20/02/2014

2014, année de tous les possibles pour la Suisse


Si 2013 aura été un bon cru pour la diplomatie suisse, grâce à sa participation au G20 de Saint-Pétersbourg, l’année 2014 pourrait être meilleure encore. Le cumul des deux présidences, celle de la Confédération et celle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, apporte des atouts puissants dans le jeu de Didier Bukhalter. Un hasard qui ne s’était encore jamais produit et dont n’avait pas bénéficié le dernier président suisse de l’OSCE, Flavio Cotti, en 1996.
Bien sûr, l’OSCE n’est pas une organisation puissante dont les décisions sont contraignantes. Les affaires s’y traitent par consensus plutôt que par la force. Mais les Suisses sont plutôt doués pour créer les conditions du consensus et le moindre qu’on puisse dire, c’est qu’avec les tensions qui règnent actuellement entre l’Union européenne et la Russie à cause de l’Ukraine, le besoin de consensus se fait criant. Du coup, la Suisse a une occasion inespérée de jouer les bons offices aux plus hauts niveaux, avec un accès facilité aux chefs d’Etat. Ce qui n’est pas un mince avantage lorsque, par ailleurs, il s’agit de négocier de nouveaux accords bilatéraux avec les dirigeants européens. Une négociation n’empêche pas l’autre.

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22/01/2014

Genève 2 peut réussir. A condition d'abandonner ses oeillères

Or donc la conférence Genève 2 sur la Syrie s'ouvrira mercredi à Montreux. Pour la Genève internationale et pour la Suisse, c'est évidemment un événement prestigieux, qui vient souligner fort à propos la vocation de notre pays à accueillir les négociations internationales les plus complexes et à être l'ambassadeur de la paix à travers le monde.
Mais soyons franc: il ne se passera strictement rien à Montreux, hormis de grandes et pompeuses déclarations d'intention de la part des excellences qui auront fait le déplacement avant de repartir à Davos. S'il y a une chance pour qu'un progrès survienne, ce sera plus tard, dans les jours, les semaines ou les mois qui vont suivre, quand les différents représentants syriens se réuniront à huis clos, entre les murs épais du Palais des Nations, pour discuter sérieusement, loin des caméras et des micros.
Et pour que ce petit miracle arrive, il y a quelques exigences à remplir, dont la première est que les Occidentaux, Français et Américains en tête, laissent tomber leurs œillères et cessent de poser des conditions irréalistes et inacceptables comme préalables à tout dialogue, telles que la capitulation sans condition de Bachar el-Assad. Les Occidentaux, qui n'ont que les mots droits de l'homme à la bouche quand il s'agit de discréditer leurs adversaires, devraient ainsi se souvenir que le but final de cette conférence n'est pas le départ du dictateur syrien mais bien la fin des hostilités, un cessez-le-feu, même partiel, entre les belligérants. Quand la maison brûle, on éteint l'incendie pour sauver le plus de victimes possible, on ne fait pas un procès au propriétaire.












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16/01/2014

2014, année de tous les possibles pour la Suisse

La double présidence de la Confédération et de l’OSCE redonne du jeu à la Suisse au moment de renégocier les accords bilatéraux.


Si 2013 aura été un bon cru pour la diplomatie suisse, grâce à sa participation au G20 de Saint-Pétersbourg, l’année 2014 pourrait être meilleure encore. Le cumul des deux présidences, celle de la Confédération et celle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, apporte des atouts puissants dans le jeu de Didier Bukhalter. Un hasard qui ne s’était encore jamais produit et dont n’avait pas bénéficié le dernier président suisse de l’OSCE, Flavio Cotti, en 1996.
Bien sûr, l’OSCE n’est pas une organisation puissante dont les décisions sont contraignantes. Les affaires s’y traitent par consensus plutôt que par la force. Mais les Suisses sont plutôt doués pour créer les conditions du consensus et le moindre qu’on puisse dire, c’est qu’avec les tensions qui règnent actuellement entre l’Union européenne et la Russie à cause de l’Ukraine, le besoin de consensus se fait criant. Du coup, la Suisse a une occasion inespérée de jouer les bons offices aux plus hauts niveaux, avec un accès facilité aux chefs d’Etat. Ce qui n’est pas un mince avantage lorsque, par ailleurs, il s’agit de négocier de nouveaux accords bilatéraux avec les dirigeants européens. Une négociation n’empêche pas l’autre.
Mais restons-en à l’OSCE et au rôle que la Suisse pourrait y jouer.

