23/11/2008

La Chine ne sauvera pas la croissance mondiale

La question n’est plus de savoir si la Chine peut sauver le moteur d’une croissance économique mondiale en panne, mais si elle peut se sauver elle-même. Les autorités chinoises, qui ont longtemps nié l’impact de la crise financière sur leur économie réelle, ont dû se rendre à l’évidence. En trois semaines, le ton a changé à Pékin. Fin octobre, les premières prévisions sur la baisse du taux de croissance à 8% au lieu des 12-13% habituels ont sonné l’alarme et le 9 novembre le Conseil d’Etat annonçait le plus ambitieux plan de relance d’un membre du G20.

C’est qu’il y a urgence. On le sait, depuis dix ans, le modèle chinois carbure à la croissance à deux chiffres, basée quasi exclusivement sur les exportations. La stabilité sociale, et donc politique, en dépend. Les Chinois ont pris brutalement conscience de leur vulnérabilité et ont décidé de dégager les moyens nécessaires.

Lire la suite

21/11/2008

Les terroristes ne savent plus lire le Coran

sageman.jpgDéstructurée, sans leader, sans idéologie ni culture propre, avec un immense besoin de se faire valoir, la troisième génération de terroristes n’a plus qu’un lointain rapport avec Ben Laden et les fondateurs historiques d’Al-Qaida. Très jeunes, âgés de 20-25 ans au plus, ils ressemblent bien plus à des voyous de banlieue qui rêvent d’être Ben Laden comme ils rêvaient d’être Zidane il y a dix ans et qui n’ont pratiquement rien de commun avec les militants chevronnés de la cause islamiste, chauffés à blanc dans les maquis d’Afghanistan dans les années 1980.

Psychiatre et expert en contre-terrorisme auprès de la police de New York, l’essayiste américain Marc Sageman a longuement côtoyé, identifié et décrit les comportements de la dernière génération de terroristes. La première vague du terrorisme islamiste est celle des pères fondateurs d’Al-Qaida en août 1988, soit une douzaine de personnes regroupées autour de Ben Laden. Ceux qui ont survécu sont confinés dans les montagnes et les grottes de la région frontière du Pakistan et de l’Afghanistan.

Lire la suite

02/10/2008

Les cinq menaces planétaires

Ces dernières semaines, la panique boursière est venue ajouter une couche supplémentaire à la pile des dangers auxquels l’humanité doit faire face. En début d’année, c’était la menace de famine et de pénurie de pétrole qui focalisait l’attention. Depuis maintenant cinq ou six ans, c’est le risque climatique qui occupe régulièrement le devant de la scène médiatique et politique.

A l’occasion du 4e festival francophone de philosophie qui s'est tenu la semiane dernière au Collège Calvin à Genève sur le thème de la peur, un panel particulier a été consacré à la « planète en danger » autour de Michel Rocard et de Jean-Pierre Dupuy, le théoricien du «catastrophisme éclairé». Procédons à un petit inventaire.

On peut résumer ces menaces à cinq. En premier lieu, la menace climatique. Exagéré ou pas, le réchauffement de la planète est une réalité que l’on peut plus nier. Les cyclones qui dévastent chaque année les côtes américaines, birmanes ou caraïbes en sont l’illustration, tout comme la progression des déserts et la fonte des glaciers. Il pose problème dans la mesure où, malgré une accélération du phénomène ces deux dernières décennies, sa perception reste incertaine car il agit sur le temps long alors que la mémoire humaine est courte.

Les autres menaces ont toutes une cause humaine, à commencer par la menace nucléaire à laquelle on peut relier le terrorisme. Elle englobe autant la pollution par les déchets des centrales nucléaires civiles que le trafic d’ogives militaires, l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran ou la Corée du Nord que la menace terroriste : l’une et l’autre s’interpénètrent, se chevauchent et se recoupent parfois. Elle est aussi difficile à appréhender car elle est multiforme. Ses causes sont très diverses, et par conséquent les solutions le sont aussi : la réponse militaire, parfois nécessaire, n’est en tout cas pas suffisante.

La troisième menace est celle de la pénurie. Depuis les dernières famines indiennes et africaines des années 1970, on avait cru le spectre de la faim éliminé. Ne subsistaient que quelques poches d’hyperpauvreté qui allaient être résorbées lorsque les conflits régionaux prendraient fin. L’alarme sur le pétrole, le blé, le riz, le cuivre et la plupart des produits alimentaires de première nécessité et des matières premières rappelle que l’humanité continue de vivre sur une base extrêmement fragile.

La troisième menace est financière: la chute des bourses et l’accélération des faillites bancaires aux Etats-Unis n’est que le dernier avatar d’un cycle de krachs qui révèlent un dérèglement inquiétant du monde financier par rapport au monde de l’économie réelle. Certes, les crises financières sont aussi vieilles que le capitalisme. Mais elles n’en détruisent pas moins des quantités colossales de valeurs tout en grippant le développement des pays les plus faibles et en accentuant les disparités sociales.

