaucoup sont restés bouche bée.
Tout simplement parce que, dans un certain sens, c’est très vrai.
Pour notre génération, la BBC est un modèle d’objectivité et de professionnalisme. Mais il faut dire c’était, car elle ne l’est plus. Pas plus que le Financial Times ou l’Economist sont des modèles du journalisme économique, tant ils se sont vendus à l’école économique dominante, celle de l’offre, de l’austérité et de la finance, celle qui accapare les Prix Nobel d’économie et qui abreuve de ses commentaires les colonnes de la presse économique. La distance critique, le scepticisme méthodologique, le questionnement maïeutique, la curiosité d’aller voir de l’autre côté du miroir, tout cela a disparu corps et bien. L’information économique se résume à chanter les louanges du libre marché et à condamner aux enfers la redistribution des richesses et la régulation étatique en entrelardant ces refrains de commentaires boursiers et de résultats semestriels des entreprises.
Cette évolution est la même dans tous les grands médias occidentaux qui ont faisaient jadis notre fierté.

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29/08/2014

Faut-il maudire Al Jazeera?



A l'occasion de la 17e Fête de la communication qui aura lieu vendredi
prochain 5 septembre à la Pastorale, le Club suisse de la presse a
effectivement invité le directeur général de la chaine qatarie Al Jazeera à
venir parler de sa chaîne et des défis auxquels sont confrontés les
journalistes dans les pays arabes.
Cette initiative a suscité quelques réactions, notamment de la part de
Mireille Vallette, sur son blog "Boulevard de l'islamisme".
Ce débat me semble plutôt sain, même si, comme tout le monde, je préfère les
éloges aux critiques. De quoi parle-t-on? Al Jazeera, qu'on l'aime ou pas,
est devenue en quinze ans la chaine arabophone qui compte et l'une des TV
les plus influentes du monde avec quelque 270 millions de téléspectateurs et
plusieurs centaines de journalistes professionnels. C'est d'ailleurs pour
cela qu'on la craint et qu'on la conteste! On l'encensait hier en Occident
quand elle couvrait les printemps arabes mais on la réprouve aujourd'hui
parce qu'elle continue à suivre l'actualité des mouvements islamistes qui
ont été démocratiquement élus comme ce fut le cas en Tunisie, en Egypte ou à
Gaza en 2007 avec le Hamas.
Durant ces dernières années, la chaîne a perdu plusieurs de ses journalistes
morts ou assassinés.

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26/05/2014

La grandeur (presque) perdue de la presse

On le sait, à chaque nouvelle crise depuis vingt ans, la presse et les médias diminuent comme peau de chagrin. Baisse des revenus publicitaires par-ci, concurrence croissante d’internet par-là, tout conspire à rendre le journalisme plus docile, les journaux plus étiques et l’information télévisée plus banale. Et la profession de se lamenter sur la grandeur perdue de la presse d’antan.
Tout cela est sans doute vrai. Mais ce qui frappe le plus dans le marasme ambiant, c’est la complaisance des moyens d’information à l’égard des puissants. Pas des pseudo-puissants, mais des vrais puissants, ceux qui détiennent la richesse et le pouvoir et qui instrumentalisent les médias, les partis politiques et les parlements par le biais de lobbies grassement payés.
La crise ukrainienne a montré à quel point les médias étaient littéralement intoxiqués par des manipulateurs d’opinion bardés de diplômes, ayant pignon sur rue et cartes de visites au nom d’un think tank aussi ronflant que l’origine de leurs fonds est floue. Combien d’experts tout droit sortis d’une officine bruxelloise à forte consonance anglo-saxonne n’a-t-on pas entendu pérorer dans les médias pour justifier les ingérences occidentales et dénoncer les opérations militaires sous couverture russes ? Tout cela à grands renforts d’explications stratégiques et de considérations démocratiques destinées à mieux faire oublier le caractère profondément illégitime du régime de Kiev et à mettre en évidence « l’illégalité des séparatistes ». Il est vrai que marteler « l’armée régulière ukrainienne cherche à rétablir l’ordre légal face aux séparatistes de la République auto-proclamée du Donetsk soutenue par l’espion Poutine » sonne assez différemment que « les chars du régime putschiste de Kiev guidés par les instructeurs de la CIA ont tiré sur la foule et abattu des manifestants du Donbass ». Comme par hasard, les tenants du nouvel ordre ukrainien font complètement silence sur un gouvernement qui n’a pas plus de légitimité – et sans doute beaucoup moins puisqu’il n’a même pas été adoubé par referendum – que l’annexion de la Crimée par la Russie.