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06/11/2013

L’axe USA-UE met la Suisse au défi

Contrairement aux apparences, l’année 2013 aura été un excellent cru pour la diplomatie économique suisse. Après des années de régression puis de stagnation, plusieurs succès ont été engrangés. L’accord de libre-échange avec la Chine est la première chose qui vient à l’esprit, avec la participation réussie aux préparatifs du G20 de Saint-Pétersbourg grâce à l’appui des Russes. Pour la première fois depuis longtemps, la Suisse, confinée aux enceintes techniques de l’OCDE ou du Stability Board, a pu faire remonter ses vues en matière de fiscalité, d’échanges d’information et de régulation bancaire au niveau politique, au niveau des puissances qui comptent.
Et même l’accord sur les successions avec la France a permis de débloquer les négociations avec l’encombrant voisin français, malgré le chahut organisé par des politiciens sans visions et quelques avocats en mal de marketing auprès de leurs clients fortunés.
Le refus de la "Lex USA" par le parlement fédéral en juin dernier a constitué un signe inquiétant, heureusement vite oublié grâce à la signature d'un nouvel accord fiscal qui fait payer les banques. Mais si la coalition des oppositions réussit à faire échouer la ratification de l’accord sur les successions avec la France, il faudra s'inquiéter vraiment. Car si le Conseil fédéral et les diplomates, qui doivent négocier dans un environnement international d’une complexité désormais inouïe, se retrouvent sabordés sur le plan intérieur, bonjour les dégâts ! Un regard froid montre qu’à part la Russie et la Chine, nous n’avons pratiquement plus d’alliés sur la scène économique mondiale et que, sur le front domestique, une ligue hétéroclite d’opposants est prête à lever la hallebarde dès qu’il s’agit de faire la moindre concession à un partenaire.


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04/11/2013

L’écriture, ce jeu virtuel

Je le subodorais depuis des années mais depuis quelques mois, c’est devenu une certitude : en abandonnant le support papier, la chose écrite est en train de perdre définitivement toute matérialité pour devenir un pur jeu virtuel qui est en train de perdre toute sa puissance d’évocation, de validation de la réalité, et de vérité.
Comme la plupart des gens ayant fait leurs écoles au XXe siècle, j’ai baigné dans un univers dans lequel l’écrit régnait en maitre. Du cunéiforme aux hiéroglyphes, des caractères chinois à l’arabe, du latin au cyrillique, il m’a toujours semblé que l’alphabet relevait du sacré, du tabou, de la vénération, qu’il avait droit à un culte et à des rituels précis formalisés par les règles de l’orthographe et de la grammaire, et cela quelle que soit la graphie adoptée par les différentes cultures. L’écrit plus fort que le temps, plus puissant que la mort, plus résistant que les tyrannies et les dictatures. L’écrit capable de faire revivre le passé et de changer l’avenir…
A la fin du siècle passé, disons au moment du faux bug de l’an 2000, au moment du grand basculement du monde dans l’ère numérique, il était encore possible de se raccrocher à l’écrit comme à une bouée.
Après tout, le nouvel âge digital, après l’hommage excessif rendu à la parole et à l’image par le téléphone, la radio, le cinéma et la télévision, ne réhabilitait-il pas l’écrit en lui redonnant une place de choix, dans les sms, les blogs, les chats, les commentaires Facebook et autres tweets ? Et face à ce nouveau déluge numérique, aussi envahissant et inquiétant qu’un tsunami sur Fukushima, les hommes et les femmes de chair et d’os n’avaient-ils pas toujours besoin de l’écrit pour valider, ancrer, graver dans leurs neurones cette masse d’informations brutes ? En faisant le tri, en proposant des grilles de lecture, en opérant des classements, en proposant des orientations, la chose écrite devenait moins immédiate mais trouvait sa pleine légitimité, un peu plus amont dans la chaine de l’information et de la connaissance. Scripta semper manent, pouvait-on encore espérer.