Dernière menace, celle de la perte du sens. La confusion des valeurs, le dérèglement du sens des choses et de la vie, la perte des repères et de l’espérance d’un monde meilleur, qu’elle soit de nature religieuse ou simple foi dans le progrès, est aussi une menace pour notre survie… (voir aussi: www.festivalphilosophie.info)

 

19/09/2008

Vivre avec la peur au Collège Calvin

Affolement, alarme, alerte, angoisse, appréhension, aversion, crainte, effroi, épouvante, frayeur, frousse, inquiétude, panique, phobie, répulsion, trouille, terreur : les mots pour exprimer la peur sont presque aussi nombreux que ceux de l’amour. Des peurs de l’an Mil aux terreurs révolutionnaires jusqu’à la grande peur climatique, de la peur de soi à la peur de l’autre, de la crainte de Dieu à l’angoisse existentielle, de la hantise de l’immonde à la fascination des foules pour les films d’épouvante et des militaires pour la terreur atomique, le catalogue des peurs humaines est infini. Cerner et connaître nos peurs pour mieux vivre avec elles, tel est le but que s’est donné le quatrième festival de philosophie, qui aura lieu à Genève, au Collège Calvin, Aula Franck Martin, du 25 au 28 septembre 2008. http://www.festivalphilosophie.info

Lire la suite

16/09/2008

En forte hausse: la haine de l'Occident!

C’est un paradoxe : plus les marchandises et les services produits ou inventés par l’Occident sont conquérants, plus ses valeurs - la démocratie, le libéralisme économique, l’individualisme - sont répandues, et plus la haine de l’Occident croît. Le triomphe apparent de l’occidentalisation du monde ne doit en effet pas faire illusion. Le feu couve sous la cendre et derrière les vitrines des MacDo, les enseignes de Rolex et les militants des ONG chargées de vendre la démocratie et les droits de l’homme, la résistance s’organise. Ici, ce sont des talibans qui tiennent en échec les forces de paix – d’occupation ? – de l’OTAN ; là, ce sont des anciens colonisés qui réclament des compensations pour l’esclavage ; ailleurs ce sont des mouvements indigénistes qui se révoltent contre les vieilles dominations créoles.

Il suffit de se promener sur un quai pendant les fêtes de Genève ou sur une plage de Phuket à Noël pour s’en convaincre. Ici, ce sont des flots de familles arabes avec leurs femmes voilées de noir qui déambulent et qui croisent des gens du cru, mais sans jamais se mélanger, sans se parler, ni même échanger un regard. Pas question de monter jusqu’à la Vieille Ville ou à la cathédrale (ce symbole chrétien !) ni de visiter un musée : le périmètre touristique est soigneusement délimité et ne dépasse pas les boutiques chic des Rues Basses. A Phuket, même image : des hordes de vacanciers envahissent les plages et les boîtes de nuit, mais pas question de s’enfoncer à plus de 10 kilomètres à l’intérieur des terres ou de visiter un temple bouddhiste. Le brassage des populations est à son paroxysme mais la curiosité pour l’autre, le désir d’échange, la volonté de le comprendre sont réduits à zéro.

Dans le monde d’aujourd’hui, les cultures se frôlent mais ne se frottent plus les unes aux autres.

Pour l’Occident, habitué à affirmer sa suprématie technique et militaire et la prépondérance de ses valeurs devenues universelles, le réveil pourrait être dur. D’une part parce que les anciens dominés ont appris à produire à meilleur coût et que l’avantage technologique n’est plus aussi déterminant et d’autre part parce qu’ils n’acceptent plus ses valeurs les yeux fermés. Les dominés d’hier ont appris à décoder les ruses de l’Occident. Ils savent que derrière la démocratie se cache un libéralisme économique qui profite au plus fort, que le discours des droits de l’homme joue en réalité sur les mots et que l’Occident met en avant les droits politiques individuels pour mieux escamoter les droits matériels collectifs, que l’ingérence pour sauver des peuples en danger a de forts relents de pétrole...

Pendant deux siècles, l’Occident a inspiré la crainte mais aussi une sorte de respect moral, même aux pires moments de la colonisation. Au-delà des exactions et des exploitations, il était aussi porteur d’espoir et d’émancipation. Cette époque est désormais révolue. Car l’Occident fait de moins en moins peur, fût-il bardé de porte-avions et de boucliers anti-missiles. Mais surtout, il n’a plus de valeurs crédibles et respectables à proposer au reste du monde.

09:36 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (10)

19/05/2008

Bassin lémanique: l'industrie est de retour !

Qu'est devenue l'industrie dans notre région? On pense souvent que l'industrie dans le Bassin lémanique est quasi inexistante. En effet, après la crise des années 1990 beaucoup estimaient que l'industrie allait disparaître dans cette région.

A notre grande surprise, depuis trois ans, le secteur secondaire est en pleine croissance chez les Romands. En 2006 et 2007, le secteur industriel représente une augmentation de 20% des commandes et 80% des exportations. Les entreprises se sont ouvertes au monde, elles ont développé leur capacité à s'adapter et à innover. Cette croissance est visible dans tous les domaines: la diversité, le chiffre d'affaires, l'emploi et la demande. Notre industrie est vivante!

