Planète bleue

  • Les perdants et les gagnants de la coronacrise

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    Avenir suisse vient de publier une étude sur les perdants de la crise. Sans surprise, la boite à idées libérales cite l’hôtellerie, les voyagistes et le tourisme en général, la restauration, les activités sportives (sans un mot pour secteur culturel !), le commerce de détail non-alimentaire et les services à la personne (coiffeurs, pompes funèbres…). Pas de doute, on est d’accord avec cette nomenclature, sachant que tous ces secteurs n’ont pas engrangé un franc pendant deux mois et ne sont pas encore sortis d’affaire. On pourrait encore compléter la liste avec les transports aériens et maritimes, les médias et le secteur de l’énergie.
    Les auteurs sont en revanche beaucoup plus vagues et abstraits à propos des gagnants, puisqu’il y a indubitablement des gagnants, comme dans toute crise. Ce mot est d’ailleurs prohibé. Par peur de donner de mauvaises idées au citoyen-consommateur ? On se contente de parler des acteurs de la « Suisse ouverte », du domaine des infrastructures et des marchés compétitifs, d’entreprises à fortes liquidités, de l’Etat social et du Smart gouvernement (mais rien sur la transition verte). Soit. Mais on pourrait d’abord mentionner nommément les secteurs et acteurs économiques qui sortent renforcés de cette crise et qui devraient donc passer à la caisse pour aider les autres. Parmi les profiteurs, on citera donc les GAFAM (qui contournent toujours l’impôt), les banques et les divers services financiers (qui ont totalement récupéré les pertes boursières initiales grâce aux centaines de milliards injectés dans le système), les assurances (qui ont économisé des milliards de dépenses en accidents non survenus), les caisses maladie (les patients potentiels n’ont pas osé consulter ou se faire traiter de peur d’être contaminés), l’immobilier (qui a consenti de très modestes réductions de loyers commerciaux), l’ensemble du secteur public, et en particulier les rentiers et les fonctionnaires (qui se sont enrichis puisqu’ils n’ont rien pu dépenser alors que leurs revenus n’ont pas été impactés).
    On sera en revanche d’accord avec Avenir suisse pour affirmer que la nationalisation des industries en crise n’est pas une bonne idée, surtout si c’est pour sauver le secteur aérien qui a bénéficié d’avantages exorbitants ces dernières années en évitant pratiquement toutes les taxes sur le kérosène. Le minimum serait de l’obliger à accepter ces taxes et celles sur sur le CO2 en échange d’un soutien financier.

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  • Pires que le virus, les théories sur le virus

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    Après deux semaines de sidération absolue et six semaines d’un confinement qui a fait tourner la tête de bien des gens, voici venu le temps d’une reprise qu’on espère aussi rapide, rationnelle et lucide que possible.
    Car les théories du complot que l’on voit fleurir un peu partout sur le net, dans certains médias dits autorisés comme dans la bouche de responsables politiques parmi les plus éminents ne présagent rien de bon.
    Je veux parler de l’hystérie anti-chinoise qui va grossissant dans les pays occidentaux depuis quelques semaines. Qu’on soit bien clair : il ne s’agit ici nullement d’excuser, justifier ou cautionner de quelque manière que ce soit le comportement de la Chine. En tant que foyer initial de la pandémie, il va de soi que Pékin a la responsabilité de faire toute la lumière sur les origines de l’épidémie et de collaborer à une enquête internationale sur le sujet. Mais à condition que celle-ci soit réalisée par des experts neutres et reconnus, comme ceux de l’OMS, en non menée à charge par des procureurs qui ont déjà désigné le coupable et pris le soin de décrédibiliser la seule instance internationale compétente à l’avance.
    Or tout montre que nous sommes dans ce cas de figure et que nous assistons, dans le cadre des élections américaines en cours, à une vaste opération de déstabilisation de « l’ennemi » chinois à des fins d’enfumage électoral, à moins que ce soit l’inverse, puisque rien n’empêche de faire d’une pierre deux coups, comme dans l’opération de 2003 avec l’Irak, de 2011-2013 avec la Syrie, et de 2016 avec le prétendu hacking des élections américaines par l’empire du mal russe.

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  • Covid-19 : mortalité, manque de matériel et censure des médecins de ville, quid ?

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    La sortie de la pandémie permet de passer aux questions que l'on s'est posées durant toute la période de confinement que l'on nous a imposée au nom d'impératifs médicaux souvent contradictoires. En voici trois, qui seront adressées à nos autorités lors la session du Grand Conseil de lundi

    Quelle est la mortalité réelle du Covid-19 par rapport aux autres causes de décès (grippe, AVC, accidents)?

    Pendant des semaines les médias et les différentes instances sanitaires ont donné des chiffres variables sur l’ampleur et le mode de calcul de la mortalité due au Covid-19, les chiffres de l’OFSP variant avec ceux des cantons, selon qu’ils incluaient ou non les EMS et suivant les causes de décès (avec le Covid-19 ou du Covid-19).
    Par ailleurs la surmortalité due exclusivement au Covid-19 parait loin d’être claire, surtout si on compare la mortalité du premier quadrimestre de l’année 2020 à celle d’une année à forte grippe comme la période de janvier à avril 2017.
    Maintenant que le pic de la pandémie Codid-19 semble heureusement passé, il est temps de savoir ce qui s’est réellement passé et d’investiguer le mode opératoire du virus et ses effets réels sur la santé, la morbidité et la mortalité.
    C’est pourquoi je souhaiterais connaitre avec précision les chiffres exacts de la mortalité due au Covid-19 et aux autres causes de décès (maladies selon les types, accidents, etc.) au premier quadrimestre des années 2015, 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020 en distinguant notamment celles qui relèvent du Covid-19, de la grippe et des autres maladies respiratoires (pneumonies en particulier) et cela à la fois pour le canton de Genève et pour la Suisse.
    Enfin, il serait également intéressant de les comparer aux décès imputables aux dernières canicules et notamment à celle de 2003, et aux pollutions atmosphériques afin de situer la mortalité due au coronavirus dans un contexte plus large.

    Pourquoi y a-t-il eu pénurie cruelle de masques, de tests et de gel hydro-alcoolique au plus fort de la crise du Covid-19 ?


