15/06/2010

Pour une nouvelle gouvernance de la région

J’ai le plaisir d’ouvrir les Premières assises transfrontalières franco-valdo-genevoises et, au nom du Grand Conseil de la République et canton de Genève, vous souhaite la bienvenue.

Avant toute chose, j’aimerais remercier les deux coprésidents de ces assises, M. Etienne Blanc, député, maire de Divonne et président du Syndicat mixte de l’ARC qui rassemble les élus français des territoires limitrophes de Genève, et M. Laurent Chappuis, président du Grand Conseil du canton de Vaud, sans le soutien desquels cette assemblée n’aurait pu avoir lieu.

Le 7 décembre dernier, peu après le vote favorable des Genevois pour le CEVA et à l’occasion de la prestation de serment du Conseil d’Etat, nous avions en effet souhaité élaborer un nouveau projet de gouvernance pour la région franco-valdo-genevoise en construction. Cette région, on le sait, c’est 800 000 habitants et une centaine de communes de part et d’autre des frontières genevoises, et c’est deux cantons, deux départements et deux pays.

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01/06/2010

Tous à l’ONU les 5 et 6 juin

On ne le répétera jamais assez, la Genève internationale c’est 200 ambassadeurs, 30 organisations internationales, 300 ONG, 35 000 emplois et 5 milliards de francs de contribution annuelle au produit cantonal brut. C’est donc du solide, du crédible, du tangible.

Mais la Genève internationale, c’est bien plus que cela : c’est le creuset dans lequel s’élaborent les règles de la gouvernance sociale, commerciale, sanitaire, humanitaire, climatique, technique et militaire de la planète. C’est le cœur de la diplomatie multilatérale ou, si l’on veut adopter le jargon des politologues anglo-saxons, l’un des deux ou trois centres mondiaux du « soft power ». Pour Genève, cette vocation est encore plus déterminante car c’est elle qui lui assure sa réputation internationale et fait que la plupart des sept milliards d’êtres humains savent à peu près où la situer sur la carte du monde.

C’est pour découvrir quelques-unes des facettes multiples mais pas toujours connues de la Genève internationale que l’Office des Nations Unies à Genève, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), le bureau régional du Programme des Nations Unies pour l’Environnement et le Bureau international pour la Paix (BIP) ont organisé, avec l’aide de la Confédération, du canton et d’organisations locales comme la Fondation pour Genève, l’association Agir et Mandat international, un week-end portes ouvertes, le premier depuis l’année 2000.

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27/05/2010

Construire à Genève, un acte courageux

Discours prononcé le 20 mai 2010 à l’occasion de l’inauguration de l’Assemblée générale de la SSE Section Genève

 

Tout d’abord mile mercis de m’avoir incité à votre assemblée générale et de me donner l’occasion de vous adresser quelques mots à cette occasion. Depuis des années, je frappe à la porte de mon ami Gabriel Barillier pour être admis dans le cercle très exclusif des députés qui soutiennent le bâtiment. Mais contrairement à l’école genevoise, l’admission n’est pas automatique et il faut travailler dur pour réussir cet examen.  J’espère donc aujourd’hui être jugé apte à entrer dans ce prestigieux cénacle.

 

J’ai conscience que l’exercice qu’on me demande ce soir n’est pas facile, tant les tensions entre le monde politique et les milieux de la construction sont vives en ce moment dans notre République. J’ai conscience de la profonde déception de beaucoup d’entre vous suite à l’attribution des lots du CEVA, qui est venue s’ajouter à la frustration légitime engendrée par les blocages incessants qui entravent la réalisation des grands projets de construction de logements et d’infrastructures dont notre canton a pourtant tant besoin.