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07/04/2014

L’expérience fédérale plutôt que des sanctions

En janvier 2006, un an après la première révolution orange, j’avais été invité à Kiev pour donner des cours de journalisme à des jeunes journalistes aussi passionnés d’Europe et de renouveau que les jeunes qu’on a pu voir sur la place Maidan en février dernier.
Au troisième jour d’échanges, après avoir mieux fait connaissance, la discussion s’engage sur le terrain politique et je décris la pratique suisse en soulignant les avantages à la fois politiques et médiatiques de notre système : représentation équitable de la diversité linguistique et religieuse, respect des minorités, presse plus diversifiée car plus proche de ses lecteurs et moins dépendante des grandes chaînes étatiques ou privées. J’ose un conseil : si la Suisse possède quatre langues officielles, pourquoi l’Ukraine n’en reconnaitrait-elle pas deux, l’ukrainien et le russe, ce qui aurait pour avantage d’apaiser les tensions, de stimuler les cultures et de favoriser la démocratie et la liberté, chacun étant libre d’exprimer ses choix politiques et d’éduquer ses enfants dans la langue et la culture de son choix ?
Quelle inconscience ! Quel sacrilège ! En moins de deux minutes la salle était prête à remonter aux barricades. Pas question de reconnaitre le russe comme seconde langue nationale!
Huit ans et une nouvelle révolution plus tard, le problème reste toujours aussi brûlant et sa solution plus lointaine que jamais. A peine avaient-ils conquis le pouvoir que les nouveaux dirigeants de Kiev abolissaient la seule réforme utile de l’ex-président Yanoukovitch, qui fut la reconnaissance du russe comme seconde langue officielle. Et désormais les thuriféraires du nouveau régime ukrainien passent leur temps à proclamer que cette révocation était sans importance et a été exagérément gonflée par les partisans de Moscou.


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27/02/2014

Sotchi et la mode du « russian bashing »

On connait la recette romaine pour tenir tranquille le bon peuple : « du pain et des jeux ». Du pain, nous en avons plus qu’assez, en tout cas dans nos riches pays occidentaux. Mais quid des jeux ? En proscrivant les jeux du cirque et les exécutions publiques, les citoyens-spectateurs de nos paisibles démocraties semblent désormais manquer cruellement de sensations fortes. Heureusement, les coupes du monde de foot et les jeux olympiques tentent, tant bien que mal, de combler cette frustration.
Avec les JO de Sotchi, on a été particulièrement gâté.
Les médias, qui servent toujours de caisses de résonance aux angoisses populaires, se sont déchainés comme jamais ils ne l’avaient encore fait contre un pays hôte des jeux. Même la Chine, dont le régime est pourtant cent fois moins libéral et démocratique que celui de la Russie, n’avait pas eu droit à un tel traitement. Pendant des semaines, tout y a passé. Poutine a subi une campagne de dénigrement que même François Hollande n’aurait pas pu imaginer aux pires moments du « Hollande bashing ». Le choix du site, le montant des investissements, la qualité de la neige, la recherche du prestige au détriment de la protection de la nature, la corruption, la menace terroriste, la colère des familles expropriées, tout a été mis en cause, montré, analysé, commenté, vilipendé jusqu’à l’indigestion. On a même été jusqu’à fouiller dans les décharges et les égouts, à inspecter les robinets de douche et à disséquer la moindre phrase d’une Pussy Riot. Et cela jusqu’au dernier jour. Et même la cérémonie d’ouverture, pourtant très réussie, a été l’occasion des sarcasmes les plus outrageants. Un anneau olympique qui ne s’allume pas et qu’on remplace par une image préenregistrée (ce qui se fait partout même à la RTS) ? Une manipulation scandaleuse !

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20/02/2014

2014, année de tous les possibles pour la Suisse


Si 2013 aura été un bon cru pour la diplomatie suisse, grâce à sa participation au G20 de Saint-Pétersbourg, l’année 2014 pourrait être meilleure encore. Le cumul des deux présidences, celle de la Confédération et celle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, apporte des atouts puissants dans le jeu de Didier Bukhalter. Un hasard qui ne s’était encore jamais produit et dont n’avait pas bénéficié le dernier président suisse de l’OSCE, Flavio Cotti, en 1996.
Bien sûr, l’OSCE n’est pas une organisation puissante dont les décisions sont contraignantes. Les affaires s’y traitent par consensus plutôt que par la force. Mais les Suisses sont plutôt doués pour créer les conditions du consensus et le moindre qu’on puisse dire, c’est qu’avec les tensions qui règnent actuellement entre l’Union européenne et la Russie à cause de l’Ukraine, le besoin de consensus se fait criant. Du coup, la Suisse a une occasion inespérée de jouer les bons offices aux plus hauts niveaux, avec un accès facilité aux chefs d’Etat. Ce qui n’est pas un mince avantage lorsque, par ailleurs, il s’agit de négocier de nouveaux accords bilatéraux avec les dirigeants européens. Une négociation n’empêche pas l’autre.

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