    Dès les premiers signes de gravité de l’épidémie du coronavirus, il est apparu que les hôpitaux, médecins de ville, EMS ainsi que les différents organismes de santé manquaient cruellement de masques, de tests, de gel hydro-alcoolique, et même de lits d’hôpitaux puisqu’il a fallu en créer dans l’urgence.
    Pourquoi ces lacunes se sont-elles produites? Par qui, pourquoi et comment ont été prises les décisions qui ont conduit à ce sous-équipement dramatique ? Pourquoi les stocks de masques, de gel et de tests n’ont-ils pas été renouvelés, respectivement constitués ou reconstitués dès l’alerte de l’OMS le 23 janvier dernier?
    Sachant que les médecins de ville se plaignaient de la pénurie de masques fin janvier déjà, pourquoi rien n’a été mis en oeuvre pour combler ces manques ? Et pourquoi le gel hydro-alcoolique, pourtant inventé et promu par le médecin des HUG Denis Pittet, a-t-il manqué à Genève même, dans les pharmacies de ville, dans les magasins et pour protéger les différents personnels de soins, de livraison et des commerces particulièrement exposés au virus à cause de leur travail ?
    Pourquoi la pénurie de masques, dissimulée pendant des semaines, a-t-elle donné lieu à des déclarations contradictoires, voire mensongères, de la part des différentes instances cantonales et fédérales alors que leur évidente efficacité a été démontrée dans tous les pays d’Asie qui en ont fait usage ?
    Merci de répondre en détail à ces questions concernant les trois cas avérés de pénurie : masques, tests, gel hydro-alcoolique.

    Pourquoi les HUG et les autres hôpitaux suisses n’ont-ils pas administré les traitements à base d’hydroxychloroquine au même titre que les médecins grecs, coréens et chinois ?

    Depuis que la crise sanitaire du Covid-19 a éclaté, la polémique sur l’usage de l’hydroxycloroquine, un médicament aux propriétés anti-inflammatoires, et de l’antiviral Azithromicine comme méthode de traitement a fait rage sur les réseaux sociaux et chez les patients infectés.
    Après bien des discussions, la France et les HUG semble-t-il ont admis l’usage de ce médicament pour les patients intubés et au stade de la réanimation, alors même que plusieurs expériences montraient qu’un usage en amont, dès les premiers symptômes de la maladie, donnait de meilleurs résultats, surtout s’il était administré avec un antibiotique, l’Azithromycine.
    Parallèlement, le directeur général de Novartis Vas Narasimhan annonçait le 29 mars dernier que la chloroquine était le plus grand espoir de traitement du coronavirus et que Sandoz s’engageait à mettre à disposition 130 millions de doses de ce médicament abondant, facile d’accès et très peu onéreux. Voir à ce sujet https://amp.rts.ch/info/sciences-tech/medecine/11205056-le-directeur-general-de-novartis-evoque-la-chloroquine-comme-le-plus-grand-espoir-de-traitement-.html.
    Dès lors les questions suivantes se posent : pourquoi les HUG se sont-ils calqués sur la pratique d’Etat française et empêché les médecins de ville et les pharmaciens de mettre à disposition des malades infectés par le coronavirus, et pourquoi n’ont-ils pas saisi cette occasion pour donner aux patients un espoir de guérison, les privant ainsi d’une aide psychologique qui aurait pu être précieuse dans leur lutte contre la maladie ?
    Quelles sont les raisons d’une telle prudence des hôpitaux et des responsables cantonaux de la santé vis-à-vis d’un médicament utilisé depuis 70 ans contre la malaria et d’autres affections (lupus, sarcoïdose, polyarthrite) sans qu’aucun décès n’ait pu lui être imputé. L’argument des tests cliniques semble en effet peu convaincant puisque ce médicament est connu et a subi tous les tests concernant son éventuelle nocivité depuis longtemps.


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  • Réponse aux épidémies : plus jamais ça !

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    Pour information, voici la proposition de résolution que je viens de soumettre au Grand Conseil genevois.
    Au moment où nous allons passer d'une crise sanitaire inédite à une crise économique, sociale et peut-être politique de grande ampleur, il me semble en effet essentiel de tirer un bilan sans concession de cette crise épidémique et de prendre les mesures nécessaires afin d'éviter que l'impréparation, les erreurs et parfois les mensonges proférés ne se répètent à l'avenir.


    Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève,
    considérant:

    - la grave pénurie de masques, de gants, de gel hydro-alcoolique et de tests qui a suivi l’éclatement de l’épidémie de Cobid-19

    - l’absence de gestion des stocks de matériel sanitaire adéquat en amont de l’épidémie

    - le manque de transparence voire les mensonges, puis les polémiques et indications contradictoires qui s’en sont suivies concernant notamment l’usage des masques et des tests pendant l’épidémie et lors du déconfinement

    - l'incapacité à s’inspirer d’expériences étrangères, et en particulier de pays d’Asie habitués aux épidémies pour prévenir et gérer la crise, repérer et traiter les patients infectés, définir les modalités du confinement et préparer la sortie de crise et la remise en route de l’économie


    invite les Chambres fédérales à tout mettre en oeuvre pour éviter qu’une telle situation se reproduise et notamment à

    - mettre en place une gestion centralisée des stocks de matériel sanitaire nécessaire à la prévention et à la lutte contre des épidémies

    - mettre en place une coordination centralisée des politiques sanitaires fédérale et cantonales

    - respecter les droits humains en assurant un accès libre à l’information à tous les médias et en évitant toute discrimination entre les catégories de la population, et notamment vis-à-vis des personnes âgées

    - éviter toute mesure qui contribuerait à restreindre la vie privée des citoyens et à instaurer des mesures de surveillance numérique des citoyennes et citoyens au nom de la lutte contre l’épidémie

    - faire la transparence sur les liens d’intérêt des fonctionnaires, médecins, experts et responsables publics et privés en charge de la politique sanitaire et de la lutte contre les infections aux niveaux fédéral et cantonal

    - mener une enquête approfondie sur la gestion de la crise et ses conséquences sur la morbidité et la mortalité effectives par rapport aux autres causes de décès (grippe, maladies pulmonaires, etc.) et sur les coûts sanitaires, sociaux, économiques et financiers qu’elle a induits