 

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24/05/2010

Ben Brik ou l’arroseur arrosé

Depuis dix ans, nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion d’évoquer dans nos articles, et dans ce blog, les relations tumultueuses entre les opposants et les partisans du régime tunisien. En tentant chaque fois de mettre en garde contre les faux-semblants et de faire la part des choses entre les nobles intentions et la dure réalité des faits. Cette fois-ci, la chronique devient franchement cocasse avec les derniers démêlés que l’un des plus médiatiques opposants au Président Ben Ali, je veux parler de Taoufik Ben Brik, vient d’avoir avec la justice française.

Il y a quelques années déjà, Ben Brik s’était illustré par une grève de la faim qui s’était terminée en eau de boudin, si j’ose dire, parce qu’on avait découvert qu’il dévorait des cuisses de poulet en cachette. C’est très bien de manger du poulet mais c’est un régime alimentaire peu recommandé par les grévistes de la faim.

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21/05/2010

L’ONU et les SIG passent au vert

Rencontre au sommet entre le canton de Genève et les Nations Unies sur le thème « Après Copenhague, comment développer les initiatives locales ? » Réunis à l’invitation des Services industriels de Genève (SIG), une centaine d’invités genevois et internationaux ont écouté Sergei Ordhzonikidze, le directeur général de l’ONUG, Jerry Lengoasa, secrétaire général adjoint de l’Organisation mondiale de la météorologie, Isabel Rochat, conseillère d’Etat en charge de l’énergie, et André Hurter, directeur des SIG, présenter les projets et les stratégies destinées à concrétiser les objectifs de Copenhague. En huit ans, la consommation de fuel de l’ONUG a été réduite de 20% et celle de l’eau de 40% soit une économie de 4,5 millions de dollars. Les SIG collaborent au programme « Greening the UN » grâce notamment à la pose de panneaux solaires et à la centrale de réfrigération et de chauffage avec l’eau du lac. A elle seule, l’ONU représente 2’800 bureaux, 9000 réunions et 16 000 voyages par an. Bref, le potentiel de développement et de coopération en matière d’économies d’énergie est immense.

 

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20/05/2010

Oui aux minarets, non à la burqa !

Après le vote du Parlement belge, les controverses françaises et la motion argovienne, le débat sur la burqa revient en force sur la scène suisse. Et il faut qu’il ait lieu car autant l’initiative contre les minarets était contestable, autant une interdiction de la burqa paraît, cette fois-ci, raisonnable.

Car c’est l’idée du progrès, de la civilisation, de l’art du vivre ensemble qui est en jeu. En s’attaquant aux minarets, on s’attaquait au principe même de la liberté de croyance et de pratique religieuse, chèrement acquis au cours des siècles, et base même de la conception moderne de la laïcité qui est l’un des fondements de nos sociétés contemporaines. Même si les minarets, comme les clochers, ne sont pas indispensables à la prière et à la foi, ils font partie intégrante de la culture religieuse musulmane et il ne viendrait à l’idée de personne de bonne foi de le contester. C’est pourquoi il fallait combattre l’initiative contre les minarets.

 

 

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03/05/2010

Veyrier-Etrembières sans frontières

Messieurs les Maires,

Monsieur le Député et Monsieur le Sénateur de Haute-Savoie,

Mesdames et Messieurs les maires-adjoints, les conseillers administratifs et les élus municipaux,

Chers amis,

 

Avant toute chose, j’aimerais vous remercier de m’avoir invité à l’inauguration de la manifestation « Veyrier-Etrembières sans frontières ». Tout à l’heure, de façon très symbolique, nous avons coupé le ruban qui marquait la frontière entre Genève et la Haute-Savoie, entre la Suisse et la France. Ce geste, mieux que mille discours, abolit la frontière qui nous a trop longtemps séparés.

 

Si nous voulons abolir la frontière, ce n’est pas pour gommer toute différence entre Savoyards et Genevois – l’histoire nous a faits différents et c’est aujourd’hui une chance bien davantage qu’un handicap, sinon que deviendrait notre belle fête de l’Escalade et pourquoi nos amis français fêteraient-ils les 150e anniversaire du rattachement de la Savoie à la République française ? Mais c’est parce que nous voulons construire ensemble une région à taille humaine, une région qui existe dans l’espace francophone et qui trouve sa place dans l’espace européen.