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17/10/2013

Le projet d’accord USA-UE met la Suisse au défi

Contrairement aux apparences, l’année 2013 aura été un excellent cru pour la diplomatie économique suisse. Après des années de régression puis de stagnation, plusieurs succès ont été engrangés. L’accord de libre-échange avec la Chine est la première chose qui vient à l’esprit, avec la participation réussie aux préparatifs du G20 de Saint-Pétersbourg grâce à l’appui des Russes. Pour la première fois depuis longtemps, la Suisse, confinée aux enceintes techniques de l’OCDE ou du Stability Board, a pu faire remonter ses vues en matière de fiscalité, d’échanges d’information et de régulation bancaire au niveau politique, au niveau des puissances qui comptent.
Et même l’accord sur les successions avec la France a permis de débloquer les négociations avec l’encombrant voisin français, malgré le chahut organisé par des politiciens sans visions et quelques avocats en mal de marketing auprès de leurs clients fortunés.
Le refus de la "Lex USA" par le parlement fédéral en juin dernier a constitué un signe inquiétant, heureusement vite oublié grâce à la signature d'un nouvel accord fiscal qui fait payer les banques. Mais si la coalition des oppositions réussit à faire échouer la ratification de l’accord sur les successions avec la France, il faudra s'inquiéter vraiment. Car si le Conseil fédéral et les diplomates, qui doivent négocier dans un environnement international d’une complexité désormais inouïe, se retrouvent sabordés sur le plan intérieur, bonjour les dégâts ! Un regard froid montre qu’à part la Russie et la Chine, nous n’avons pratiquement plus d’alliés sur la scène économique mondiale et que, sur le front domestique, une ligue hétéroclite d’opposants est prête à lever la hallebarde dès qu’il s’agit de faire la moindre concession à un partenaire.

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09/09/2013

Pour un code de bonne conduite des religions à Genève

Voici le texte intégral de la motion que je viens de déposer concernant le projet de code de la laïcité à Genève. Comme il s'agit d'un sujet particulièrement chaud, controversé et propice aux distorsions et manipulations de tous ordres, je pense qu'il est bon que chacun puisse faire une idée à partir du texte original.
Bonne lecture!

Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :

-Que Genève est depuis longtemps une terre d’accueil pour des populations aux origines et aux religions diverses ;

-Qu’il convient d’accompagner ce phénomène par des mesures adaptées plutôt que de le combattre ;

-Que la Constitution fédérale garantit la liberté de croyance et de conscience (Art 15 : Liberté de croyance et de conscience) et que la Constitution genevoise assure la neutralité religieuse de l’Ecole (Section 9 : Enseignement et recherche, Art 193 : principes)

-Que l’article 3 de la nouvelle Constitution genevoise est intitulé « laïcité » et qu’il s’agit de la première constitution contenant une telle mention ;

-Que la nouvelle Constitution ne définit pas la laïcité et qu’il est nécessaire de le faire pour l’appliquer concrètement ;

-Que la laïcité, ancrée dans la société genevoise depuis le 19ème siècle, doit être adaptée à l’évolution du monde moderne ;

-Que la laïcité revient fréquemment dans le débat depuis une vingtaine d’années avec notamment la question du port des symboles et habits religieux;

-Qu’à cet égard, on ne déplore à Genève ni atteinte à la paix religieuse ni atteinte à l’ordre public ;

-Que les cantons sont compétents pour réglementer le port des symboles et habits religieux pour autant que cette restriction de la liberté religieuse soit fondée sur une base légale suffisante, qu’elle soit justifiée par un intérêt public prépondérant, qu’elle soit proportionnée au but visé et qu’il n’y ait pas atteinte à l’essence de ce droit fondamental (art. 36 de la Constitution fédérale : Restriction des droits fondamentaux).

-Que l’élaboration d’une loi inutilement restrictive contribuerait à raviver les tensions voire à discriminer toute une frange de la population ;

- Qu’il est essentiel d’identifier les comportements religieux de nature à troubler l’ordre public et la paix confessionnelle avant de légiférer sur ces questions;

Le Grand Conseil invite le Conseil d’Etat

- A appliquer l’article 3 de la Constitution genevoise en élaborant, en concertation avec les représentants des différentes confessions religieuses recensées à Genève, un « code de bonne conduite » fixant les usages et comportements à adopter pour respecter la laïcité dans les écoles et établissements à caractère public ;




EXPOSÉ DES MOTIFS


Mesdames et
Messieurs les députés,

Nos sociétés se mondialisent et des populations d’origines diverses s’installent sur leur sol. Ce phénomène n’est pas nouveau à Genève, terre qui cultive une tradition d’accueil depuis longtemps. Hier comme aujourd’hui, Genève a su accueillir les nouveaux arrivants et assurer une coexistence harmonieuse des différentes composantes de sa population. Cette réussite en termes d’intégration fait d’ailleurs sa richesse et sa renommée. Ce que souligne aussi le préambule de la nouvelle Constitution.