    EXPOSÉ DES MOTIFS


    Mesdames et
    Messieurs les députés,

    Si la gestion de la crise du coronavirus a été plutôt bien conduite par les autorités fédérales et cantonales, en évitant à la fois des mesures de confinement trop sévères et un laxisme excessif, il n’en va pas de même pour ce qui concerne la gestion en amont et en aval de l’épidémie.
    De sérieux problèmes sont apparus, qui méritent d’être résolus avant qu’un retour du Covid-19, ou un nouveau virus, ne frappent à nouveau.
    Cette crise a notamment mis en évidence une pénurie cruelle de matériels sanitaires nécessaires pour lutter contre la propagation de la contagion, une concentration funeste des industries et des fabrications de matériels et des produits de base pharmaceutiques dans quelques pays seulement (Chine, Inde et Etats-Unis en particulier), une absence de doctrine criante en matière d’utilisation et de mesures préventives (port du masque en particulier), des principes de confinement ou de quarantaine variant fortement d’un pays à l’autre (la Suède et l’Allemagne n’ont pas confiné ou très peu), des polémiques néfastes concernant les traitements possibles. Certains pays comme la Grèce ont par exemple utilisé la chloroquine dès le diagnostic alors que d’autres la prohibaient, et cela avec une efficacité reconnue par l’OCDE qui cite ce pays en exemple (cf. La Grèce résiste mieux qu’attendu au Covid-19, Le Temps, 25 avril 2020).
    Enfin, cette épidémie, par l’ampleur inédite des mesures qu’elle a causées, a et aura des conséquences sanitaires (opérations chirurgicales, visites médicales et traitements de pathologies reportés), sociales (augmentation des risques pour les personnes vulnérables et les plus défavorisées, augmentation du chômage, mise à l’écart des personnes âgées qui relève d’un apartheid social inadmissible, personnes qu’on a laissé mourir toutes seules dans les EMS contrairement aux principes mêmes de la civilisation), économiques (faillite d’entreprises et d’indépendants, grave risque de récession) et financières (énorme augmentation de l’endettement) qui pourraient s’avérer catastrophiques, alors même que la mortalité due au coronavirus n’excède pas celle d’une grosse épidémie de grippe.
    Pour toutes ces raisons, il convient de mettre tout en oeuvre pour qu’une telle situation se reproduise et de tirer toutes les leçons possibles de l’événement que nous venons de vivre afin qu’il ne se répète pas.
    C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs les députés, je vous invite à donner une suite favorable à cette résolution.

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  • L’OMS, cette proie si facile !

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    Or donc, l’OMS, par sa collusion avec la Chine, serait la responsable de tous nos maux ! Monstre bureaucratique, inefficace, trop lente, trop rapide, elle fait un bouc émissaire idéal. Depuis que le président Trump, qui niait la gravité du coronavirus tant qu’il frappait ses adversaires chinois et iranien, a tourné sa veste et décrété que le virus, qui s’attaquait désormais à son pays, était « chinois » et que l’OMS avait tardé à le reconnaitre pour ménager Pékin, les attaques contre l’organisation onusienne se sont mises à pleuvoir de tous côtés.
    Qu’en est-il exactement ? L’OMS est-elle vraiment à la solde des Chinois et a-t-elle failli ? Les faits d’abord. Contrairement à la réécriture du film actuellement en cours, on sait que la Chine a mis quatre semaines, entre fin novembre et fin décembre, pour repérer et identifier les premiers malades comme porteurs d’un virus potentiellement contagieux et prendre les premières mesures sanitaires. Que l’OMS a mis trois semaines, en pleine période de fêtes, entre le 31 décembre, jour du premier signalement, et le 23 janvier, pour prendre connaissance, investiguer et décréter le stade épidémique. Et que nos gouvernements, pourtant dûment avertis par les reportages des médias et par l’OMS, ont attendu deux mois de plus, jusqu’au 15 mars, pour prendre les mesures urgentes nécessaires ! Qui a fait juste, qui a fait faux, à vous de juger…

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  • La politique de la peur, ça suffit !

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    Vous connaissez peut-être ce conte soufi sur la peste et la mort : La Peste était en route pour Bagdad quand elle rencontra Nasruddin. Où vas-tu ? demanda Nasruddin. La Peste répondit : Je vais à Bagdad pour tuer dix mille personnes. Plus tard, la Peste croisa à nouveau Nasruddin. Très en colère, ce dernier lui dit : Tu m’as menti. Tu as dit que tu tuerais dix mille personnes et tu en as tué cent mille. Et la Peste répondit : Je n’ai pas menti, j’en ai tué dix mille. Les autres sont mortes de peur. »
    C’est exactement ce qui pourrait arriver avec le coronavirus. Incrédules et cyniques quand les Chinois étaient frappés, impréparés, imprévoyants, manquant de tout y compris d’une stratégie de riposte appropriée quand il a débarqué chez nous, nous avons réagi dans le plus grand désordre et en mode panique. Injonctions contradictoires (masques ou pas masques), polémiques stériles (chloroquine ou pas, la Chine a-t-elle menti ou pas), négationnisme contre déclarations de guerre à outrance, confinement policier surveillé par hélicoptères et drones contre confinement léger à la suédoise, grounding complet de l’économie contre fermeture sélective de commerces n’ont cessé de brouiller les messages et d’amplifier l’angoisse générale, en laissant le champ libre aux délateurs, aux obsédés du confinement absolu et aux médias ravis de retrouver de l’audience en soufflant sur la braise.
    Tout cela en perdant de vue la réalité : oui, ce virus est pernicieux et peut tuer nombre de personnes à risques (et il faut donc le combattre avec tous les moyens disponibles), non, il ne menace pas notre survie à terme. L’Asie, Chine, Corée, Japon, Singapour et Taiwan en tête, nous montre qu’on peut le juguler et même en sortir. Et les statistiques nous prouvent qu’il laisse en vie 99,9 % de la population puisque même dans les cas les plus graves comme en Espagne et en Italie du Nord, la mortalité n’excède - heureusement ! - pas 350 personnes sur un million. Il n’y a donc aucune raison de paniquer ni de donner à la mort ce surcroit de victimes qu’elle ne réclame pas.