 

Il est emblématique aussi parce qu’il vient de la base, des communes, qui constituent dans nos deux pays le premier noyau de la participation citoyenne à la vie démocratique. Une région se construit par le bas et ne se décrète pas dans les cabinets ni dans les capitales, ce qu’il faut parfois rappeler aux pouvoirs centraux, pas toujours attentifs aux besoins des provinces, et parfois mêmes soupçonneux quand celles-ci prennent des initiatives. Je tiens donc à remercier les communes de Veyrier et d’Etrembières qui ont décidé, ce soir, de montrer concrètement la voie à suivre pour construire ensemble notre région, en organisant plus de 70 manifestations en 15 jours.

 

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27/04/2010

Le génocide arménien, une cause vivante

Monsieur le représentant de la République d'Arménie,

Monsieur les représentants des autorités religieuses,

Madame et Messieurs les représentants des associations arméniennes de Suisse romande,

Madame et Messieurs,

Chers amis,

 

 

Permettez-moi d’abord de vous remercier de m'avoir permis de me joindre à vous pour la commémoration de cet événement tragique mais majeur de l'histoire du XXe siècle que fut le génocide du peuple arménien voici maintenant 95 ans.

 

Cet honneur me touche particulièrement parce que je pense que celles et ceux qui en ont souffert et en souffrent encore aujourd'hui sont doublement victimes de l'injustice de l'histoire et de l'injustice des hommes.

 

Ils le sont doublement parce que non seulement ils ont souffert dans leur chair de la disparition physique de leurs proches et de tout leur peuple, par la famine, la déportation, les marches forcées et toutes les formes possibles d'extermination. Mais aussi parce qu'ils doivent continuer à en souffrir parce que trop souvent, trop de gens, trop de pays, trop d'Etats continuent à refuser de reconnaître le génocide dont ils ont été victimes.

 

On le sait, le génocide des Arméniens fut le premier des génocides du XXe siècle. Mais alors que tous les autres ont été reconnus et sanctionnés par des tribunaux pénaux exceptionnels - l'Holocauste avec le Tribunal de Nuremberg et les procès qui ont suivi en Israël, le génocide cambodgien avec l'actuel tribunal qui vient de se réunir à Phnom Penh, le génocide rwandais avec le tribunal pénal d'Arusha et le massacre de Srebreniça avec le tribunal de la Haye - celui des Arméniens en 1915 reste encore largement ignoré dans le pays même qui l'a commis. Pire, les Turcs qui luttent pour le faire reconnaître sont souvent pourchassés quand ils ne sont pas assassinés par des extrémistes négationnistes. A ce propos, je suggère que nous exprimions notre solidarité avec les habitants du Kivu, dans l'Est du Congo, dont 5 millions de personnes ont déjà été massacrées dans l'indifférence générale.

 

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20/04/2010

En attendant le président suisse…

Comme Godot, la réforme du Conseil fédéral se fait attendre sans qu’on la voie vraiment venir. Le mois dernier, Doris Leuthard a montré qu’elle avait conscience du problème et a lancé l’idée d’une présidence étalée sur deux ans et d’un Conseil fédéral flanqué de nouveaux secrétaires d’Etat. Cette proposition a immédiatement suscité les quolibets des esprits forts qui se sont gaussés publiquement des « réformettes » mais qui, dès que les micros sont fermés, se débrouillent toujours pour faire capoter toute réforme.

Il est vrai que le système suisse est pratiquement impossible à modifier à cause des droits populaires : le peuple n’accepte jamais volontiers qu’on touche à ses prérogatives et il a raison. Il se méfie même quand on fait semblant de vouloir lui en donner davantage, comme le font l’UDC et les socialistes en réclamant une élection du Conseil fédéral par le peuple. L’autre obstacle à la réforme est qu’on ne change pas une formule qui a fait ses preuves depuis des décennies, malgré ses défauts. L’équilibre des différents pouvoirs fonctionne et tirer un fil d’un côté revient à défaire tout l’écheveau.