Le mercredi 14 mai 2008, 130 cadres et représentants d'entreprises se sont réunis pour parler des questions stratégiques, de l'infrastructure, du besoin de territoire et réfléchir sur le développement industriel dans la région lémanique. Cette journée s’est voulue porteuse d'un message: Comment développer la région?

Malgré des conditions cadres qui peuvent peser lourd dans le développement, l'énergie, le coût du pétrole, la difficulté à trouver de la main d'œuvre spécialisée et bien formée, les charges sociales et le taux d'imposition élevé, l'industrie trouve un nouveau souffle créateur. ABB Suisse qui emploie environ 6'000 personnes et exporte 85% de sa production, est un bon exemple de la santé de nos industries.

Cependant, des problèmes d'infrastructure se posent à cause du manque de zones industrielles, en particulier à Genève. De plus, il faudrait développer l'autoroute, une 3e voie ferroviaire et des parkings. Dans une petite ville comme Genève, où la crise du logement fait rage, il est difficile de trouver l'espace pour les industries.

Le retour de l'industrie depuis trois ans se base sur trois axes: la qualité, le talent et la créativité, ainsi que la vitesse. En plus d'être créateurs, les Suisses, contrairement aux idées reçues, sont rapides et innovateurs. Que du positif pour l'économie de la région lémanique!

 

Club suisse de la presse, rencontre du 13 mai 2008, avec Patrick Mayer, Jean-Luc Favre, Jacques Jeannerat et Xavier Comtesse. Résumé : Chrystel Dayer

 

 

 

 

12/05/2008

Japon: petit éloge du pacifisme!

Le débat prend de l’ampleur au Japon et inquiète tous les pays du Pacifique Nord : le gouvernement et le parti libéral conservateur au pouvoir depuis cinquante ans à Tokyo réussiront-ils à abolir l’article 9 de la Constitution de 1947, celui qui stipule que « le peuple japonais renonce à jamais à la guerre comme un droit souverain de la nation et à la menace ou à l’usage de la force comme moyens de régler les conflits internationaux » et qui précise dans son deuxième paragraphe que « les forces armées terrestres, marines et aériennes ainsi que tout autre potentiel de guerre seront abandonnés pour toujours » et que « le droit de belligérance de l’Etat ne sera pas reconnu » ?

 

Mi-avril, un tribunal vient de juger contraire à la Constitution l’envoi de soldats japonais en Irak. Et début mai, la société civile japonaise a organisé une grande conférence avec des milliers de participants venus des quatre coins du pays pour préserver les dispositions « pacifistes » de l’actuelle Constitution, au grand dam de l’extrême-droite nationaliste… et des Américains, qui font aujourd’hui pression pour que Tokyo abolisse un article pourtant largement inspiré par le général Mac Arthur après la victoire de 1945 !

 

 La question divise l’opinion publique japonaise depuis 60 ans. Mais le dernier sondage a permis aux partisans de l’article 9 de relever la tête : pour la première fois depuis 15 ans, les défenseurs de la Constitution ont en effet devancé les abolitionnistes (43,1% contre 42,5 %). Il faut dire qu’ils ne manquent pas d’arguments. Ils font d’abord remarquer que les « forces d’autodéfense » japonaises comme elles s’appellent forment la 6e armée du monde et l’une des mieux équipées de la planète. En cas d’attaque, le Japon est donc loin d’être impuissant. Dès lors, pourquoi changer la Constitution ? Et de constater que cette option, loin d’accroître la souveraineté nationale, ne ferait que renforcer la dépendance à l’égard des Etats-Unis. Si le Japon a pu s’armer ainsi sans alarmer ses voisins, c’est parce que ceux-ci se sentaient protégés de toute agression grâce à l’article 9 : comment réagiront-ils quand rien n’empêchera plus le Japon de s’ingérer – sous les raisons les plus spécieuses comme les Américains en Irak – dans leurs affaires ? Ils n’ont pas oublié la sauvage occupation japonaise et le fait que, contrairement aux Allemands, les Japonais ne se sont jamais excusés pour leurs crimes de guerre. Le souvenir et la rancœur restent vivaces en Chine, en Corée, aux Philippines, au Vietnam, à Taiwan.

 

La suite est facile à deviner : il s’ensuivrait une gigantesque course aux armements dans toute la zone Pacifique, une déstabilisation à large échelle de toute la région et l’émergence d’un foyer d’insécurité étendu au tiers de l’humanité. Sous prétexte d’éviter les lâchetés et les capitulations munichoises face à la puissance montante de la Chine, on prendrait le risque de créer le même cercle vicieux qu’en 1914, lorsque les puissances, à force de bomber le torse et de redoubler de provocations militaires, provoquèrent la déflagration finale…

(Agefi, 8 mai 2007)

 

11/04/2008

800 millions pourquoi faire?