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  • La Chine miroir de nos haines et de nos impuissances

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    Ce qu’il y a de bien avec les crises, c’est qu’elles révèlent le fond des individus et des pays. Celle du coronavirus a ainsi montré l’héroïsme quotidien des petites mains anonymes de la mondialisation, infirmières, caissières, chauffeurs-livreurs, paysans, agents de voirie, tandis qu’elle réduisait au silence les profiteurs et les pontifiants qui se réfugiaient dans leurs maisons de campagne pour fuir les miasmes des villes.
    En revanche, la crise n’aura pas réussi à mettre une sourdine aux clichés, aux stéréotypes et aux partis pris idéologiques traditionnels. D’accord pour la guerre contre le virus mais pas question de cesser celle de l’information ! Il y dix jours à peine, l’OTAN passait encore son temps à organiser ses plus grandes manœuvres militaires depuis 1945 contre la Russie.
    L’attitude de nos médias vis-à-vis de la Chine est très révélatrice et montre comment ce pays, naguère courtisé par toutes les élites occidentales, est devenu le repoussoir, le miroir de nos haines, de nos peurs et de nos impuissances.
    Au début de la crise, on nous a ainsi présenté une dictature qui, comme toutes ses pareilles, mentait à ses habitants, cachait la gravité de la situation et persécutait les médecins qui sonnaient l’alarme, tandis qu’on se réjouissait déjà de la perte de crédibilité du régime et de l’effondrement économique qui s’ensuivraient. Même réaction quand l’Iran a été touché : on allait voir ce qu’on allait voir et le « régime » n’avait qu’à bien se tenir. Puis, devant la vigueur de la réaction chinoise et la construction de gigantesques hôpitaux en 10 jours, on a dénoncé la mise au pas autoritaire et le confinement forcé avec des entrées d’immeubles murées, des corps prétendument abandonnés dans les rues et la surveillance généralisée par caméras et smartphones.
    Depuis peu, la situation s’améliorant en Chine alors que la pandémie gagnait l’Italie puis le reste du monde, les attaques ont porté sur la responsabilité chinoise, les coutumes alimentaires, les « mensonges » à l’origine de l’épidémie et la « propagande » déployée par le régime afin de tirer profit de la crise. Pour une fois au moins, on n’a pas accusé les trolls russes d’avoir propagé le virus, mais il s’en est fallu de peu…

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  • La micro-taxe comme impôt du futur

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    Le 25 février dernier, la Feuille fédérale a publié le texte de l’initiative fédérale pour un micro-impôt sur le trafic des paiements sans espèces, ouvrant la voie à la récolte des signatures.
    L’idée part d’une idée simple : dans un monde dont l’économie se dématérialise et les emplois sont concurrencés par les robots et de moins en moins liés à l’économie physique, le principe hérité de l’ère industrielle qui consiste à imposer le travail et les individus devient obsolète. L’ampleur prise par les transactions électroniques est devenue vertigineuse et sans lien avec les besoins de la production de biens et de services. En 2017, pour un PNB mondial de l’ordre de 81 000 milliards de dollars, la dette globale atteignait 233 000 milliards (3 fois le PNB) et les produits dérivés 750 000 milliards (presque 10 fois le PNB mondial) ! La plus grande opacité règne à la fois sur les montants et le nombre de ces transactions, favorisées par le trading à haute fréquence et autres outils technologiques. Quant aux opérations sur les produits dérivés, mystère et boule de gomme ! La BNS observe le silence depuis 2013, année pendant laquelle le nombre de transactions interbancaires variait de 1.6 à 2 millions par jour pour des montants quotidiens de l’ordre de 500 milliards.
    Une estimation prudente permet cependant d’évaluer le total de l’assiette fiscale des transactions réalisées en Suisse à 100 000 milliards de francs (150 fois le PIB national).
    La microtaxe aurait donc pour effet immédiat d’apporter de la transparence dans ces échanges financiers et de les fiscaliser à un taux extrêmement bas (entre 0.01 la première année et 0.5 pour mille au maximum par la suite, le taux pouvant évoluer en fonction de l’assiette de l’année précédente) et de façon simple et peu coûteuse puisque toutes les transactions sont déjà répertoriées par les banques qui prélèvent leurs commissions sur ces échanges.
    Avec un taux de 0.25 pour mille, cette solution permettrait de recueillir un volume de recettes fiscales suffisant pour supprimer à la fois la TVA (23 milliards en 2018), l’IFD (22.4 milliards) et le droit de timbre (2.1 milliards), le surplus éventuel pouvant être affecté à la transition écologique et à la lutte contre le réchauffement climatique par exemple.

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  • Retour sur l'interview d'Assange en 2015

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    Mars 2015. C'est un Julian Assange à la fois marqué et combatif qui nous accueille dans la petite salle de réunion de l'Ambassade d'Equateur à Londres. Les cheveux blonds ont blanchi, le visage s'est arrondi. Les deux ans et demi de réclusion involontaire dans une minuscule chambre au rez de chaussée de cet immeuble cossu, à deux pas du célèbre magasin de luxe Harrod's, ont fait leur effet. A force de vivre presque à ras du trottoir et à hauteur des bobbies faussement flegmatiques qui gardent les fenêtres et les entrées, comment aurait-il pu en être autrement?
    Les yeux sont vifs et le ton est rieur. 33 mois de garde à vue n'ont pas altéré l'humeur. Avec le temps et les épreuves, l'homme s'est même détendu. Mais il est resté combatif. Pas question de rendre les armes. C'est le principal.
    De fait, Julian Assange appartient à cette frange rare d’Anglo-Saxons briseurs de tabous. Ange pour les uns, démon pour les autres, résolument à contre-courant, borderline, scandaleux, il est de la race de ces non-conformistes qui cassent les codes et pulvérisent les conventions. D'Oscar Wilde, de Lawrence d'Arabie ou d'Alan Turing, Assange possède le même génie inquiétant, la même marque de fabrique, celle qui fait que grâce à eux le monde n'est plus tout à fait comme avant. Assange n'a pas subverti la morale hypocrite de l'empire britannique, il n'a pas conquis l'Arabie, il n'a pas brisé le code secret des nazis. Mais il a fracassé la loi du silence, la puissante omerta qui dissimulait les turpitudes des démocraties, des banques ou des entreprises lorsqu'elles trahissent leurs valeurs pour mieux servir leurs intérêts. Avec Wikileaks, il a créé un modèle nouveau de transparence. Quitte à payer, comme les autres, le prix fort.
    On aime ou pas, mais lui aussi fera date dans l'histoire.

    La semaine prochaine, vous « fêterez » vos mille jours de réclusion dans cette ambassade. Comment vivez-vous çà ?