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02/04/2010

Le prisonnier de la guerre de l’uranium kazakh

En mai 2009, Muktar Dzakishev, le patron de la société d’exploitation de l’uranium kazakh est brutalement arrêté et mis au secret dans une prison kazakh sous des accusations de détournement de fonds et de corruption. Son garde du corps est torturé, il est privé pendant de longs mois de toute relation avec l’extérieur, de visites de sa famille tandis que son avocat n’a pas accès au dossier. Souffrant d’hypertension aggravée, il ne peut pas non plus recevoir de visite médicale appropriée. Le 12 mars dernier, dans un procès à huis clos, il est condamné à 14 ans de prison.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme se sont alarmées de cette violation des droits du prisonnier, contraire aux accords signés par le Kazakhstan. UN Watch et la genevoise Organisation mondiale contre la torture (OMCT) se sont mobilisées pour dénoncer une grave atteinte aux droits de la personne par un Etat qui se trouve justement présider cette année l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et qui devrait à ce titre se montrer exemplaire.

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22/03/2010

Les fronts bougent en Corée du Nord

Dans la Genève internatuionale, l’actualité de mars tourne principalement autour de la session du Conseil des Droits de l’homme. Cette semaine, deux rapports importants seront présentés, celui sur le Myanmar (Birmanie), dont la junte militaire ne cesse de jouer au chat et à la souris avec l’opposante Aung San Suu Kyi, et celui sur la Corée du Nord, qui semble sortir de son isolement autiste. Outre le fait que l’ambassadeur nord-coréen en Suisse, proche du régime, a quitté Berne après des décennies de bons et loyaux services, il faut noter la première visite d’un secrétaire général adjoint des Nations Unies à Pyongyang depuis des lustres et la visite prochaine de la patronne de l’OMS Margaret Chan. En revanche, les quatre rapporteurs spéciaux chargés d'examiner les détentions secrètes ont repoussé à la session de juin la présentation de leurs rapports, jugés trop brûlants pour être discutés par ces temps de frimas persistants…

 

 

→Le 2e Sommet de Genève pour les Droits de l’Homme, la tolérance et la démocratie a également eu lieu la semaine dernière en marge du CDH. Réuni à l’initiative d’une vingtaine d’ONG, dont UN Watch, la LICRA et Freedom House, il a donné la parole pendant deux jours à des dissidents, des anciens prisonniers politiques et diverses personnalités des cinq continents : Iran, Corée du Nord, Afghanistan, Chine, Cuba, Birmanie, Tibet, Soudan, Zimbabwe ont ainsi passé sur le gril à travers de nombreux débats: liberté d’expression, élections libres, dissidence et autoritarisme, censure, génocide et défi humanitaire.

 

19/03/2010

Timor et Djibouti à la une

 

→Le président du Timor Oriental Jose Ramos Horta était également à Genève dans le cadre de la session du CDH. Le Prix Nobel de la paix 1996 a profité de sa visite pour rappeler que la page des épreuves de 2006 est bien tournée et que la seule république chrétienne d'Asie est désormais en tête de la croissance économique de la région, avec 14% de croissance en 2009 et autant cette année. L'insécurité et la petite criminalité ont pratiquement disparu.  Les investissements dans le tourisme (des fonds marins et des montagnes magnifiques), l'agriculture, le pétrole et gaz sont en train de boumer. La vie politique reprend des couleurs après les élections de 2007. Bref, après des décennies de turbulences, les Timorais-Orientaux semblent retrouvent le goût d'une vie normale.