Les 786 millions de boni de l'Etat de Genève font couler beaucoup d'encre et continueront à en faire couler encore beaucoup. La bataille a déjà commencé, entre ceux qui voudraient intégralement les verser au remboursement de la dette à l'exclusion de toute autre affectation (baisse d'impôts par exemple) et ceux qui voudraient les distribuer à la fonction publique, aux dépenses sociales en faveur des plus démunis ou à la démultiplication des investissements, forts insuffisants ces dernières années. Objectivement, toutes ces raisons de "dépenser" le boni se défendent.

En l'occurrence, au-delà des postures politiques, la meilleure façon de réagir est de garder les pieds sur terre et de rester purement pragmatique. Et là, force est de constater que le Conseil d'Etat n'a pas trop mal agi: ses quatre priorités - réduction de la dette, augmentation des investissements d'infrastructure, prestations aux personnes âgées dues à la démographie, réduction ciblée d'impôts - se tiennent et répondent tant à des demandes politiques qu'à des besoins objectifs.

Car à ne privilégier qu'une seule cible au détriment des autres, on prend le risque de n'en atteindre aucune et d'encourager une course générale à la soupe, les premiers ou les plus forts en gueule étant les premiers servis. Et la seule manière de fixer des priorités, c'est de garder le cap sur l'avenir et les besoins futurs. Réduire la dette, c'est éviter de faire payer les factures d'aujourd'hui à nos enfants. Mais investir dans des infrastructures, c'est aussi leur donner les moyens de préserver leur cadre de vie et leurs ressources. Tout comme réduire - fort peu! - les impôts, c'est mettre Genève et ses entreprises en bonne position face à la concurrence. Idem en ce qui concerne les efforts en faveur des personnes âgées, consécutifs au vieillissement de la population.

Ces quatre objectifs, loin de s'exclure, privilégient plutôt une vision large, différenciée, mais cohérente de l'avenir. CQFD.

07/03/2008

Les Verts et l'UDC comme les autres!

 


Succès électoraux et relative nouveauté sur la scène politique fédérale avaient conféré une aura particulière aux Verts et à l’UDC durant ces dernières années. A gauche, les Verts avaient réussi à imposer une nouvelle thématique – l’environnement – une nouvelle génération – des quadras urbains – et un nouveau style, moins « politicien » de faire la politique. A droite, l’UDC avait instauré une pratique inédite de la tactique tantôt gouvernemental tantôt d’opposition et ouvert la voie à un marketing particulièrement agressif de ses idées, qui avait secoué la rhétorique ronronnante des partis traditionnels.

 

Tout cela est en train de voler en éclats. Et les deux partis les plus originaux de la politique suisse sont en train de perdre leurs singularités et de se normaliser à la vitesse grand V.
Voyez les Verts dont les caciques se disputent la présidence. Fini le partage du pouvoir, jetée à la poubelle l’égalité homme-femme ! En renonçant au principe d’une co-présidence entre un Romand et une Alémanique au nom de l’efficacité managériale et de la « visibilité », les Verts rejoignent la ronde banale des autres partis. La lutte implacable pour le pouvoir à laquelle on a assisté entre Ueli Leuenberger et Franziska Teuscher n’a rien à envier aux sordides empoignades qui ont déchiré radicaux ou démocrates-chrétiens jadis. Quant aux magistrats verts, ils ont désormais rejoint le troupeau des notables ordinaires qui prospèrent dans la vie publique. A Lausanne et à Genève, Robert Cramer et Daniel Brélaz cumulent les mandats fédéraux et dans les exécutifs locaux, comme n’importe quel élu radical, socialiste ou démocrate-chrétien de la grande période. Et le syndic de Lausanne doit se livrer à toutes sortes de contorsions pour expliquer qu’en fait, toutes choses égales et compte tenu des heures qu’il consacre à sa charge, il n’est pas le maire le mieux payé du pays…
Je ne jette pas la pierre, car à mes yeux les Verts ont droit au même traitement que les autres, mais avouons qu’on est loin de la frugalité originelle revendiquée par ce parti.
Quant à l’UDC, elle aussi rentre dans le rang. La gifle magistrale et parfaitement inattendue qu’elle a reçue le 12 décembre avec l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral l’a fait redescendre de son Olympe et renouer avec le destin ordinaire des partis, à savoir l’échec et l’humiliation périodiques. Et comme les autres partis après la défaite, il lui faudra apprendre à gérer les pannes de stratégies, la remise en question des chefs et les divisions internes.

En quelques mois, sans doute à cause même de leurs succès respectifs, les Verts ont perdu leur originalité et l’UDC son invincibilité. Cela serait très téméraire d’en déduire qu’ils ont déjà entamé leur déclin. Au contraire, leur potentiel de croissance reste important car ils peuvent encore tirer de l’énergie et des ressources de leur nouvelle situation en recourant à toutes les ficelles habituelles des partis traditionnels. Mais on peut simplement en conclure qu’ils ne sont plus des exceptions et qu’ils sont soumis, comme les autres, aux vicissitudes ordinaires de la vie politique.

(Texte paru dans l'Agefi du 5 mars 2008)

09:14 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (5)

19/02/2008

Le doux gazouillis des FA/18

Avez-vous déjà écouté le doux ronronnement des FA/18 le soir au fond des bois? Toutes celles et tous ceux qui l'ont fait n'ont plus de doutes et voteront oui à l'initiative de Franz Weber contre le bruit des jets militaires.