    Cela fait bientôt cinq ans que je suis sous arrêt sans accusation au Royaume-Uni. C’est dur de recevoir des visiteurs, de se promener. Et de regarder des Lamborghini dorées passer devant la fenêtre ! Tous mes visiteurs sont filtrés et enregistrés, en violation de la Convention de Vienne (On découvrira en 2019 que la société espagnole charge de la surveillance transmet toutes ses informations à la CIA). C’est une période difficile pour mes enfants, ma famille, et pour moi. J’essaie de ne pas compter mes journées. Je poursuis mon travail, mon combat, et il passe aussi par la Suisse.
    Quand je suis venu à Genève pour parler de la guerre en Irak au Conseil des droits de l’Homme, la population était très réceptive à ma situation. J’aurais pu demander l’asile mais l’ambassadeur américain à Berne, Donald Beyer, était très agressif et a fait pression pour que la Suisse ne me l’accorde pas.

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  • At WIPO, a world battle is at stake

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    This week, the 83 Ambassadors of the World Intellectual Property Organization's Coordination Committee will nominate a candidate who will be called to lead the Organization from October 1. Six candidates (a Singaporean, a Chinese, a Kazakh, two South Americans and a Ghanaian) are still in the running).

    The stakes are enormous and give rise to a battle of an incredible ferocity between the West, led by the United States, who took up the cause of the Singaporean candidate, Daren Tang, who theoretically is supposed to represent the developing countries to their dislike given that Singapore is no longer considered as a developing country. Meanwhile, China, represented by Binying Wang, who has worked for decades at WIPO and has held a senior position for many years. Recently, articles by John Bolton, former head of the Donald Trump Security Council, and Peter Navarro, his trade advisor, declared war on the Chinese candidate in very aggressive terms. The Chinese foreign ministry responded sharply by denouncing the American sabotage manoeuvres.

    In its latest report on intellectual property indicators, WIPO confirms the spectacular dynamism of China. With 1.5 million patents filed in 2018, almost half of the world total, it is three times better than the United States. The same goes for industrial property applications, brands, designs and plant varieties. Better still, it has posted double-digit growth in all of these areas while its competitors have stagnated or regressed. Switzerland on the other hand ranks 9th in the world. We can see better now why the United States wants to block China’s path. As for the majority developing countries, they are left on the side lines as spectators.

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  • L’OMPI, enjeu d’une bataille mondiale

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    La semaine prochaine, les 83 ambassadeurs du comité de coordination de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle vont désigner le candidat qui sera appelé à la diriger dès le 1er octobre. Six candidats (un Singapourien, une Chinoise, une Kazakhe, deux Sud-Américains et un Ghanéen) sont encore en lice.
    Les enjeux sont énormes et donnent lieu à une bataille d’une férocité inouïe entre les Occidentaux, menés par les Etats-Unis, qui ont pris fait et cause pour le candidat singapourien, Daren Tang, censé représenter les pays en développement au grand dam de ceux-ci, Singapour n’ayant plus rien d’un PVD, et la Chine, représentée par Binying Wang, qui travaille depuis des décennies à l’OMPI dont est la Numéro 2 depuis dix ans. Récemment, des articles de John Bolton, ancien responsable du Conseil de sécurité de Donald Trump, et de Peter Navarro, son conseiller au commerce, ont déclaré la guerre à la candidate chinoise en termes très violent. Le ministère des affaires étrangères chinois a répliqué vertement en dénonçant les manœuvres de sabotage américaines.

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  • Tania Fabergé, une femme d’exception

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    Jeudi 13 février, Tania Fabergé nous quittait, trois semaines avant son 90e anniversaire, dans son domicile de Versonnex. Pour celles et ceux qui ont connu cette femme vibrante, hyperactive et qui n’avait pas la langue dans sa poche, c’est une grande page de l’histoire russe et genevoise qui se tourne.
    Née à Genève le 7 mars 1920, Tania était l’arrière-petite-fille de Pierre-Karl Fabergé, le fondateur de la prestigieuse maison de joaillerie russe connue pour les célèbres œufs que les tsars Alexandre III et Nicolas II offraient à leurs épouses pour la fête de Pâques, et elle était le dernier membre de la famille à porter ce prestigieux nom.
    Emigrée en Suisse après la Révolution, la famille s’est ensuite dispersée un peu partout dans le monde. Décédé à Lausanne en septembre 1920, Pierre-Karl repose aujourd’hui à Cannes. Le père de Tania, Théodore Agafanovitch, né en 1904 à Saint-Pétersbourg, s’est installé à Genève où il fut le seul des petits-fils à poursuivre le métier de joailler malgré les difficultés liées à l’émigration. Marié à une descendante d’une des plus vieilles familles de la noblesse russe et géorgienne, les Cheremetieff, il a travaillé dans son atelier jusqu’à sa mort en 1971. Près de 600 créations portent sa marque. Tania avait d’ailleurs suivi la tradition familiale et fréquenté l’école des arts décoratifs de Genève et suivi deux ans de cours à Paris dans les années 1950 avant de devoir revenir à Genève, faute de ressources.
    Après quelques années comme traductrice pour le CICR, notamment à Beyrouth, elle rentre à Genève où elle devient cheffe du secrétariat du CERN qui vient d’être fondé. Elle y travaillera 38 ans, de 1957 à 1995, côtoyant le gratin de la physique contemporaine et les nombreux Prix Nobel qui font le voyage de Genève, marquant les esprits par son humour, son sens de l’amitié et son fort caractère de femme insoumise.
    Tout au long de ces années, elle continue à s’intéresser à la joaillerie, complétant sa formation et les études sur l’histoire de la maison Fabergé, nationalisée par les bolcheviks après la Révolution de 1917. En cinquante ans, elle aura participé à la rédaction d’une douzaine d’ouvrages et d’une encyclopédie (publiée aux éditions Slatkine) qui font autorité en la matière. En 1996, à l’occasion du 150e anniversaire de la fondation de la marque, elle crée à Genève une Fondation à la mémoire de Pierre-Karl Fabergé avec l’aide d’autres branches de la famille et le concours de Valentin Skurlov, le meilleur expert ès Fabergé, fondation dont elle assumera la présidence d’honneur jusqu’à aujourd’hui.
    Entre la petite et la grande histoire, entre l’énorme espace russe et les exiguïtés genevoises, Tania aura vécu et survécu à toutes les turbulences du dernier siècle, de la grandeur à la misère, du communisme au capitalisme, assurant à la dynastie des Fabergé sa place dans l’histoire locale et celle des arts appliqués. La marque elle-même a subi bien des vicissitudes, achetée et revendue plusieurs fois (elle est aujourd’hui dans les mains d’une société de diamants britannique), connu beaucoup de spéculateurs et de faux amis, engendré beaucoup de copies et de faux qui défraient parfois les ventes aux enchères. Mais l’intérêt qu’elle suscite n’a jamais faibli. Aujourd’hui, outre les ouvrages, Fabergé reste présent à Londres et surtout à Saint-Pétersbourg, qui lui a érigé une statue et qui, surtout, abrite le Musée Fabergé que Viktor Vekselberg a ouvert en 2013 pour présenter les pièces de sa collection. Tania disparue, l’œuvre continue de vivre sa vie.