 

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Petit coup de projecteur sur un autre petit pays qui pourrait bientôt devenir grand: Djibouti. L’ambassadeur djiboutien à Genève, Moahamed Siad Douale, s’active pour faire connaître cette ville-port d'un million d'habitants qui pourrait devenir le Singapour ou le Hong Kong de l’Afrique. Grâce à sa position stratégique, à son rôle commercial et portuaire, et à sa neutralité entre les géants de l’Afrique de l’Est, la petite république de la Corne de l'Afrique pourrait être au développement du continent africain ce que les tigres asiatiques ont été au démarrage économique de l’Asie.

 

 

 

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16/03/2010

Une synagogue ouverte sur le monde

Discours prononcé le 15 mars 2010 à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle maison communautaire du Groupe israélite libéral de Genève

 

Messieurs les rabbins et les représentants des communautés religieuses,

Monsieur le président du GIL

Monsieur le Conseiller d’Etat,

Monsieur le procureur général,

Mesdames et Messieurs, cher amis,

 

 

Quand MM. Schwok, Brunschwig et Garaï m’ont aimablement invité à l’inauguration de la nouvelle maison communautaire de la Communauté israélite libérale de Genève, j’ai immédiatement répondu oui. D’abord parce que je ne peux peut résister pas au plaisir d’écouter un concert de Chofar des Alpes ! J’avoue que jusqu’à ce soir je n’avais jamais fait le lien entre le cor des Alpes et le chofar. Mais je vous assure que désormais ces deux instruments resteront à mes yeux associés pour toujours !

 

Ensuite,  parce que c’était l’occasion pour moi de poursuivre les échanges que nous avons pu développer avec le rabbin Garaï au cours de débats publics et du festival francophone de philosophie que j’ai créé voici cinq ans et auquel il a participé. Et enfin, parce que cela me donne l’opportunité d’évoquer avec vous certaines préoccupations que, j’en suis sûr, vous partagerez avec moi.

 

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11/03/2010

Des ONG, oui, mais crédibles !

On le sait depuis Montesquieu, l’essence même d’une société harmonieuse et démocratique repose sur l’équilibre des pouvoirs. Pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire doivent être indépendants les uns des autres tout en restant comptables de leurs actes auprès du peuple souverain qui leur a confié ses destinées.

Pendant des décennies, la vigilance démocratique a longtemps été exercée par la presse, qu’on a pu appeler le quatrième pouvoir. Mais depuis l’éclatement de la sphère médiatique, l’affaissement des grands éditeurs indépendants et la crise des médias traditionnels, le quatrième pouvoir s’est affaibli. Parallèlement, depuis une vingtaine d’années, on a assisté à l’émergence d’un nouveau pouvoir qui tend peu à peu à prendre la place des médias, celui de la société civile. Partout fleurissent des ONG qui interviennent dans le domaine jadis réservé des Etats.

Pourquoi pas ? Après tout, chaque société a besoin de contre-pouvoirs. Mais encore faut-il que ceux-ci soient crédibles, transparents et démocratiques. Or, c’est loin d’être le cas. Nombre d’ONG cèdent à la même tentation que les gouvernements qu’ils critiquent, à savoir qu’ils confondent les moyens avec la fin, la critique devenant un but en soi et non le moyen d’obtenir davantage de démocratie et d’équité.

 

 

 

 

 

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09/03/2010

105 interprètes en 72 langues

La prochaine édition du magazine Votre Croix-Rouge me donne l’occasion de revenir sur une activité de la Croix-Rouge genevoise dont nous avons encore peu parlé jusqu’ici : l’interprétariat communautaire. L’an dernier, le service a atteint le chiffre record de 17'653 heures effectuées par l'ensemble des 105 interprètes Croix-Rouge, qui travaillent dans 72 langues et dialectes différents.

Le but du service est de permettre aux migrants de s’exprimer dans leur langue maternelle et d’offrir aux entreprises et aux institutions partenaires, et notamment au personnel soignant des Hôpitaux universitaires de Genève avec lesquels nous entretenons une collaboration fructueuse, de comprendre au mieux les besoins des patients d’origine étrangère.