Reconnaître cette évidence, dans mon cas en tout cas, n'a rien d'un vote sanction contre l'armée ni contre l'aviation militaire en particulier. Mais c'est un fait que le FA/18 est un avion particulièrement inadapté à nos conditions géographiques, non seulement à cause du bruit (il est beaucoup plus bruyant que les précédents Tigers ou Mirages à cause de la poscombustion nécessaire à son décollage) mais aussi de la pollution qu'il engendre (sa consommation varie entre 3500 litres de kérosène à l'heure selon l'armée à 12 000 litres selon le calcul plutôt réaliste des opposants) et parce qu'il est davantage conçu pour de grands espaces (les Etats-Unis ou les océans) que pour un petit pays alpin.

Enfin, il n'est pas non plus équitable que l'armée ayant réduit ses aérodromes d'entraînement de 15 à trois, deux des places de vol subsistant se trouvent en Suisse romande (Sion et Payerne, le troisième se situant à la frontière du Valais, à Meiringen dans l'Oberland bernois). Après tout, s'il faut supporter ce bruit infernal, que ce soit au moins de façon équitable entre Romands et Alémaniques. On voit bien le calcul: en réduisant le nombre d'aérodromes et en faisant voler les avions pendant la semaine, on évite de heurter les oreilles des citadins qui ne fréquentent la campagne et la montagne que le week-end.

Pour ces raisons, le soir au coin des bois, je préfère encore le rugissement déchaîné des rouge-gorge au gazouillis des FA/18...

 

10:26 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (29)

29/01/2008

Emouvante cérémonie pour les Justes

Très émouvante cérémonie hier soir au Collège André Chavanne en hommage aux 70 Justes de Suisse. Organisée par la Cicad avec le soutien d'associations caritatives juives, avec de bons discours de Pascal Couchepin, Charles Beer et d'une dizaine d'autres intervenants dont Philippe Grumbach, le président de la Cicad, et François, Wisard, l'auteur du livre sur les Justes suisses, la soirée a aussi permis d'entendre le témoignage d'August Bohny, gardien de la maison d'enfants de la Croix-Rouge suisse de Chambon-sur-Lignon, et de l'une de ses protégées sauvée de la déportation, Mme Lippmann, venue exprès de New York.

Après la pénible affaire des fonds en déshérence et les années de lutte qu'il avait fallu consacrer durant les années 1990 à la réhabilitation des Suisses qui avaient permis de sauver des Juifs pendant la Guerre, à commencer par Paul Gruninger, cet hommage n'était que justice. Ce fut une occasion de rappeler la devise de la médaille de Yad Vashem "Qui sauve une vie sauve l'univers entier" et, pour la Suisse officielle, sa dette à l'égard de celles et ceux qui ont sauvé l'honneur du pays durant les années sombres, sans pathos ni culpabilisation.

Enfin, pour celles et ceux qui s'intéressent à ce travail de mémoire d'une façon très contemporaine, je ne peux que vivement recommander la lecture des "Disparus", le livre-enquête extraordinaire réalisé par Daniel Mendelsohn (Flammarion) pour retrouver la trace et la mémoire de son oncle et de ses cousines disparus en Galicie en 1943.

 

 

09:09 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

11/01/2008

Ingrid Betancourt, notre affaire!

La libération de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, après trois semaines de tragi-comédie, est vraiment une bonne nouvelle. Car la situation des 3000 otages colombiens ne fait que se détériorer depuis que la guerre entre les FARC et l'armée colombienne a redoublé d'intensité. Et surtout depuis que le président Uribe, qui se sent désormais en position de force, pense pouvoir se passer de médiateurs tels Chavez.

Mais cette bonne nouvelle - et les deux libérées l'ont rappelé aussitôt - ne doit pas faire oublier le sort des milliers d'otages anonymes, quasi oubliés, et aux dizaines de milliers de familles inquiètes parce qu'elles ont perdu toute trace de l'un des leurs.

L'enjeu n'est pas tant de convaincre les FARC, qui jouent à juste titre mais un peu trop unilatéralement le rôle des méchants, que le gouvernement colombien et le président Uribe de tout mettre en oeuvre pour que les otages soient libérés. Car il ne faut pas oublier le rôle ambigu du président Uribe, dont la famille est alliée aux narcotrafiquants et aux paramilitaires d'extrême-droite qui n'ont rien à envier aux FARC en matiière d'exactions. Et qui, pour se donner belle figure, fait croire que son père aurait été tué par la guerilla alors qu'il n'a été que victime d'un règlement de comptes...

Comme la pression internationale se révèle, en l'occurrence, efficace pour soutenir les efforts de négociations en coulisses, Genève a décidé de se joindre aux comités de soutien pour la libération d'Ingrid Betancourt et des otages colombiens. D'une part, le Club suisse de la presse a lancé, lundi, un comité de soutien de journalistes suisses et internationaux. Et de l'autre, une vingtaine de députés ont déposé mardi une résolution au Grand Conseil.