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26/04/2013

La revanche de l’Afrique noire

On se souvient de L’Afrique noire est mal partie, le fameux livre de René Dumont qui avait défrayé la chronique en 1962. Le pionnier de l’agronomie et de l’écologie françaises mettait en avant les erreurs de développement des jeunes nations africaines tout juste décolonisées. Il constatait que l’Afrique intertropicale piétinait mais qu’elle pourrait se développer rapidement si elle repensait son école, son encadrement, ses infrastructures, sa gouvernance.
Il aura donc fallu attendre près de cinquante ans pour que l’Afrique sub-saharienne montre les premiers signes de décollage. Bien sûr, le bilan est très contrasté suivant les pays. Les zones critiques (les deux Soudans), les nations en implosion (Mali, Centrafrique, République du Congo) ou en régression (Côte d’Ivoire, Madagascar), les régions en rémission lente (Guinée, Liberia, Sierra Leone, Burundi ou Rwanda) ou guerre civile larvée (Nigeria, Mauritanie) occupent le devant de la scène. Mais l’arbre à palabre médiatique ne doit pas cacher la forêt silencieuse des pays qui découvrent ou redécouvrent la croissance après des décennies de déliquescence économique.
La Chine ne s’y est pas trompée, qui investit massivement dans tout le continent et organise régulièrement un sommet des chefs d’Etat africains à Beijing, alors que l’Europe a quasiment déserté la région et que la France se contente de préserver son glacis. Les experts de la banque mondiale, naguère très sévères avec ce continent, ont désormais basculé dans le camp des optimistes. Reste maintenant à convaincre les opinions publiques et les gouvernements occidentaux.

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16/04/2013

Bagdad ou l'industrie de la voiture piégée

Visiter Bagdad a toujours été un vieux rêve. A cause des la Mésopotamie, des Mille et Une Nuits, du berceau de l'écriture et de la civilisation, et à cause des guerres du Golfe aussi. Fin 2007, suite à la remise d'une distinction pour services rendus, le président de l'association des journalistes irakiens m'avait exhorté à lui rendre visite. "On s'occupera de tout et de ta sécurité aussi", m'avait-il promis. Au printemps 2008, l'occasion se présente et je lui envoie un email pour lui confirmer la date. "Avec plaisir! Bienvenue!" Quinze jours plus tard, il sautait sur une bombe et je ne suis pas allé à Bagdad.
Jusqu'à mardi dernier. Invité par la Ligue arabe et le parlement irakien à venir présenter les aspects financiers du fédéralisme suisse à l'occasion d'une conférence sur les développements du Parlement arabe, j'y ai vu occasion d'honorer l'invitation de mon défunt ami. Coïncidence, le jour de la rencontre tombait pile sur le dixième anniversaire de l'invasion américaine de 2003. Le gâteau de fête compta 16 attentats, plus de 50 morts et 200 blessés...
La culture, la musique, la poésie, les galeries d'art, tout cette créativité millénaire que même Saddam Hussein n'avait pas réussi à étouffer, tout cela a quasiment disparu après dix années de guerre larvée. Bagdad vit désormais presque entièrement pour, par et avec la sécurité. Sur sept millions et demi d'habitants, un million travaille pour l'appareil sécuritaire, armée, garde nationale ou police. Entre l'aéroport et la ville, un trajet qui prend vingt minutes en temps ordinaire, il faut compter deux ou trois heures avec un check-point tous les 500 mètres, et un tous les 200 mètres en ville. Bouchons, pièces, d'identité, coffres ouverts, herses, gendarmes couchés, slaloms entre des toblerones de béton garantis à chaque fois. Notre convoi officiel de voitures blindées sécurisé par des pick-ups armés s'en sort en une demi-heure. une excellente moyenne. Quant au Bagdadi moyen, il attendra...
Il existe ici une véritable industrie de l'attentat, m'assure notre hôte.