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  • Affaire Crypto : mais que font nos espions ?

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    Le scandale de Crypto AG, cette société zougoise qui fabriquait des machines de cryptage truquées au profit de la CIA et du BND allemand, est à la fois énorme et grave.

    Enorme par ses dimensions dans le temps et l’espace : elle s’est étendue sur des décennies, de 1952 à 2018 apparemment, et sans qu’on sache si ses héritière actuelles, Crypto Suisse et Crypto international ont définitivement tourné la page. Et elle a concerné une masse de pays invraisemblable, puisque la moitié des Etats de la planète a été flouée. Dans ce sens, le communiqué d’economiesuisse qui appelle à ne pas surréagir prêterait à rire s’il ne faisait pas pleurer. Circulez, il n’y a rien à voir, business as usual, semble dire la faîtière de notre économie, pressée d’éviter la panique. On croirait lire un communiqué du comité du PC chinois de la province de Wuhan au début de l’épidémie du coronavirus !

    Grave, parce qu’elle porte atteinte à la réputation de notre pays à l’étranger. Comment peut-on laisser entendre que trahir la confiance de cent pays clients est une bagatelle, une simple erreur du passé, alors que rien n’a été fait pour la corriger jusqu’à la fin 2019, quand le Conseil fédéral s’est enfin résolu à interdire l’exportation de ce matériel suspect ?

    Car on savait. Kaspar Villiger savait, même s’il le nie aujourd’hui. Les responsables des services de renseignements savaient, tout simplement parce qu’il est impossible que nos services, qui collaborent main dans la main avec la CIA et le BND, ne pouvaient pas ne pas savoir à partir en tout cas des années 1992-1993, au moment où l’affaire Bühler a éclaté et où le BND a quitté le bateau. Le doute est en tout cas massif, et il doit être levé, car il n’est pas possible de persévérer dans l’ignorance. Et que penser de l’enquête du Ministère public qui, à l’époque, a classé l’affaire en prétendant que les machines étaient propres?

    Mais le mépris affiché pour la neutralité est peut-être encore pire que le dégât d’image. On sait depuis les années 1990 et l’adhésion au Partenariat pour la paix de l’OTAN que nos autorités civiles et militaires pensent pis que pendre de la neutralité et la considèrent davantage comme un obstacle que comme un avantage pour le pays. Les articles 173 et 185 de la Constitution fédérale en vertu desquels « l’Assemblée fédérale et le Conseil fédéral doivent prendre les mesures nécessaires pour préserver la sécurité extérieure, l’indépendance et la neutralité de la Suisse » semblent avoir été passés par pertes et profits.

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  • Dernière étape : apothéose d’edelweiss au Pas de Lona!

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    20e étape - Eison-A Vieille-Pointe de Tsevalire -Cabane des Bossons-Pas de Lona-Bendolla-Grimentz - dimanche 25 août 2019
    À 8h30, départ des Masses, au-dessus d’Hérémence, pour rejoindre le hameau d’Eison-Crettaz et, de là, monter à pied sur le chemin raide en direction des Chalets d’Eison et de l’alpage de l’A Vieille. Nous sommes deux et plus de 1400 mètres de dénivellation nous attendent. A l’A Vieille, plutôt que de rejoindre directement le Pas de Lona , nous décidons de faire un détour sur la gauche, par la Luette et par la Cabane des Bossons en suivant l’arête sommitale du vallon de Réchy. Ce qui nous permet de grimper sur la Pointe de Tsevalire à 3025 mètres et d’ajouter un second 3000 à mon palmarès...
    Bonne décision : le temps est absolument superbe et la vue sur les Diablerets, les Alpes bernoises, la Maya et le vallon de Réchy, le Mont-Blanc, les sommets d’Arolla, la Dent Blanche, le glacier de Ferpècle, le Cervin, le Weisshorn et tous les autres sommets est sans égale.
    A la descente vers la cabane, une bonne surprise nous attend. Tout d’abord, nous retrouvons un smartphone et un portefeuille oubliés par un randonneur sur un banc près du col de Tsevalire. Par chance, ce dernier est toujours à la cabane, toute proche. Tout heureux de la récupérer ses biens, son propriétaire nous offre une bière. Et comme le patron a organisé une grillade et nous décidons de lui faire honneur.
    Au moment de partir, arrive un groupe d’Anniviards de Saint-Luc, qui nous annonce avoir découvert un parterre d’edelweiss en contrebas du chemin qui descend vers le Pas de Lona: peut-on rêver mieux, pour terminer en beauté cette première partie du Tour du Valais à pied, qu’un tapis d’edelweiss ?
    Je n’en ai encore jamais vues à l’état naturel et je ne veux pas manquer cette occasion. Vive les Anniviards ! Et en effet, derrière un petit monticule, des dizaines d’edelweiss s’étalent si discrètement qu’elles échappent au regard des randonneurs concentrés sur leur chemin. Si même la fleur mythique des alpes suisse se met à fleurir sur notre passage, c’est que le destin nous veut du bien !

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  • D'Arolla à Evolène par le merveilleux Lac Bleu

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    19e étape - Evolène
    Arolla-Pramouss-Lac Bleu-La Gouille-Remointze-Mayens de la Crettaz-La Giette-Gouille d’Arbey-Evolène

    La journée s’annonce tout à fait tranquille puisque l’itinéraire prévoit une decente en douceur du vallon d’Arolla. Mais sur les conseils de notre hôte, j’ai décidé de passer par les hauts pour regagner Evolène. Vers 9h15, j’engage donc dans le chemin de la Borgne jusqu’à Pramouss avant de bifurquer vers l’agréable chemin qui monte à travers les mélèzes et les arolles jusqu’au fameux Lac Bleu, qu’on atteint en une heure.
    Ce petit lac mérite vraiment son nom : il est vraiment bleu, contrairement aux lacs alpins couleur jade, quand l’eau des glaciers se mélange au limon des moraines, ou couleur émeraude lorsqu’ils sont transparents. Un tronc d’arbre posé sur le fond lui donne un aspect de pureté cristalline, une apparence immaculée, qui fascine à juste titre les innombrables visiteurs qu’il attire. Heureusement, il est encore tôt et pas plus d’une dizaine de personnes occupent les rives. Cette eau si claire est tentante, mais peu s’y risquent tant elle est froide. Tant pis pour eux… Surtout qu’un peu plus loin un second petit lac, tout aussi beau, se cache discrètement dans les arbres.
    Le chemin descend ensuite en pente douce le long des flancs de la vallée en évitant les barres rocheuses, avant de remonter assez fortement jusqu’à 2300 mètres, jusqu’à l’alpage de la Remointze. L’endroit parait désert, à tel point que ma venue attise la curiosité des vaches, qui semblent toutes contentes de s’offrir une distraction.