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11/02/2010

Deux issues pour gagner : oui à l'Europe, non à Merz

L’histoire s’accélère brusquement et devient passionnante. En quelques mois, la Suisse a lâché la distinction entre fraude et évasion fiscales et les trois-quarts du secret bancaire, deux institutions qu’elle considérait comme des piliers de son existence et de son identité. Le dernier bastion - l’échange automatique d’informations -  vient de tomber depuis qu’Hans-Rudolf Merz vient de le troquer contre le libre accès des banques suisses au marché européen.

Désemparé, paniqué par ces capitulations en rase campagne, l’establishment politico-financier du pays, qui n’avait rien vu venir et qui est pourtant largement responsable de cet état de fait, s’insurge, tempête, s’agite de ci de là comme la mouche du coche et cherche à se dédouaner en désignant à la foule qui réclame des têtes les ruades désordonnées du Conseil fédéral.

Bref, pour le dire poliment, c’est le chaos.

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04/02/2010

L’homme et l’animal, une relation catastrophique

Peut-on exploiter les animaux, extraire leur lait, leur peau, leur viande? Séparer les petits des mères et les faire travailler comme bêtes de somme ? Les obliger à pondre et à engraisser en batterie ? Les enfermer et les priver de tout contact avec leur milieu de vie naturel ? Les forcer au cannibalisme en les nourrissant de la farine de leurs congénères ?  Les massacrer à grande échelle dans des abattoirs géants mais discrets ? Les exterminer en tant qu’espèces, comme le thon rouge, la baleine ou le gorille, pour en faire des sushis ou des condiments censés favoriser la virilité masculine ?

A toutes ces questions, le commun des humains, pris d’un sentiment soudain de compassion et de révolte, a tendance à répondre non. Et pourtant c’est ce que l’homme, en tant qu’espèce, pratique tous les jours, chaque minute de chaque jour, depuis deux à trois mille ans. La votation du 7 mars sur la protection des animaux et, notamment, sur leur droit à disposer d’un avocat, a le mérite de mettre le doigt sur la grande hypocrisie qui entache, dans la civilisation industrielle occidentale en tout cas, la relation entre humains et animaux.

 

 

 

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07/12/2009

Quelle Genève voulons-nous?

Discours du 7 décembre 2009 à Saint-Pierre

 

Si nous sommes rassemblés ici ce soir, c’est bien sûr pour introniser le nouveau gouvernement de notre République. Dès qu’il aura prêté serment, le Conseil d’Etat élu va prendre ses fonctions et, comme le dit la formule, diriger nos destinées. Mais si nous sommes ici, c’est aussi, et surtout, pour répondre, tous ensemble, à une question : quelle Genève voulons-nous ?

 

Par la vertu de notre démocratie, la réponse à cette question ne dépend pas d’un seul homme, ni d’une seule femme, ni même d’un seul parti, mais d’une multitude d’opinions, de sensibilités, d’intérêts qui se partagent le pouvoir tant au Gouvernement qu’au Parlement. C’est dans ce choc contradictoire, c'est dans cette confrontation institutionnelle permanente, dans ces coalitions disparates qui font le charme discret et pas toujours lisible de notre démocratie, qu’il faut scruter pour dégager les grandes lignes de force des politiques à établir, un peu comme le faisaient les haruspices romains, qui auscultaient les entrailles des bœufs sacrifiés pour interpréter les chances de succès de la nouvelle législature.

 

Quelles sont donc les grandes lignes de force qui se dégagent des débats de ces derniers mois ?