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28/02/2013

L’horreur alimentaire

Il y a une quinzaine d’années, Viviane Forrester publiait un petit livre au destin mondial, L’horreur économique, pour dénoncer les dérives de l’économie. Les scandales alimentaires à répétition auxquels nous assistons depuis quelques lustres mériteraient bien une petite Horreur alimentaire.
Entre la vache folle, le veau aux hormones, l’eau gratuite qu’on veut nous vendre en bouteilles, l’huile de palme qui déforeste la planète, les paysans étranglés par les supermarchés et le cheval étiqueté pur bœuf, c’est toute la chaine de la production et de distribution alimentaire, du fermier à l’assiette, qui se révèle gangrenée.
Au milieu du tollé général soulevé par le bœuf au cheval, une autre nouvelle importante est passée relativement inaperçue, à savoir la campagne contre le gaspillage alimentaire lancée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement à Nairobi la semaine dernière. Lors de sa réunion annuelle, avec l’aide d’une ONG britannique, le PNUE a organisé un déjeuner pour les 100 ministres et autres VIPs présents à partir de 1600 kilos de légumes et de fruits du cru rejetés par les supermarchés européens bien que parfaitement sains.



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25/02/2013

2030, la métropole rêvée

(Thème de la rencontre organisée par le PDC à Lancy)
Quelle Genève voulons-nous ? C’est au fond la question qui nous est posée à travers la question "Quelle vision pour Genève en 20130 et comment y arriver?". A mes yeux, cette réponse peut se résumer en cinq points :

1/nous voulons une Genève plus sûre. L’insécurité mine nos concitoyens mais elle sape aussi les bases de notre économie en pénalisant le commerce et les PME, en semant le doute dans les multinationales et en menaçant la Genève internationale. Rétablir la sécurité, investir dans la police, la justice et les prisons, restaurer l’autorité de l’Etat sont des tâches prioritaires pour les dix ans qui viennent. Nous devons soutenir les efforts de nos magistrats Olivier Jornot, Pierre Maudet et Guillaume Barazzone, en coordination avec les Français, qui connaissent les mêmes problèmes.

2/nous voulons une Genève plus innovante : la force de Genève, sa seule matière première, c’est sa matière grise, ses cerveaux. Il faut absolument soutenir et développer les investissements dans la formation, à tous les niveaux, de l’apprentissage aux docteurs en neurobiologie. Les efforts pour former les jeunes en rupture et ceux consentis pour former des chercheurs de pointe en biotechnologie ou en finance internationale visent le même but : assurer les emplois de demain. Car il faut savoir que les emplois sont aujourd’hui plus créés par les PME, les biotechs et les start-ups innovatrices que par les grandes entreprises, qui rachètent les petites pour croître.

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29/01/2013

En route vers la posthumanité

Les civilisations, comme les espèces, sont mortelles. C’est un truisme. Dès lors la question se pose : qu’y aura-t-il après l’homme ? Ou plus précisément, compte tenu de notre manie irrépressible de vouloir façonner le futur : que faudrait-il qu’il y ait après l’homme ?
Poser cette question, c’est déjà tirer un trait sur tout ce qui a plus ou moins sous-tendu la grande marche humaine depuis des siècles, à savoir l’humanisme, cette doctrine qui met la personne humaine au centre, sinon au-dessus de tout le reste (la nature et les animaux pour certains, Dieu pour d’autres). S’il n’a pas tout à fait réussi à pacifier l’homme et à l’élever au-dessus de sa condition, l’humanisme est malgré tout à l’origine de remarquables succès : on lui doit la culture, les arts, la science, une certaine éthique à l’égard de lui-même et des autres. Mais tout indique aujourd’hui que l’humanisme traditionnel est arrivé à bout de souffle.
L’holocauste et d’autres génocides ont fait douter de la capacité de l’homme à respecter la personne humaine. Et la tendance à un matérialisme effréné, qui gomme toute aspiration à la spiritualité et qui méprise les autres catégories du monde vivant, les animaux et les végétaux, met tous les jours en évidence les failles du vieil humanisme. La consommation comme horizon indépassable de la vie humaine, n’est pas un humanisme.