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  • Sur les traces de la Patrouille des Glaciers

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    18e étape - Prafleuri-Col de Roux-Lac de Dixence-Cabane des Dix-Col de Riedmatten-Arolla
    La journée commence assez tard. J’ai rendez-vous avec mon ami P.N. à 10h30, à une heure de marche, au bord du Lac des Dix. Après le déjeuner de 7h, je reste donc deux heures seul dans la cabane avec le personnel qui s’active dans les nettoyages et rangements du matin. Les premiers visiteurs sont attendus vers 9h30, le temps de remonter du barrage après l’arrivée du premier car postal. Le refuge, qui appartient au groupe de transports Theytaz, est géré par la famille Dayer de Vex, guide et gardienne de cabane par tradition familiale. On parle des aléas du métier, passionnant mais sans horaire et exigeant physiquement. Une vie qui ne permet pas de faire fortune mais a l’avantage de l’indépendance.
    Vers 9h, je m’échappe donc vers le col avec mon barda, avec la désagréable impression qu’il me manque quelque chose. Mon sac à dos n’est pas comme d’habitude. Bingo! 100 mètres sous le col des Roux, je constate que j’ai oublié mon tapis de yoga à la cabane! Je redescends donc le col à toute allure et remonte à fond de train: une demi-heure de perdue et la crainte d’arriver en retard à mon rendez-vous sans pouvoir téléphoner faute de réseau. La descente du col vers le Lac des Dix, qui étend son superbe ruban de jade au fond de la vallée, se fait donc au pas de course, au milieu des marmottes qui courent se terrer dans leur trou.
    L’entraînement de ces quinze premiers jours porte ses fruits et j’arrive finalement à temps à la Barme. Nous suivons le chemin carrossable qui longe le lac des Dix pendant une bonne heure avant d’attaquer la montée vers le Pas du Chat, et de là à travers les moraines du glacier du Mont-Blanc de Cheilon vers les cols de Riedmatten et du Pas de Chèvre. L’endroit est un des hauts lieux de la Patrouille des Glaciers. Les deux cols sont jumeaux et leur pente est spectaculairement raide. En hiver, les coureurs doivent s’agripper à des câbles pour descendre dans la neige avec leurs skis sur l’épaule. En été, pas de neige, mais des éboulis et des amoncellements de rochers partout. Il y a quelques années, la moraine s’est écroulée et a emporté le chemin. Il faut donc monter à quatre pattes en s’agrippant aux pierres. Nous optons pour le Pas de Chèvre, voisin, qui a l’avantage d’être un peu moins haut et de permettre de franchir le col par une série de passerelles et d’échelles métalliques sécurisées. Sujets au vertige, s’abstenir !
    Au sommet, le panorama s’ouvre sur le fond de la vallée d’Arolla et ses sommets. La descente est facile, avec un bon millier de mètres de dénivelé, mais sur un chemin en pente douce et bordé de fleurs.

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  • Et 20 derniers kilomètres pour terminer en beauté

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    11e et dernière étape du tour des communes genevoises : Meinier – Corsier – Anières – Collonge-Bellerive – Vésenaz – La Capite – Frontenex – Eaux-Vives
    Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Aujourd’hui jeudi, parcours tout en douceur pour rattraper les kilomètres de marche qui me manquaient entre Meinier et Anières et boucler la boucle en rentrant à la maison à pied par les routes d’Hermance, de La Capite et de Frontenex.
    Rien à signaler si ce n’est, à 15h30, le dernier selfie devant la mairie de la 45e et dernière commune de ce périple électoral à travers le canton de Genève, celle de Collonge-Bellerive.
    Pas vraiment fâché d’avoir pu terminer cette marche électorale en parfaite condition physique et morale et très content d’avoir réalisé une promesse électorale avant même que l’élection ait eu lieu. Vous me pardonnerez de ne pas résister pas au plaisir de quelques chiffres : 215 kilomètres parcourus à pied, une centaine en transports publics pour rentrer à la maison le soir, 295 000 pas, 45 communes traversées, 9500 flyers distribués, quelques décis de bon vin genevois ingurgités et deux grosses ampoules en voie de résorption. Le bilan carbone et le bilan physique sont bons, Si l’élection avait lieu sur ces critères, je ne craindrais aucune concurrence. Mais ce n’est pas le cas hélas ! Comme on dit dans ces cas-là, l’important c’est de participer.
    En attendant de voir le nombre de suffrages récoltés, je vous donne rendez-vous ce soir 11 octobre à la galerie D10 à l’angle Bd helvétique/rue Ami-Lullin pour fêter la fin de cette campagne de marche et le 20 octobre pour la fête finale, quel que soit le résultat… Venez nombreux.

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  • Pluie battante avant le sourire d’Hermance