Toutes celles et ceux qui désirent manifester leur soutien à cetet cause peuvent le faire en envoyant un message à secretariat@csp.ge.ch. Une pétition en ligne sera ouverte sur le site www.pressclub.ch.

09:17 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (11)

19/12/2007

Semaine faste à Berne et à Genève

La semaine du 10 décembre aura décidément été faste, tant à Berne qu'à Genève. D'abord parce qu'à Berne, on a pu pu chasser du Conseil fédéral le Père Fouettard grincheux qui y sévissait depuis quatre ans. Pour une fois que Noël arrive plus tôt que d'habitude, qui s'en plaindra?

Et à Genève, contre toute attente et au grand dam de ceux qui m'en faisaient le reproche dans ce blog, le canton a pu se doter d'un budget positif pour la première fois depuis longtemps en se payant le luxe de le voter à une très large majorité, seuls les adorateurs du Père Fouettard ayant décidé de le bouder. Le succès de la loi sur le chômage et le refus des initiatives fiscales dimanche sont venus confirmer ce tournant.

C'est une bonne nouvelles car ces deux succès augurent d'une Suisse et d'une Genève débarrassées de leurs mauvais génies, qui retrouvent confiance en elles et osent à nouveau parier sur l'avenir, en renouant avec ce mouvement perpétuel de réformes graduelles qui caractérise le système suisse.

Bien sûr, le pouvoir de nuisance des blochéristes déçus ne doit pas être sous-estimé. A commencer par les celui des compagnons de route dans les médias, qui pleurent le meurtre symbolique du père. Les orphelins de Christoph Blocher ont de la peine à se remettre de la disparition de la figure autoritaire et castratrice du prétendu père de la nation. Si notre ami Pascal Décaillet avait bien lu Mircea Eliade et René Girard, il saurait pourtant que c'est sur cette acte de violence sacrée que les sociétés humaines fondent leur existence et leur cohésion. Ce qui s'est passé à Berne le 12 décembre peut donc bel et bien être le signe d'un renouveau de la politique suisse.

Un renouveau qui ne passe pas par l'élection du Conseil fédéral par le peuple, qui ne ferait que compliquer encore le système. Pour être équitable et tenir compte des minorités linguistiques, religieuses et politiques qui composent subtilement la Confédération, et pour respecter la contrainte d'une élection qui se ferait forcément au système majoritaire, il faudrait mettre en place tellement de cautèles qu'on ne voit pas comment une telle opération serait meilleure que le système actuel. J'avais plaidé pour cette cause, bien avant que l'UDC s'en empare, en 1997 dans une longue analyse parue dans la Tribune de Genève: j'en suis vite revenu!

Quant à Genève, les meurtres symboliques y sont trop courants en politique pour qu'on ait besoin d'en commettre d'autres. C'est plutôt à la tradition de carnage qu'il faut mettre fin. L'unité retrouvée du parlement et l'adhésion du peuple derrière son gouvrenement sont donc à marquer d'une pierre blanche: il faut les saluer même si on n'est pas tout à fait certain que cela durera...

 

09:18 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (5)

13/12/2007

UDC: la toile d'araignée s'est déchirée

Mon dernier blog, dans lequel je décortiquai la stratégie de l'araignée de l'UDC consistant à attirer les compagnons de route radicaux et libéraux dans sa toile pour mieux les dévorer ensuite, m'a valu de nombreuses réactions courroucées, surtout de la part de ceux qui s'étaient laissé séduire.

Je persiste à penser que cette stratégie de séduction et de chantage a été vraie... jusqu'à hier matin! Quand soudain, à la suprise générale, patatras, la toile s'est subitement déchirée. L'araignée, tout occupée à savourer ses prises, n'avait rien vu venir.

Cet échec, elle ne le doit qu'à elle-même. Ivre de ses victoires, brandissant sans arrêt la menace et le chantage, l'UDC et son leader se sont comportés avec une arrogance qui a fini par hérisser non seulement le milieu politique mais le pays tout entier. Après avoir infligé une gifle sans précédent à Ruth Metzler il y a quatre ans, Christoph Blocher n'avait pas eu un mot de pitié pour la vaincue. Il ne peut donc espérer beaucoup de compassion aujourd'hui. A son tour d'apprendre que la Roche Tarpéienne est proche du Capitole...

Quant à la poltique suisse, elle va prendre une tournure intéressante. Le piège UDC s'est fracassé et il faudra longtemps pour qu'il fonctionne à nouveau. Privé de son piédestal au Conseil fédéral, avec un parti qui sera forcément divisé et acculé à durcir encore ses positions, Christoph Blocher aura de la peine à exercer son pouvoir d'attraction. Surtout s'il décide de déclarer la guerre aux deux élus UDC au Conseil fédéral. Il devra retisser sa toile pour, cette fois, y neutraliser une partie de ses propres troupes!

 

 

 

09:36 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (4)

30/11/2007

L'UDC ou le baiser de l'araignée

Hyperagressive durant la campagne électorale, franchissant allègrement les limites avec ses affiches sur les pacsés inféconds et les moutons noirs, l'UDC se fait soudain pateline et mielleuse. Le loup se déguise subitement en aimable Mère-Grand pour mieux tromper les innocents Chaperons Rouges.