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21/01/2013

Gouverner un canton, développer une région

C’était le sujet de la rencontre électorale organisée par le PDC à Collonge-Bellerive jeudi dernier. Qu’est-ce que gouverner un petit territoire dans un monde en crise ? était la question qui m’était posée en particulier. Je vous livre l’essentiel de ma réponse : c’est une question importante pour deux raisons.
La première, c’est que je suis un fan et un pratiquant de la région depuis 40 ans. J’ai commencé à pratiquer la région à l’âge de 12 ans en venant faire mon collège au Bouveret au bord du lac, puis en passant, à 18 ans, une année à Thonon au Lycée Saint-Joseph pour terminer mon bac, que j’ai passé à Annemasse et à Annecy, avant de m’installer définitivement à Genève il y a 37 ans. Je n’en ai plus bougé, mais j’ai recommencé à pérégriner professionnellement, sur l’autre rive cette fois, puisque j’ai pendulé pendant quatre ans à Lausanne quand j’ai travaillé pour le Magazine Bilan et le Nouveau Quotidien. C’est dire que j’ai arpenté la région franco-valdo-genevoise dans tous les sens. C’est d’ailleurs à Bilan, il y a 20 ans, que nous avons commencé à faire émerger dans la conscience des Genevois la notion de « croissant d’argent lémanique », par opposition au « triangle d’or zurichois », en association avec l’IREC à Lausanne et l’AGEDRI (association genevoise pour le développement des relations interrégionales) à Genève. Avec Paul Gilliand et Pierre Milleret, ancien député et président du Grand Conseil PDC, nous avions d’ailleurs organisé à la Cité universitaire un grand colloque de l’AGEDRI sur ce thème, en 1990, colloque qui avait fait date.

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16/01/2013

"Abolir les impôts..."

La campagne pour les élections 2013 est ouverte et je ne peux résister au plaisir de vous citer le petit texte que mon ami JCF de Dardagny m'a envoyé pour accompagner ses voeux en cette année des hannetons: "Suppression de la politique. Abolition des impôts. Electrocution des régisseurs. Création de six jours fériés par semaine. Création d'habitations ouvrières à l'Ile Rousseau. Paiement des ouvriers trois mois à l'avance comme pour les loyers. Rétablissement des gardes municipaux à cheval. Transfert de Céligny sur le canton. Libre émission de fausse monnaie. Transfert de la caserne de la gendarmerie à Hermance. Diminution du prix du sel."
Tel était le programme électoral de Guguss et Polyte (Louis Bron et A. Gantner) qui animaient un journal humoristique dans notre bonne ville de Piogre au début des années 1900. Je ne vous promets pas de reprendre tout ce programme à mon compte (quoique certaines propositions donnent sérieusement à réfléchir...) ni de le réaliser intégralement si je suis élu, mais je vous invite cordialement à venir découvrir nos idées et projets à l'occasion des rencontres publiques organisées par le PDC pour départager ses trois candidats. Premier rendez-vous demain soir jeudi à 20h à la salle communale de Collonge-Bellerive sur le thème "gouverner un canton, développer une région" avec Luc Barthassat, Serge dal Busco et votre serviteur.

08/01/2013

Ces pierres qui changent le destin

Si un simple caillou turc parvient à changer l'avenir du Valais, pourquoi des milliards de tonnes de schistes ne changeraient-ils pas le destin de la planète ?Si on ne sait pas encore comment la pierre turque va influer sur la vie des Valaisans, on peut en revanche mieux estimer combien l'exploitation des gaz de schiste va refaçonner la géographie et l'histoire des prochaines décennies.
La nouvelle est en effet sortie il y a quelques semaines, mais sans qu'on en prenne vraiment toute la mesure: grâce au gaz et au schiste, les Etats-Unis redeviendront le premier producteur mondial de pétrole et retrouveront leur indépendance énergétique dès 2020, c'est à dire demain. Quant à la Chine, elle possède aussi de grandes réserves dans ses déserts occidentaux.Alors que l'Europe, elle, devra se contenter de racler les fonds de tiroir lorrains et polonais pour récupérer quelques barils du précieux liquide.
Si tout cela est vrai, et il n'y a pas de raison d'en douter, la face du monde en sera complètement bouleversée.