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    10e étape du tour des communes genevoises : Lullier – Jussy – Gy – Meinier – Corsier - Hermance
    Après autre jours de pause pour soigner mes cloques, je reprends la route, pour les deux dernières étapes, là où je l’avais laissée, à Presinge. Si mes pieds vont mieux, aujourd’hui, c’est le ciel qui est dérangé. De grosses gouttes tombent dès l’arrêt de bus de Lullier, puis une pluie fine et enfin une pluie battante.
    Mais la campagne genevoise a ses charmes, même sous la pluie. A condition d’éviter les éclaboussures des voitures de frontaliers qui vous frôlent à toute vitesse ! Le hameau de Lullier est charmant et il y a même de la douceur et de la nostalgie dans l’air. A Jussy, un pèlerinage à la mairie, où je me suis marié il y a 27 ans, s’impose. Elle a été entièrement rénovée et la secrétaire communale fait également office de buraliste postale. Petite café à l’auberge, qui a perdu sa terrasse depuis mon repas de noces, mais est restée très accueillante.
    La pluie redouble d’intensité et la route vers Gy s’annonce pénible. Pas question de distribuer des papillons dans ces conditions. A Gy, où je n’étais pas revenu après mon discours du Premier Août en 2017, pas question de musarder non plus. Dommage, le village est absolument attachant.
    C’est donc tout mouillé malgré mon équipement que j’arrive vers 13h au restaurant du Tilleul à Meinier, où je suis accueilli par Jean-Paul, sa femme Véronique et leur ami Jean-Marc. Ils sont tous natifs ou résidents du coin et rien de ce qui concerne Gy, Meinier, Corsier, Anières ou Hermance ne leur est étranger. La conversation va donc bon train. Ça fait du bien d’être au chaud, devant une bonne bouteille et de bavarder avec des amis.
    Vers 14h30, la pluie s’arrête et nous faisons le tour des boites aux lettres du village avec Jean-Paul. Avec un arrêt au Coin meinyte, petit estaminet fort sympathique tenu par un ancien informaticien tessinois. Discussion au bar avec Philippe Desbiolles, dont la famille élève 300 têtes de bétail en bio. On parle élevage, culture, vigne, production bio… Bonne nouvelle, la relève est au rendez-vous : la jeune génération, ouverte aux nouvelles méthodes, est prête à prendre le relais.

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  • Clopin-clopant entre les Porsche Cayenne

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    9e étape du tour des communes genevoises : Thônex – Puplinge – Presinge – Choulex – Vandoeuvres - Cologny
    Aujourd’hui, plus d’arrêts bistrot ni de pause pour les caméras de la RTS : c’est la journée cloques et boiteries.
    Parti le matin de Thônex, tout s’annonçait pourtant au mieux. Au café de départ, je fais la connaissance d’un hôtelier-restaurateur de Chancy qui a longtemps travaillé en Afrique et qui a notamment géré l’hôtel d’Ouagadougou à l’époque où l’ancien patron de la Poste Jean-Noël Rey et le député valaisan Georgie Lamon ont trouvé l’a mort dans l’attentat islamiste de janvier 2016.
    Mais très vite, la route qui mène à Puplinge devient pénible, à cause du bruit, du trafic et des chantiers. 3 kilomètres d’enfer. A l’entrée du village, je croise par bonheur mon ancien collègue député Jean-Claude Dessuet, 90 vaches et dernier paysan-résistant au tout-béton urbain qui menace de le submerger. Pas question d’abandonner les terres qui font vivre sa famille. Bravo !
    La petite route qui serpente entre les champs jusqu’à Presinge est en revanche très agréable. Mais il fait chaud et je sens l’implacable goudron sous mes pieds. A Presinge, les auberges sont fermées. Pas question de boire un verre ni de déjeuner. Ni de me faire inviter pour un café chez l’adjoint au maire Patrice Mugny, ancien collègue du Courrier. Il prend le frais en Valais. Idem pour Philippe Schaller, qui vient d’ailleurs de reconstruire le Poney-Club qui a accueilli notre première jument avec un goût très sûr et sans cette ostentation qui est souvent d’usage dans le milieu équestre. Il me faut donc traverser la plaine de la Seymaz le plus vite possible pour arriver à temps au Café des Amis de Choulex, seul établissement à portée de marche dans le coin.
    Je commence à avoir mal à un pied en traversant la Seymaz. J’arrive donc aux Amis clopin-clopant. Coup de chance, trois connaissances viennent de se mettre à table : il y a là Janine Hagmann, ancienne députée, Alain Peyrot, ancien patron de la régie Naef, et Christophe Dulex, candidat au Municipal de Vernier. On rajoute un quatrième couvert et c’est parti pour refaire le monde (un peu) et la République (beaucoup), en éreintant au passage quelques caciques, on ne se refait pas ! La conversation est aussi animée qu’amusante.
    Encore un repas sponsorisé : il va falloir que je l’ajoute aux dons de campagne en nature ! Mais tout a une fin, et je quitte le sympathique trio pour monter vers la mairie et couper sur Vandoeuvres à travers les vignes et les prés du Petit Miolan. Mes pieds ne s’arrangent pas malgré une petite pause à l’ombre d’un grand chêne.

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  • Arrêt tournage pour la RTS à Villette

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    7e étape du tour des communes genevoises : Croix-de-Rozon - Evordes – Troinex – Veyrier – Sierne – Villette – Thônex – Chêne-Bourg – Chêne-Bougeries

    Il a plu pendant la nuit, l’air est lavé, le sol a enfin retrouvé son humidité naturelle et il fait bon se promener dans la belle campagne qui s’étend le long de la Drize entre la Croix-de Rozon et Troinex. Même s’il n’y a pas beaucoup d’électrices et d’électeurs en vue…
    A partir de Troinex, la rue s’anime un peu et les habitations deviennent plus denses. Sur le plateau de Vessy, j’opte pour le Bois de Veyrier, que je n’ai encore jamais traversé : personne ! Heureusement je me rattrape à Veyrier. En une heure, j’écoule un maximum de papillons, ce qui me permet de faire une étape bien méritée au café de la Réunion.
    C’est là que j’ai rendez-vous avec Alimuddin, qui anime petite chaine d’info sur Youtube et a trouvé ma pub dans sa boite aux lettres lors de mon passage au Grand-Saconnex. Petite interview au bord de la fontaine de la place de l’église. Il m’accompagne jusqu’à Sierne où m’attend un autre rendez-vous avec la RTS cette fois. Le TJ souhaite faire un sujet sur la mulltiplication des listes à un seul candidat et le choix est tombé sur moi à cause de ma tournée du canton à pied, qui a attiré l’attention semble-t-il. Ça change un peu des candidats dans leur bureau ou sur les marchés. Va donc pour le reportage.
    On se dirige sur Villette, au bas de Conches, petit hameau charmant mais un peu mort en milieu d’après-midi. Heureusement, un citoyen-photographe du village cherche les maisons rénovées à partir de photos anciennes et accepte de se prêter au jeu. Quelques minutes plus tard, notre manège attire à sa fenêtre une dame qui n’a pas la langue dans sa poche. On tient le sujet ! Mais il manque encore un plan de bistrot. Finalement on trouve asile au Café du Plateau - excellente enseigne au demeurant – du côté de Chêne. C’est enfin en boite. Rendez-vous en principe dimanche soir pour voir ce qu’il en restera...

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