C'est qu'il s'agit de faire réélire le chef da la meute au Conseil fédéral. On le voit donc, CB, avec la complicité de quelques médias flagorneurs, adopter des poses de grand-papa gâteau dans les magazines et les journaux les plus complaisants pour mieux tromper son monde.

"Venez à moi, doux agneaux, mon giron est grand et je vous ferai une petite place", semble dire le faux berger Christoph aux innocentes brebis qui ne demandent qu'à le croire, mais qui devront s'attendre à un dur réveil. Car une fois passé le 12 décembre, le naturel de prédateur va reprendre le dessus, et malheur alors aux imprudents!

La stratégie de l'araignée est bien en place et gare aux moucherons qui s'approchent de trop près du vorace. Ils se feront gober ou sucer de l'intérieur comme une vulgaire mouche prise dans la toile. Les radicaux, se croyant plus malins, ont cru échapper à la ruse mais sont quand même tombés dans le piège lors des dernières élections fédérales.

A Genève aussi, certains radicaux et nombre de libéraux semblent irrésistiblement attirés dans la toile d'araignée. Les pontes de l'UDC se font tout doux, susurrent plus qu'ils ne vocifèrent, dans l'espoir de faire tomber les plus inconscients dans leurs filets. Sans cesse, ils enfoncent des coins dans l'Entente, dans l'espoir de la faire voler en éclats.

Peut-être y parviendront-ils. Et peut-être que non. Après tout, un sursaut du centre-droit démocrate n'est pas exclu, comme à Saint-Gall et à Zurich le week-end dernier. Et la dangereuse mygale sera alors renvoyée dans sa toile. Comme elle vient de s'offrir un festin, elle peut tenir le coup longtemps. Mais dans la longue durée, si on ne lui jette plus de proies par bêtise, elle fera comme tout le monde, elle finira par dépérir elle aussi.

 

09:30 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (7)

22/11/2007

Fumée blanche à la Tour Baudet!

Il aura fallu 12 heures de débats à la commission des finances mercredi dernier pour accoucher d'un budget. Mais au moins a-t-on abouti à un résultat acceptable.

Avec un boni de 66 millions au lieu d'un déficit de 120 millions, les choses se présentent enfin sous un jour meilleur pour les Genevois. Grâce au bond prodigieux des recettes fiscale surtout.

D'un côté, les collaborateurs de l'Etat toucheront leur indexation et leurs primes, ce qui n'est que justice après des années de vaches maigres et une différence salariale qui s'accentue avec le privé, en plein boom.

Et de l'autre, une majorité de députés a voulu maintenir une certaine pression sur le Conseil d'Etat en l'incitant à poursuivre les efforts de réduction du nombre de fonctionnaires et la baisse des dépenses générales annoncés dans le discours de Saint-Pierre. A Genève, le retour aux vaches grasses est toujours pernicieux car il démultiplie les exigences de tous : syndicats, services, subventionnés, députés à la solde d'intérêts catégoriels redoublent d'efforts pour accroître leur part de gâteau.

C'est pour éviter de retomber dans les mauvaises habitudes et signifier que le retour aux bénéfices ne doit pas être une incitation aux gaspillages que le budget dépenses a été réduit d'une trentaine de millions. Une pilule point trop amère puisqu'elle représente à peine 0,5% du budget de l'Etat.

08:55 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (7)

16/11/2007

La triste figure de la politique genevoise

Hier soir, à la surprise générale, un UDC a donc été élu premier vice-président du Grand Conseil et devrait donc, sauf sursaut démocratique, présider le parlement genevois en 2009.

Pour le PDC et le candidat battu que je suis, c'est évidemment une déception, même s'il s'en est fallu d'un cheveu (35 voix contre 34, et une vingtaine d'abstentions et de bulletins nuls). Mais c'est surtout navrant pour la politique genevoise.

Car ce résultat signifie que les partis de centre-droit, une fois de plus, se sont tirés une balle dans le pied et que les mesquines trahisons libérales et radicales ont profité au faux ami qu'est l'UDC. L'Entente est donc arrivée à la croisée des chemins: si elle veut encore mériter son nom aux prochaines élections, qui commenceront déjà en décembre 2008 avec la présidence du Grand Conseil 2009, elle devra vraiment décider qui soutenir, du candidat UDC ou PDC. Car il ne sera plus possible d'invoquer un accident de parcours ou un accès de mauvaise humeur.

La gauche ne s'est pas davantage distinguée dans ce vote. En s'abstenant massivement, voire en donnant quelques voix à l'UDC, elle a sabordé ses propres valeurs et ses propres engagements. Pendant toute la campagne des élections fédérales, Verts et socialistes ont dénoncé la campagne xénophobe des moutons noirs menée par les partisans de M. Blocher et, à la première occasion, ils servent la vice-présidence du Grand Conseil à leur adversaire sur un plateau! Hier soir encore, ils vantaient à juste titre le parcours de la nouvelle présidente, Mme Bolay, la lutte contre le franquisme et l'émigration en Suisse et bing! quelques minutes plus tard, ils laissaient accéder au perchoir le parti le plus proche des idées franquistes. Cherchez la cohérence!