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07/11/2012

Doubles standards et grandes hypocrisies

Depuis des décennies, les pays du Sud et d’Asie et de nombreuses ONG se plaignent de la manière dont l’Occident applique ses catégories morales au reste du monde et dénoncent le double standard qui prévaut en matière d’éthique globale et de relations internationales.
Le double standard consiste à appliquer les règles et le droit international de façon différenciée en fonction de ses intérêts matériels. Depuis que l’humanité est sortie de sa caverne, la morale et les intérêts n’ont jamais fait bon ménage dans les relations entre groupes humains concurrents. Mais ce qu’on reproche à l’Occident ce n’est pas d’avoir des intérêts – tout le monde en a – mais de se gargariser de ses valeurs morales et de ses principes universels incarnés dans la Déclaration des Droits de l’Homme et la pratique de la démocratie, pour mieux masquer la politique d’intérêts qui est la sienne.
Les exemples de double standard pullulent, le plus actuel étant sans doute celui de la Syrie et de l’Arabie saoudite. On ne cesse – avec raison évidemment ! – de flétrir, blâmer, anathématiser le régime de Bachar el-Assad au nom des grands principes universels des droits de l’Homme et de la démocratie. Editorialistes et politiciens ne trouvent pas de mots assez durs pour vitupérer l’infâme. Fort bien. Mais pourquoi alors ne pas piper mot et se prosterner benoitement devant le régime saoudien qui fait moins bien en matière de droits de la femme, et se taire devant celui de Bahrein qui torture et assassine ses opposants depuis quinze mois dans un silence médiatique et politique assourdissant ? On connaît la réponse : ils sont dans le bon camp puisqu’ils nous vendent leur pétrole. Et pourtant d’un côté, on n’a qu’une dictature, de nature politique, tandis que de l’autre on a une double tyrannie, à la fois politique et religieuse !

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01/11/2012

Calvin, Rousseau, Dunant, au secours ! Revenez vite!

Mais quelle guêpe venimeuse a piqué Genève ? Depuis quelques années, le vent mauvais de la xénophobie, de la haine, du soupçon permanent contre l’étranger, le frontalier, le requérant d’asile souffle sans pitié dans toutes les rues du canton et jusqu’aux sommets de l’Etat, qui se met à prêcher pour une « préférence cantonale » dont on se demande quel sens elle peut avoir alors qu’hier on vantait les bilatérales et la libre circulation !
C’est frappant de voir combien ce canton si fier de son ouverture et de sa Genève internationale, qui se prétend être la capitale mondiale d’à peu près tout, des droits, de l’homme, de la santé, de la propriété intellectuelle ou de la physique des particules, peut devenir tout à coup mesquin, étroit, rabougri, ratatiné. On se glorifie de Calvin, on cultive la nostalgie de la « Rome protestante », on montre avec fierté aux touristes la maison natale de Rousseau et le jardin des Délices de Voltaire, on se félicite d’avoir donné naissance à Henry Dunant et à la Croix-Rouge, on débauche sans vergogne les infirmières et les médecins européens pour soigner nos malades, et, dans le même temps, on fait la chasse aux cadres français dans les hôpitaux, on blackboule le patron de la deuxième entreprise du canton parce qu’il avait le tort d’habiter vingt kilomètres trop loin pour présider pour présider les transports publics, et on passe au crible l’administration pour être sûr qu’un frontalier n’a pas usurpé son poste.

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17/09/2012

Une impitoyable guerre économique

Pendant des décennies, l’économie suisse a prospéré, très bien d’ailleurs, dans l’ombre du pacte d’acier qui unissait les ténors de la finances aux grands capitaines d’industrie. Christoph Blocher, président d’une des grandes entreprises chimiques du pays, membre du conseil d’administration d’UBS et proche des milieux financiers zurichois, a longtemps incarné cette alliance du coffre-fort et de l’usine, huilée par l’échange continu de fauteuils d’administrateurs entre les deux cercles.
Mais voilà, l’union sacrée a volé en éclats. L’industrie a largué la finance et celle-ci, qui était habituée à dicter sa loi au reste du pays, est brutalement tombée de son piédestal. On peut symboliquement faire remonter cette rupture au 6 septembre 2011, quand la BNS a arrimé le franc à l’euro, et donc lâché les intérêts de la finance pour préserver ceux de l’industrie d’exportation. Un taux de change fixe s’accommode en effet fort mal avec la liberté totale des capitaux dont les milieux financiers font leur miel.
Cette décision, il est vrai, est intervenue après des années de fragilisation de la planète financière suisse. La crise de 2008, le sauvetage d’UBS, les attaques répétées contre la place financière en provenance des Etats-Unis et de l’Union européenne, tout cela a contribué au lâchage de la finance par l’industrie. L’affaire du franc fort fut simplement l’occasion de porter le coup de grâce. Pour l’industrie, il s’agissait de sauver sa peau, et il n’y avait plus à hésiter.