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19/11/2009

Les Genevois ont rendez-vous avec leur destin

Le 29 novembre, les genevois ont rendez-vous, une fois de plus, avec leur destin régional. Sauront-ils y répondre ? Ce n’est pas certain, tant ils ont déjà raté de rendez-vous avec leurs voisins proches par le passé. En 1860, par peur des catholiques savoyards, ils ont tout fait pour faire échouer le referendum qui aurait permis à une partie de la Savoie de rejoindre la Confédération. Quelques décennies plus tard, ils n’ont pas su faire passer le tracé de la ligne de chemin de fer Londres-Paris-Milan-Istambul dans leur ville. Ensuite, guerres mondiales et crises obligent, ils n’ont jamais réussi à relier le réseau ferré suisse au réseau français, si bien que la gare de Cornavin est toujours restée un quasi cul-de-sac en matière de trafic ferroviaire.

A l’époque du tout-bagnole et grâce au pari, réussi celui-là, de l’aéroport de Cointrin, cet énorme échec a pu rester masqué. Mais aujourd’hui que les transports privés marquent le pas pour cause de saturation, de réchauffement climatique et de raréfaction du pétrole, le train et les transports publics redeviennent un atout décisif du développement régional.

On l’a compris partout, de Washington à Zurich, de Lausanne à Madrid, où l’on construit sans barguigner des métros légers ou lourds, des RER et des trains rapides. Mais à Genève, la peur atavique de l’étranger proche, du voisin jurassien ou savoyard, est encore si profondément ancrée qu’elle s’incarne avec des succès spectaculaires dans les mouvements populistes anti-frontaliers ou la résistance de certains bourgeois effrayés par la promiscuité avec les classes populaires qu’une telle réalisation pourrait engendrer.

C’est sur ces craintes que le MCG et une fraction privilégiée de Champel (une partie seulement car il existe aussi nombre d’habitants éclairés dans ce quartier !) espèrent capitaliser pour faire échouer la construction de la liaison ferroviaire Cornavin-Annemasse (CEVA).

Au sens strict, l’agglomération franco-valdo-genevoise compte aujourd’hui 800 000 habitants, dont 450 000 Genevois, 50 000 Vaudois et 300 000 Français. Cette dernière décennie, elle a figuré en tête des régions européennes en matière de croissance démographique et de création d’emplois. Genève, à elle seule, assure 300 000 emplois et attire chaque jour 100 000 pendulaires, Français, Vaudois et Suisses installés en France voisine faute de logement. Ce dynamisme, allié à une réputation internationale et une qualité de vie qui reste excellente malgré quelques problèmes d’insécurité, fait la force de Genève.

La question qui se pose est donc la suivante : faut-il casser cette dynamique au nom de quelques intérêts égoïstes et à courte vue, à cause des nuisances provisoires d’un chantier, des risques improbables de « racaille », d’un coût estimé excessif alors qu’il est, par kilomètre construit, inférieur de moitié à celui du RER zurichois ? Entrer de plain-pied dans le XXIe siècle ou régresser dans le XIXe, c’est à cela que les Genevois devront répondre dans quelques jours.

19/10/2009

Les clés du vote genevois

Le résultat des élections genevoises a non seulement fait souffrir les états-majors de partis, qui ont tous perdu des plumes à une ou deux exceptions près, mais il a mis rude épreuve les nerfs des commentateurs politiques. Comment interpréter le bond fulgurant du Mouvement des Citoyens Genevois ?

Aucune des explications avancées n’est vraiment satisfaisante. Mobilisation insuffisante des partis traditionnels ? Ils ne se sont ni plus ni moins mobilisés que d’habitude. Passage à vide de la gauche lié à un déclin socialiste ? Avec 31 sièges au lieu de 32, l’Alternative a plutôt bien résisté. Coup de sang populiste comme Genève en connut naguère avec l’Alliance nationale et Vigilance ? Certes, mais alors pourquoi ce prurit survient-il précisément en ce moment ? Manque de sensibilité des partis gouvernementaux à l’insécurité, à la montée du chômage et aux nuisances induites par le trafic transfrontalier ? On se rapproche déjà d’une explication plus convaincante bien que, sur tous ces plans, les partis gouvernementaux, gauche et droite confondue, se soient souvent montrés plus actifs et plus créatifs que le MCG.

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