Ce qui s'est passé hier est typique des médiocrités de la politique genevoise: hypocrisies, clientélisme électoral, petits calculs pour faire trébucher l'un, stratégies courtes pour donner une leçon sans frais à un parti récalcitrant, mauvaise humeur et rancunes personnelles, tout cela s'est additionné pour donner un résultat qui, de notre point de vue, est un déshonneur pour tous.

 

 

 

09:13 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (4)

08/11/2007

Des Verts très boulimiques

Où est passée la frugalité des Verts? Depuis des années, les Verts militent pour moins de pollution, moins de consommation, moins de gaspillages et font l'éloge d'une vie simple et frugale... sauf en ce qui concerne les mandats politiques de leurs élus, semble-t-il!

Entre le syndic de Lausanne Daniel Brélaz et le conseiller d'Etat genevois Robert Cramer, cela semble plutôt être la course à l'accumulation des mandats, syndic et conseiller national d'un côté, conseiller d'Etat et conseiller aux Etats, de l'autre. Quand on connaît l'agenda des conseillers d'Etat et celui des parlementaires à Berne, ces choix, en totale contradiction avec les positions du parti Vert qui rejette les doubles mandats, ne manquent pas de surprendre.

Il ne s'agit pas ici d'attaquer des personnes ou un parti - car on peut aussi adresser le même reproche au conseiller d'Etat et conseiller aux Etats PDC valaisan Jean-Marie Fournier. Mais au moins lui ne donne-t-il pas des leçons de sobriété aux autres.

Le grand argument des cumulards consiste à se retrancher derrière le peuple, qui l'aurait voulu ainsi. Sauf qu'on s'est bien gardé de lui demander son avis sur cette question et de préciser ce qu'il allait advenir du double mandat en cas d'élection...

On avance aussi les avantages supposés d'un tel cumul: les doubles élus pourraient ainsi mieux défendre leur canton à Berne. Cela reste à prouver. Car en consacrant au mieux un mi-temps à ce qui était déjà plus qu'un plein temps auparavant, on risque plutôt de faire tout à moitié.

 

 

09:16 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1)

31/10/2007

Démocraties ou dynasties?

Bush père, Bush fils. Monsieur Kirchner et maintenant Madame. Et demain ce sera peut-être au tour de Madame Clinton de succéder à Monsieur dans le Bureau ovale. On ne peut que se réjouir qu'une femme vienne d'accéder à la plus haute fonction argentine. Mais n'y a-t-il pas de quoi s'inquiéter à l'idée que la transmission des rênes de grands Etats démocratiques du mari à l'épouse ou du père au fils tend à se généraliser depuis quinze ans?

On dirait que nos démocraties fatiguées cèdent à la tentation dynastique, comme si elles n'avaient plus assez de forces vives pour renouveler leur personnel dirigeant. Le silence et l'acceptation tacite qui accompagnent ces étranges passations de pouvoir, et qui rappellent fort les meilleures traditions monarchiques, sont d'autant plus frappants qu'un tonnerre de critiques avait accueilli l'éventuel recyclage de Vladimir Poutine en premier ministre de la Russie. Lui, pourtant, accepterait de descendre d'une marche et ne ferait pas monter sa femme ou l'un de ses enfants sur le trône. Et sa démarche ne serait pas moins légale ni moins "démocratique" que celle des Bush, des Clinton ou des Kirchner.

J'avoue que cette évolution me laisse franchement perplexe, même si l'on est désormais certain que Cécilia n'a aucunement l'ambition de succéder à son ex-mari...

10:20 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2)

25/10/2007

Coup de pouce fédéral au contrat d'intégration

Le Conseil fédéral vient d'admettre le principe des contrats d'intégration pour les étrangers nouveaux venus dans notre pays et en recommande l'application dans les cantons.

Voilà une nouvelle qui tombe à pic deux semaines après que le PDC ait déposé un projet de loi pour établir un contrat d'intégration à Genève. Naturellement, cette idée va susciter des oppositions. Le délégué à l'intégration neuchâtelois, M. Facchinetti, est déjà monté au créneau.

Le délégué à l'intégration neuchâtelois fait en effet un travail remarquable. Mais il oublie deux choses. D'abord que Genève est un canton-ville proche de la frontière, tout comme Bâle, qui, lui, a adopté avec succès le contrat d'intégration. Et ensuite que la politique de l'intégration à Genève est restée très théorique et académique. On ne condescendait pas à descendre jusqu'au niveaux des immeubles, de la vie de quartier et de l'apprentissage concret des langues et de la vie en commun.

L'arrivée de M. Castella à la direction du Bureau de l'intégration genevois va sans aucun doute permettre de changer les choses. Mais encore faut-il qu'il ait les moyens, techniques et juridiques, qui lui permettent de développer son action. Le débat est donc lancé.

 

11:10 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1)