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07/08/2012

Le 1er Août, l’initiative Weber, les barrages et les Gitans

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les élus communaux,
Citoyennes et citoyens d’Evionnaz, chers amis, bienvenue à cette célébration du 721e anniversaire de notre pays

Je tiens tout d’abord à vous dire de tout le plaisir et le grand honneur que vous m’avez fait en m’invitant à venir célébrer notre Fête nationale à Evionnaz, ma commune d'origine, dans laquelle réside toute ma famille.

L’esprit qui inspirait nos pères fondateurs et que l’on retrouve merveilleusement illustré dans le Pacte de 1291, c’est celui de la communauté des valeurs et de la solidarité face aux dangers et aux aléas de la vie. Ce qui nous unit, c’est la volonté de vivre ensemble avec nos différentes langues, cultures, religions et origines géographiques. Citadins ou campagnards, romanches ou francophones, catholiques ou protestants, suisses de vieille souche, naturalisés de fraîche date ou simples immigrants venus de loin pour s’établir dans notre pays, nous partageons tous le sentiment et la conviction de partager un destin commun. Mieux, ce destin, nous savons que nous pouvons le décider et le construire ensemble et qu’il ne nous est pas imposé de l’extérieur par un gouvernement que nous n’avons pas choisi.

C’est pourquoi il nous a fallu tant de temps pour faire notre pays, pour lui donner ses institutions, et pour le doter d’un fête nationale qui soient communes à toutes et tous malgré nos différences. Ce bien est précieux, et nous devons le conserver face à tous ceux qui voudraient le sacrifier au nom des passions ou des intérêts éphémères du moment.

Car il ne faut pas nous leurrer. Cette solidarité et cette unité confédérale ne vont pas toujours de soi et engendrent parfois des tensions qu’il nous faut avoir le courage d’affronter. Je songe ici à trois événements qui défrayent la chronique valaisanne ces temps-ci.

Premier exemple, très important pour l’avenir du Valais, celui du vote de l’initiative Weber sur les résidences secondaires. Personne ne doute que ses effets sont très pénalisants pour l’économie du canton et que les risques d’augmentation du chômage sont réels. Sur un plan plus symbolique, ce vote a été ressenti par de très nombreux Valaisans comme une blessure, comme une trahison de la part des citadins et des habitants du Plateau suisse. Comme résident genevois, je sais bien qu’une grande majorité de Genevois a voté en faveur de cette initiative.



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02/08/2012

Les tabous et non-dits du drame syrien

Voilà déjà quinze mois que la Syrie est à feu et à sang. L’hécatombe n’est pas prête de s’arrêter. Au contraire, le conflit redouble d’intensité. Sur le terrain, les rebelles se sentent pousser des ailes grâce aux financements et aux armes livrées par l’Arabie saoudite et le Qatar via la Turquie, avec le soutien des Occidentaux, et font désormais jeu égal avec l’armée régulière de Bachar El-Assad, laquelle profite des tanks, canons et missiles de son allié russe. Et sur le front diplomatique, la mission de Kofi Annan bute contre l’obstination des Occidentaux à exiger le départ du président syrien comme préalable, et le refus tout aussi opiniâtre des Russes et des Chinois d’abandonner une partie qu’ils estiment pipée.
Dans un tel climat, le conflit, avec son cortège de massacres quotidiens, est parti pour durer longtemps, sur le modèle afghan. Le scénario libyen - une victoire rapide des rebelles – ne se répètera pas. Si l’on veut vraiment rétablir une paix durable et instaurer une démocratie digne de ce nom en Syrie, il convient de respecter davantage les faits et les forces en présence.
Premièrement, le régime baasiste du président Assad n’est pas aussi impopulaire qu’on veut bien le dire. Les laïcs, les femmes, les minorités religieuses, certains clans sunnites ne le trouvent pas aussi pendable que le voudraient les chancelleries et les medias occidentaux. La réalité est légèrement plus complexe que le cliché du gentil rebelle contre le méchant Assad. On n’est pas dans la Libye de Khadafi.
Il convient ensuite de voir qui sont les rebelles, qui les arme et dans quel but. Le renversement d’une dictature justifie-t-il qu’on soutienne n’importe qui n’importe comment, au risque de créer une poudrière salafiste ou de pérenniser une guerre civile au milieu du Moyen-Orient ? Une fois Assad parti, qui pourra empêcher les extrémistes islamistes de triompher et de liquider leurs adversaires laïcs?

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10:39 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (8)